‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie: considérés relativement aux principes des (volume 2)Chapitre 15 sur 20 · III · texte numérisé non relu

III

tout cru reconnaître dans Pblon les traces tf emprunts laits aux doctrines rdigieuses dès Hébreui , et cette ofHoion a trouvé de nombrenx apologistes , parmi lesqueb s'est rangé le savant Daàer lui-même. Mais, cette hypothèse n'a pa résistera l'examen d'une saine critique; il a élé reconnu qu'elle s'appuyait sur des allégations démenties par l'histoire ; et le parallèle attenùf des doctrines a Ëiit évanouir ces prétendues asùmilations trop l^èrement admises. Le savant Brucker a répandu , sur ce qui concerne en parùcuUer l'application de cette hypothèse à Platon > une lumière qui ne laisse rien à désirer (i).

Cne hypothèse plus récente, qui se prâeole avec plus de faveur , soit par le nom des homan» qui l'ont adoptée, soit par les probabilités dont ib s'appuient , ferait dériver la pliiloso- 'tiie grecque elle-même des antiques traditions ■<i l'Asie et des mptères de la Thrace; Zoroa- ^nkHenBès,Orphée, auraient été les véritables .sBBiHHsdesFythagore, des Platon. Les phi- F^admis à la partiâpation de c^e

( '91 ) formes scientifiques , en lui donnant un de'velo[^)ement méthodique. Ainsi , lorsque les doctrines platonicienDes prirent à Alexandrie un nouveau caractère, elles n'auraient fait en quelque sorte que remonter à leur source ; elles auraient élé commentées dans le'même esprit qui présida k leur cre'ation. Ainsi , dam cette hypothèse , séduisante du moins par sa beauté,' la sagesse prïmitlve , qui se produisit d'abord au berceau de la ùvilisation , se serait écoulée en Grèce par les canaux que lui auraient ouverts les fondateurs de l'école d'Italie et de l'Académie, s'y serait déployée comme un fleuve majestueux , accru par les méditations d'une suite d'illustres génies; elle serait revenue à Alexandrie se réunir de nouveau aux autres branches dans lesquelles elle avait continué de se perpétuer telle qu'elle était à son origine , et se rajeunir en quelque sorte par cette réunion; de manière qu'il n'y aurait eu réellement qu'une

sent encore en concevoir l'idée d'une manière formelle. .Quelque brillante qu'elle soit , elle ne nous parait point encore appuyée sur un ensemble de moaunieos bistorîques qui permette de l'adopter dans toute son étendue, ou du moins de déterminer avec précision la juste valeuï' qu'on peut lui assigner. Ijcs documens authentiques qui nous sont parvenus sur les traditions piimiiives de rOrient ne nous fournissent point de données assez complètes pour caractériser avec cerùlude tous tes élémens dont se composait cette sagesse primitive ; la criùqne historique a contesté par des motifs très-plau^les l'authenticité ùm oracles de Zoroastre» des poëmes orphiques, des livres hermétiques (B), des écrits attribués aux premiers disciples de Pjtliagore. D'ailleurs, dans le nombre déjà trop limité de données poùtives que Hous avons sur les doctrines orientales, il en est qui évide point dans les doctrii Grecs, telles, par exem[ portent au principe du médiaire^au développen divine, etc. Ainsi , quoi à nos yeux, qu'une po l'Aâe ait passé cbea les

( 295) allégories mythologiques que les poètes onÇ admises, reproduites, mais altérées; ensuite sl'aide des initiations mystérieuses; enfla, et , d'une manière plus directe , par l'intermédiaire des philosophes eux-mêmes , qui , comme Pylliagore et Platon , ont recueilli les traditions dans leurs voyage»; il nous paraît impossible de déterminer d'une manière précise , certaine ' et rigoureuse , tous les éléraens qui , dans les doctrines grecques , peuvent être rapportées à cette origine , ou du moins , l'étendue des dé- Teloppemens que ces germes primitifs avaient pu avoir déjà reçus avant leur transplantation dans la Grèce. Alors même que nous admettrions le fait, nous ne pourrions en apprécier Pexacte valeur et toutes les conséquences.

On sait que l'époque à laquelle se forma le mélange des traditions de l'Asie avec 'le» doctrines philosophiques des Grecs est celle à laquelle la fabricatiou des écrits apocryphes a eu

nous parait réunir du moins le plus haut de* gré de probabilité^ ces documens n'en seraient pas moins fort curieiXZ et assez instructifs par eux-mêmes ; car, les Alexandrins n'ayant jamais prétendu à l'originalité ^ et ce mérite ne pouvant être réclamé pour eux , tout ce qui y dans ces documens, ne se trouve pas appartenir aux doctrines des écoles grecques atteste du moins l'existeii^ce de germes qui lui corres^ pondent dans les traditions orientales. , Les oracles attribués à Zoroastre^ qui ont été recueillis par Fr. Patricius , et dont une partie avait été transmise par Plethon et Pâellus, renferment évidemment des notions confor-, mes à celles de la philosophie pljatonicienne , telle que nous la puisons à sa source même y dans les écrits de son auteur (i); elles renferment également des traces du système de Pythagore; mais^ les unes et les autres s'y trouvent combinées à des traditions qui ont manifestement aussi une autre origine, telles que celles du principe secondaire , auteur de la création , et de l'échelle graduée suivant laquelle se produisit successivement la géné-

(i) Yoy* dans Stanley, pag. 1178 et suiv., les •cbap. o,^^ eiÇ des oracles de Zoroastre,

(295) ration des natures, en descendant des plus parËiîtes aux plus imparfaites (i). Dans leur ensemble y ces fragmens peuvent être considérés comme une sorte de t jpe , ou , si Pon aime mieux , comme un symbole ou un résumé des dogmes communs aux nouveaux Ecclectiqucs des premiers siècles de notre ère. En admettant donc que les oracles de Zoroastre, les écrits d'Hermès Trismégiste et quelques-uns des fragmens attribués à Orphée, ne soient, comme nous le pensons, qu'une production des nouveaux Platonieiens, et encore, en partie, de ceux-*là même qui sont postérieurs à Plotin et à Porphyre lesquels ne paraissent point les avoir connus , ou qui ne les ont point jugés dignes de considération, ces monumens offrent cependant encore un genre particulier d'intérêt et de curiosité, en ce qu'ils expriment et représentent d'une manière sensible le Syncrétisme des idées philosophiques et des traditions théologiques, tel qu'il s'opéra à cette époque. En cessant de s'oflfrir à nous , comme la source antique de h doctrine que produisit ce Synerédsme , ils nous en offrent du moins le résumé , le symbole ;

(i) Ibid. , dtp. t, 2, 5, etc. , les notes de Qnc àlasnitt*

ils nous le présentent sous les (ormes principales que cette doctrine adopta , formes dis* tinctes entre elles , mais cependant unies par une consanguinité manifeste.

2®. Le concours des causes morales qui pro^ duisit' ce singulier phénomène de l'histoire de l'esprit humain est plus facile à déterminer.

De même que^ dans l'enfance de la société humaine^ à la suite de cette première impulsion qui précipite l'esprit humain vers les objets sensibles, s^opère une sorte de réaction produite par les premiers » retours de la reflexion , et qui ramène la raison à un ordre de choses supérieur , qui la porte à soulever les voiles du monde moral (i), de même aussi , dans un degré supérieur de civilisation , à la suite de ces investigations scientifiques qui se sont dirigées avec ardeur sur l'immense théâtre de la nature extérieure, se manifeste et se déploie un besoin actif et puissant de remonter vers cette autre nature à laquelle appartient la partie la plus noble de nous-mêmes. C'est qu'il j a dans l'homme un prinripe essentiellement religieux, qui peut être distrait,

(1) Yoy. tomel. de cet ouyrage pag. a46 et suir.

mais nOD éleÏQt > cjuï se développe en raison ilii ddveloppemeDt de ses facultés, qui tend à se mellre en rapport avec lés progrès qu'elles obiienneDt. «C'est que l'effet naturel des connaissances acquises et du perPectioDnenient intellectuel est de rëréler encore davantage à l'homme des intérêts supérieurs aux intérêts matériels et terrestres. En découvrant toute la dignité de sa nature et les nobles prérogatives de sa raison , il éprouve plus impérieusement le besoin de connaître les hautes desti> nées qui lui appartiennent. Plus son âme };i'andit, plus elle aspire anx'CÎeux; plus son esprit s'éclaire, mîenx il reconnaît sa vraie pa" trie ; plus il se perfectionne y et plus il soltiàte (l'diigustes et d'intimes rapports avec la source éternelle et infinie du vrai , du bon et du beau. Si donc le senùment religieux est comme une sorte d'instinct de la nature humaine , il est anssi le besoin impérieux , quoique raisoDué, d'une haute philosophie. Seulement, dans ses iuspîraùons , il ne suit pas le progrès des connaissances , par régulière et soutenue ; il pi réveiller tour à lour , et loi il prend un essor d'au^nt n plus tardé à se satisfaire ,

( agS )

ment l'équilibre , produit une sorte d'explosion et entraine tout à sa suite.

Sans doute, les doctrines philosophiques, ces libres créations de Fesprit humain , dans la variété des directions qui s'offrent à elles , ne manifestent pas toutes la même tendance, ou ne la manifestent pas au même degré. Il en est qui s'imposent plus ou moins de ré-* serve et de défiance ; il en est qui s'exercent à critiquer les entreprises de la raison ellemême ; il en est qui se terminent aux causes prochaines ; il en est même qui semblent faire un pacte avec les faiblesses humaiûes , avec les mœurs du siècle^ et qui se chargent de leur apologie, au lieu d'en tenter la réforme. Mais, au milieu de ces diverses carrières , il en est toujours une ouverte à la vraie sagesse, et lorsque les esprits y sont ramenés , lorsque des génies éminens y sont entrés y elle les conduit in&illiblement à ce terme de toute sagesse véritable. C'est ainsi que nous avons vu tour à tour le sentiment religieux se déployer chez Anaxagore , Pythagore , Socrate, Platon, Aristote et Zenon.

A mesure que les lumières philosophiques se répandent par les progrès de la civilisation , cette circonstance concourt encore à confirmer

( 299 ) la tendance dont nous parlons; car^ elles ont besoin de ce patronage des idées religieuses pour obtenir un accueil plus favorable de la généralité des hommes.

Cela posé^ on conçoit que les philosophes d'un esprit supérieur auront du, dans l'antiquité, se créer un système d'idées religieuses indépendant non - seulement des superstitions vulgaires , mais même des traditions reçues et du culte extérieur; quelques-uns auront pu se trouver satisfaits de la simplicité des notions sublimes auxquelles leurs méditations les avaient âevésj mais, l'esprit humain, en général^ a trop besoin de s'appuyer sur des signes, l'esprit reli^eux lui-même a trop besoin de se reposer sur des formes positives, pour qu'on n'ait pas cherché a rallier les idées philosophiques aux dogmes d'une religion établie : c'est ainsi que nous avons vu les Stoïciens diriger tous leurs efforts à expliquer et légitimer la religion mytliolo^que des Grecs et des Romains.

Cependant , celte mythologie était trop gros*sière, trop sensuelle, pour remplir l'attente d'une philosophie éclairée , et les vœux d'un sentiment sérieusement religieux. Cicéron, qui professe une si haute estime pour la morale du Portique , nous montre assez combien le Portique était

( 3oo }

impuissaDt pour élever les Cibles LoiDéri<|aes au rai^ cfiuie religion raisonnable. Oo appdail dcMic de tontes parts avec ardeur des dogmes religieux qui se prêtassent mieux à une alliance intime arec la philosophie.

Maintenant , et pendant que telle était la dispontîon toujours croissante des honmies éclairés par les études philosophiques^ les progrès généraux de la âyilisatioo, en propageant les lumières dans toutes les classes de la soâété , frisaient naître une tendance correspondante dans le sein des cultes établis. Les religions positives éprouvaient le besoin de se mettre en rapport avec les développemens de la raison. Ge besoin devait se faire sentir plus vivement dans les religions qui, se concentrant moins exclusivement dans les cérémonies et les pratiques extérieures, pénétraient plus avant dans le cœur ^ de Thommcj se liaient par un rapport plus étroit à sa moralité ; elles venaient donc en quelque sorte au-devant de la philosophie pendant que la philosophie s'avançait au-devant d'elles.

A cette époque , une agitation intérieure et remarquable semblait de toutes parts se manifester dans Pesprit humain^ pendant qtie la puissance de Rome , désormais portée aux coniins de Tunivers, contenait aussi Tunivers^ sous

( 5oi ) le long règne d'Auguste, dans une paix longtemps ÏDConuue. Aux longues tourmentes, aux convulsions des guerres et des conquêtes-) avait succédé une sorte de mouvement moral, vague, indéfini, qui s'annonçait surtout par le goût pour le merveilleux. I^e luxe , la servitude et la corruption des mœurs, portés au plus haut degré , inspiraient ausà aux hommes vertueux le besoin de se réfugier dans les moralités les plus élevées et les plus austères , et de se séparer d'au siècle aussi dégradé. Oa a remarqué que les siècles corrompus -sont ceux dans lesquels se déploient avec plus d'énergie toutes les idées mystiques j c'est qu'alors la moralité s'isole en quelque sorte du théâtre du monde.

Une dernière drconstance concourut encore plus tard à fortifier et féconder celte tendance rédproqu< de la religion et de la philosophie l'une vers l'autre. Dans te cours de cette grande luuequi s'éleva euire le Christianisme naissant et le Paganisme dans, sa décadence, les sectateurs de diacun des deux cultes voulurent à la Hms emprunter les î ' ' * ' ' ' *

servir les intérêts d par conséquent de De cette doubi accrue et manifesn

suite donc l'alliance que nous allons voir s'o-* pérer. Et l'on comprend déjà pourquoi cette alliance^ vainement tentée par les Stoïciens^ avec la mythologie homérique , put s'établir sur d'autres basés.

Les cultes religieux auxquels la philosophie vint se rallier furent : i* les Traditions mystérieuses de l'Inde^ de la Perse ^ de la Ghaldée^ de l'Egypte, de la Thrace ; â** les Dogmes des diverses sectes qui , depuis le retour de Babylone, s'étaient formées chez les Juifs; S"" le Christianisme, mais plus tard (alliance que nous réservons pour le chapitre XXII *»).

Du côté de la philosophie, voici les doctrines qui vinrent y prendre part : i** les systèmes mystérieux de Pyihagore, tels qu'ils furent conçus ou supposés à la résurrection de celte école; o!" la théologie de Platon, son système sur le monde intelligible > et ce que nous avons présumé appartenir à sa doctrine ésotérique ; y la métaphysique d'Aristote. Ainsi, nonseulement toute espèce de Scepticisme critique en fut banni ; non-seulement Epicure n'y prit aucune part ; mais , toutes les portions des doctrines philosophiques qui reconnaissaient l'an* torité de l'expérience^ toutes celles qui avaient pour but l'étude et l'observation des lois de la

nature forent atteintes d'une déraveu** marquée ; et, avec elles ^ la Psychologie expérimentale » et la logique qui en avait été déduite.

Une affinité réciproque , une secrète sympathie attirait comme on voit ces dogmes et ces doctrines les uns vers les autres j elle décida la direction qui fut suivie.

Par une singuUère concordance, les dogmes religieux de l'Orient avaient avec les doctrines philosophiques de Pythagore et de Platon^ quelques analogies frappantes; ils y rencontraieiit des notions semblables sur la nature divine, sur les rapports de l'homme avec la Divinité ; Us y retrouvaient les maximes les plus propres à favoriser ces dispositions contempladves qui leur étaient si étroitement liées.

Enfiq , pendant que les diverses écoles philosophiques tendaient à se réunir et à se combiner entre elles ^ par l'efiêt des circonstances que nous avons exposées dans les deux cha-*pitres précédons ; les cultes divers ^ jusqu'alors établis^ tendaient également de leur côté à se combiner entre eux d'une manière semblable ^ à l'époque dont nous parlons , soit par l'effet du commerce plus étroit et plus fréquent qui s'établissait entre tous les peuples, ^oit par Tefiet du système politique que Rome avait

adopté, lorsque, parvenue au sommet desa puissance, elle voulut adopter toutes les religions^ comme elle avait asservi tous les peuples.

Ces considérations nous expliquent encore comment Alexandrie dut étrç le premier théâtre de l'alliance nouvelle qui s'opéra. Car , elle se trouvait être précisément le point de communipation et de jonction entre ces deux grands mouvemens qui s'opéraient, entre les lumières philosophiques que la Grèce versait en abondance dans son sein , et les cultes religieux professés dans les autres portions de la terre.

Ces considérations, enfin, nous font pressentir quels caractères dut prendre cette alliance , quelles directions nouvelles durent en résulter pour la marche de l'esprit humain, et déjà on pourrait prévoir à l'avance toutes les doctrines qui en sont sorties.

Cette alliance , au reste , ne fut point partout et en tout la même, et des variétés qu'elle présenta dérive aussi la variété des effets.

Dans le pacte nouveau qui se forma entre les dogmes religieux et les dogmes philosophiques, la prééminence put appartenir op à ceuxlà ou à celles-d, et dès lors Félénoient qui prédomina imprima essentiellement son sceau à la combinaison ou à ses produits.

Suivant que les dogmes rdigi^ux ;[idoplÀr^l avec plus oq moins de sagesse e( d<^ |w\Kl^ut>« les doctrines philosophiques , ils pui'^iiU o\i ^\\ recevoir un secours utile ^ ou être aUtfin^ \>^r leur influence.

Suivant que les doctrines philosophiqu<?ii s'associèrent à un culte superstitieux , ou h uim religion pure^ il dut arriver qu'elles iN^gnr^rt^nt avec celui-là, qu'elles s'épurèrent cUes-mâmdS avec celle-ci.

D'ailleurs, et cette distinction eit la plu»

importante de toutes, cette alliance pouvoit «V* ublir sur des conditions plus ou moin« wn^ formes à la nature des choi^e» ; la n.'ligion ^ la [Ailosophie pouvaient être appelÀ;^ ou k m prêter des secours rêdproques^ ou ii i^ mn^ fondre Tune dans Tantre* Mais^ eetie U^uhnf^A mutuelle^ n jusie dans son pnsuiimf h tuA^U dans son bia ^ €fM les ramasail Vutuif k fimU'^f subit le pins aooveat^ âsuH f^%At)m^/n^ fU^ flueooe d^asie erreur feca}/Ui}^ à i^iJk ^*â arait ^gare les aoenens Hfor Us^ r^f^y^^ 4^ i^ m^lapbyfiîqtte ai^ec la pbT«I'jut!; la y\jÀ^/^/\À^w. ^ qw ne devait étrç que fitw^iUtti**? 4v ^>^<^ posiiîf^fui îdeiitt&^ 4fvec lui ; Jkt puilviy'^uW ^

'5«, «QttÛdÀ'ée CUfttfMe hÛ*iW^^ p«*îl^ MU ^

au. >v

^ur l'autorité de la raison les notions âémen" tairas de la religion et de la morale , en rëpan^ dant d'abondantes lumières sur la connaissaDce pratique de l'homme^ en prêtant des instru^ mens à l'art de la démonstration , au lieu de se contenter de ces belles fonctions, fut introduite dans le sanctuaire même de la théologie positive. Par là tout fut altéré à la fois. Des notions d'ordres divers, de différente origine, furent aveuglément assimilées; il fallut dedeui choses l'une y ou que la science philosophique perdit Tindépendance de ses recherches, ou que le dogme positif f&t livré aux spéculations arbitraires. C'est en cela que consiste essentiel* lemént le Syncrétisme.

Or^ partout où cette confusion eut lieu, où les deux ordres de notions essentiellement distinctes furent identifiés , ce double effet se manifesta à la fois, quoique dans des proportions différentes. D'une part , les doctrines philosophiques perdirent leur ancienne indépendance et renoncèrent désormais à se légitimer elles<mémes par les seules sanctions de la raison, se trouvant enveloppées d'an genre de sanction qui ne se prêtait plus à la discussion et à l'examen. D'un autre coté; les dogmes religieux^ quoique revêtus enappa-

(3o7) rcDce d'une forme sdeiuilîque, éprouTérent des altérations essenûelles.

Malheureusement, amsi que nous l'avons remarqué tout i l'heure , la première association se forma entre ces traditions mystérieuses de l'Orient, de TEgypte, déjà chaînées de superstitions, et cette portion des doctrines philosophiques qui prêtait une autorité absolue aux spéculations purement rationnelles, qui tendait à s'évaporer, à se volatiliser, si l'on nous permet cette expresùon^ dans les riions de l'idéilisme. L'exaltation fut le piincipe de cette alliance , la tbéurgie en fut le fruit.

Dès lors, aussi, en l'absence de toute censare, de tout contrôle , après la suppression de toutes limites, l'esprit homàin, lancé dans les spéculations mystiques, ne dut s'arrêter qu'après avoir épuisé en quelque sorte la sphère de»

combinaisons qu'elles peuvent produire, après avoir parcouru les régions incommensurables d'un monde idéal.

Nous réservons , ainsi que nous l'avons dit , pour le chapitre XX.!!*, l'alliance qtù s'opéra entre le Christianisme et la philosophie grecque. Jetons d'abord un cou] laquelle les traditions i jonèrent un rôle prédon

de remonter un moment jusqu'aux docteurs Jui& , parce qu'ils paraissent avoir été les premiers médiateurs de ce rapprochement (E).

Les Juifs ^ pendant la captivité de Babylone , avaient pris connaissance des traditions religieuses des Perses ; et déjà , après le retour à Jérusalem , l'influence de ces communications se fit sentir. On en voit, entre autres, un effet sensible, lorsdu schisme qui s'opéra sousEsdras; car, on aperçoit chez les Samaritains le mélangt d'opinions étrangères aux anciens dogmes religieux de leur nadon. Une autre colonie vivait en Egypte ; là, le commerce avec les Grecs s'établit à la suite des travaux qui donnèrent le jour à la traduction des Septante sous la direction de Démétrius de Phalère.Eusèbe nous entretient de discussions qui eurent lieu sur le sens allégorique renfermé dans les livres sacrés et d'uve aecte qui se forma parmi les Juifs , du temps d'Aristobule , secte composée d'hommes éclai^ •rés qui adoptèrent une philosophie supérieure aux idées vulgaires (i). Pendant qu'à Jérusalem les Pharisiens et les Sadducéens se divisaient entre eux, les premiers commentante

■ i- " ■■ " *■ '■ J --.. Il ■ ^ . Il M l.

(i) Prœp, Evang.^ lif. YIIIi ch« Qct lo.

(Î09) tenedehhûparh mHliùon, 1m s«r<tWKl«!tW tadiant mo sens Kttênil , les E.t.si^tH«n« <M li«* Thérapeutes sVxer^îftnt en SKrct ii \tltfl vm cooteoipIatÎTe , à une morale «unt^rtt, À utt« sagesse qui leur a mérité les éloges dcR ttiituii'iftiit, qui les a fait ranger par quelquoii-unR au nombre des philosophes , qui leur a valu riitinilPiti' d'être comptés par.d'eutroi purinî loi cliltilitiilH. « Leur doctrine, transmise sous la fornin il'iitm initiation secrète, dit Pliilon» conlftiatl ilm rncherche» philosophiques sur l'eximincn il<> I )it<<lf sur la génération de rtiniverst et iiir l(i tiininin \ ils supposaient qu'une sorte d'tnsfnralion ilivliit» était nécessaire ponratldodre k cm vérif/ii) ilit enveloppaient cette doctrine mm tff V(/il« lUê' allëgOTÎM et de» symbole*, it Vffr^tyrt', iUu%^m TnàiéMurPalfMtinence, oJi il en fiiit un initiptui ci remarqaaUe, les r«prA«m(« tmm fÂfimi>*t ttm plûkHOfiJM*. StnnrM yi^fAtMtitf htot* t/f^t/Pm*

Syrie, t î» a* ^«i«';'»^!îi«i«m'., -^^-tI , ifit* -^^

■ ltD,i-JlUK, «KMMMV ^ 'tAi

( 5io )

yi nuit^ pour que le soleil ne doit point témoin » de leurs mystères (i). » Ainsi concouraiem tout ensemble et les dispositions qui devaient préparer les associations de doctrines, et les occasions qui devaient servir à les opérer.

On sait qu'Aristobule fut le premier qui tenta non-seulement d'allier, mais même dHdentifier en quelque sorte les traditions des livres sacrés avec la philosophie et la littérature des Grecs; il alla jusqu'à supposer des vers sous les noms d'Orphée^ de Linus, d'Hésiode et d'Homère (2). Pour donner faveur à son système, il interprétait les livres sacrés par les doctrines grecques; il expliquait l'origine de ces doctrines et celle de la mytholojgie même, par les lois et l'enseignement de Moïse. Nous n'avons plus ses écrits; mais nous possédons plusieurs traités de Phi- Ion , qui continua après lui ce genre d'interprétations , et qu'on suppose avoir été l'interprète des opinions des Esséniens. Un de ces traités ( Ijo "vie contemplative), indique déjà, par son titre^ l'esprit de la philosophie entière de

(i) Porphyre de abstmetuia^ liv. II, $ a6. -^

liv. 1V,S"- (>) Yalkenaèr, dioL de Aristoh. etc. § m, JiXX^VL

(3ii) Philon: Philoa nous raconte lul-mâme ayec quelle ardeur il se livra à l'étade de la [^ilosophie, descendant de la contemplation des phénomènes célestes au spectacle de ceux qui se déploient sur la terre , et considérant les seconds dans les premiers comme dans une sorte de miroir (i). Ses écrits sont sans doute un monument très-curieux de cette alliance nou' Telle. PJiiloa a surtout pris Platon pour son guide , et toute sa doctrine en porte l'emprànte; mais ( et cette remarque détermine le caractère dominant , général , distinctif , de tous les Théosophes qui dérivent de la même origine , appartiennent à la même famille ) , pendant que les philosophes grecs s'élevaient à la notion de la Divinité par une échelle graduée ^ construite par les mains de la science, composée soit des témoignages fournis par l'étude de la nature et par la réOexion, soit des déductions de la raison, chez Philon , au contraire, les idées suivent une marche inverse; la philosophie sort de la religion, au lieu d*y conduire. La Tbéodicée préside à toutes les nouons relatives soit h l'hotnme, soit a la nature , les règle , les dispose, les soumet et

les assimile à ses propres dogmes; non que^ suivant Philon , la contemplation de l'ordre de l'univers ne puisse aussi nous porter à la Divi* nité; mais» ce n'est encore qu'une simple préparation à la vraie science qui doit immédiatement s'obtenir par la contemplation de Dieu même.

Philon distingue avec Platon le monde intelligible et le monde sensible ; il admet ^ d'après Platon ) le monde idéal et la région des idées j comme le type d'après lequel la Divinité a formé l'univers (l). Mais , Platon avait conçu les idées comme contemporaines de Dieu même; il ne les avait point personnifiées ; il avait assigné le siège de leur existence dans l'entendement divin j Philon les personnifie ^ en compose son premier verbe ou logos , qu'il considère comme le fils de Dieu , comme le produit de son action suprême. Le second verbe , suivant Philon^ est la parole y >ioyoç 7rço<pefiKoç ^ la notion des propriétés ou des vertus divines , en tant qu'elles opèrent réellement sur le monde sensible. Chacune de ces vertus divines fut envoyée comme messagère pour exécuter

ce grand ouvrage (2). En prétendant expliquer

(1) Pbîlon, 0pp. , pag. i , 3 ^ 5.

(s&) Id. de pro/ugisy pag. 465, etc»

le grand mystère de la création , Philou assoàe , par une sorte d'byméaée , an supréioe au^ teur, qu'il désigne sous le> nom de Père^ la sagesse qu'il nomme la Mère des êtres. On découvre dans ces deux dernières idées quelques-uns des vestiges des traditions orientales. On les retrouve encore dans la distinction de l'homme céleste et de l'homme terrestre , dans l'hypothèse de cet homme primitif, qui a servi de type i l'humanité mortelle ^ hypothèse qui se rapproche bien plus de la notion de Zoroastre que de celle de Platon.

Fhilon distingue les deux âmes , l'une raisonnable , l'autre privée de raison; il attribue à la première trois acuités , l'entendement , la sea- . sation, la parole; il laisse à la seconde les passions et les affections sensuelles. «L'entendement est non-seulement mi esprit divin ; c'est une portion inséparable de la nature même de la . divinité. Il a aussi son verbe , analogue à celui de Dien ; semblable à la cire , il contient en lui virtuellement toutes les formes. L'ame u préexisté au corps ; elle est libre. IHeu a donné à l'homme h raison , le coui la tempérano Tantôt , revêti

(Si4)

les choses sensibles j tantôt , s'élançant par un essor spontané , se dégageant des organes matériels , elle s'élève à la vue des choses intelligibles. Cest à cette délivrance des chaînes du corps que le sage aspire ; cette lutte contre les sens est son exercice. Cest parla contemplatioB de l'essence divine que Thomme obtient toutes les lumières et parvient à toutes les vertus (i). »

Pythagore, Aristote^ Zenon ^ furent mis aussi à contribution par le philosophe Juif. li emprunta au premier les nombres mystérieux , au second les notions de puissance , (faction » Ventéléchiê s au troisième , la distincticm des facultés de Tâme. Du reste , il déBgura toutes ces doctrines par l'abus du langage allégorique.

Josèphe , dans une entreprise semblable a celle de Philon , semble se proposer essentiellement un autre but, un but plus politique que philosophique j il donne une couleur poétique à l'histoire de sa nation.

Pendant que ces éradits Juifs essayaient amsi

(i) Quod det* podoriinfidel. soleai.^ i55, 170. —De eom/us. Umg., pag. 3ai , 339.— JDc Ug. aUeg., pig- 4»! 53. 59, 74. - Dcprojups, pig. 46o. ^De somms^ pig. 585 , ctc.

( 5i5 ) de conquérir la littérature grecque , d'autres avaient donné une préférence presque exclusive aux tradiùons del'Asie, et s'occupaient pioins de revêtir les dogmes religieux des formes philosophiques, que de leur prêter ledéveloppemenlle plus étendu dans la sphère des idées mystiques.

Une histoire des Gnostiques , traitée philosophiquement, s'il était possible de d^ager des nuages qui les couvrent l'origine et l'ensemble des opinion» qui appartenaient à ces- sectes, pourrait offrir on grand intérêt pour l'histoire générale de l'esprit humain. Elle nous conduirait au berceau de ces diverses familles de Théosophes, qui, sous des noms divers, plus heureuses que le» écoles philosophiques , ont pu traverser les ténèbres mêmes du moyen âge, se sont reproduites à diverses époques , et se sont continuées josqu'à nos jours. Toutefois , comme les Gnostiques n'appuyaient leurs spéculations sur aucun principe rationnel , il nous suffira d'indiquer ici la part qu'ils ont prise à ce mélange général des doctrines, qui s'opéra vers le commencement de l'ère nouvelle.

Quelques sectes gnostiques, en adoptant divers dogmes orienUuz, restèrent plus ou

—: iîjiî— ;

verte. Quelqaes-unes se déclarèrent les entie'' mies du Çhrisûanîsme naissant; d'antrea luî furent plus funestes, en essayant de l'envahir; elles y portèrent le germe des hérésies qui affligèrent les premiers ûècles de l'Eglise. Mais , elles avaient en commun im certain caractère , uo certain esprit, ceruiues opinions qui attestent et la même source et la même tendance.

Tout rëvèle en effet l'origine de ces sectes. Saint Clément d'Alexandrie, d'après Théodote, donne à leur doctrine le nom de philosophie orientale; Porphyre l'appelle l'ancienne philosophie ; Eunapius lui donne le titre de chaidaigue. Simon, auquel le» pères de l'Eglise font remonter, par Ménandre, la première propagation de ces idées tbéosogiqaes , fut appelé /?7Ra^ic£en,dénonainBtion qui, comme on sait, désignait alors un disciple des Mages, un homme initié aux secrètes traditions de l'Asie; il se montra p; déjà avaient accueilli orientaux. Déjà il exi temps de Pfailon, qui théosophie exaltée, q religion que des dogon spirituels, regardaient tiques de la reli^on pc

(5-7) formes extérieures à l'usage du seul vulgaire, Phîlon les combattit, et dirigea contre eux I'ud de sea écrits(i). Cependant, il admit lui-même, comme nous l'avons déjà indiqué, plusieurs des idées qui passèrent dans le symbole des Gnosûques (*). La plupart des chefs des diverses sectes gnostiques, Basilide, Valentin, Carpocrate, babïtèrent à Alexandrie; ils y arrivaient de la Perse ou de la Syrie.

Les Opbites sont, parmi les «ombreuses variétés de ces Théosophe8> ceux qui ont d'abord adopté le plus exclusivement les traditions orientales qu'Eupbraiè» leur avait apportées ds la Perse (3), avant la naissance du Christianisme. « Le premier prinûpe est , à leurs yeux , la lunûère primordiale, source de toute lumière. Il occupe le sommet du système des êtres ; » c*esE le célèbre Bythos des Gnostiques. h Le ohaos, la région des ténèbres , occupe les profonds abîmes. Un hymen mystérieux et fêcond unît Tesprit suprême, Tâme céleste, mère de tous

(i) Demig. jibrah. f»g. ^m.

les êtres , au principe de la lamiére. Une soUe (f émanations transmet de degrés en degrés une yie toujours moins parfaite. Uidée émane du Père universel} le second homme, l'homme mortel y est formé sur le type de l'homme idéal ou céleste. Les sept puissances principales sont personnifiées dans sept anges ou intelligences supérieures^ qui correspondent aux sept planètes et les animent. Une lutte terrible , une rivalité constante entre les deux premiers prin* cipes trouble et agite incessamment toute la région des êtres intermédiaires.)) Telle est à peu près la substance de cette Théosophie , et ses traits principaux se retrouvent, sous des formes diverses , dans les divers systèmes des Gnostiques.

Ceux d'entre eux\ qui s'éloignèrent des doctrines hébraïques , qui cherchèrent à' s'emparer du Christianisme naissant, youlurent y transporter les mêmes idées empruntées aux traditions de l'Orient ; de ce mélange adultère naquirent les hérésies signalées par les premiers Pères de l'Eglise. C'est ainsi que, dans Saturnin, on retrouve le dualisme fondamental ; ce à la région de la lumière préside le Dieu caché ^ inconnu dans son essence , source de tout bien ; l'essence intellectuelle se développe graduellement; les

(5i9) sept esprits concourent comme messagers k la création du monde visible, ù lÂdée des deux principes, la guerre de la lumière contre les ténèbres se déploie tout entière, associée à l'hypothèse des deux &mes , dans le système du persan Manès ou Manifl'aateurduManicliéisme; l'on rencontre encore avec surpiîse , au 4' siècle j en Espagne, dans Priscillien, un disciple des Gnostiqnes, qui avait recuôlli les traditions des mages. Quoique la plupart de ces Gnosûques eussent emprunté bien pins aux dogmes orientaux qu'aux systèmes pbilosophiques des Grecs, quelques-uns d'entre eax cependant , tels que Carpocrate et son fîls Epiphane, avaient fondé leur Théosophie sur une notion principale puisée dans la doctrine de Platon , celle de l'absolue tinilé. Saint Gtément l'appelle le fondateur de la Gnose monadiqite, Pytbagore , Platon , Aristote suivaient à ses yeux la même doctrine que tons les vrais adorateurs de IHen. On croirait apercevoir en lui un déiste pur. Mardon avait a[^é à son secours la dialectique des Stoïciens.

Les mêmes élémens se retrouvent encore chez les Elkaïtes et les Gnostiqaea atuchés an judaïsme, dansBasilide ^--^^-^-i

sidère comme im Py tbaj

ses nombreux disciples. Le système des émanations et celai des deux principes y forment les deux bases de leur doctrine ; récbelle des natures plus ou moins par&ites, en compose , si l'on peut dire ainsi , l'architecture : les sept génies célestes en Isont les moteurs : senlement ils employent cette Théodicée à l'interprétatioii des Livres sacrés et la mettent en rapport avec elle. C'est dans Valentin surtout qu'on peat smvre tous les développemens de ces combinaisons mystiques : ces caractères du principe des êtres, inaccessible^ par sa nature à toute intelligence ; ces puissances , ces vertus , attributs personnifiés de l'essence divine; ces natures éternelles, immuables, célestes, nomn^ées pour cette raison les JEoneSy unies entre elles par une essence commune, quoique séparées par <:ertaines limites ; ce pleroma , sorte d'effusion de la vie divine ; ces syzigies, ces générations mystérieuses et successives; cette nature singulière, inaccessible, de l'auteur suprême et inconnu , ce fouç ou monogène , auteur prochain de toute existence , le Brama des Hindous , le seir Anpin de la cabale; cette raison éternelle qui se déploie dans tout l'univers et acquiert la conscience d'elle-même; la naissance mystérieuse de ceDemiouTgqa né de la sagesse , alors

dans son assoupissement elle ëtait comme tMÂêe de la vie ilivioe , et celle âé cet liomtne primitif, VAdam Cadmon de la cabale, produit par l'union de la parole et de la viej enfin ces sept génies supérieurs qui rappellent les sept Amscharpand's des Fermes (i).

La Gnose, suivant «es adeptes, consistait essentiellement dans a la connaissance du IKea véritable et éternel , communiquée aux seru viteurs de rarchitecle du monde. » Mais, elle serait plus .exactement définie « une théori»de3 » opérations de l'auteur de toutes choses , dans M la région de l'univers idéal ou iaTelligible, » et des rapports de cclterégion invisible aTCC » celle du monde visible et terrestre, n L'hypothèse des deux âmes, l'une intellectuelle, l'autre sensible, était commune à toutes ces sectes. On est frappé de la correspondance qui existe entre l'objet de cette théorie et celui des théogonies imaginées ou reproduites par les premiers poètes de la Grèce; on' est frappé de voir que les Gnostiques se proposaient de résoudre par d'autres moyens le même problème

(i) Voy. Terlulli H«/w*. , ch. V. , 3i

tenté

Koa. 1 Jnifi cberc ton;i kdëc ^ib comp

» ph; » bui

» qu

j> de,

» Zo

Lo

josqu peut

Fhypotbèse des deux principes^ sources du bien et du mal. Deux traités ^ Jeterah^ par leRabbiu Rabbin , et Sohar, par Schimeir Ben-Jochcd^ renfermèrent l'essence de cette doctrine que le

Rabbin Irira revêtit ensuite^ dans sa Porte des deux y d'une forme plus régulière. .On né manqua point de donner aux livres de la Cabale une origine céleste ; ils avaient été confiés à l'homme au moment de la création; les auges plusieurs fois les avaient rapportés sur la terre, où ils s'étaient égarés. Mais, on retrouve à chaque ligne Zoroastre^ Pythagore, Platon^ Aristbte, grossièrement défigurés. Toutes les notions des philosophes grecs sont personna-* lisées, rapportées à là Théosophie gnostique. <c L'homme n'est qu'un instrument passif de la Divinité; la science vient de cette source , la raison doit se détacher non-seulement des sens^ mais d'elle-même} V Ascétique y celui qui s'élève à Dieu , est seul en possession de la lumière (i). Tout est dans l'extase. »

La Théurgie naquit donc naturellement de ce nouvel ordre d'idées , et s'accrédita par l'autorité qu'il avait reçue des formes philoso-

(i) Irira, Porla Cœlorum^ Di3s. U. et X.

phiques sous lesquelles il cherchait à se pro^ duire/ Avec elle, les pratiques de la divination; de la mantique^ tous les genres de superstitioD ^ prirent un nouvel essor ; on se crut en communication habituelle avec les génies d'un ordre supérieur ; on crut pouvoir emprunter leur puissance , et toutes les fables des prétendus thaumaturges furent aussi généralement que-facilement accréditées : triste y mais inévitable conséquence de ces téméraires doctrines l Quelle digue eût pu arrêter ce torrent de conceptions arbitraires qui se répandait dans une région inaccessible à la raison humaine?

Les Gnostîques avaient posé en principe que l'esprit de l'homme peut entrer en communication directe avec les natures célestes; dès lors tous les efforts de la sagcsàe devaient cousister à se dégager des notions terrestres, de l'empire des sens, pour se concentrer , dans l'extase; ils se croyaient en possession d'une révélation perpétuelle, individuelle. Une telle doctrine n'avait pas besoin de se légitimer par les secours delà logique: elle se justifiait par elle-même; elle en méprisait les critiques , comme elle en dédaignait les secours.

NOTES

DU VINGriÈMB CHAPITRE.

(A) Nous àTons indique dans le troisième chapitre de cet ouyrage (tome I, pagea4d et suiv. ) quel était l'esprit de cette philosophie orientale , si toutefois on peut donner le nom de philosophie à un3 doctrine qui le présentait exclusiYemetit sous la forme du dogme et qui ne cherchait point à se légitimer elle-même aux yeux de la raison. Ses traits caractéristiques, peu vent être k peu près déterminés, eu la considérant comme composée de sept élémens essentiels z

1^* Dieu conçu comme la lumière primitive ;

2*. Deux principes, Tundubien, l'autre du mal;

5*. Lasubstance divine se développant elle-même et l'émanation progressive ; sept canaux par lesquels elle s'écoule ;

4** L'hyménée mystique ;

5*. Sept génies ou esprits supérieurs; attributs personnifiés ;

G^. L'instrument de la création distinct du créateur, émané de lui, ve)4)e , sagesse | homme primitif et céleste;

' -7'' Région îatellectaelle, communication directe de rame par l'extase avec l'intelligence suprême.

On peut y joindre encore les opinions sur la pré* ezistence des âmes , sur la résurrection à la vie future , sur un terme fixé à la durée du monde. ( Yoy. Histoire des arts et des sciences par une société de savans^ sixième partie, par Buhle, tome I, pag. 604 et suivantes. Gœttingue , 1800 . en allemand. )

(B) Les Orphiques étaient certainement antérieures à Plat(\n , puisqu'ils sont cités plusieurs fois dans ses écrits ; il est probable qu'ils auront été composés vers les temps d'Alcibiade par quelqu'un de ces autears apocryphes qui se sont exercés à cette époque. Mais, déjà Platon et Aristote avaient élevé des doutes sur l'authenticité des poèmes orphiques connus de Icnr temps. ( Platon , de Repuhljicûy livre 2, pag. a&i,édi« tion dé Deux-Ponts : Aristote {de Anima^ K 5. ) Mais, depuis cette époque des additions manifestes vinrent encore les altérer. Aristobule en créa quelques^-unes. (Lischenbach, Epigenes^ pag. i^o^'^F^altenaër^de AristobuloJudœo , § III. ) Voyez sur ce sujet le résumé de Brncker ( Hist* crit* phil, , tome I , pag. 362 }. Les nouveaux Platoniciens, qui professaient une si hante estime ponr les oracles connus aujourd'hui sous le nom de Zoroastre, ne leur donnaient point cette dénomination et se bornaient à les appeler sentences chaldaiques; Plethon lui-même, qui les recueillit le premier^ ne les considéra point conune l'ouvrage de Zofoastre, mais comme exprimant ladoctrine de ce sage. (Voyes encore Brucker, ibid. , pag. i54.) Caçanbon et Meiners ont

porte jusqu'^ l'eTidence la dânonstration de k sttppo* sition des livres hermétiques. ( Caiaoboii , dt rehus sacris et ecL exerc. ad C. Baronii proleg. in anal. sect. X, — Meiaers, Recherche» sur Chiiuire reii— gieuse des anciens peuples , en allemand , pag. 223. ; Voyei aussi TeDoemann, Histoire de lapkiL,lont.e 6., pag. 46> et soÎT. )

Si l'on considère que da temps de Jambliqne on lisait eacore les hiéroglyphes égyptiens , et que le* écrits attribués à Hermès Trismégiste ont. été probablement composés vers cette époque , on sera tenté de ■opposer qu'ils pouvaient bien offrir quelque analogie avec les doctrines sacrées et mysténemei de l'Egypte , et que leur auteur, quel qu'il soit, aura consulté ce* mooumens , ne (^t-ce que pour accréditer son ouvrage*

(C) En se reportant aux observations que nous avons présentées dans le chapitre XVII (Toyes ci-dessu pag. 1 20 ) sur l'esprit qui régnait dans l'école d'Alexandrie et sur celui qui dominait en général dans ce ■iècle, on comprend comment la manière la plus convenable d'accréditer alors les doctrines qu'on voulait faire prévaloir, devait être de supposer des écrits sous des noms déjà respectés , et surtout de les faire remonter k ia plus haute antiquité. L'érudition en effet semblait présider alors aux destiaéesde la science; les com> roeotaires, les paraphrases étaient l'objet essentiel des travaux des savans ; les traditions dessages étaient environnées d'une vénération générale ; on s'occupait plus de savoir et d'expliquer ce qu'ils avaient pensé que de penser d

vail tppartâmr aux sources des doctrines orienteles était reçu ^vec une sorte de culte , parce qu^! se liait aux dogmes , et le mystère qui avait enveloppé ces sources rendait spécieuses et probables les révélations qui étaient annoncées.

(D) Nous avons déjà cité , dans la uote G du ob. XI de cet ouvrage (tome II, pag. 2^5), quelques fragmens des oracles de Zoroastre qui offrent une analogie frappante avec la doctrine de Platon. Voici un passage de ces fragmens qui semble appartenir à la philosophie de Pythagore ;

. « Dans l'unité, monde suprémç, réside-ie père de toutes .choses.; elle engendre la dyade. Cette djade siège auprès dé Punité«uprême, et brille d'une lumière intellectuelle. La triade , dont l'unité est le principe, éclaire l'univers entier; la jouissance, la sagesse^ la vérité la constituent. »(§!•)

La génération graduelle des êtres y est expliquée à la manière des Gnostiques ; le développement de la puissance intellectuelle et suprême, rintervention d'une puissance secondaire (vou;], la pensée du père engendrée de lui, à laquelle il confie la production de toutes choses, le monde intelligible servant de typeaa inondé sensible et sV réalisant comme dans son image, respirent les traditions orientales. '

On retrouve la même triade dans le passage de la

cosmogonie attribuée à Orphée, qu'£usèbe a conservé

dans sa chronique. ^ C'est une même nature, dit Eusèbe,

sous trois noms; c'est, suivant Damascius, une divinité

trimorphane» » On y retrouve celte essence de la Divi-

nitë qui contetiBit yirluellement eu elle les germes de toos les ëtres', qui les a iuoîds produits que versés en quelque sorte de sou sein , par une émanatioa progressive ; on y retrouve les.hïérarcUies âé génies ; mais oa n'j rencoutre plus le Demiourgos , ni la lumière em" plojée commo le symbole de l'intelligence, ni le feu comme syuibole de la force. (Voyez l'jirgonautique, le poème, les hymnes, et le traite sur les vertus des pierres, publiées par £schenbach. )

Lé Pimander ou traité de ta puissance et de la tousse divine attribué k Mercure Trismégiste, cipo<e des le commencement, avec beaucoup de netteté, le principe sur lequel se fondaient toutes lès spéculations mystiques ; • Je méditais sur la nature des choses, î'élevais aux régions supérieures les plus hantes facultés de mon esprit , pendant que les sens de mon corps étaient assoupis; lorsque je crus apercevoir une per- ■oune d'une stature gigantesque qui m'appela par mon nom, et me dit: Qu'est-ce,' Mercnre , que tu désires entendre et voir? Qu'est-ce que tu désires apprendre et comprendre? — Je répondis: Qui es-tu î — Il me répondit : Je suis Pimander , la pensée de tapuissance divine ; je te donnerai ce que tu voudras. — Je désire donc pénétrer la nature des choses , connaître Dieu. — A quoi il répliqua : Embrasse-moi par 4on entendoment, et je t'enseiguerai toutes choses. •

(E) Le savant Tenneroann a cru devoir écarter de son histoire delà philosophie tout ce qui concerné los doctrines des docteurs juifs, par des motifs qui ne nous paraissent pas suflisans ( voye» l'inirnJnrimn en

téteda sixième volame); il a laissé ainsi subsister une lacune dans un ouvrage d'ailleurs si complet et traité avec tant de méthode. Il nous parait indispensable de jeter un coup d'œil sur ces doctrines et celles des Gnos« ligues, pour sabir les anneaux de la chaîne qui, vers le commencement de notre ëre , vint unir les traditions de rOrient à la philosophie grecque. Cependant nous n'avons point cru, d'un autre coté, devoir suivre Texemple de Brucker et de la plupart des autres his-» toriens qui ont embrassé dans leurs ouvrages ce qa'ils appellent la philosophie des Hébreux , telle qu'elle résulterait des livres sacrés ; il nous parait que ces recherches sont étrangères à la philosophie considérée comme science, c'est-à-dire, comme renfermée dans la sphère des investigations de la raison, soumise à son examen , recevant d'elle sa sanction.

Le même motif, un sentiment de respect pour les livres sacrés, le devoir que nous nous sonmies imposé d'écarter de cette histoire purement scientifique tout ce qui pourrait toucher aux controverses théologiques , nous a interdit également de suivre les savans de l'Allemagne dans leurs nouvelles recherches sur VExégèzej dans leurs recherches sur le caractère que prirent tous les libres postérieurs à Esdras, sur les analogies que ces livres présentent avec les traditions orientales^et sur la doctrine particulière qui se trouve exposée dans le livre de la Sagesse,

(F) Parmi les nombreux auteurs qui se sont exercés sur la philosophie des docteurs , juifs et les doctrines des Gnostiques nous nous bornerons à indiquer ici; Bajrle, dans ses articles Manichéens y Marcionites^ etc. —

MosheÎDi : CommentarU de rébus Christianorwn unie ConstanU M. — le même : Comment, de tur^ hâta per Pldtonicos recentiores Ecclesia; dans ses dîssert. sur l'hist. eccles. •^— Walsk j Recitatio de philosophia orientali Gnosticorum , etc. ; cohimént.

— Beausobre, Histoire du Manichéisme^ Amsterdam, 1 5 34- — Mciners , Histoire des hérésies , et Histoire des opinions pendant le premier siècle^ en allemand;

— Deux dissertations du savant Heyne , Tune intîtalee : Progr. Demogorgon sive Demiurgus^ etc. , Gottiogen 1786; Tautre, J9eg«Rio^ecu/. Ptolemœo^ rum y dans ses opuscules académiques , tome I«'.

Le professeur Neander de Berlin a publié en 1818 dans la même ville , sous le titre de Développement général des principaux systèmes gnostigues (in-8*}, un ouvrage qui offre le mérite tl'une érudition saine et abondante , mais qui contient les matériaux d*une histoire plutôt qu'il n'offre celte histoire même. Les rapprochemens qui s'offraient en foule, sont rarement saisis par l'écrivain, et il ne s'est point attaché k déve* lopper dans l'exposition du phénomène le plus singulier de l'histoire de l'esprit humain , l'enchaînement des effets et des causes.

Page 1