‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie: considérés relativement aux principes des (volume 2)Chapitre 13 sur 20 · V. ' Témoignages humains · texte numérisé non relu

V. ' Témoignages humains

Le consentement unanime des peuples; la constance

de cette eroyance qui survit à toutes les erreurs ; l'autorîtë des esprits les plus distingues y celle des hommes qui ont approfondi la science de la nature , des sages ; cette croyance d'ailleurs ne repose sur aucune des causes qui ont accrédité les préjugés ou les fables.

2*. L'ordre du monde :

La matière est par elle-même immobile, impuissante et dépourvue de toute qualité. Tout ce qui porte l'empreinte de la raison ne peut être émané que d'une cause raisonnable. Le monde est un tout et forme un système unique. Le monde irenferme des intelligences ; donc nneintellijgence seule a pu en être l'auteur.Preuves déduites par Socrate, Platon, Zéhon. Expoèition de la régularité et de l'harmonie qui régnent dans les phénomènes de l'univers.

y. Funestes conséquences de l'athéisme s

Il détruit toute religion , toute moralité , ' tonte sagesse , toute justice. — - Sextus , d'après les Stoïciens, s'appuie aussi sur la divination , admise comme un fait.

A ces preuves Sextus oppose que les hommes, s'ils' s'accordent dans la croyance à la Divinité , se la représentent sous les plus fausses eties plus grossières images, n fait ressortir les conséquences absurdes de l'opinion desStoïciens qui assimilaient la Divinité aux êtres animés. Il prétend établir qu'on ne peut admettre la Divinité comme un être infini , un être immatériel ; il montre qu'on ne peut la concevoir comme un être matériel et fini. —De ce que les vertus humaines ne peuvent lui convenir, il conclut qu'il faudrait donc lui refuser la moralité. Il retombe dans ses dilemmes ordi*

naîret et dans une arçumenUtîoa qui me mérite guère d'être citée ; il empmnte les argamens de Caméade.

Il termine en supposant que les raisonneniens opposés se balancent et par conséquent se détruisent. « D'aiilenrr, dit^il , si Ton vent adopter sur ce sujet une opinion universelle, on embrassera des contradictions, puisque ceux mêmes qui admettent cette croyance se contredisent dans leurs définitions. Si Ton donne la préférence à Popînion de quelques— uns , quel sera le motif de préférer ? • ( Adt^, phys. I, 192. )

(F) donnons nn seul exemple de ces subtilités : « S'il y a un bien qui puisse être l'objet légitime pour le choix de la volonté | ce sera ce choix lui-même, on bien il sera placé hors de ce choix. La première hypothèse est inadmissible ; car, elle nous ferait remonter à l'infini. Dans la seconde hypothèse, cet objet sera hors de nous, ou en nous. S'il est hors de nous, on il exercera sur nous quelque influence, ou il n'en exercera aucune; dans le premier cas, il n'y a aucun motif pour le choisir; dans le second ,' c'est l'impression même que nous en recevons qui sera l'objet de notre choix. Si , an contraire, on suj^ose que cet objet soit en nous, il sera corporel on spirituel. La première explication ne peut être reçue ; car la matière , étrangère à l'âme , ne peut en être connue ; toute connaissance réside dans rame; d'ailleurs, si la matière parvenait même jqsqu'à affecter notre âme , ce n'est point en tant qu'elle est un corps qu'elle pourrait devenir l'objet de nos désirs , mais en tant qu'elle nous affecte d'une manière agréable. La seconde explication est également inadmissible ; car les

hommei, différant dans les id^es qn'ÎIs se forment , ne sont point d'accord sur les vrais biens intellectuela ; cependant ce qui est bien par sa nature doit être tel ponr tons lesbommes. Il n'y a donc rien qai soit un bien par sa propre nature. ^Adv. Elhic. 8i k gS. )

(G] La belle éditioa que Fabricîus a donnée à Leipsick, en 17181 des ouvrages de Sextus , reçoit un prix éminent des savantes notes qu'il j a jointes et qui forment, avec le texte, l'un des recueils les plus curieui et lei plus complets de sources ponr l'histoire de la philosophie ancienne.

Un usage commence k s'introduire parmi quelques érodits de nos jours , celui de supprimer ce genre de notes en publiant les textes des anciens. On pouvait «liler les prétentions qu'avaient pn montrer les émditsda i^*"* siècle en portant à l'excès le luxe des anaotations, sans se jeter dans l'exagération contraire; ce qu'il importe ici de consulter avant tout , c'est l'iolérêt de la jeunesse studieuse. Quel peut lire le motif qui porte aussi quelques érudits , en publiant aujonr— d'hui des textes grecs inédits, k ne plus les accom> psgner de traductions latines ? Ces deux innovations nous arrivent de l'Allemagne. Nous ne pensons point qu'elles soient dans l'intérêt des lumières. Pourquoi pnblie-t-on , si ce n'est pour faire connattre et pour mdre l'étode des sources plus acoessîble ?

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