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certaines di^lerminations que la réflexion peut rendre volontaires, sont souvent involontaires par le seul fait de notre ignorance; comment ce qui est l'objet de l'examen , diffère de ce qui est l'objet de la délibération. (( La science est la matière de l'examen ; l'art » est celle de la délibération. Nous nous trou- )) blons souvent, dit- il, parce que nous con- » fondons ces deux ordres de choses ( i ). » La psychologie de Némésius est généralement fondée sur l'observation et l'expérience; il semble s'être proposé de prendre Galien pour modèle et pour guide, avec la seule différence que Galien avait essentiellement pour but d'étudier l'organisation physique, et n'observait la nature morale que d'une manière occasionelle et dans ses rapports avec celle-là ; tandis que Némésius , au contraire, se propose essentiellement pour but l'étude de la nature morale, et n'observe l'organisation physique qu'en vue des instrumens qu'elle offre à l'exercice des facultés intérieures. Ce trait caractéristique distingue Némésius de tous les philosophes qui ont
(i)Ihid.f cap. 34.
( 8M paru sur la scène depuis les Antonins jusqu'à Roger Bacon, et lui assigne un rang à part. On ne peut assez s'étonner de le voir apparaître ainsi seul au milieu d'une longue suite de siècles, marchant sur les traces d'Hippocrate et d'Aristote (i). On ne s'étonne pas moins de remarquer qu'il ait obtenu si peu d'attention j on ne le trouve cité par aucun écrivain de cet âge; il est à peine soupçonné des modernes; aucun historien de la philosophie n'a jusqu'à ce jour résumé son traité de la nature de V homme f et ne paraît même en avoir pris connaissance (R).
La plupart des écrivains ecclésiastiques qui se sont montrés favorables à Platon , l'ont yu au travers du prisme créé par l'école d'Ammonius Saccas et par les nombreux commentaires que celte école avait produits ; Némésius est le seul qui ait saisi les différences caractéristiques des deux systèmes. Cependant, à mesure que le nouveau Platonisme se développait à l'école d'Alexandrie et d'Athènes , il semblait s'accréditer aussi de plus en plus par une sorte d'ému-
(i) La dernière édition de Némésius est celle de Mathaei.
184) latibn dans quelques écoles chrétiennes. Du sein de ce même foyer, que nous avons vu se perpétuer à Alexandrie après Ammonius , et d'où était déjà sorti Origène , sortit encore au cinquième siècle, Synésius, païen d'abord, converti au Christianisme par le patriarche Théophile , élevé ensuite , malgré ses longues résistances , au sacerdoce et à l'épiscopat , conservant ce- ][)endant, dans ces fonctions nouvelles , un goût prononcé pour la culture des sciences morales et mathématiques et même un attachement étonliaint, sous plusieurs rapports, pour ses anciennes opinions. Disciple de Théon, de Pappus, d'Héron, il recueillit surtout les leçons publiques de la célèbre Hypathie, fille du premier de ces géoitlètres alexandrins. Il professa pour elle la plus haute admiration et la plus vive gratitude. Géomètre lui-même , philosophe et poète tout ensemble , il obtint les succès les plus éclatans et fut rangé parmi les écrivains les plus élégans de son siècle. Il nous a donné dans son Dion l'histoire de ses propres études, et s'est justifié du reproche qui lui était adressé , de se livrer à des exercices oiseux. L'indépendance d'opimons qu'il conserva au milieu des dignités ecclésiastiques peut étonner ; car on ne peut admettre avec Baltus qu'il les ait abdiquées dans
ses nouvelles fondions (i),* ses écrits suffisenl pour nous attester le contraire. On voit qu'il' croyait pouvoir concilier le fond du Christi^anisme avec le système des nouveaux Platoniciens , que peut-être il croyait pouvoir, en distinguant le domaine de la foi et celui de la raison, accorder au premier une assez grande étendue (L).
Ses hymnes sont une exposition brillante et animée du nouveau Platonisme ; on pourrait l'appeler l'Orphée de cette nouvelle école ; il y célèbre l'émanation universelle, l'unité primordiale et absolue ; quelquefois il emprunte les expressions d'Apulée, ce Tu es le germe des choses » présentes , passées et futures , de tout ce qui » existe; tu esle père, la mère, la voix, le silence, » la nature fécondante ! Salut, 6 centre perpé- )) pétuel des êtres î unité des nombres divins, » nnité antérieure à toute unité , semence des » êtres , âme éternelle , flambeau universel , )) source des sources , principe des principes! M Tu es le nombre des nombres , un et tout , » un de tout, un avant tout, un en toi-même, » un en toutes choses , âme mystique , intelli-
(i) Défense des SS. Pères. , liv. Il, chap. i.
» génie el intelligible! Tu es ce qui engendre y » ce qui est engendré, ce qui éclaire, ce qui est » éclairé ! elle le célèbre, celle heureuse nature, y> elles te célèbrent, ces productions de la nature, » qui ont découlé des canaux par lesquels se ré- » pand la céleste influence. Tu la vivifies , lu » réfléchis en elle l'image de la propre immor- » talilé (l) î » Le Verbe divin est revêtu par lui des propriétés attribuées au Z)e77îfowr^o* parles Gnostiques. « Le Père Suprême lui a confié la » production des mondes, afin qu'il imprimât » aux êtres les formes empruntées aux types » intelligibles (2). L'âme du monde remplit >) l'Univers de son efl'usion 5 pénétrant en tout » lieu , elle anime les cieux , elle préside au » monde , conserve , distribue sous des formes » diverses. De cette ame du monde sont émanées » les âmes humaines. L'âme est un écoulement » de l'esprit qui réside dans les régions in- » tellectuelles , qui, sans se diviser, s'est ré- » pandu sur la matière ! » 11 invoque « celte » source ineffable de vie et de lumière , afin » que, par son inspiration, l'âme, purifiée de la
(1) Synésius , lijmn. III et Y.
(a)Hyran., VI.
(87) » matière , i)uisse remonter à son origine , et )) «e confondre de nouveau dans cet océan, » dont elle est sortie (i). w 11 fait aussi de fréquentes allusions à la théorie Platonique des idées. « Je te vénère, ô terme de la nature quien- » gendre, et des natures engendrées î Je vénère » en toi l'ordre iriystérieux des intelligibles...! -» Eclaire mon âme de ta lumière intellec- » tuelle..! Jette un regard sur celte âme qui le )) supplie du sein de son séjour terrestre, et » qui aspire à s'élever jusqu'à la région de » l'Idéal (3.). » Synésius écrivit encore un traité des Veilles Platoniques qui a été commenté par Nicéphore , et un traité Polymatique , où la Rhétorique, la Philosophie, la Théologie, se trouvent associées, ornées de tous les charmes du style, et traitées avec une élégance peu commune dans son siècle.
L'affinité qu'on découvre entre les idées de Synésius et les écrits faussement attribués à S. Denis l'Aréopagite ont persuadé à quelques savans et entre autres à Lacroze (3), que Syné-
(1) Ifymn.f\t vers. 78 , aSg , etc.
(2) Hymn, , III , p. 5i , 80 , 88 , 94 , e'dit. d'Henri Etienne.
(3) HiJl. du Christian* d'Ethiopie , liv. I.
slus pouvait en eflet en avoir été lauteur , mais Brucker a réfuté solidement celte supposition(i). On peut encore moins admettre l'opinion de ceux qui ont prêté ces ouvrages à S. Appolinaire. L'auteur, quel qu'il soit, paraît devoir appartenir au 5^ et au 6' siècle. Le système des nouveaux Platoniciens, tel qu'il s'était développé dans les derniers temps et spécialement dans l'école d'Athènes, respire tout entier dans ces ouvrages. Il y est joint à une exaltation mystique et poétique portée au plus haut degré ; oa serait porté à croire que leur auteur a voulu transférer ce système tout entier dans le sein du Christianisme , et même lui subordonner les dogmes de celui-ci, ou du moins les commenter dans l'esprit de ces doctrines nouvelles. Telle est du moins la tendance du traité qui porte pour titre : Théologie Mystique. Dans son traité des noms diviiis , il imagine certaines substances qui dérivent de Dieu indépendamment de ses attributs , substances détachées des choses particulières, qui sont les exemplaires des êtres sensibles , et dont ceux-ci tirent leur existence par la participation qu'ils
(i) Hist. crit. phil, , tome VI ^ pag. 507.
ont avec elles. L'essence t;t les propriétés de toutes les perfections, sont, à ses yeux, la nature et la substance de la Divinité, en tant qu'elles résident en elle; mais en tant qu'elles en dérivent, elles forment entre le créateur et la création une sorte de milieu qui communique aVec l'un et l'autre : ces exemplaires ont été créés de toute éternité par Dieu même, et Les » principes de l'être, dit-il, communiquent M l'existence ; c'est parce qu'ils possèdent l'exis- » tence par eux-mêmes qu'ils deviennent des » principes. Si le principe de la vie qui respire » dans les animaux, est une vie essentielle, la » vie par elle -même (avro^on); si le prin- » cipe de la ressemblance, autant que les choses » se ressemblent, est une similitude essen- )) tielle , de même , en chaque chose , tout ce )) qui est communiqué dérive d'une propriété » essentielle (i). Ces principes, ces propriétés » fécondes découlent de la Divinité même et en » sont produites; ils sont des êtres, ils sont vi- )) vans et divins (a).» La participation, fJ'iTox» > IxiToua-ia, , le mode suivant lequel elle s'opère , le rapport qu'elle établit entre la cause et son
(0 De Divin. Nominib. , cap. V, § 5, pag. 691, édit. d'Anvers.
(2) Ibid. , cap. XI , § 6 , pag. S^Q. y oyez aussi le
( 9" ) effet, sont le pivot de ce système; c*est encore l'émanalion, mais l'émanation dépouillée de la forme allégorique, et réduite à son abstraction la plus sévère. S. Maxime, moine et martyr, essaya de donner à cette doctrine un commentaire dont , certes , elle avait grand besoin ; mais il n'eut pas le bonheur d'en saisir exactement le sens. Les exemplaires du Pseudo-Denys furent à ses yeux certaines substances excellentes , le premier ordre des créatures intelligibles, auxquelles il identifia, sous le nom à^ idées j les décrets de la volonté divine qui destinent l'existence aux créatures. S. Maxime s'était proposé d'expliquer les notions obscures et ambiguës de ce iranscendantalisme mystique j mais il en accrut encore l'obscurité, s'il était possible. De la doctrine contenue dans ces écrits apocripbes , de celle de St. Grégoire de Nysse, du système des nouveaux Platoniciens, et de la Théologie chrétienne, il composa un mélange dans lequel ces notions disparates sont moins réunies que contraintes à se rapprocher(i ). Les ouvrages attribués à S. Dcnys
P. Pelau : Theol. Dogmat. , tome. I , lib. I , cap. II , pag. 83. ; cap. X , §§ agS , etc.
(i) S. Maximi scholia in Gregorium , Theol. ^
(!)■ ) l'aréopagîte furent envoyés, en présent, à Louis Je Débonnaire, au 9' siècle, par un empereur d'Orient, présent funeste, nous ne craignons pas de le dire 5 car, reçus et accrédités comme authentiques, traduits par Jean ScotErigène, et livrés ainsi à la philosophie inexpérimentée du moyen âge, ils exercèrent long-temps sur la dir.jtion des idées une singulière influence, ainsi que nous le verrons par la suite.
^née de Gaza , disciple d'Hiéroclès , converti ensuite au Christianisme, se proposa dans son dialogue intitulé, Théophraste, de combattre celles des opinions de Platon et des nouveaux Platoniciens sur la nature et la destinée de l'âme, qui ne pouvaient se concilier avec sa nouvelle croyance ; mais il ne fut pas toujours heureux dans l'exécution de ce dessein. On croit retrouver quelquefois en lui plutôt le disciple de Platon lui-même ou celui d'Hiéroclès , que le docteur ecclésiastique (1). Il admet du reste > ; II... Il,
avec la tradition de Jean Scot Erigène. — Epistola ad Thomani de diversis quœst. ex S. S. P. P. T>yonîsîo et Gregorio petitis , avec la trad. de Th. Gale. Oxford, 1681, à la suite du traité de Jean Scot Erigène , sur la division de la nature.
(i) ^ncec Gazœi Theophrastus ^ Bibl. Macc. fairurfij lora. VIII , pages 65c), 662.
avec l'école de Jamblique , que Platon a puisé sa pliilosophie dans les traditions des Chaldéens et des Égyptiens (i).
Zacharias le Scolaslique qui enseigna successivement la jurisprudence à Alexandrie et à Beryte , écrivit deux livres sur les Principes contre les Manichéens, et un dialogue contre les philosophes qui admettent l'éternité de la matière ; quoiqu'il s'y propose de réfuter quelques uns des nouveaux Platoniciens , il subit lui-même l'influence de leurs systèmes
Aux trois grandes branches que nous avons cru devoir assigner dans le chapitre précédent à l'école des nouveaux Platoniciens , on pourrait donc en ajouter une quatrième dont Origène serait considéré comme le premier auteur, qui se distinguerait essentiellement des trois premières , en ce que cette dernière secte aurait tenté, avec plus ou moins de succès , d introduire la doctrine de cette école parmi les philosophes Chrétiens , en l'accommodant à la croyance religieuse de ceux-ci, et quelquefois en altérant celte croyance même, par les efforts qu'elle faisait pour concilier l'une avec l'autre.
(i) fù. , Ibid., pag. G5i , lettre E.
(1)5) Ij.i préférence qu'accordèrent à la philosophie de Platon la plupart des écrivains ecclésiastiques , s^explique naturellement soit par le concours des causes générales que nous avons indiquées au commencement du chapitre 19" , par la tendance qui régnait , par la direction que suivaient les idées à celte époque , soit aussi par la juste faveur que méritait à Platon auprès des docteurs du Christianisme , la pureté de sa morale, l'élévation de ses vues, les nohles idées qu'il s'était formées de la Divinité et deladestinée de l'homme. Epicure surtout dut être frappé d'une défaveur d'autant plus inévitable, qu'il se discréditait par l'abus que ses propres disciples faisaient alors de ses principes, abus qui avait inspiré aux plus sages des Païens , de si fortes préventions. S. Clément d'Alexandrie a exprimé avec énergie ces arrêts sévères que reproduisirent après lui contre Epicure , Lactance , S. Ambroise , S. Augustin (i). ce Je n'ai » point blâmé, dit-il , toute philosophie, mais » bien et spécialement celle d'Epicure , qui re- » jette la Providence , qui érige la volupté » même au rang des dieux , qui ne reconnaît
(ï) Voy. leurs passages dans Gassendi et les observations de celui-ci : de Vita Epicuri^ lib. III, cap. 2.
(9*) ^) point de cause efficiente aux élémens qu'il » met en jeu , et dont les regards même ne » peuvent reconnaître le SuprémeOuvrier(i). » La doctrine du Portique portait une atteinte directe et trop grave à la doctrine de la simplicité et de l'immortalité de l'âme , accordait trop d'empire à la matière , pour pouvoir être accueillie par le Christianisme. Aristote même fut long-temps et souvent l'objet des censures des écrivains ecclésiastiques • on trouve à la suite des œuvres de S. Justin martyr , publiées par les Bénédictins de la congrégation de S. Maur , un traité dont l'auteur est inconnu aux premiers siècles de l'Eglise, et qui , sous le titre de Réfutation de certaines Propositions d'Aristote, est spécialement dirigé contre les Libres Physiques et les Livres du Ciel. On condamnait surtout son hypothèse de l'éternité du monde et les étroites limites dans lesquelles il avait prétendu renfermer l'action de la Providence divine. On attribuait les écarts auxquels avaient été entraînés les Hérétiques à l'influence de la dialectique subtile instituée par le fondateur du lycée, et les longues controverses
<i) Stromat, lib. I , pag. agS ; II , pages 365, ^2,5', IV, pag. 532 ; V, pag. 6o4 ; VI , pag. 609 , etc.
(95) auxquelles l'Arianisnie donna lieu durent singulièrement confirmer celle disposition des esprits.
Aristote, quoique jugé avec la plus extrême rigueur par un grand nombre, d'écrivains ecclésiastiques , trouva cependant parmi eux quelques protecteurs et quelques apologistes. Il fut surtout considéré avec moins de défaveur lorsque les nouveaux Platoniciens eurent entrepris de le réconcilier lui-même avec Platon , et Teurent présenté comme l'introducteur à la vraie doctrine de l'ancienne Académie .Déjà, vers la fin du troisième siècle, Anatolius, évêque de Laodicée, accéda aux vœux de la ville d'Alexandrie, en se chargeant d'occuper une chaire de Péripatéticisme. 11 rétablit, avec celte chaire, la considération du Stagyrite. Doué lui-même , au rapport d'Eusèbe et de S. Jérôme , des plus vastes connaissances , et d'une éloquence peu ordinaire , il donna à ses leçons une grande autorité. Il était particulièrement versé dans l'étude des sciences ma thématiques; il composa dix livres des Institutions Arithmétiques dont Fabricius nous a conservé quelques fragmens ; mais il ne nous reste rien de ses travaux sur la philosophie.
Ce fut d'abord en Occident qu'Aristote cora-
(96) mença à obtenir de nouveau quelque faveur , et seulement au 5e siècle, lorsque les invasions des barbares menaçaient déjà les sciences et les arts d'un ane'antissement total. Claudien Mamert, prêtre , ensuite évêque de Vienne en Dauphiné , avait associé l'étude d'Aristote a celle des autres philosophes de l'antiquité. Claudien Mamert était l'un des hommes les plus éclairés de son siècle. Dans son traité sur VÉtat de VAme , il témoigne lui-même combien le rapprochement et la comparaison des opinions diverses est utile à la découverte de la vérité. (( La lumière , dit-il , sort de ce con- )) traste lui-même , et le vrai brille d'un nouvel » éclat en présence de l'erreur. Plus la vérité a » coûté d'efforts, et plus l'esprit humain s'y » attache ; 11 est donc dans l'ordre des choses » qu'on n'y parvienne que d'une manière lente » et progressive. Les philosophes ont été » conduits par celte voie , et préparés gra- » duellement à une connaissance plus par- » faite (i). » Il entreprit cet ouvrage pour réfuter 1 évêque Faustus qui avait avancé qu'à l'exception de la Divinité, il n'y a point de
(i) De Statu Animae , lib. II, cap. i , Bihl. Max, Patrum , tom. YI , pag. 1059.
( -)7 ) substance incorporelle, et que l'âme, par cela seul qu'elle est en fermée dans le corps, qu'elle occupe un lieu déterminé , a nécessairement une analogie avec le corps. La doctrine des nouveaux Platoniciens considérait toute localisation comme incompatible avec la nature des intelligences ; Faustus opposait à celle opinion les témoignages de l'expérience; Claudien Mamert, en le réfutant , se range lui-même sous les bannières du nouveau Platonisme. Il s'attache à prouver que l'âme n'occupe aucun lieu. Avec les nouveaux Platoniciens, il s'empare des raisons séminales du Portique, et les convertit en puissances et substances immatérielles.
(( Les germes des plantes , par exemple, ren- )) ferment une sorte d'énergie, de vie incor- » porelle, principe duquel dérive leur orga- )) nisalion , leur développement (i). ))
On voit tout ensemble dans ce docteur , et combien la philosophie des nouveaux Platoniciens avait déjà pénétré chez les écrivains ecclésiastiques, et quelle autorité Aristote commençait à obtenir particulièrement en Occident. Il reproduit les idées des philosophes de la Grèce et de Rome sur la simplicité et surl'im-
(i) /izVZ. , pages io54, io56.