‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie considérés relativement aux principes des connaissances humaines (volume 2)Chapitre 10 sur 37 · IV · texte numérisé non relu

IV

tervalla , et magnitudines inlelligit : lefra et mari potitur, ferasel celé contemnit : oinnem scientiam, omnem artein , omncm doctrinam rectissime tractai : absentes qiîbs vult , nihil impediente corpore , pcr litteras , convënît : praedicit future ; omnibus imperat : o'mnibus dortiiniatur : omnibus fruitur, cum angelis et Dec col-

^ici^itilt : caeteris rébus creatis mandarq»x vult : dœ-

'ïîiombusimperat : rerum haturam indagat»: Dei cssentiani studiose investigât : domus et Dei leraplum fit,

^t haec bmriia"per ^irtutes et pielatem adipiscitur. Sed né videamur aliqùibus inepte hominîs laudes pertexere , ueque solam ejus naturam exponere, quod nobis erat propositum , hic orationem terminabiraus :

'et si maxinae, dura ejus'preeslantiam'explicauius, ipsam naturam exponimus. Proiade excellentiaî naturae nos-

Urae cbnscii , et slirpem nos esse cœlestem quamdam

'sci'èhtcs,' riç dedecoremuï naturam , ueque tantis mutieribus îndigni judiceinur , aut procaduca, et breyi

'voluptate, ad omnem aJternitatem duràturam,laetitiam projicientes : tantanos potestate, tantôt gloria, tanta

'^eatitudinë spoliemils , imQ polius perhonestas et cum

'virïtit'e conjunctas àctitffles , per fugam vitiorum , per propositum et voliintatem bonam , quam inprimis Deus adjuvàre solét , et per preces , et nobilitatem , et dignitatera nôstràm tueamur. (Nemes.'de Nat.Homin. cap. I.) ■ ■ ■ • ' • ' •' ^^

Brucker etTenrtemann se bornent à peu près à citer le titre de cet ouvrage; laplupart des autres historiens ne rontpasraêmenommé.ll est singulier que les deux seuls philosophes qui pendant Une si longue suite de siècles

"âliîrtt traité la psychologie d'après une méthode vrai-

( i5i ) raent expérimentale , Galien et Némésius , aient été enveloppés dans le même oubli.

P S. Depuis que ce chapitre a été livré à l'impression , nous avons eu connaissance d'un ouvrage posthume du professeur Carus , sur l'histoire de V Etude de l'homme et la Psychologie en particulier ( Leipsick 1808) , et nous y avons trouvé un Pxtrait de la psychologie de Némésius.

(L) Brucker adopte à cet égard une supposition plus hardie. Voici un passage de la lettre que Synésius, déjà prêtre , écrivait à son frère , quand il fut appelé à l'épiscopat : « Difficile est , vel fieri potius nulle pacto potes t , ut quae dogmata scientiarum ratione ad dexnonstrationem perducta in animum pcrvené'riht , convellantur. Nostis autem philosophiam cum plerique ex pervulgatis iisce decretis pugnare. Etenim nunquam profecto mihi persuasero, animum originis esse posteriorem corpore : mundum caeterasque ejus partes una interire nunquam dixero. Tristem illam ac decan— tatain resurrectionem sacrum quidpiam atque arca— num arbitrer, longeque absum a vulgi opinionibus comprobandis. Animus certe quidem philosophia imbutus ac veritatis inspecter mentiendi necessitati nonnihil remittit : lux enim veritati , eculus vulgo propertione quadam respondent et oculus ipse non sine damne sue immodica luce perfruitur. Ac uti ophthalmicis caligo magis expedit , eodem modo mendaciura vulgo predesse arbitrer , contra nocere veritatem iis , qui in rerum perspicuitatem intendere mentis aciem. uequeunt. Hsec si mihi episcopalis nostrimuneris jura

( '5.) concesserint , subite banc «lignifatem possini , ita ut domi qnidem philosopbar, foris vero fabulas tcxam , ut nihil penitiis docens, sicnihil ctiamdedocens , atque in preesumpta aninii opinione manere sincns. Sin ita etiam movere se oportere dixerint , ac episcopum opinionîbus esse popularem , ego me illico manifeslum omnibus pra;bebo. Vulgo enim cuni philosophia quid commune esse potcst? divinarum quidam rerumvertlalera occultam esseconvenit , vulgus alio modo afFeclus esse débet. Rursum ego et sœpius dicam , cnm nulla nécessitas cogat, neque arguera , uequc argui sapienlis esse dico. Sed si ad episcopalc munus vocar, nolo ementiri dogmata. Horum Dcum , horuin homines testes facio. Affinis est Deo veritas , apud quem criminis oxpers oranis cupio. Dogmata porro mea nequaquam obtegam , neque milii ab animolingua dissidebit. Ita sentiens itaque dicens placerc me Deo arbitrer. » (Synes. epist. io5. )

(N) Nous eussions pu étendre beaucoup encore ces recbcrcbes sur la philosophie des docteurs chrétiens ; mais, nous avons pensé qu'il suffirait de détacher d'un si vaste sujet , les faits principaux qui servent à caractériser la direction générale des. idées dans les écoles chrétiennes, pendant les six premiers siècles, et ceux dont les conséquences ont eu une influence plus sensible sur la marche de l'esprit humain pcndant..le moyen âge. nr

Nous aurions pu citer , par exemple , au nombre d«s apologistes de la philosophie, Minutius Félix, qui, après avoir exposé les opinions de presque tous les philosophes,

ajoulaii : «« Leur plus grande gloire est d'avoir recoanu » l'uiiité de Dieu sous des noms divers, en sorte qu'on- N pourrait penser , ou que maintenant les Chrétiens » sont des philosophes, ou que des lors les philosophes » étaient chrétiens. » {in Octavio j c. 20 pas. i.) Parmi ceux qui recommandèrent un Eclectisme approprié à l'esprit du Chrislianisme, S. Bazile , S. Sal- \ian , Didyme, S. Grégoire de Naziauze, S. Jérôme , S. Ambroise, etc. Parmi ceux enfin, qui exprimèrent dea» préventions contre Aristote, et qui appréhendèrent en particulier les dangers qui pouvaient naître de l'emploi de sa dialectique : Théodoret ( voyez sermo Y. de Natura hominis ) ; saint Grégoire de Nazianze (voy. Orat. 33;; saiut Epiphane { Panar. 1. II, hcer. 69) Sidoine Apollinaire, (lib. IX, cap. 9), etc. Le savant I^unoi a rassemblé leurs passages dans le chapitre 3*' de son ouvrage intitulé ; de variai Aristotelis in Academia Parisiensi Jbrluna. (Paris, 166a, in-S». )

Brucker, qui a traité avec beaucoup de soin l'histoire littéraire de cette portion de l'histoire de la philosophie , n'a donné qu'un fort petit nombre de résumés des doctrines des écrivains ecclésiastiques ; Tiedemann s'est borné à rapporter quelques-unes des idées de saint Justin martyr , de saiut Augustin, de Glaudien Mamert, de Boëce , d'^née de Gaza , de Cassiodore. Teuuemann a consacré !e septième volume de son histoire de la philosophie à la doctrine des pères de l'Eglise ; mais , il l'a traitée sous des rapports géiiéiaux , sans s'attacher à présenter une suite de tableaux particulier!» de chacune de ces doctrines. Voici comment il

résume sou jugement sur l'ensemble de cette branche de l'histoire de la science.

« La philosophie fut considérée d'abord comme un M moyen de recommander et de défendre le Christia- » nisme vis-à-vis des Grecs éclairés , ensuite comme un » moyen de combattre les hérésies , enfin comme un » moyen de développer , de déterminer et d'étendre H l'instruction religieuse, plutôt cependant sous le u rapport du dogme que sous celui de la morale. Au >» milieu de ces variations , le rapport de la philosophie M à la théologie continua de se maintenir , de manière » que la seconde fût envisagée comme la plus haute et » la seule vraie philosophie , relativement à l'objet et » à la source des connaissances , et que la première fût » envisagée seulement comme exerçant un office su— » bordonné et presque servile. Le point de vue fonda- » mental des Pères de l'Eglise, est plus ou moins un >• rationalisme mêlé de supernaturalisme , etc., etc. » ( Grundriss der Geschiohte der philosophie ^ 1816, p. 172). Cet ouvrage est un abrégé de l'excellente histoire que nous devons à cet estimable professeur , abrégé qu'il a publié lui-même pour l'instruction de ses élèves.

Parmi les nombreux écrits auxquels les doctrines philosophiques des Pères de l'Eglise ont donné lieu , mais qui, ainsi que nous l'avons remarqué, considèrent presque exclusivement ces doctrines dans leur rapport avec la théologie , on peut indiquer r Jean-Baptiste Crispo , de Elhnicis philosophis caute legendis , (Rome , »5g4)> ouvrage loué par le père Mersenne, et Brucker; Souverain, Le Platonisme dévoilé {Co^

logne 1 700 , ia-8* ); Baltui , Défense des saints Pèret (Paris , 1 7 1 1 , in-4° ) , Jugemens des saints Pères sur la morale de la philosophie païenne ( Stras-> bourg , 1719, 10-4° ) ; Barbayrac , Traité de la mo-' raie des Pères de T Eglise {Xtnsïerdara, 1728, 10-4°.); Cellier, Apologie de la morale des Pères de V Eglise ( Paris , 1718, in-4° ) ; Eberhard , Esprit du Christianisme primitif, en allemand (Halle, 1808, 3 vol. in-S" ) ; Roessier : de Originibus Philosophiœ ecclesiasticœ ( Tabingen , 1781, in-4'*); voyez aussi dans le tome 4 la- Bibliothèque des Pères de VEglise , une dissertation sur le même sujet ; Staudliu , Progr. de Patrum Ecclesiœ doctrina morali. (Gœttingue, 1796).

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