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livre de Cauiis; — Substance de ce livre; — Idéalisme transccndantal; — Origine de l'art combinatoîrc.
Avicebron : la source de la vie ,• — Averrhoës ; — Ses travaux sur Aristote ; — Il mêle au Péripatéticisme les vues des nouveaux Platoniciens , — Sa théorie des sensatiens; — Des formes ; — Son hypothèse de l'entendement matériel; — Son hypothèse d'un entendement unique et universel ; — Sa métaphysique ; — Caiactère csseatiel de la philosophie d'Averrhoës. — Influence exercée par la manière de philosopher propre aux Arabes.
Doctrines mystiques : leur origine chez les Arabes. — Théologie des Sabéens. — Le livre du secret de la créature. — Thophaïl , philosophus autodidactus ,• — Roman philoso < phique ; — Substance de cet ouvrage ; — De rintuilion et de Tcxtase.
Des Sofis de Perse; — Source et origine de leurs doctrines mystiques ; — Esprit de ces doctrines. — Livre des Conseils. — Mysticisme pratique.
Sectes parmi les Arabes. — Secte des ^azVeurj ; — Particularités propres à ces doctrines. — Philosophie morale des Arabes ; — Les sciences naturelles cultivées et corrompues.
Philosophie des Juifs pendant le moyen âge ; — Etude d'Aristote. — Doctrines mystiques. — Aben-Esra , Moyse Maimonide. — Nouveaux dévnloppemens de la cabale ; ■ — Exposition sommaire de son objet; — Ses rapports avec les systèmes des Gnostiques et des nouveaux Platoniciens ^ Diverses espèces de cabale ; — Caractère général de cette tradition mystérieuse.
Cepend.int un peuple nouveau, s'élançant du sein des déserts, sous la conduite d'un chef entreprenant et farouclie, fort de son courage ,
( 179 ) de sa pauvreté et de son ignorance elle-même, avait envahi successivement, les contrées si longtemps enrichies de tous les bienfaits de la civilisation. L'Orient, étonné de la présence de Mahomet, éveillé et surpris au sein du luxe et de la volupté , se courbait sans résistance sous les lois de ri slamisme. Pendant quelque temps , les Arabes ne parurent sur la scène que comnie nation conquérante ; ils dédaignaient les arts de la civilisation ; le fanatisme religieux qui fondait leur puissance, prolongeait leur éloignement pour les lumières de la philosophie. Quelques fables ingénieuses , quelques chants consacrés à la mémoire de leurs héros , quelques adages moraux, quelques notions traditionnelles d'astronomie, tenaient lieu aux Arabes de Hltérature et de sciences. Cependant , au commence-^ ment du 9' siècle , lorsqu'ils lurent devenus paisibles possesseurs des belles contrées qu'avait si long-temps ornées, en les éclairant, l'antique génie de la Grèce, lorsque le sceptre de Mahomet passa aux mains des Abassides, une ère nouvelle commença pour les Arabes, et ce peuple, sortant de la barbarie, fier de ses ex-r ploits , déploya une sorte de jeunesse intellectuelle , une ardeur pour les éludes libérales, dont le développement ne fut jxis sans éclat et
sans fruit, et qui contrasta d'une manière frappante avec la lente défaillance du vieux empire des Césars. Ce fut une sorte de météore inattendu, brillant, mais passager, sur le théâtre du monde. La description de ce météore singulier, l'histoire de la littérature, des arts, des sciences et de la philosophie , chez les Arabes , serait un sujet intéressant , et demanderait à être plus approfondi qu'il ne l'a été Jusqu'à ce jour. Mais les docuniens nécessaires à consulter pour exécuter convenablement ce travail , sont généralement peu connus; un petit nombre seulement d'entre eux ont vu le jour par l'impression ; la plupart sont encore ensevelis dans nos collections de manuscrits. Essayons d'esquisser rapidement la portion de ce tableau qui se lie à l'histoire de la philosophie : il nous suffira d'une exposition sommaire ; car , si les Arabes ont eu le mérite de recueillir , de conserver, de transmettre, ils ont peu ajouté à la masse des découvertes ; et , par la nature même de leurs travaux , l'influence qu'ils ont exercée sur les âges suivans a été , sous plusieurs rapports , peu favorable à l'esprit d'invention et aux progrès réels des connaissances humaines. Il y eut, entre les productions philosophiques des Arabes et celle des Grecs, la même
( i8i ) diflerence ou plutôt le même contraste qui existait entre les productions liuéraires, entre le génie, les mœurs, les institutions des deux peuples. La philosophie des Grecs avait quelque chose de brillant, de gracieux, d'animé, comme les beaux sites de l'Altique et de l' Asie- Mineure ; celle des Arabes avait quelque chose de sérieux , d'uniforme et d'aride , comme les déserts dont ils étaient sortis. Pleine de charmes, même dans ses erreurs , la première excitait un enthousiasme semblable à celui qui l'avait inspirée; la seconde, sombre, triste, même lorsqu'elle s'emparait de la vérité, respirait l'habitude de la résignation, et l'influence du fanatisme. La première attestait un essor facile et s[X)ntané de la pensée , mais une certaine mobilité de l'esprit : la seconde attestait une longue patience, et portait l'empreinte de formes rigoureuses. Les Grecs se complaisaient surtout dans les coordinations harmonieuses; les Arabes, dans les combinaisons compliquées. Le génie de la poésie semblait présider encore aux méditations philosophiques des Grecs ; les lois du calcul à celles des Arabes. Les Grecs imaginaient, inventaient, créaient la matière; les Arabes élaboraient une matière donnée, et lui imprimaient la forme. Les lumières s'étaient
( i82) produites chez les Grecs comme par une sorte d'enchantemeni ; elles furent chez les Arabes le fruit d'une pénible conquête.
La philosophie des Grecs était, si l'on peut dire ainsi , essentiellement libérale ; celle des Arabes fut tout ariificlelle.
La littérature des Arabes a non-seulement son génie propre , mais un caractère et une physionomie entièrement à part , qui la dislingue de celles des autres nations anciennes; et cependant les Arabes n'ont point eu de philosophie indigène. Les Arabes étaient passionnés pour la poésie , et paraissaient s'être exercés de bonne heure dans ce genre de productions; et cependant l'esprit d'invention, les conceptions originales, ont entièrement manqué à leurs travaux philosophiques. Ces deux contrastes étonnent au premier abord; ils s'expliquent cependant par diverses circonstances.
La langue des Arabes n'avait point reçu les élaborations nécessaires pour lui donner un caractère philosophique; leur littérature ressemble à la parure des nouveaux riches ; on y remarque le luxe, l'exagération, mais on n'y trouve point cette simplicité qui est le cachet d'une certaine justesse d'esprit; elle descend souvent an lamilier, njais elle ne connaît pas le
naturel ; l'ininginalion y brille souvent d'un vif éclat, mais elle est rarement accompagnée de <ie jugement sain et délicat, qui marque la mesure et apprécie les convenances.
On a remarqué que les Arabes n'ont traduit en leur langue aucun des poètes grecs; ils n'ont donc eu en poésie d'autres maîtres qu'eux-mêmes. L'inverse eut lieu en philosophie : c'est par le» traductions des ouvrages grecs qu'ils apprirent à étudier celte science. Il leur arriva donc, sous ce rapport, ce qui arrivera toujours à une nation qui , sortant de la barbarie , se trouvera subitement et immédiatement initiée à la culture des peuples exercés par une longue éducation intelleciuelle. Ils reçurent le dépôt des notions philosophiques, sans être convenablement préparcs h se l'approprier, et sans avoir passé par ces gradations successives qui sont nécessaires pour que ces connaissances deviennent fécondes; on ne perfectionne bien qu'autant qu'on o^t encore sur la trace des inventeurs; une science qu'on reçoit toute faite , devient , pour l'esprit , plutôt une chaîne qu'un aiguillon ; et , plus cette science est avancée , plus elle asservit ceux qu'elle surprend au milieu des ténèbres de l'ignorance.
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Cet effet devient plus sensible surtout , lorsque l'appareil des règles didactiques s'offre le premier aux nouveaux initiés ; en trouvant les méthodes toutes tracées, on se croit dispensé de tenter les voies d'une investigation spontanée; on s'attache essentiellement aux formes de la science ; et c'est là encore ce qui arriva aux Arabes. Arlstote fut leur premier instituteur, ou plutôt fut presque leur seul instituteur. Le hasard voulut que ses ouvrages fussent long-temps la principale conquête qu'ils firent sur la philosophie des Grecs : ils y trouvaient un cadre des connaissances humaines dessiné d'une manière vaste, mais positive; c'était une sorte d'encyclopédie qui convenait parfaitement à une nation encore si reculée, mais empressée de s'instruire à la hâte ; ils y trouvaient une terminologie, des nomenclatures, des lois pour le raisonnement et la discussion , et tout ce qui semble dispenser l'entendement d'un effort propre et des conceptions originales.
Aristoie, d'ailleurs, sympathisait singulièrement avec le génie de cette nation , et devait naturellement obtenir près d'elle une préférence exclusive. On peut en juger par l'analogie frappante qui existait entre l'esprit de cette philosophie et le caractère qu'eurent générale-
( -85 ) ment les productions des arts chez les Arabes ; l'un et l'autre présentent un mélange de hardiesse et de subtilité, de sécheresse et de patience, dont le mérite consiste essentiellement dans le soin donné aux détails, et dans la difficulté vaincue.
Les mœurs des Arabes , leurs institutions politiques et religieuses, en les rendant capables d'une activité soutenue et d'une longue persévérance, leur interdisaient tous les genres d'indépendance intellectuelle et morale. C'était toujours en obéissant qu'ils savaient agir : l'Alcoran était la règle de leur foi j la volonté de leurs chefs, la règle de leurs actions ; il leur fallait des préceptes précis, positifs ; leur énergie individuelle, instrument aveugle de l'autorité, semblait avoir besoin de l'impulsion de l'autorité pour se produire. Cette disposition ne leur permettait guère de se fprmer des doctrines originales; elle devait achever de les rendre encore favorables à Aristole. La faveur qu'obtint le stagyrite auprès d'eux fut moins encore une adhésion raisonnée et réfléchie , qu'une sorte de superstition ; elle en eut tous les caractères et toutes les suites. Il leur fallait , en philosophie , moins d'exemples , de guides , qu'un maître et même une sorte de despote ; ils
le trouvèrent dans Aristote, et dès lors ils lui furent asservis comme ils l'étaient à leurs kalîFes.
Les autres anciens philosophes de la Grèce, Platon lui-même, le vieux Platon, le disciple de Socrate, n'obtinrent point la faveur des Arabes, ne purent l'obtenir. Les mœurs rudes et farouches des sectateurs de Mahomet , l'esprit du Coran, rej^oussaient ces doctrines conçues au sein de la liberté , qui en respirent le sentiment et l'amour; ces doc|trines qui élèvent si haut la dignité de la nature humaine, qui invoquent l'essor spontané de la raison, qui présentent plutôt des questions à résoudre que des solutions accomplies ; ces doctrines dont le charme , se composant de toutes les images de riiarmonie et du beau , ne pouvaient être dignement senti que par un peuple exercé dans les jouissances les plus délicates des arts d'imagination ; celles de ces doctrines surtout qui , respirant une sensibilité exquise , un enthousiasme doux et pur, une bienveillance aimable pour les hommes , se trouvaient peu en accord avec les sombres idées de la prédestination et du fatalisme.
Les philosophes grecs , d'ailleurs , avaient fait jouer un rôle, dans leur philosophie, à la mythologie })aienne. L'aversion prononcée des
Djusulinuns contre tout ce qui portait l'emprelnle du Polythéisme et de l'Idolâtrie, dut les prévenir contre toutes celles des doctrines grecques qui en conservaient quelques vestiges , et qui , tout en admettant la notion d'un Dieu unique au sommet de la hiérarchie des intelligences, ne la rendaient point assez accessible pour ces peuples encore grossiers et barbares. Les mêmes considérations nous expliquent pourquoi les Arabes, repoussant les traditions mythologiques des Egyptiens , des Chaldéens, des Persans, n'accueillirent point les doctrines qui en étaient dérivées ; ils rejetaient , avec une sorte d'horreur , tout ce qui se liait à des cultes que Mahomet s'était proposé de détruire.
Mais, si Epicure, Zenon, si le Platon primitif lui-même, ne purent être accueillis par les Arabes , il n'en fut pas de même du Platon de Plolin, de Porphyre et de Proclus : celui-ci avait plusieurs titres à la recommandation des Arabes; il favorisait au plus haut degré les dispositions contemplatives naturelles à ce j^euple comme à tous les Orientaux; il déployait une longue suite d'abstractions subtiles, conformes à leurs goûts et à la tournure de leur esprit; il dégageait lu théologie
(»88) naturelle , des vestiges du Polythéisme , et se conciliait ainsi avec le dogme Ibndaraeiilal de la croyance des musulmans. Déjà les doctrines de la nouvelle école avaient été portées en Perse par les disciples de Proclus; elles avaient pénétré chez les Juifs qui entretenaient des relations étroites et fréquentes avec les sectateurs de Mahomet. Elles avaient rencontré , chez les musulmans eux-mêmes, une théosophie mystique qui , dans quelques sectes , se produisait sous des formes semblables , et qui , si elle n'avait la même origine , avaient avec elles du moins une étroite affinité. Enfin le nouveau Platonisme avait envahi la philosophie d'Arisiote j il l'avait compénétrée , si l'on peut dire de la sorte. Aristole, dans les mams des derniers commentateurs , et tel qu'il parvint aux Arabes , était devenu comme un vêtement destiné à envelopper l'Idéalisme mystique; il donnait à ces systèmes un corps , des formes extérieures ; il leur prêtait un langage : de même que Platon avait conduit l'école de Plotin au Lycée, pour y chercher des instrumens, Aristote à son tour reconduisit les écoles de Bagdad et de Cordoue auprès des nouveaux Platoniciens, pour leur demander des interprétations. Peut-être l'influence de l'antique
( '8ç,) Tdéalisme de l'Orient se fit-elle encore sentir a cette époque, et concourut-elle à la faveur que ces interprétations obtinrent auprès des nouveaux conquérans de l'Asie.
Les Arabes, en s'emparant d' Aristote , ne surent donc ni l'embrasser tout entier, ni le conserver dans sa pureté primitive : ils s'attachèrent surtout à sa métaphysique , à sa logique , et plus parlicuhèrement encore à la dernière ; ils donnèrent moins d'attention à sa morale et à ses recherches sur les phénomènes de la nature. Ne l'étudiant point sur les originaux, mais dans des traductions plus ou moins défectueuses, ils méconnurent souvent sa véritable pensée j ils voulurent le plier aux sentences du Coran , dans tous les points où sa doctrine se trouvait en contact avec elles , l'employer comme une sorte d'instrument pour interpréter et commenter leur code sacré , et des efforts qu'ils tentèrent pour introduire sa philosophie dans leur théologie, naquirent les diverses sectes qui bientôt les divisèrent, et qui se livrèrent à de si vives controverses.
Les Arabes associèrent l'étude des mathématiques et de la médecine à celle de la philosophie ,* ils unirent même assez étroitement ces deux dernières sciences entre elles. Ce n'est
( 19^ ) pas scul(»ment dans la même nation , cVst chez les mêmes individus , que celte réunion des diverses connaissances se fait constamment remarquer ; la division du travail y était en quelque sorte inconnue pour les exercices de l'esprit. Il n'est aucun philosophe arabe qui n'ait été en même temps médecin , géomètre , physicien , astronome , et la plupart d'entre eux ont été aussi poètes , ou du moins ont écrit sur l'art poétique. On reconnaît encore à ce trait une éducation péripatéticienne , si l'on nous accorde celte expression. On doit reconnaître que, si la philosophie éprouva parmi eux le grave inconvénient d'être privée du principe vital des conceptions originales , elle trouva cependant quelques avantages dans cette alliance avec deux branches d'études, dont l'une exerçait l'esprit aux combinaisons rationnelles, aux abstractions méthodiques, dont l'autre excitait l'esprit d'observation, et fixait particulièrement 1 attention sur ceux des phénomènes matériels qui se lient de plus près à ceux de l'intelligence.
Pendant qu'un grand nombre d'érudils musulmans élevaient ainsi une suite de constructions sur le sol des sciences rationnelles ou positives, d'autres, comme nous l'avons indiqué
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tout à l'heure, se livraient aux spéculations de l'idéalisme mystique , et les associaient à la théologie du Coran. La philosophie des Arabes se partage de la sorte en deux branches principales , dont l'une comprend spécialement la logique et cette portion de la métaphysique, qui appartenait en propre à Aristote , dont l'autre se rapporte à la théologie mystique adoptée par certaines sectes, et spécialement par celles qui suivirent le parti d'Ali. Nous traiterons séparément de ces deux branches distinctes, après avoir jeté un coup d'œil sur les origines générales des études parmi les Arabes, nous bornant toutefois, en ce qui coucerne la seconde, à examiner, conformément au plan que nous nous sommes tracé, l'influence qu'elle exerça sur les théories fondamentales de la connaissance humaine.
Trois kalifes préparèrent successivement, accomplirent cette éducation intellectuelle des Arabes , et firent éclore au milieu d'eux les premières lueurs des lettres et des sciences : Ahnansor , Alrashid, Alraamon. Almansor, prince sage, prudent, expérimenté, d'un caractère doux et bon , au rapport de l'historien Elmacin (i), fut le premier, dit Albufarail ,
(i) Hist. Saracen. lib. lî , p. lo?..
qui s'occupa des sciences. Il associa rétude de la législation à celle de la philosophie et de Tastronomie. Sous son règne , les esprits furent éveillés de leur sommeil léthargique (i); il fit traduire en syriaque et en arabe plusieurs des chefs-d'œuvre de la littérature grecque . Alrashid , prince bienfaisant autant que courageux , et dont les mahométans louent la piété , avait un goût prononcé pour la poésie; il se faisait accompagner, dans ses fréquens voyages, par un nombreux cortège d'érudits , avec lesquels il aimait à s'entretenir (2). Almaraon acheva , au commencement du 9* siècle , l'ouvrage de ses prédécesseurs : plus libéral encore et surtout plus tolérant que son père Alrashid, il n'examina point si les hommes qui secondaient ses desseins professaient un autre culte que l'Islamisme ; il rassembla de toutes parts les écrits qui renfermaient le dépôt de l'antique sagesse des Chaldéens , des Perses et des Grecs ; il appela à lui les érudits capables d'enseigner les doctrines qui y étaient contenues, il en fit faire des traductions; mais il eut le tort, par un
(i) Dynast. IX, p. i6o, 7.^6,
(2) Elmacin. Hist- Saracen. lib. II, cap. 6.
C 193 ) zèle aveugle pour sa langue nationale, de faire livrer aux flammes les originaux grecs , après qu'ils furent traduits, tort dont les suites ont été d'autant plus graves, que la plupart de ces traductions étaient très-imparfaites. Auprès de chaque temple s'éleva bientôt une école publique ; celles de Bagdad et de Bassora acquirent surtout une grande renommée. Bientôt l'Egypte crut voir renaître les beaux jours des Lagides. Près du Caire s'élevait, dit Benjamin de Tudèle (i), un gymnase magnifique, décoré de colonnes de marbre , où la philosophie d'Arisiote était enseignée dans vingt écoles à la fois. Tunis, Tripoli, Maroc même, au témoignage de Léon l'Africain , virent s'élever dans leurs murs des académies florissantes (2). Enfin, les Maures, passant en Espagne, y raniment le goût de l'instruction qui s'était éteint chez ses anciens habitans; Cordoue, Grenade , deviennent comme autant de métropoles des sciences. On s'étonne, en parcourant le catalogue queCasiri a publié des manuscrits arabes conservés encore
{i) Jtinerar. p. 121 . — Voyez aussi Léon l'Africain Hist. africa. lib.V, VIII, p. I67.
(a) Jbid, lib. II, p. 60,