‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie considérés relativement aux principes des connaissances humaines (volume 2)Chapitre 26 sur 37 · IV. 3o · texte numérisé non relu

IV. 3o

peut-être précisémeiit ceux qui sont apocryphes. Mais la sentence du concile donnée textuellement par D. Martenne (i), prouve qu'elle avait pour objet la Philosophie naturelle et ses commentaires. Les statuts de l'Université de Paris, donnés en 12 15, prescrivaieiy, l'étude de la dialectique d'Aristote , et interdisaient celle de sa métaphysique et de sa philosophie naturelle (2). Enfin la bulle de Grégoire IX, en i23r , se réfère aux écrits déjà censurés par le concile de Paris (5). Il est digne de remarque que, dans toutes ces sentences, la doctrine d'Aristote est constamment associée aux erreurs d'Amalric et de David de Dinant , en sorte que c'était réellement le Panthéisme mystique des nouveaux Platoniciens, qu'on entendait condamner dans le fondateur du lycée (B).

Mais, enfin, l'immense renommée d'Albert le -Grand , l'autorité que S. Thomas d'Acquin obtint sur son siècle, dissipèrent ces préventions, et firent f ecevoîr Arisiole tout entier,

{\)Nov. Tlies. Tome IV.

(2) Duboullay : Hisi. utiiv. Paris. Tome 111 , j». 82. — Launoi : De Varia Jrisl. fortuna, p. 74- . (3)Launoi. Jbid. , ]). 'jH.

non-seulement avec faveur, mais avec un respect" , presque aveugle.

La nouvelle sphère d'idées et de connaissances qui s'ouvrit pour l'esprit humain, fut donc déterminée par celle que le Stagyrite avait eml^rassée; elle fut renfermée dans les mêmes limites. Certes, elle avait une vaste étendue, et l'on conçoit quelle dut êtrç l'admiration du i3« siècle à la vue de ce monument majestueux de l'antiquité, quand il vint se découvrir aux regards , lorsqu'il put être contemplé dans toute son harmonie et sa grandeur. Mab, en s'emparant de ces nouveaux trésors , l'esprit du siècle s'attacha essentiellement aux théorie* métaphysiques; il négligea ce qu'ils renfermaient de plus précieux , les immenses travaux d' Aristote sur l'Histoire naturelle: et s'il s'exerça sur la physique géneçale, ce fut en l'envisageant du faux point de vue dans lequel Aristote s'était placé.

La controverse entre les Nominaux et les Réalistes avait cessé ; le Réalisme avait, sinon triomphé, du moins absolument prévalu, circonâlance qui s'explique, et par les censures dont Ijes Nominaux furent frappés, et par le droit gu'acquirenl les idées néoplatoniciennes , de fcurnir seules la clef de l'inierprélalion d'A-

ristote. Celte controverse fut remplacée par là longue et ardente rivalité entre les deux ordres monastiques de S.- Dominique et de S.-François, par la lutte entre S. Thomas et Duns , SioGt,' j5ar la résistance que les autres arts libéraux tentèrent d'opposer à la domination exclusive de la philosophie. La séparation des diverses facultés, qui eut lieu en 1270, dans l'Université de Paris , et qui donna plus d'énergie à cette résistance, produisit en même temps un résultat d'une haute importance; elle isola la philosophie de la théologie , et rendit ainsi à la première un commencement d'indépendance.

Alexandre de Haies, Guillaume d'Auvergne et 'Vincent de Beauvais, ouvrent le troisième âge de la philosophie scolastique.

Alexandre de Haies donna l'exemple de ces commentaires du Maître des sentences y qui devinrent l'objet de si grands travaux dans le ï5''' siècle. L'un des premiers il contribua à diriger l'at-tenlion sur les écrits des Arabes; il consulta Avicena , il consulta malheureusement aussi et accrédita les écrits apocryphes attribués à Hermès Trismegiste, et à S. Denis l'aréopagite ; mais on cherche e% v«in dans les siens quelque vue originale. H

détermina aussi l'introduction des formes sylr logistiques dans l'enseignement de la théologie, ' et c'est sans doute, pourquoi, d'après l'usage du temps qui décernait un titre honorifique à chaque docteur , il reçut celui de docteur irréfragable.

Guillaume d'Auvergne , qui mérita d'être élevé en 1238 au siège cpiscopal de Paris, non moins par l'étendue de ses connaissances, que par son éminente piété, suivit une roule différente. Il ne s'attacha ni à S. Anselme, ni à Pierre Lombard, et ne suivit point leur méthode. Il avait étudié avec soin les plus célèbres philosophes arabes et juifs: Avicena, Alfarabi , Algazel, Averrhoës, Avicebron, d'autres encore qui nous sont inconnus; il avait lu Aristote sur des traductions immédiates aw^ grec; il cite Xhalès, Platon, Euclide, Ptolémée; il leur associe Hermès, Trismegiste, et paraît avoir sous les yeux des livres hermétiques que nous ne possédons plus , tels que celui de Deo deoruni. Mais, loin de recevoir comme des oracles les opinions qu'il rqpcontre dans ces sources diverses, il combat tctir à tour les erreurs qu'il y aperçoit ; il censure Aristote luimême. Dialecticien habile, théologien fidèle aux traditions de l'Eglise, il rejette tout ce qid

( 470 ) pouvait leur être contraire dans les systèmes de métaphysique et de philosophie naturelle. En adoptant les idées exemplaires de Platon , il se refuse à les personnifier avec les nouveaux Platoniciens j il s'eflbrce de faire prévaloir les vues morales et pratiques sur les oiseuses spécula- ' lions» qui absorbaient alors toute l'activité de l'esprit j il dédaigne l'emploi des formes syllo-. gistiques ; il réunit la clarté du style à celle des notions; son éclectisme semblait ouvrir la voie à une réforme salutaire (l),

Guillaume de Paris distingue six acceptions différentes du terme de vérité, i" La fidélité du signe ; elle exprime alors la chose désignée ; a" la réalité opposée à une apparence trompeuse; 3° la pureté d'une substance, coraine 4i||^rsqu'on appelle argent véritable > celui qui est exempt d'altération ; 4° l'essence des choses, telle qu'elle est exprimée par la définition; 5° l'existence du Créateur, ou le Créateur luimême, à l'égard duquel tout le reste n'est que ^ fausseté ; 6" la simple vérité logique qui se rap-

(i) Voyez ses œuvres imprimées en 2 vol. in-tolio. Orléans 1674- — Voyez aussi la notice sur Guillaume , dans Jourdain. L. C, p. Si^.

( 47' ) porte à t^accord (i<?s termçs dans les propositions (i).

Guillaume traita avec soin la théologie naturelle, et réfuta avec un soin particulier les hypothèses qui tendent à soumettre l'univers à l'empire de la nécessité. Dans l'idée qu'il se forme de l'univers comme d'im tout qiii ressort de 1 unité et qui n'existe que par l'unité, on croit découvrir les vestiges de la doctrine de Platon (2).

Vincent de Beauvais , dont S. Louis fit son lecteur, et auquel il confia l'éducation de ses «nfans , fut conduit par cette circonstance à rassembler une nombreuse bibliothèque ; il sut en profiter, et de ses persévérantes lectures il composa une sorte d'encyclopédie divisée en trois branches, sous le titre de Miroirs naturel , historique et doctrinal. Le genre et le but de ses travaux le rangent parmi les érudils plutôt que parmi les philosophes, du moins en tant que ce dernier titre suppose un auteur qui pense d'après lui-iiiéme ; mais , sous le premier de cies deux rapports , il ne rendit pas moins un

(i) Id., ibid., tome II. De Universo , p. 7^9 (2)/f/. , iA/V/., p.871, 743.

( ^72 ■) service considérabje à son siècle : le Miroir naturel est une vaste compilation de toutes les notions sur les sciences physiques , qui se trouvaient contenues dans les auteurs connus de son temps. Le choix qu'il a formé des opinions relatives à la psychologie est ce qu'il y a de plus curieux dans le Miroir doctrinal. Il employa plusieurs frères de son ordre à dépouiller les matériaux qu'il mit en «euvre , et à en faire des extraits. Vincent décide par l'autorité d'Aristote presque toutes les questions métaphysiques ; mais son Arfstote est celui des Arabes. 11 emprunte aux traducteurs latins dff ces derniers le célèbre terme de quiddité qui dès lors cblint une si haute importance dans l'école, Vincent es| un Réaliste prononcé. Les trois grands problèmes posés par Porphyre , dans son introduction aux catégories, relativement à la réalité des notions générales , ont fixé toute son attention. Avant de les résoudre , il distingue trois acceptions du mot être : l'une métaphysique , une autre mathématique, une autre physique. Sur le premier problème , après avoir comparé et discuté les opinions de Platon et d'Aristote , il conclut que les universaux n'existent pas seulement dafis l'entendement , ptiais aussi dans la nature. 11 résout le second

(473 ) en n'accordant aux universaux qu'une existence spirituelle. 11 résout le troisième par une distinction ; « 11 y a , dit-il , deux causes qui transportent l'universel dans le domaine de l'être : l'une matérielle , qui réside dans les individus ; l'autre eflicienie , qui réside dans l'entendement, en tant que, par 'l'abstraction, il sépare des individus ce qui leur est commun ; sous le premier rapport , l'universel est Vun dans le multiple ; sous le second , il est Vun hors du multiple. Ainsi se concilient les opinions contraires de Platon et d'Aristoie (i). » On conçoit que Vincent devait rejeter bien loin l'opinion de ceux qui faisaient résider uniquement les universaux dans les termes; cependant, il introduit ici une distinction judicieuse : il distingue les universaux en tant qu'ils appartiennent au domaine de la métaphysique, ou à celui delà logique. « Dans le pre- » mier cas , ils sont au rang des réalités ; dans » le second , ils sont la condition d'un terme w affecté à désigner une chose qui peut être » coordonnée dans un genre (2) (C). »

(1) Spéculum doctrinale , lib. III, cap. 7 (a) liid. , ibid. , cap. la.

ail.

Deux illustres docteurs atiirent maînlenairt nos regards; ils s'élèvent l'un à la suite de l'autre; ils étonnent par leurs gigantesques travaux, par la coordination systématique qu'ils y ont établie ; ils excitent l'admiration de leurs contemporains ; ils exercent sur eux une autorité imposante; ils semblent avoir travaillé pour les siècles : ce sont Albert-le-Grand et S. Thomas d'Acquin.

Albert et Thomas appartenaient tous deux à des familles distinguées ; le premier, à celle des comtes de Bollstsedt ; le second , à celle des comtes d'Acquin ; tous deux renoncèrent aux honneurs du siècle , aux perspectives de l'ambition , pour se dévouer aux exercices religieux^et à ceux de l'étude ; tous deux entrèrent dans l'ordre de S.-Dominique.

Albert fut engagé dans cette carrière par le célèbre Jordan, sous lequel il étudiait à Pavie; il enseigna d'abord à Paris, y développa , dans toute son étendue, la doctnne d'Aristote, et les succès qu'il obtint triomphèrent des interdictions prononcées contre les écrits du Stagyriie. Il fixa sa résidence à Cologne , et devint la lumière de l'Allemagne. Il mourut à Cologne <jn 1280 , âgé de quatre-vingt-sept uns. La collection impiiméc de ses œuvres, quoique se

( 475 ) composant de vingt et un volumes in-folio, est loin de comprendre toutes celles dont il fut l'auteur (i).

S. Thomas fit ses premières études de philosophie sous Pierre de JFIibernia, dans cette SLcadémie ou Étude générale ^ qui venait de s'élever à Naples, par les soins et la munificence de l'empereur; il alla les achever à Cologne sous Albert-le-Grand. Il enseigna tour à tour à Cologne même, à Paris et dans les différentes villes d'Italie où il dtcorapagnait la cour de Rome; il répandit sur cette dernière contrée la même influence qu'Albert exerçait sur l'Allemagne. Il mourut en 1274, se rendant au concile de Lyon : la collection de ses œuvres forme vingttrois volumes in-folio , et elle n est pas complète ; mais elle renferme aussi plusieurs écrits de ses disciples.

Albert et S. Thomas ont pris tous deux Aristote pour guide et pour modèle ; ils ont suivi ses traces en quelque sorte pas à pas , parcourant ses écrits , sans exception , tels qu'ils venaient d'être'retrouvés , suivant exactement *

(i) Ou cil pent voir le catalogue dans Quelif et Echard : Scriplorcs ordinis prœdicaior. Tome V^' , p.171.

l'ordre de ses livres , de ses chapitres , et y prenant le cadre dans lequel viennent se ranger les résultats de leurs propres méditations ; tous deux ont exploré , avec une persévérance infatigable , ceux des Pères de l'église qui étaient connus de leur temps, les commentateurs arabes du Stagyrite ; ils ont rapproché, comparé, discuté les opinions et les commentaires.L' Aristote d'Albert comprend les six premiers volumes de ses œuvres; celui de S. Thomas les cinq premiers. Ils forment à eux deux le corps le«plus étendu et le plus complet des paraphrases sur ce grand maîire. Albert cepefidant donne moins des commentaires proprement dits , qu'une suite de dissertations rangées sous les titres des chapitres d' Aristote, et dans lesquelles il a fondu les pensées du Stagyrite et celles de ses sectateurs; il procède en comparant «ces diverses opinions , les discutant tour à tour , et présentant ensuite ses vues personnelles qui sont presque toujours motivées par l'autorité décisive d' Aristote. S. Thomas joint ordinairement au texte d'Aristote une sorie de paraphrase , de glose , et s'attache à l'interprétation et à la critique philologique ; mais , dans ses petits traités et dans sa Somme théologique , il reprend les mêmes sujets et les examine d'après le point de vue qui

( ^77 ) lui est propre. Albert se réfère à quelques écrits qui ne nous sont plus connus aujourd'hui. S. Thomas , surpris par la njort , n'a pu achever son travail ; il a du reste l'avantage d'avoir possédé plusieurs traductions du texte entier , tirées immédiatement du grec ; il a au^si celui de succéder à Albert, d'être éclairé par ses recherches , éclairé par ses exemples ; il paraît aussi qu'il a lu S. Bonaventure , et qu'il a plus d'une fois marché sur ses traces , malgré l'opposition prononcée qui existait entre les ordres de S. Dominique et de S. François. J

Ici se manifeste d'une manière évidente l'étroite connexion qui unit la suite entière de l'histoire de la philosophie. L'héritage des siècles, les contributions fournies par les pgnseurs des nations les plus diverses , sont recueillis , rassemblés, mis en ordre parles deux docteurs du i3* siècle, proposés par eux à la contemplation de leur âge.

C'est surtout dans Albert et S. Thomas qu'on apprend à connaître les Arabes ; mais l'étude des Arabes et surtout celle d'Avicena, est nécessaire aussi pour avoir la clef de la philosophie d'Albert et de S. Thomas , et peut seule foire apprécier ce qui leur appartient en pro-

pre. Faute d'avoir fait ce rapprochement, la plupart des historiens de la philosophie ont attribué en propre a ces docteurs des idées qu'ils avaient puisées chez les Arabes , et dont l'expression même était littéralement prise dans cette source. Ces deux grands maîtres de la philosophie scolastique se sont exercés sur le livre de Causis ; tous deux ont commenté les écrits attribués à S. Denis Taréopagite , et s'il fallait pousser jusqu'au bout ce rapprochement , tous deux ont commenté le Maître des sentences de Pierre Lombard , y ont consacré trois gros volumes in-folio ; tous deux ont commenté le Nouveau -Testament et plusieurs parties de l'Ancien ; tous deux enfin ont donné sous le nom de Somme une exposition complète, méthodique et doctrinale de la théologie. Tous deux aussi ont commencé à séparer le domaine de la pliilosophie et celui de la théologie , mais en coordonnant cependant l'un à l'autre, et conservant la prééminence à la deraière de ces deux sciences.

Albert annonce en général des connaissances plus vastes; son esprit a aussi plus d'étendue, et son immense érudition lui a valu le. titre de grand ^ d'autres l'ont appelé, et non sans quel-

-OW;

(479.) qfue fondement, le singe d'Arisiole (i). Il s'est livré avec ardeur aux sciences naturelles telles ' qu'elles pouvaient exister dé son temps ; il paraît même en avoir reculé les limites. S. Thomas est im dialecticien plus subtil , un métaphysicien plus contemplatif; son esprit semble prendre un essor plus libre; il s'est rapproché davantage des nouveaux Platoniciens; il s'est adonné, avec une prédilection marquée , à la morale et a'&x considérations ascétiques : on l'a nommé un second S. Augustin , non moins à raison de la conformité du but, qu'à cause de la conformité des doctrines. Il a peu observé la nature ; mais il s'est beaucoup occupé des hiérarchies célestes, des divers ordres d'anges, des facultés dont ils jouissent , des fonctions qu'ils exercent , et ces spéculations sans doute lui ont valu le titre de docteur angélique.

Dans ces compositions prodigieuses sont disséminées une foule de vues plus ou moins dignes d'intérêt et de curiosité, dont un gran^ nombre mériteraient d'être recueillies et tirées de l'oubli par un choix judicieux ; mais , on essaierait

(i) Lan^ii ckronicon cilicensc ad An 13:58.

( 48o ) ■vainement d'en faire sortir l'ensemble d'im système neuf, et par conséquent de les résumer dans un • cadre qui puisse former une théorie propre à chacun des deux docteurs. Ils se sont moms proposé eux-mêmes de donner le jour à de semblables doctrines dont ils pussent en effet revendiquer la création > que d'éclaircir > de rectifier , de modifier dans ses détails , la doctrine de celui qu'ils appellent le philosophe par «xcCTlence. Essayons cependant d'en détacher les considérations qui , relativement à uotre plan , paraissent offrir tm plus haut degré d'implortance ; elles se simplifieront peut - être , elles s'éclaireront davantage , si nous continuons le parallèle , si nous mettons en regard les doctrmçs du maître et celles du disciple.

Lé ûiaîlre et le disciple ont chacun traité deux fois avec la plus grande étendue tout l'ensemble de la psychologie : d'abord en commentant le livre d'Aristote sur l'âme , ensuite çn exposant le même sujet dans leurs sommes théologiques. Avec Aristoie, ils considèrent celte science comme une portion des sciences naturelles ; cependant ils associent aux observations recueillies par l'expérience y la méthode synthétique et les déductions tirée»^

(48i ) n priori de la nature des substances intelligentes ; car , si on apprécie les facultés par leurs opérations , on juge les espèces d'après les genres. Albert prévoit l'objection qu'on pourrait tirer de ce que nos connaissances, dérivent des sens et de ce que l'ame cependant ne se manifeste point aux sens. Il répond que Dieu nous a donné la raison et l'entendement afin que l'une et l'autre, se réûéchissant sur les sens , pénètrent et explorent non->eulement les cboses sensibles , mais encore celles qui sont cachées sous les sens j a car, dit-il , les substances non sensibles sont en effet cachées sous les sens , et se manifestent à nous par leurs opérations (i). »

L'un et l'autre admettent la distinction fondamentale d'Aristote , entre l'âme végétative , l'âme sensitive et l'âme raisonnable. L'un et 1 autre la définissent comme la forme du corps organique, et comme le principe de la vie (2). Ils réunissent ainsi les deux propriétés que les an-

(i) Albert-le-Grand, De Anima ^ lib. I, tract. II, cap. I.

(a) /J., ibid. j cap. 6. — Summa Theol., tom. XVIII ,^p» 347. — S. Thomas, Summa Theolog. parsl, qusest. 75, art. i.

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