‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie: considérés relativement aux principes des (volume 2)Chapitre 14 sur 20 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Origine des doctrines mystiques. — Premier mélange des traditions orientales avec la jphilosophie grecque. — Docteurs juifs.

— Onostiques.

SOMMAIRE

ALLiiHCt des traditions orientales avec la philosophie grecque. — Opinions diverses sur Torigine historique des noa- Telles doctrines qui en résultèrent ; — Réalité des traditions

. Tenues de FOrient. — Doutes sur retendue des emprunts que leur avaient faits les philosophes grecs. -— Oracles attribués à Zoroastre.

Causes morales qui ont préparé cette alliance. — Bouble tendance ^ — De la philosophie vers les religions positives ; — Des religions positives vers la philosophie j — Effets qui durent en résulter. —Dangers auxquels elle peut s'exposer.

Les Juifs , premiers instrumens de ce rapprochement. — Docteurs juifs: Aristobule, Philon ; — Théosophie de Philon ; — Notions qu'il emprunte aux Grecs.

Gnostiques ^ — Sectes diverses : •— Origine commune.

OpUtes ; — Gnostiques exposés aux Juifs.

Geoftiqu^ juifs ; Valei^tin ; la Thëosophie.

Caractères communs aux Gnostiques. -^ Origine de la Cabale.

Les aDtiqaes traditions de l'Asie dont nous avons présenté un aperçu rapide dans le troisième chapitre de cet ouvrage^ n'étaient que des germes épars, des notions isolées, sans imaa entre elles , sans développement , données et reçues sous la forme des dogmes, voilées sous des allégories, enveloppées de mystères ; elles ne constituaient point une science. Elles présentent les formes d'une religion positive, et non le caractère d'une philosophie raisonnée. Le moment est venu où elles vont entrer dans le domaine de la philosophie proprement dite, devenir le foyer de systèmes nouveaux , se coordonner avec les doctiines qui avaient atteint lin grand degré de maturité.

Ce grand phénomène donne lieu & deux questions du plus grand intérêt , l'une sur l'çnchatnenent des faits historiques , l'autre sur le eoQconrs des causes morales..

1*. L'origine des systèmes connus sous le nom d! Ecclectisme , de Philosophie Alexan" y de nouveau Platonisme , est l'un

des problèmes les. pins difficiles et les plus importans de l'histoire de l'esprit humain.

Nous n'aspirons point à le résoudre dans toute son étendue : trop de nuages couvrent encore les questions qui s'y rattachent, et nous nous bâtons de déclarer que nous sentons trop aussi l'insuffisance de nos forces ; nous ne présentons donc ici qu'avec une juste timidité les résultats auxquels nous nous sommes trouvés conduits par nos propres recherches; ce sujet d'ailleurs exigerait à lui seul un ouvrage fort étendu pour être convenablement traité.

Quelques sa vans modernes, entre autres Tiedemann et Meiners, ont révoqué en doute l'existence des doctrines orientales qui , diaprés Fopinion généralement reçue, s'accréditèrent à Alexandriel avant la naissance du Christiasisme , doctrines dont le caractère essentiel et propre, comme nous Pavons déjà remarqué (î), était une sorte d'idéalisme mystique, fondé sur la contemplation immédiate ou l'extase (A}.

Ils ont supposé que le développement de la philosophie platonicienne avait suffi pour donner aux idées des Eclectiques la direction

(i) Tom. I y chap. III, pag. 24^ et suîv.

qu'elles suivirent après cette époque. Mais , les immenses conquêtes qu'a faites depuis quelques années la littérature orientale , ont jeté une lumière trop abondante sur la religion et les opinions des nations de l'Asie ^ pour que ces doutes puissent aujourd'hui se maintenir. Le résultat des découvertes nouvellement faites se trouve dans un accord trop parfait avec les.

anciennes notions qu'on s'en était formées d'après* l'emprunt que firent à ces doctrines les philosophes alexandrins y pour que le fait de cet emprunt ne soit pas désormais hors de toute contestation.

D'un autre côté^ le Juif Aristobule (i) avait imaginé de prétendre que la philosophie des Grecs, que leur poésie elle-même avaient leur source dans les livres sacrés des Hébreux et dans les ouvrages de leurs docteurs ; cette opinion , reproduite après lui par St.-Clément d'Alexandrie, a trouvé des partisans dans les temps modernes ^ chez Humpbry Hodius, Richard Simon, Jean Van Dale, et plus récemment encpre dans le savant Ëichom (2). On a sur-

(1) Yoj. la savante dissertation de yalkeaaër(J9ûitribe de Aristobulo JMdœOykxn&Xetà. i8o6. )

(a) Biblioth. orient. d'Ëichom , tom. Y. , sect. 2. pag: a33.

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