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qui constituent sa propre essence , comme Ici science ou la vie ; dans la quatrième , le contemplatif perd la conscience de son existence, a Le signe de la manifestation est Tanéantisse- )) ment ou la science de l'objet manifesté, (i) » Enfin , l'auteur d'un petit traité sur les devoirs des Sofis, ne compte pas moins de quarante degrés pour atteindre cette haute perfection. Dans ces degrés on marque celui qui est appelé la réalité , et celui qui est appelé la connaissance y le dernier de tous , la réalité , sui-* vant MM. Graham et Malcolm , est une sorte de philosophie qui considère les choses dans leur essence ; c'est 'un état d'intuition , surnaturel et extatique ; la connaissance est l'imion intime de Tâme avec Dieu, qui produit un quiétisme parfeit (2). Les Sofis enveloppent ces idées mystiques d'une foule de fables et d'allégories, à la manière deS Orientaux. Ik recommandent, pour seconder l'essor des exercices contemplatifs , les pratiques extérieures de l'abstinence , des veilles , de la retraite , du
(1) Dabiston , p. 490 à 492.
(a) Voyer la note de M. Sylvestre de Sacy , sur le chap. 4i du livre des Conseils, p. 167.
silence, du renoacement aux plaisirs, à l'amour de soi-même. Us veulent que l'homme se réduise à un ëtàr d'apathie et d'insensibilité complète ; ils n'adoptent point cependant les absurdes tortures que les Théosophes musulmans veulent imposer au corps pour rendre l'âme capable de la céleste béatitude.
Le Livre des Conseils (i) , par Ferideddin. Attar , quoique essentiellement destiné à offrir wii recueil de Préceptes moraux et de G>nseiU pratiques, renferme aussi quelques vues sur la connaissance de Dieu , suivant le langage des Arabes , sur la vie spirituelle et contemplative, (c C'est en effet par la contemplation » que cette connaissance s'acquiert. Celui qui » connaît véritablement Dieu par- la, contem- » plation , est convaincu, que la véritable
)) existence consiste dans l'anéantissement.
» Si tu connais bien son âme sujette aux » passions , tu connaîtras le Dieu Très-Haut » et véritable idans ses dons. Celui-là seul pos- » sèdo' la science qui connaît Dieu. La cqu-' » templation consiste à disparaître et. à sa- )> néantir devant Dieu. La contemplation ne
. (i) Traduit et publié par M. Sylvestre de Sacy. Paris, 1819 , in-8j avec des notes:
( 28^ .) • » s'occupe ni de ce monde , ni de la vie. )) future ; toutes ses facultés sont absorbées » dans le désir de son union avec Dieu. Ce » monde est semblable à un fantôme qui voit » un homme durant son sommeil ; lorsqu'il » est éveillé, il ne lui reste aucun profit de ces » douces illusions (i) ».
Quoique cette théosophie mystique se soit particulièrement propagée dans les contrées orientales , nous la voyons se produire aussi parmi les Maures d'Espagne ; elle trouve , au milieu du douzième siècle, un sectateur dans Ibn Baùah., que S. Thomas a appelé Avenpace, et qui est plus connu sous ce dernier nom. Avenpace, disciple du philosophe et médecin Avenyoar , avait écrit . des lettres philosophiques çt théologiques , au nombre desquelles il en est une sur le détachement des choses humaines et l'union de f amour avec Dieu (2). Ses opinions lui atûjrèrem, de la part des docteurs musulmans , une accusation d'héréiie. Il avait cultivé les sciences mathémati-
{j)lbid., chap. LII, page i63.
(a) Publiée par Christ. Wolf. Voyez GeMoer in Bibl. Wolf,^. 17.
qùes; car il avait commenté Euclide. Il avait également travaillé sur Aristotej Averrhoës le cite souvent , et c'est par ces citations seules que nous connaissons aujourd'hui ses idées philosophiques, a Avenpace , dit Aver- » rhoës, s'occupa beaucoup de l'entendenaent, » et particulièrement dans la lettre qu'il inti- » tula : De la Conjonction de l* entendement )i avec V homme f et dans son traité de VAme. » Voici le fondement qu'il établit : d'abord , » il supposa que les intelligibles sont produits » ou créés , que tout ce qui est produit a une » quiddité ( une qualité essentielle ) ; que » l'entendement est capable par sa nature de dé- » tacher cette quiddité , qu'il en abstrait ainsi )> les formes des intelligibles, en quoi.il conîV corde avec Alfarabi. Il ajouta que les in- » telligibles ne comportent point la pluralité , )) si ce n est à raison de la réunion des formes » spirituelles par lesquelles . elles subsistent )) dans chaque individu ; d'où il suit que l'in- » telligible dépouillé de ces formes y est un » pour tous les hommes. La quiddité, l'intelli- )) gible et sa forme n'ont point elles-mêmes )) de forme spirituelle y elles ne subsistent » dans aucun individu ; elles ne sont point la » quiddité d'un . individu particulier , d'où
(389) » il conclut encore que l'entendement est i!> unique [chez tous les hommes , et qu'il ' M constitue une substance séparée et dis- » tincte (i). »
La philosophie des Arabes, et particulièrement leurs doctrine^ mystiques, furent non-seulement subordonnées à l'autorité du Coran , mais employées à l'interpréter ; de là résulta pour eux une confusion entre la philosophie et la théologie , également funeste à l'une e^ à l'autre y de là naquit cette multitude de sectes qui ne tardèrent pas à les diviser. Albufarage en compte six principales qui n'enfantèrent pas moins de soixante -treize ramifications (2). L'extrême subtilité des notions que les Arabes avaient empruntées aux Grecs, le caractère propre du Péripatéticisme, les armes qu'il fournissait pour la dispute , ne contribuèrent pas peu à une telle divergence d opinions. Dans le nombre de ces sectes , il en est une qui mérite d'être raen-
(i) Averrhoh Opéra y tome Yl. In lib. III Arist. , de Anima,, p. 1^8. fr
(2) Dynast. Vf , édition Pocock.