‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie: considérés relativement aux principes des (volume 2)Chapitre 18 sur 20 · III · texte numérisé non relu

III

c( La matière par elle-même n'est que privation ^ elle n'a point de qualités propres; les raisons séminales répandues dans son sein la fécondent (i)- » t)ans cette notion de la matière conçue comme l'absolue privation ^ on reconnaît l'une des idées propres au système cabalistique.

On voit quels doivent être dans de système l'origine y le rang , la nature , les fohctions de Pâme humaine. « L'âme humaine tient le milieu entre les formes divines et les formel naturelles; elle émane de Dieu; elle préexistait à sa propre union avec le corps ; en se séparant de lui^ elle remonte à sa soufce. )) Plotin examiné quelles seront ses connaissances dans cet' état futur, ccici bas, elle n'est point dans le corps, mais présente au corps; elle s'unit à l'âme divine, par elle a la Divinité même dans laquelle elle puise toutes ses connaissances ; car , la source la plus pure et la plus élevée des connaissances est dans la contemplation des formes divines. L'âme aperçoit par le premier principe, comme l'œil à

(0 En. II, Hv. III, ch. i3, i4, 16; Hv. IV, ch. i3, 14, 17 ; liv. VIÏ, etc. — En. III, Hv. II, ch. 16.

(371 ) l'aiée de la lumière (i). L'âme peat être admise à s'unir ëltxnieme&t atec le principe de tonte intdl^encis, ei a pniser dans ce cornraerce imé iUumiiâlion subtimè. n- Porphyre raconte, dans la vie de Plotin {2) y que ce philosophé obiii&t Y]ilàtiT fois dans sa vie la faveur de cette êommùnication intimé ùPèc l^Etre supféme et incomp^éhensiblé , et que Itti-àlédie en a joui dne fois anssi.

oc L'esprit humain a d'ailleurs deux mïktiière^ ardinaired d'ftgir ^ dé connaîtirè : Tuné, phr la parécipation à rinielligehce , fàtitfé^ {)aK* te^ ftyraies j il jouit de la prehiîèrb, lorsqu'il e^t ëù quelque sorte rempli et illUmiiii^ j^dr l'intdii-» g<snc^^ lorsqu'il peut là vèir et la èébdt^ ididiédiatetnêïit \ il jodit de là secondé à Fàîdé de certains earâotères ou de certaines lois qtti <mi été gi'avées en nous-mêmes. Cah, Dieu a imprimé dai» l'esprit humain leè fbirmès rationnelles des cho^S (5). Mais ^ la tniiè con* naissance est celle où l'objet connu est identique

(1) En. I, liv. I, ch. 1,7, 8, i3. — Ea. IV, liv. IV , ch. I. — En. V, liv. III , ch. 9.

(2) ViiaPloiini,%2,l.

(3) En. rV , liv. VIII , ch. 4. - Eq. V , liv. UI , ch. 4.

avec le sujet qui connaît (i). Telle est celle qu6 notre entendement a de lui-même et en vertu de laquelle il s'impose des lois qui lui sont propres ; îl conçoit en se repliant sur lui*^ même (2).

)) Les facultés de l'âme sont de deux sortes : les unes^ se dirigeant au-dessus d'elles^ constituent la raison; les autres, descendant à la région inférieure, forment la sensibilité et la végétation.

» La raison est placée comme intermédiaire, entre l'entendement et les sens (5) ; elle agit^ non à l'aide des organes du corps, mais par la seule force de l'intelligence. (4)

» L'entendement n'est jamais passif j il ne reçoit point les formes du dehors ; il n'est pas même passif dans la sensation , comme quelques philosophes le supposent. Dans la sensation, il n'est pas modifié par une impression qui lui parvient ; il agit au contraire et se porte

(1) En. m , liv. VIII.

(a) En. V , liv. III , ch. 4. -1 En. VI , liv. I , ch. 4.

(3) &. V,Kv. III, ch. 2.

(4) En. Il, liv.I, ch« 7.

lui- même au-debors (i). La lumière^ dit Plotin , ne vient pas de l'objet éclairé, mais du sujet lumineux. » Plotin avait fort bien remarqué Fcrreur des Psychologues , qui considèrent la sensation comme une simple modification reçue ; il avait très-bien distingué la modification reçue , de U perception qui constituela connaissance; nïàis , il ne lui suffit point d'admettre la réaction , la simple coopération de l'entendement; il réserve presque exclusivement à celui^i la production de ce phénomène. « Il faut , dit Plotin^ pour percevoir les objets Sensibles , que l'âme se trouve en quelque sorte contiguë aux objets , ou du moins qu'elle se mette en rapport avec eux par l'interposition continue d'instrumens qui lui soient déjà familiers. D Pour prouver que l'esprit ne reçoit point par la sensation l'impression ou l'image de l'objet , Plotin cite l'exemple de la vision ; ce car y l'fssprit , dit-il ^ reporte à une certaine distance l'objet qu'il aperçoit ; il lai attribue une gran deur fort différente de celle dont il peut avoir l'image, i» Plotin s'est fort exercé sur le pbé*

(i) Eo. III , IW. I , ch. 10 ; liv. II, cB. I.— En. IV, IW. V , ch. 6.

nomèue ^e la raison ; maU^ il en a niai ot^et^é les lois : U combat ropioioa q^ (kit p^ultèr d^ la grandeur de Fangle formé pM le' ray<Ml visue) , (a diniensiQi]^ qqe qpq^ Y^ia^rslix çffriir 99 objet éloigné (i). « Comment 4om: pem %'op4?

rer cet acte de l'esiprit;, si^ l'âme n'eçtf pOÎât ç^e-méme mç4ii6éa^ et copn^ç^tcidt a<)te p^nlr il donner la connaissapce des objets ei^ierp^? Une sorte de, Wilieu' plac^ filtre Tobj^^ ej |ef sens reçoit, ^^^ çô^tç^ l§i mqcUfiqft^^qn qv^^ l'o^ içt 1 Ui Wpriaxe , pwdapt qu'il b«, 4'im» «^»t^ Çl$<^* aperçu pjir l-e&prit q\â y Kt ^ ciomi^tç dai^

^racë, Cest çç milieu ipterppa^ qviV r^§«îrt 1? formç deai objets. Ce te^na^ v^y^n ^sjk Vwg%w cjfi$ seqjsiy Vix^strutoe^t, mis eq rapf^prt à lai fiW avec Tâme e^ a^eç les oh}^ (a^)- m

«^ Et qu'on pe s'élojwe pasi , 9}o^^^ Vh^'m ^ n si nous ^tribuoqii qn^ ^el|q p4ai»saf qe f^ ï) Tâçoç, que, ^e r^ceyapt point l6$ modifteia»- » tion3 en çUe- ii(ié|^ç , elW pqi^^^ o^p^ip^nl: » aperci^vçirles objf W, qu , ^i l-pu s'eq étOQi^^

( ï) En. IV , liv. VI , ch. I , a. — En. VIII , Kv. II, •^En. iVjliif. V, çb.^ , a, * (a) En. IV , liv, IV , ch. 23 et a4.

» qu\iQ n'y Irouve dunimns lîcii dHncix>>«bU. 9 Gir, V$mc est b nature unmrsello ; elle ett i> la raison des intelligibles » leur demiài'e râin son , et li^ raison première de ce qui compoio » Tiimyers sensiblp. C^e^t pourquoi elle ^o di- » rige à oeç deux rêvons; elip est reviviii<ks piir » celle-là y ^Ue s'ab^|sse pt tombe vers cclliu-ci i D elle y est trompa pcfr 1^ re^Sjomblanpe»* Ullp D ne CQnn^ti ^pno pofot Ifss objets et) les j^W D çant e^ etleménie, cOR^n^e dsui tin iii$g0p » mais en les po^éd^nt e( |es .cqnsidrfrotit. Elle >i les tire de l'obscuril^ qpi le# epveloppsil , » elle les fai^ briller , ressortir » eu vertu de la H force qui lui est propre et qpi ëtsit d'avance D préparée en elJe (l)* 9

i< Lia mémoire ne c9I^iste doue |H)int dans la coqservatiou Qt^ la tr^ce def impreMioni reçues; elle q'est ^u contraire qu'tin develop' pemen^ de rénergie de Tame i elle a d^tfUlant plus de puissance que cette énergie a plus d^in* lenÂcé. Il n'est donc point nécessaire fie con/ier à b monoîre ^ ou de rassembler |jtar VUnMff^n^ tîon le tableju rie ce qui est \fCffMi Tiç^sprit possède efj \m-fiJ:ute o/ie eo^i naissance plo«

£ Eiw IT , U-». \l , ^^ î.

( 37« ) que nous puisons dans la réfleiion sont seqles claires et lumineuses (i). »

Gardons-nous de croirie que la théorie de la sensation , telle que Plotin l'a cpnçue , quoiqu'elle paraisse supposer la prës^qce d'ob]ets externes ^ accqrde aux perceptions sensi}>Ie^ le titre 4e la réalité , ni même ce)ui d'upç cpf^pfâfsance positive et véritable. <v Par cela xnêfpe qii^ dans ces perceptions ^ l'objet perçu est différent séparé du sujet qui pçrcoU^ çllçs n'ofi^ent qn'if Q^ apparence^ une simple opinion (9)* ^^. iHffls en affligeons point , au reste ^ ajpvi^Q Plotjn î car, il est inutile de s'attacher atix difféfenç^^ qui déterminent les objets particuliers dontlç» sens s'occupent ^ ces distinction]» i^'ont d'u^e que pour la pratiqua ; ce qui impçr^e ^^ p'|3§f dç saisir le^ caractère^ communs des espèce^ ef 4l^ genres (3). Ain$i que nous l'avons dit , si l'ql^jiçt de la raison était placé hors de U ràiçpn mè||f^^ 1 elle ne posséderait point le véritable or^gîi^^ ; cet original serait l'objet même ; la raispn n'en aifrait donc qu'une image et ne pourrait s'a^u-

(I) En. VI , liv. VH , th. 7.

(a) En. V,liv.V, ch. 1,2.

(3> Ed. m , liv. II , ch. 4.

rer 4^ I9 ^44lît4 de h copier* U n« faut dcmo chercher la vérité , la réalité , que dani le ama dp ViR^Uigei^qe eUe^ipême, qw\ ^eule eH la sqbsmpqe ppre» ^igui^ d(i cci qom. L'inteUigeuQQ n'ft besoin. pQ^r y a^^dre que de 8ie repKer siir f^l^poiêngiç. y Airj^\ iQmhmt, ou plutÀI, a\im «ODf prQvenuQs^aui yen à^ Plotin^ tout^ l^s qy<^Hiofi9 âfiY^e^ pav le$ Sceptiques... Cap, a h v^rûé X la ré^li^é > a\nM coxiçues^ n'appellent à Iqur SQqçiar^ 9uoune déiUQQ9tPaûou , aucun fondem^tit dç^ ÇQuviQtiQp ) riutelligmee se rend téiiiQigpage à çUe-méme en se contemplant ; rie^ ne pe^t m^iter davantage ^a confîajfiee qu'eller n)^nie ; Ij» yérité proprement di\9 » n'^sft dono

ppix^t l'ftçcord ayeq nm ftutre obose , mam un ^çeçrd d^ la pensée ^yea dleifaâmf^; elle n'ecif

prime que ce qu'elle est (x). ï>

Il 4 p^rft îinpp^iWç ^ Plptin. qw!vr\ iiijet pwsae çjWïjpîtçq qp Q|)î^ii diff^rflpî (iiÇ lu\Tq)$iQf^ ei s'élaiiiGeT ain^ \^ors 4q sqi j U ^ employé de nombreifAçt i^rgi)ineqt9tjou4 pour ^uibUr toiiii; impoa§ibUité. Dès Jor», il i?'e pu désigner la

-• i- ' . . " ■ . I i.jiiii; n 'i ■ ■ ' > I n i' Il

(1) En. VI , liv. V , ch. 2. -r En. VI , lîv. IIÏ , «b. 7 , 8.

connaissance qae par Facte de la conscience intime (E).

. C'est ainsi que ^ dans le système des connaissances I comme dans le' système de l'univers , Plotin rappelle tout h Punité absolue ; le principe de la connaissance, à ses yeui^ n'est autre que l'identité, le résultat de cette, propriété essentielle de la substance pure qui consista à se percevoir elle-même ; et le rapport de cette connaissance fondamentale avec le système universel dérive de la consanguinité de l'intelligence humaine avec la famille entière des intelligences, de la communication intime que celle-là peut obtenir avec celle-ci dans lé sanctuaire de la contemplation , de l'identité continue qui subsiste entre l'échelle des idées et la hiérarchie des êtres.

Dès lors y les préceptes qui doivent diriger les opérations de l'esprit humain , seront d'une tout autre nature que ceux qui servent de guide à la sagesse vulgaire. c( La première condition pour la recherche de la vérité consistera à écarter de la pensée tout ce qui est mobile, multiple, particulier, déterminé (i). L'intro-

(i) En. III , liv. V , ch. 8.

duction à la /philosophie ne sera pas l'observa*^ tion^ mais le recueilleinent(i). On n'aura garde même d'employer les instrumens de la dialectique ordinaire. Car, la vraie philosophie ne concerne point les simples propositions y ni les rapports ; mcds , les choses elles-mêmes y les êtres seuls sont sa matière. Elle possède les choses avec les notions. Les propositions ne sont que des signes ^ un langage écrit; mais^ en connaissant les choses • on connaît d'avance leur expression (a).

« La fin de la nature intellectueUe n'est autre que la fin de la nature morale ; car , le beau ^ le bon, le vrai sont idenûques, comme ils sont teb par leur propre essence. La pratique de la vertu se confond avec la recherche de la vérité» L'une et l'autre ne tendent qu'à l'union inume avec l'essence divine. Les erreurs^ comme les vices, proviennent de ce que l'âme humaine, descendue sur cette terre , a oublié sa céleste ori^ne; die rectifiera les unes, corrigera les ratres, en se dirigeant de nouveau vers sa soorc^ première j l'&me ^ en se livrant à la cou-

(0 Ea.V,KT.Vm,ch. 12.

(2) la. I, Uy. n,ch. i5.

templaûon^ renlne danâ sâ véritable patiië (i).

» 11 y ^ tix)iâ Voies ^ ^uiVatit Plotiti , "pour ^'é-

lever au pfemier principe : rha^monie , Tahibûf ^

la sagefise; ce qu'il e^cprirue ^n distinguant trois

états ^ qu'il appelle lô musécién^ V homme ai-

mûnt ( t^'téKoç ) y ël le philosophé. Le pi^ëltiier

est encore pl&cé au ii[iilied dés objets itirériéurs;

mais > l'admiration que lui fait éprouver l'image

du bebu qui Se réfléchit Sur eut , préparé son

âme à la vérité. Le sëdond réside dans une

sphère déjà plus élevée ; il s'^exerce à l'auiour

des choses inînïâtérlelles i il uè s'aitaôhe , dans

les objets , qu'aUE traits d'utiô beauté line et

générale. Le troisième eilfiu s'élance^ coilinie

porte sur des ailes^ à ta sphère sublimé, à là

contemplation des intelligibles^ datis léUr soiirbe

elle-même (a). « Préparous-nôus donc par les

m purifications^ par les prières , par le& elèr-

>) cices qui ornent l'esjprit} élevoiis-nous en-

» suite au monde ititellectuel f nourrissons-

y^ hous avec persévérance des célestes alimèns

(0 En. I , Hy. Ul.ch. I ; liv. IV, ch. 1,6, 9. — En. m , liv. VIII , ch. 1. — En. rV, Hv. IV , ch. 45. — En. VI , liv. I ,,ch. 1 , 2; liv. VII , ch. 3o.

(a) En. I, liv. m , ch. 1 , a, 3. — En. VIÎI, liv. VIII , ch. a y 9.

»> qu'il renferme ; arrivons à ce point de vue du » liaut duquel le s{)ectacle devient identique au y> spectateur , ou t^esprit voit en soi , non-seu- » lemeût lui-même, mais tout le reste 5 où ^ï l'essence est une avec Vin telligence , où , con- » fondu en quelque sorte avec l'universalité des » êtres, Pembrasse^ non comme lui étant ex-: j> térieur^ mais comme lui appartenant (i)» »

La morale de Plotin est une morale purement ascétique ; elle ne comprend que les rapports avec la Divinité ^ • elle ne commande que l'abnégation dé soi-même, le triomphe sur les sens; nulle part Flotiu n^étend ses regards sur les institutions civiles^ sur les relations de la vie , sur les intérêts de la société.

En cherchant à résumer ce vaste système , on pourrait, ce nous semble, le caractériser comme il suit : Plotin a considéré la génération métaphysique des idées, comme le type delà génération des êtres ^ ou plutôt ces deux générations sont identiques pour lui ; car^ il n'admet â!*étre que les esprits ; Tesprit à son tour est identique à ses propres idées , n'a point d'objet hors de lui-même; l'iniuition immédiate et réfléchie

(0 En. VI , liv- VII , ch. 36.

est aussi la source de toute conuaissaiice , et comme toutes les notions particulières sont, suivant l^ordre métaphysique.^ renfermées dans la notion la plus générale , le premier principe contient toutes les réalités j la première intelligence est en même temps Vintelligence unwerselle ^ elle contient nécessairement toutes les autres intelligences (ï*).

Quoique Plotin ait consacré un livre isntier à la réfutation des Gnosiiques y dans le but de justifier la Providence , et pour réfuter Thypothèse du mauvais principe , quoiqu'il ait souvent censuré l'extension prodigieuse donnée par les Gnostiques à la Théurgie, on voit qu'il conserve avec eux d'étroites affinités dans les spéculations de l'Idéalisme mystique : aussi ne combat- il en aucune manière toute cette portion essentielle de leur doctrine. On peut voir aussi qu'il accorde a la Daimonologie^ à l'influence des astres , une part considérable dans la destinée de l'homme et les phénomènes de la nature (i). 11 s'applique du reste à înter-

(i) En. m, I. IV, ch. 8 ; K V, ch. 5, 6. — En. IV, liv. IV , ch. 24 à a7 , 3o , 42, 43. — En. V, Hv. VIO, ch, 10.

prêter la mythologie grecque par la théologie métaphysique qu'il a développée y à lui fournir l'appui d'une démonstratioa rationnelle.

La théologie du Paganisme vient en quelque sorte se placer d'elle-même dans le cadre de $es ibcories ; elle lui est étroitement unie* La dogme se confond si fréquemment avec le raisonnement^ qu'on ne sait jamais si on entend la voix du théologien ou celle du philosophe. Si cette -confusion de deux ordres d'idées si dis-^ tinetes dansleur origine n'a pas éi4 le but de ses travaux y elle en est du moins le résultat le plus éclatant.

On ne rencontre d'ailleurs encore dans Plotin aucune allusion directe à la théologie des Egyptiens ^ des Perses^ d4^ Chaldéens. Il ne (âte pas une seule fois soit Zoroastre , soi( les livres hermétiques 9 et ce qui est particulièremeut 4igne de remarque , il ne cite pas même une seule fois cet Orphée auquel Proclus ptu^ fard rapporta l'origme de leur commune doctrine*

On voit que Plotin a fait beaucoup plus que commenter Platon; il i'a continué; il s'en est, même éloigné plus d'une fois. Platon avait considéré la matière comme co-éternelle. à la ÏHvînUé ; il n'avait attribué à la Divinité que ces idées dont elle impose les formes à la mar m. 25

tière. Suivant Plotin, toute réalité est dans la Divinité^ en émane; la matière n'est qu'une vaine apparence,, une négation. Le but de l'homme 3 suivant Platon^ consistait à se rapprocher de Dieu , à s'efforcer de lui ressembler; PI tin prétend conduire l'homme à s'unir^ à s^identifier en quelque sorte avec Dieu même. Platon prend l'homme et la nature tels qu'ils s'offrent à l'observateur , et s'il leur assigne des principes et des lois d'un ordre plus rélevé ^ c'est parce qu'il y est conduit par les déductions qu'il tire des données que cette observation lui a fournies. Plotin se place , dès l'entrée, dans une région surnaturelle ; il conçoit l'homme et la nature tels qu'ils doivent être dans l'hypothèse qu'il a adoptée comme un principe (i). Mais^ la différence essentielle qui sépare la théorie de Plotin de celle du fondateur de r Académie, c'est que Plotin a réalisé, converti en substances, identifié avec l'intelligence suprême , les idées, que Platon avait Considérées seulement comme étant présentes à cette intelligence , et qu'il n'avait eu garde de personnifier.

(0 Tennemann , Hist. de la pkil., tome VI, pages. 44 ^t ^iv.

On ne peut refuser d'ailleurs à Plotin ni une grande élévation dans les vues , ni la moralité la plus pure dans^ les intentions , ni ùde rare perspicacité; et, quels que soient les écarts oii l'a entraîné un dogmatisme arbitraire et une sÎDguIière exaltation, on est forcé de reconnaître que la philosophie a eu peu de génies plus fortement trempés pour les spéculations (ra&sctendantales. Tçnnemana a justement remarqué quil a prêté plus d'un point de vue à Spinosa> à Leibnilz^ aux philosophes récens de. l'Allemagne.

Nous avons dù^ accorder une attention par-n ticulière à cette théorie , parce qu'elle détermine l'esprit et le but du nouveau Platonisme. Les successeurs de Plotin mirent en quelque sorte son autorité à c^te de celle de Platon lui*niême ; ils s'exercèrent dans la direction qu'il avait assignée; plusieurs se bornèrent à l'expliquer , et nous voyons que Proclus lui*méme, le plus distingué d'entre eux, avait écrit des corn** mentaires sur les Ennéades (i).

(i) Voy. Tannotation de l'anonyme grec au manuscrit du Traité de$ mystères des Egyptiens , attribué à Jamblique.

Plotin^ comme noiuft'ravonsdit , ens^gna à Borne dao9 le troUième siècle dé notre ère. Ce ftlt doDq dan$ la captale même de l'empire y et non À Alexandrie, ^'eùt lieu le- premier développement systématique du nouveau Platonisme* Porphyre nous présente un tableau brillant de l'école qui se réunissait autour de son mattre^ et dans le sein de laqueUe on comptait aussi des femmes disdnguées (i).

Lui-même et Amélius pcoupaient Id'prçmier rang parmi ses disciples. Aucun des cent volumes (2) écrits par le dernier sur la doctrine de Plotin , ne sont parvenus jusqu^à nous ; . mai^ nous en possédons quelquesr-uns de £or- {^yre; si l'on n'y retrouve point la ptofon* deur de Plotin^ la hardiesse et l'éléwticai de aea vues > il y règne en général plus de clarté. Porphyre possédait d^ oonnaissanoes variées , il semblait fait pour ^ire le traduc- Uw et l'interprète d'un philosophe qui avait grand bescûn d'un tel auxiliaire. ]>mx choses appartienn^it à Porphyre dans les Ënnéades ; quelques explications ^ la méthode. On ne

(%) Id, y ibid. y § 3.

( 3.89 ) peut déuîrminer avec précision ce qu'il faut lui-aliribuer souâ le prettiier rapport ^ et Voti est forcé d'avouer que son liiéritë est bien faible sous le second.

£n associant Aristote à Platon , les nouveaux ^ FlAtonîeiena adoptèrent pour règle de considërer Aristote , et partiônlièrëtnent sa tnétapfaysiqne et ses Ouvtageis instrumentaux^ comme une préparation et une introduction à là doctrine du fondateur de FAcadémie. Aussi la plupart d'entre eux etitreprirent-il$ de cômitoenter ce^ deux branches des écrits du Stàgyrite. Porphyre en donna Pexeriaple , ou plutôt il eoriipléta en qtielque sorte Aristote par ce traité 9ur les prédicables , qu'on a coututùe de mettre en têie de la collection entière des œuvres de ce philosophe. Ce traité est fort remarquable. Porphyre y a imité avec uA rare talent la manière et la méthode d'Aristote. Il a réellement déduit ^ avec une exac-^ titode rigoureuse , de la théorie d' Aristote^ le oom[4ément qu'il lui a donné. Il a défini d'après lui des termes qui jouent un rôle essentiel dans l'architecture entière de sa doctrine , et qui manquaient de définition.

Mais y ce qui n'est pas moins curieux à observer, Porphyre, en comblant cette lacune,.

a prccisëinent rétabli rintermédiâire qui mau-r quait pour former entre Arislote et Plalcm uuq juxta- position continue; il a construit le degré nécessaire pour passer de l'un à l'autre. En effet, ]çs catégories d'Aristote, ou lesprédicamensj considéraient les choses comme existantes, sous le rapport de la réalité , sous la forme concrète. Il restait à déterminer les notions qui ne sont exclusivement que l'ouvrage de l'esprit, oe résident que dans l'esprit;, et résultent de la forme purement abstraite, c'est-à-dire, qui naissent de la comparaison des choses entre ^elles , et qui servent de base aux nomenclatures : \e genre y V espèce ^ la différence ^ hpro" pre , V accident. C'est par-là qu'on entrait dans la théorie de Platon , et c'est aussi ce que Porphyre a exécuté. Ces cinq notions des prédicables ne sont envisagées dans ce traité que sous le rapport logique et grammatical. Porphyre observe que la dénomination de ^^/zr^, employée d'abord à désigner une race, une famille , a passé de là dans la logique , ce Parce » que le genre, dit-il, est le principe des es- » pèces et des individus placés au-dessous de ^ lui, et paraît en contenir la multitude (i).»

(i) Porpkyrii Isagoge ^ cap. 2,

II est si fidèle à ne point sortir du cercle des idées d'AristQte , qu'il a évité à dessein , et il le déclare Ini-méine , d'y examiner ce si les genres et les esj^èces subsistent par eux-méme^^ ou s'ils nQ résident que dans les simples notions de l'âme;. si, dans le cas où. ils auraient une exisl'ence propre, . ils seraient corporels , ou, incorporels, s'ils sont séparés. des choses sensibles , ou unis avec elles (i) ».

. Porphyre avait écrit contre Plotin un ouvrage, <i à l'effet de prouver que l!objet conçu est hors de l'entendement. » C'était en effet attaquer le pivot du système. Plotin chargea Amélms de soutenir la controverse. A la troisième réplique Porphyre se rendit et se rétracta dans une assemblée. II ne parait pas que Porphyre fût très-diiBcile à convertir; car, il avoue lui-même qu'il avait élevé cette dispute pour engager Plotin à s'expliquer davantage (2)^ Porphyre interrogea une autre fois son maître pendant trois jours pour apprendre de lui Puniou de l'âme et du corps (3), Ce trait peint

(i) Porphyrii Tsagogr^ , cap. 1.

(2) Porphyr. , fiia Plotini, % 18.

(3) Id,,ibid,, $i3.

naïvement le caractère de )a phitosophie propre au maître et au disci{^.

Porphyre a comparé ie phénomène de la sensation, à l'harmonie produite par Ie& oordes d\in instrument, a Les sens sont les pordes D ébranlées; fâme est ie musicien qui les » ébranle. L'âpie a en elle les. raisons de » toutes choses ; c'est par lenr moyen qu'elle » opère y soit qu'elle y soit provoquée par une » cause étrangère, soit qu*èlle s*y reporte par 9 elle-même. Dans le premier cas, elle confie V aux sens la fonction d'introduire aui objets » externes; dans te second, elle s'élève aax » înteIKgences. La sensation n^a point Keo sans )) une modification imprimée aux orgaftes; » Pentendement à son tour emprunte aussi te >i secours de l'imagination pour les ohyeis qui » ne participent point à sa nature (a). L'enten- » dcihent est essentiellement uniforme i sem- » blable à lui-même , dans tout ce qui le D constitue. Tous les êtres sont renfermés et M dans l'entendemeiU: parûculier , et dans l'in^

(i) Porphyre, De occasiunibus y etc. {Exccrpta Ficini , à la suite du traité de Jamblique sur les Mystères , Lyon, 1578), §§7,9.

u teUîgeoce universelle ; mais , dans celui-là , » les choses universelles elles-mêmes sont tous » une forme particulière ; daos celle-ci , les » choses particulières elles-mêmes sont sous » une forme uuÏTerselle (i). On dit beaucoup > de choses sur ce qui est supérieur à la sphère d del'âme.MaisjOnpeutcomparercesduçours 9 aux récits» tpe dans J'éiat de veille noua » faisons de ce qui se passe eu songe, quoique » d^ns le songe seul nous en ayons la vraie » Connaissance; car, le semblable ne peut &re 9 connu que par le semblable; toute connais- » sauce n'est qu'une assimilation de Fe^prit à ce » qu'il connaît (s). »

Dans le singulier traité que nous a laissé Porphyre sur fahstinence de la chair des oTùmtaai y nous voyons la nature des rapports que jusqu'alors le nouveau Platonisme introduisait entre la philo'sophie et la théologie païenne. « Le Philosophe , dit-il , est le n prêtre du IXeu sopréme ; il étndie k nature, » s*à{^lique aux s%nes et aux diverses opéra- » tions dont la nature est le théâtre. Les prêtres

(0 td.,md., §i3.

[2) Id., ibid.,%i6.

» du ciilce établi sont ceux aes Divinités infé-' :i> rîeures. )> Mais, ces Divinités inférieures , non*seulement Porphyre en reconnaît Teiistence^ le pouvoir ; il s'attache à démontrer l'une et l'autre ; il cherche à établir le rapport des Dieux inférieurs qui composent la longue hiérarchie des génies, avec le Dieu suprême y incorporel , immobile , indivisible.

Ainsi se forme la consanguinité du imite établi avec les hautes doctrines philosophiques ; ainsi se justifient toutes les cérémonies, les expiations, les sacrifices (i). Il n'est presque aucune des superstitions du Paganisme dont Porphyre ne se fasse de très-tonne foi l'apologiste; il insiste particulièrement sur le commerce des génies avec l'homme (a).

- Les moralistes de tous les temps ont remarqué que les impressions extérieures des sens sont l'occasion de toutes les passions qui égarent et dégradent l'âme lorsqu'elle se laisse assemr par elles. Les nouveaux Platoniciens , qui ne distinguaient point la perfection intellectuelle de la perfection morale, s'appuyaient

(i) Porphyr. , De abstinent. , Xiv, II , ch. 87 , 5o.

(2) Id,y ibid, , ch. 53. Foy. aussi F'ita Plotini , passim.

( 595 ) ^ssentieUement sur cette considération pour faire consister la recherche de la vérité comme la pratique de la vertu , non-seulement dans un empire absolu sur les impressions sensibles , mais aussi dans le détachement le plus complet, dans risolçment le plus entier de tout ce qui appartient aux sens (i).

Porphyre, comme Plotin, asseoit la Théologie sur la philosophie, dans Tùnion qui s'établit entre elles; comme Plotin, il repousse les Gnostiques et se montre peu favorable aux traditions orientales; comme Plotin , il ne cite jamais Orphée ; s'il cite les Oracles de Zoroastre, c'est pour déclarer qu'ils ont été fabriqués récemment par les Gnostiques ; on voit par sa lettre à Anebon qu'il ne connaissait point les livres attribués à Hermès Trismégisie.

Cette lettre à Anebon est un monument fort curieux; elle nous montre le terme auquel le nouveau Platonisme s'était jusqu'alors arrêté dans la route du Syncrétisme ; elle établit trois points principaux: i* que, jusqu'à Jamblique, les nouveaux Platoniciens ne rapportaient point encore l'origine première de leur doctrine aux

(t) Porphyr., De abstinent. , liv. II, chap. 3i.

traditions mythologiques de l'Egypte ; :2<> que , jusqu'à Jambliquej, les nouveaux Platomcîtfns n'avaient point abdiqué les droits de la raison , même dans les matières ihéologiques , et pré* tendaient y conserver la liberté de l'examen et l'emploi du raisonnement ; S"" que Porpbyre conservait encore alors des doutes graves ei séfictix sur la Théurgie alors si acCrécËtée. « Je doute^ dit-^i) y si toutes les opérations de » la Théur^e ne sont autre chose que les ima- » ginations arbitraires d'une âme religieuse qui » de rien se forme de grandes choses (i). f^

Le pas qu6 Plotin n'sivait pas tente ^ que Porphyre hésitait à franchir , fut franchi dans oett€ réponse k la lettre de Porphyre, qtit coinpose le traité sur les mystères fies Egyptiens (2). Elle fut adres^ à Porphyre au nom d'Abammon ; mais , Proclus annonce qu^elIe avait été l'ouvrage de Jambltque (5)', dont elle porte maintenant le nom. Rien n'offre un

(i) Voy. la fin de celte lettre en tête du traité de Jambliqae sur les Mystères , édit. d'Oxford.

(2) Publie en entier , avec la traduction faline de Thomas Gale , Oxford , 1978 , in-fol.

(3) Voyez l'annotatiou déjà citée de Tanonymc grec.

exemple plus frappant du dessein <;bnçu par les

noui^eaux^ !Platoniciens, de rappeler à l'unité

historique , à l'identité d'origine , la doctrine

d^ sages de la Grèce et les antiques traditions

de lX!>riejit. a Mercure , ce D&eu qui préside à

l'éloquence, est justement considéré comme

l'instituteur commun de tous les prêtres. Py*-

thagore , Platon 9 Eudoxe , et la plupart des

anciens sages de la Grèce ont puisé auprès des

gardiens des mystères sacrés , la yraie et légi~

time doctrine. .. Les opinions de ces pbi"-

losopb^ concordent avec les traditions des

Chaldéens et l'enseignement des prophètes de

l'Egypte... La réponse à vos doutes'philosophi*

ques nous est tracée sur ces antiques colonnes

de Mercure, dont la lecture enseigna b philo*-

aophîe à Pythâgore et à Platçn (t). »

Dans le système théologique expose par Jamblique sous le nom d'Abammon> nous retrouverons on efiet les points fondamentaux du système philoiBophique des nouveaux PlaiOfnidens. 11 rejette , comme ceux-ci> l'hypothèse du mauvais principe, et comme eux met tous

(i) Jamblique, De mysteriis y etc. y sec t. I, ch. 1 el 2.

âes soins à jastifier la Providence, à fonder sur la liberté des détermioations, la liberté morale de l'homme (i). L'amour , ce principe uniyer-> sel, joue ici le même rôle que dans le système des nouveaux Platoniciens. C'est une tendance réciproque , une affinité entre tous les étres^ qui les porte les uns vers les autres , les met en barmonie, et fonde l'ordre permanent de l'univers (2). Ainsi qa eux, il admet le monde intellectuel et le monde sensible y considère le premier, non-seulement comme réel^ mais comme le seul réel, a Les Dieux qui composent cette H) région supérieure, contemplent leurs propres » idées divines ; les astres, ou Dieux visibles, ne >» sont que des simulacres apparens, engendrés » des exemplaires divins et intelligibles. Un D lien d'unité associe ces deux ordres de choses >> d'une manière indissoluble ; les Dieux vbi- » blés sont contenus dans les Dieux intéllec- D tuels. Plus nous nous élevons dans l'échelle » des êtres , remontant à l'identité des causes » premières, par les genres et les essences ,

(1) Id.^ibid.^ sect.I, cap. 9 , 18; sect. YIII; cap. 6.

(a) Ibid, , sect. IV, cap, 12.

(599) » plus nous nous dirigeons des parties au tout; » et mieux aussi nous découvrons cette îUjité » parfaiie et sublime qui renferme en elle et la » variété et la multitude. Tel est le caractère de » la cause et île l'action divine, queruDÎtése » répand du sommet aux régions inférieures ".suivant, un ordre divin. La hiérarchie des f> IKeux se termine elle>méme à l'unité absolue; » là réâde ce DieU' suprême , permanent dans ^ la solitude de sa propre unité, qui n'est mêlé " à rien d'étranger , qui n'est rien autre qub » celte unité même (i).

» Cette connaissance des Dieux est intime- n ment unie à notre propre essence; elle est '■ antérieure à toute faculté d'examen et de ju* » gement, à tout raisonnement; elle a co-exis- ^ té , dès le commencement , avec la tendance » essentielle de notre âme vers le bien. Il en >> est de même de ces natures supérieures dont D la hiérarchie remplit l'intervalle qui sépare » les Dieux de Tàme humaine , qiù forment » entre ceux-d et celle-là uu lien intermé- ^ diaire , chatne immense qui unit ce qu'il y a

(0 Id., ibid., s

(4oô)

>> dç plus ëlevé avec ce qu'il y a de plus infime, i> qui constitue la communauté , 1^ connexion , V l'ordre et l'harmonie de toutes choses: échelle m universelle par laquelle les essences suprêmes H descendent aux derniers degrés, par laquelle p les êtres inférieurs montent au sommet de 9 la perfection ; tels sont ces génies , ces héros, H ces âmes pures qui parvienueni à la même )» cçnditîon* Compagnons immortels des Dieux, 3» ces esprits nous sont connus ainsi qu'eux » par une notion innée (i). »

Mais, les prérogatives que Porphyre rédar mait encore pour Ja raison , ce droit qu'il revendiquait pour die d'examiner., de confirmer les doctrines mysûques , l'auteur du Traité des Mystères en exige le sacrifice, et voici la trans^ fonnation essentielle que subit ici le système. La doctrine mystique perd le caractère d'une spéeidation philosophique et prend celui d^un dogme. M Cet ordre de connaissances qui corn* 1» prend les choses divines et la hiérarchie des » espiits , et les rapports généraux des êtres , 1» ne peut être obtenu par les conjectures ,.par » l'opinion , par le raisonnement , par l'art

(i) Idj ibid. y sect. I ; cap. 4 et 5.

( 4oi )

> huTûdin ; c'est à tort que lu l'assimilais aux >» connaissances qui sont du domaine de la » dialectique. Car , comme ces êtres supérieurs yi onjt une essence immuable ^ la notion qu'en y> acquiert l'âme humaine est d'une sembla- » ble nature ; elle existait éternellement dans ^ notre âme contemporaine de ces êtres eux- )) mêmes (i). »

Elle disparaît donc la limite qui séparait des Gnosciques , le nouveau Platonisme et il était fitcile de prévoir, par la tendance naturelle des spéculations mystiques ^ qu'elle devait disparaître en effet.

Ilfaut lire dansle Traité des mystères la définition de cette inspiration c^este^ de cette révélation immédiate , de cet enthousiasme par lequel l'âme communique avec la Divinité(!i) (G). Du reste , ce Traité représente l'intuition immédiate des nouveaux Platoniciens , les pratiques de la Tfaéurgie , les opérations secrètes , les paroles mystérieuses , les sacrifices et les expialions y comme un mnoyen de procurer l'appari-

(i) Id, j ibid. , sect. I , cap. 3 et 8.

(2) Id, , ibid. , sect. III , chap. 7 ; sect. X , <^hap. 6.

ûon des Génies ) el comme formant ainsi le complément de la puissance de TiUiimiiiation iateUectuelle*

Quelques sa vans ont douté que le Traité sur les mystères des Egyptiens eût en cfiet Jambliqae pour auteur. Quel ,que soit l'intérêt de celte question pour l'histoire littéraire , elle a peu d'importance pour l'histoire philosophique. Car , d'une part , cet ouvrage ^ quel qu'en soit l'auteur 5 marque avec précision quand et eomment la limite a éié franchie , el c^est là ce- qui importe pour déterminer la marche des idées ; et , de l'autre^ il est facile de reconnattre par les écrite authentiques qui nous sont parvenus sous le nom de Jamblique , que le fond de se» opinions s'éloignait peu de l'esprit qui rigoe dans cet écrit.

Le Traité des mystères se réfère aux Kvres hermétiques comme à la source de la doctrine qu'il expose. Nous serions donc portés à supposer que ces livres ont. été composés dans Kd* tervalle qui sépare Ploiin de Jamblique ; et^ en effet, si l'on examine avec soin les deux recueils de Dialogues attribués à Mercure Ti ismégiste, souS le titre de Pimander et ^Ab^ cîépias y nous y retrouvons toute la substance de la doctrine de Platon > des vues de Plotin y

( 4o3 ) a'ssociée avec lés mystères des Egyptiens , avec la mytliologie des Grecs^ comme aussi avec des traditioDs qui paraissent empruDiées aux dogmes des Juifs , et même au Christianisme.

L'unité absolue j reparaît comme le premier priocip* ; « c'est le boa parfait et suprême ; elle tw peut être connue que par la voie parement rationdçUe ; la nature est comme «n ^irre {dein de la Divinité, un miroir des choses divines. Cest par la contemplation immédiate ^ot directe que l'âme de' l'homme, abdiquant les sens»

parvient à la source de la vérité, qui est en même temps le type de la perfection et de la beauté. La sagesse est comme la coupe de fin* teUigence divine , dans laquelle Pâme se plpngs tout entière pour participer h, la connaissance. EKeu, le père suprême, le bon par essence, principe universel , ou pkii6t seul être véritable, comprend a la fois tout ce qui existe ; il est tout^ettout est lui-même; la vie , répandue dans l'univers, émane d^Oiea, est IKeu même.

Tout ce qui s'offre aux sens est produit , non de soi-n la cause et jets de nos à la cause, universels ;

nous (i). Du genre découlent les espèces ; le genre suprême est donc runiversaitté. Les genres sont immortels^ les espèces seules meurent et changent (22). il ^ a un sens dwiriy un sens qui perçoit la IKvinité même , sens essentiellement différent du sens mondain^ du sens humain ^ lequel ne perçoit que les espèces : le premier pénètre en nous comme un rayon de la lumière éternelle ; seul il constitue la vraie philosophie, qui n'est autre chose que la religion même ; le sens humain ne forme que l'art des sophistes (3). Le monde intelligible , c'est-à-dire Dieu même 9 qui n'est connu que par l'intuition de l'inteUigénce , est incorporel^ exempt de qualité, de quantité; le monde sensible^ réceptacle des espèces sensibles , dés qualités et des corps, tire son existence de ce monde supérieur; il en est comme le vêtement et l'image; c'est un miroir qui en réfléchit l'éclat. La raison dispensatrice, ou le destin ( liji^iJÂvn ), la nécessité^ l'ordre^ composent la triade des principes

(1) Mercurii-Trismegisti Pimdnder. Yoyez la tradaction de Marsile Picîn , Lyon ,1577.

(2) Mercurii Trismegisii Asclepius j cap, 12.

(3) Id. , ibid,.f cap. 6 et 1 1.

( -ioS ) ^uterneU : le destin, qui occupe le premier raog^,' s'uDÏt à la nécesùtâ ; de leur hyméDée natt l'ordre (i). La pureté des mœurs, le détachoment des choses sensibles , la prière , les pratir qnes religieuses , sont la seule vraie et légitime prcparatiop à la sagesse. » Telle est la substance de ces livres singuliers ; ils sont comme le code des sectes mystiques de cet âge.

Les écrits authentiques qui nous restent sous le nom de Jamblique , le Protrepticusou 'exhortation à la pkUosophie , la vie de Pythagore, et deux des Traités qni l'accompagnaient, respirent généralement l'esprit de la doctrine contenue dans le traité des mystères (3).

Jamblique, dans la vie de PytbagOre, s'était proposé de rétablir un anneaude la chaîne qui« suivant les vues des. nouveaux Platoniciens, devait rattacher leur doctrine à l'ancienne philosophie des Grecs, et, parcelle-ci, aux anciennes traditions de l'Asie. Jamblique était Syrien , et floiîssait au commencement du quatrième siècle. Il reçut le titre de ditmf titre

(1 Syr

quQ les nouveaux Platoniciens donnaieni mi reste très-Yolontiers à leurs mattres; il ne Tob^nt pas seulement à cause de son zèle exalté pour la cause dont il fut Tun des plus ardens apo** logistçs f mais aussi à raison de tous les pro^ diges qu'on lui attribue et du rang qu'il oc-* oupa parmi les Thaumaturges de son temps (i)^ genre de renommée que ostte secië a aasû généralement recherché^ et qu'elle a prodigué en fkveur de ses chels. L'empereur Julieu^ ad« mirateur de Jamblique et pénétré de ses idées, a ofièrt, au mcxide et à la postérité le spectacle singulier de la forme nouvdlè qu'avait prbe fe Platonicisme entre les mains de ces enthou** siastes , par le mélange d'une morale austère , d'upe exaltatioi^ mystique , et des superstitions les plus grossières du Paganisme. Ces super^ stitions^ qu'une philosophie plus éclairée essayait^ dès le temps de Cioéron, de bannir du sein des idéos religieuses y y rentraient à flou par les voies de la philosophie récente , cherchaient en elles une sanction. Par elles , eu effet , le merveilleux s'expliquait comme le phénomène

(i) EunapîuSy F'ita Jamblichî j % 22 y en tcle du Traité des Mystères^

le plus slm[de ; l'ordre des choses surnaturelles n'était plus que la loi essentielle de la nature; le monde visible n'était plus qu^un v^ste ei^blème ; rhooime obtenait par ses rapports directs avec les hià^arcbieB du monde intelligible^ non-seulement une révélation conti-* nuelle^ mais aussi une sorte de puissance réelle et véritable qui avait ses instrumens et ses règles , qui ne devait connaître aucunes limi^ les 9^ puisqu'elle partidpait en quiklque sorte à la puissance suprême* > Il faut voit jusqu'où ces illusions furent portées^ dans Eunapius , l'historien de cette secte ^ ci l'un de ses adep*^ les les pins oéièbres.* Les successeurs de Jani-" blique semblaient plutpt enuercet une sorte de sacerdoce qu'occuper une chaire de phî-^ losopfaie. Aussi furent - ils persécutés sous Constantin et Constance comme élevant leurs autek en opposkion à ceux du Christianisme i on leur imputa aussi ie dessein d'avoir fon/Aé leurs doctrines philosophiques elles-mêmes dans le but unique de disputer au Christianisme le suffrage du genre humain , de lui ravir l'admiration qu'excilait la sub^mité de ses croyan- . ces et la pureté de sa morale , et cette opinion a tronvé^des partisans jusqu'à nos jours (H). La fin tragique de Sopatrc contraignit les m-

nistres de ce oiihe platonicien à senveiopper d'un voilera se disperser, jusqu'à ce que Julien en montant sur le trône lui rendit sa liberté^ et l'entoupa quelque temps d'une protection éclatante. Ce fut en Egypte^ en Syrie, dans l'Asie Mineure 9 dans la Cappadoce^ quil obtint principalement des sectateurs. Là on faisait revivre la sagesse des Chaldéens^ les oraple^ de Zoroastre; là, et particulièrement en Gappadoce> s'ouvraient dé nouvelles écoles sous les iEdésius^Ies Eustathène ; elles étûeht continuées par Autonius, Eusébe.de Mynde^ Maxime d'Ephèse,Pri$cus. Là se perpétuait, se transmettait cette, inspiration, cette agitation divîiie (ct»/^ at€tî Stouo'tç THç -^vx^ç ) 9 ce pouvoir révélateur et prophétique , qu'on regardait comme le souffle intérieur de la Divinité dans l'intelligence humaine, qu'accompagnaient les évocations, les apparitions, et les conjonctions mystérieuses avec les génies célestes.

L'école d'Alexandrie , en particulier , compta Hiéroclès parmi ses adeptes les plus distingués. Photius nous a conservé qn traitéd'Hiéroclès sur la Providence, où se déploie dans son entier le système adopté par les nouveaux Platoniciens, pour rappeler à l'unité toutes les opinions des diverses écoles de la Grèce, quelle qu'en fût

l'apparent^ divergence. Hiéroclès, que Damascus accuse d'avoir été peu versé dans les sciences divines et sublimes, en lui rendant d'ailleurs le témoignage qu^I ne iuî manquait aucun genre d'instruction dans les sciences liumaines, s'atlacha spécialement à Pydiagore comtne formant l'anneau intermédiaire entre la philosophie .des Greos et les traditions des temps héroïques. » La philosophie fest la purifieation et la perfection de la vie humaine ; sa purification , en ce qu'elle délivre l'homme des appétits irrationnels qui tirent leur origine de la matière j sa perfection en ce qu'elle rend à l'homme sa félicité première , en le ramenant ^ la similitude divine. La vertu , la vérité sont les moyens qui y conduisent , celle-là parce qu'elle soumet les passions, celle-ci parce qu'elle investit d'une £orme divine ceux qni sont convenablement disposés. » Tel est l'objet des vers dorés de Pythagoref ils embrassent la philosophie universelle , se dirigent à son double but : l'action et la contempladon (i). Les vers 45, 46, 47, 45, 5o, 5i, 62 , 83 , 97 ,

(1) Hiéxociei, in Carmina Pytkagorica Comment. Berirodi , § 1.

( ^lo ) 69^ du célèbre poëme attribué à Pyihagore^ sous là thre de Vers dorés, reofermeot le germe des principales doctrines des nouveaux IMatoniciens. Hiéroclès les développe dans l'esprit de cette école : oc L'union et la distinction forment la constitution entière et l'édifice de l'ouvrage divin; celle-ci montre les difierences qui séparent les individus; celle-là est le lien qui les rassemble. Les choses inférieures sont liées aux premiers principes par un ordre d'intermédiaires. Le monde entier.est l'image de la Divinité^ q.m se réfléchit jusque dans les réglonë inferieures des corps. La ootmaissance de ees lois étemelles se révèle à ceux qui s'en sont rendus dignes par la vertu active et la contemplatioû de la vérité. Le sommet de la flliilosophie consiste dans la contemplation ; les sciences civiles en occupent le milieu ; les doctrines mystiques objet des initiations, en forment le terme (1). » L'étude de l'art oratoire et de la philosophie n'avait jamais été entièrement interrompue dans la patrie de Socrate et de 0émosthènes ; elle avait même repris un certain éclat sous Adrien

^i) Id. y ibid. ; §§ 161 , 175 , 179, 225. — Edil. de Needbam. Bainbridge ^ >?<>9*

(4ii ) et Marc-Aorèle. Ces princes y avaient formé une bibliothèque y érige des chaires; ils avaient attaché dés éruolumens considérables aux fonctions de prolêsseurs. Cei établissement ressemblait assez à nos modernes institutions académiques } les professeur^ , nommés yir l'empereur , exerçaient une sorte de fonction publique (i). Comme cet enseignement était entièrement profane , il obtint moins de faveurs dei Césars , depuis Constantin ; cependant , il subsistait encore, mais dirigé par des érudits ou des sophistes de profession , plutôt que par des philospphes y lorsque Chrysanthius d^abord', et ensuite Plutarque , Ois de Nestorius , dans le commencement du cinquième siècK: , entreprirent de lui retidre une nouvelle illustration ,^eh adoptant le système qui réunissait en un seul corps toutes les anciennes doctrines philosophiques et la théologie païenne y ce système', qui faisait remonter la chaîne ^or , la philosophie umque , aux chants d'Orphée , à ta mythologie d'Homère. C'était rendre à la Grèce, sous une forme rajeunie, avec an caractère nouveau , toute la gloire f^" *^« nn^i*ns «nnvp-

(i) fiy. Lucien , In E Procresio; Ptiitoslrate, Fila

nirs, tout le cLarme de ses traditions antiques ; c'était incorporer à la philosophie' et les dogmes mystérieux de la religion et les immortelles productions du génie dés poètes , et là pompe des plus brillantes perspectives de l'histoire: c'était identifier avec elle les destinées de la civilisation elle-même pendant une longue suite de siècles* Ceci nous explique les succès qu'obtint l'école qui vint s'ouvrir sur le môme sol, dans les mêmes murs où avaient brillé l'Académie , le Lycée , et qui s'annonçait comme conservant leur héritage y ou pluiôt comme révélant la vraie pensée de leurs fondateurs. Le nouveau Platonisme parut oflFrir sur ce théâtre^ d'une manière moins marquée, cette physionomie orientale et égyptienne qu'il avait afieçtée chez Jamblique et ses disciples ; elle prit un caractère plus essentiellement grec et attique.

Orphée acquiert dans la nouvelle école d'Athènes la même importance dont Hermès avait joui dans celle d'Alexandriç, Zoroastre^ chez les Gnostiques. Jamblique, dans la vie dePy thagore, avait déjà attribué à Orphée des notions sur la Divinité , analogues au système de Plotin (i)»

(i) Fita Pythagorœ^ cap. 28 , § i5i*

(4i3 ) Le concours des circoosunces, la direction des idées, portent à croire qu'il commença vers cette même époque, et dans un but semblable à celui qui avait suggéré la composition des livres hermétiques, à produire sous le nom d'Orphée quelques uns des dogmes de la Théologie mystique qui servaient de fbndemens ,au nouveau Platonisme' Une tradition, appuyée des présomptions historiques , rapportait à Orphée l'origtae des notioDs théologiques des Grecs , des dogmes religieux renfermés sous le voile des mystères, et raUachait à l'influence exercée par ces idées d'un culte épuré les' premiers bieo&its de la civilisation, influence qu'Horace a célébréedaas son Art poétique(i). Elle lui rapportait aussi les premiers rudimeus de l'astronomie, de la médecine, des sciences naturelles , ce qui , dans l'esprit de cet âge, s'exprimait par la supposition d'une puissance magique (2). Platon lui-même, dans le Philèbe, dans le Cratyle, avait Ëiit allusion à la doctrine d'Or-

{i)Sylvesireshomines,sacerinieFpresqueDeorum Cœdibui et -victu Jiedo déterrait Orpheus , e\.c.

(a) Pausanias, In Beot. ; Pline Lucien , De Asirologia.

pbée , et Favait rapprochée dei cello d'Héra-^ çlite. L'existence de divers poëmes d'Orphée dès les temps de Platon , ne saurait être révoquée . en doute ; ils offrirent un pivot aih quel l'on pouvait rallier tout le faisceau de la doctrine nouvelle. Orphée fut donc invoqué comme le créateur du système de Tunité absolue, (c Dans le sein de Jupiter , le Dieu su-* D préme ^ était renfermé le monde entier , ou » Féternîté; tout participe à son essence; celte » essçnce , force unique y universelle ^ est pré- D sente en toutes dioses^ anime ^ gouverne D toutes choses; tous les êtres ne sont que les D portions et les membres de la divinité ; le D principe suprême est invisible , inaccessible y> à l'intelligence humaine} Tunivers en est » l'image. » On attr^oua même à Or(^ ^ triade des principes éternels ^ sous les noms de Phanès, Uranus et Cronus (i). Aussi, est-ce principalement aux nouveaux PbtonicieDS ^ a Porphyre , Eustathius , Hermias , Proclos , Olympiodore, que nous devons les citations de textes prêtés à Orphée et jusqu'alors inconnus; qui s'accordent avec Fensemble de leur système.

(0 Foyez Proclçi ,^ Commentaire du Timce de PlatOB.

( 4i5 ) Dans un fragment conservé par Proclos , ou du moÎDS que nous troavoas pour la première fois dans Proclua , le Panthéisme de la substance unique, primitive et absolue, se trouve manifestemeni retracé. «Ces» pourquoi, dans l'ani- D versalité de Dieu ( mOwavTiJ^o^ ) ; se trou-; » vent compiîs les sommets éclatans du vaste » être et du ciel, l'étendue de la mer immense » et de la terre gloiieuse I... Tous les dienz im-' » mortels et heureux, et toutes les déesses, » enfin tout ce qui a été et tout ce qoi sera dans » l'univers. Tout existe ensemble dans lesân de » Dieu... 11 n'y a qu'une force, il n'y a qu'une » substance souveraine , dans laqnelle tout est Il renfermé... elle voit letont; mais, elle peut o aussi iàire jaillir de son seinlalumièrebienfai- » santé qui éclairera tous les objets réunis(i).» Voici maintenant le second prindpe des Gnosttqnes et de Plotin : « L'âme , s est-il dit encore dans un autre fragmeût donné par Proclus , a l'âme est appelée le plus doux * enfant de Dieu. » Proclus ajoute : te et Orphée , après avoir excité l'âme à s'élever aux pensées religieuses , inspirées par Dieu ,

continue ainsi : « que Fâme parle donc de y> Dieu , du Dieu auteur de Puni vers. . . !

y> Moi 9 &me , j'habite avec l'intelligence de )) mon père, je suis la chaleur qui anime tout. » Yoici enfin Tëmanation des âmes : a Du père » des Dieux est i&sue la raison (vouç) dans » Tâme et l'âme qui anime le corps char- >i nel (i). »

PI ut arque , fils de Nestorius^ avait probablement reçu de Chrysanthius la direction qu'il suivit; il se livra à une étude approfondie de Platon etd'Aristote; on présume aussi avec fondement qu'il selivra aux pratiques de la Théurgie^ dans lesquelles sa Glle Asclépigénie obtint une grande renommée (a). 11 se vit entouré d'un nombre considérable de disciples. Il désigna pour son successeur ce célèbre Syrianus , dont nous ne possédons ])lus aucun ouvrage, si ce n'est un commentaire sur les livres métaphysiques d'Aristote, destiné à servir d'introduction à la nouvelle philosophie platonicienne ; mais qui , au rapport de Suidas (3), avait écrit un cona-

(i) Id^ , ibid.j pag. 124 , 33.

(2) Marinus , VitaProcliy cap. 19.

(3) Fabricius, BibL grœc, toin, VIII, §45o;

mcnlaîre snr la théologie cTOrphée ; et un Kvre dansu lequel il se proposait de démontrer Facootd d^Orphée , de Pythagore et de Platon , ees trois anneaux de la grande chaîne dont les nouveaux Platoniciens composaient k philoso* phie unique , primitive et perpétuelle (I).

C'est dans les éôrits de Prodlus^ succès- *]

senr et disdple de Syrianus^ qu^ nous dééôiiTreBS la doctrine de la nouvelle école athé^ mense , développée dans son ensemble ; elle y apparaît aussi sous une forme méthodique, ' avec un caractère remarquable d'élévation. Ce sont réellemfent un nouveau Platon^ un nouvel Aristote, qui sortent , pour ainsi dire^ et i^essposcitent dé la tombe, qui se montrent non plus avec leur vie première , inaîs comme de» apparitions surnaturelles , comme des ombres subtiles, éthérées, et tels qu'on se représente les mystérieux produits des évocattons magiques ; ils ressuscitent dans un monde totit idéal; ils ressuscitent réconcilia entre eux, à l'aide de la théorie transcendantale qui stàtt de coYlamentaire à tous les deux. Cest encore Plotin , mais Flotin fécondé , étendu , quelquefois modifié. C'est encore Porphyre , Jamblique , mais Porphyre plus prononcé en faveur du Dogmatisme de la Théologie mysti-

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