‹ Histoire comparée des anciennes religions de l'Égypte et des peuples sémitiquesChapitre 8 sur 50 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

trament la divination ingénieuse des inscriptions cunéiformes et ne présente pas encore le même degré de précision ni de certitude que sa sœur d'Egypte ; cependant de précieux résultats peuvent être déjà considérés comme acquis. La critique historique de l'Ancien Testament est de date plus ancienne, mais elle a eu à lutter contre plus de préjugés et d'opiniâtres résistances. Elle a gagné à la constitution des deux autres sciences après les avoir préparées. Le travail de M. le professeur Tiele est le premier, du moins à ma connaissance, qui ait ramené à une vue génétique et aux lois générales du développement historique les résultats parallèles de ces trois ordres de recherches, et il a rendu par-lâ un éminent service à la science des religions.

On comprend sans peine que des travaux de ce genre n'ont jamais rien de définitif. Les investigations incessantes augmentent sans cesse la masse des faits auparavant inconnus. Sur plus d'un point la conjecture tient encore plus de place que la démonstration. Je crois cependant avec M. Tiele que les grandes lignes de l'histoire des religions égyptiennes et sémitiques se dégagent déjà avec assez de netteté pour former un cadre solide dont il sera possible de modifier par la suite les éléments intérieurs, mais sans qu'il en résulte désormais de changements notables dans le système général. La grande loi de continuité, dont chaque progrés de la science sur n'importe quel domaine consolide le caractère imprescriptible, trouve dans les savantes recherches de M. Tiele une consécration nouvelle. Quand on assiste au lent développement du monothéisme juif, sorti d'une monolâtrie qui se ramifiait étroitement elle-même avec les polythéismes antérieurs et environnants, il est difficile de se replacer dans l'état d'esprit où l'on trouvait tout simple qu'une religion tombât du ciel comme un aérolithe, ou apparût armée de pied en cap comme Pallas Athéné sortant du front de son père Zeus. A ce point de vue, il est clair que l'histoire ne peut faire autrement que de contredire une prétention chère entre toutes

Page 1