‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie: considérés relativement aux principes des (volume 2)Chapitre 5 sur 20 · DU QUINZIÈME CHAPITRE · texte numérisé non relu

DU QUINZIÈME CHAPITRE

(A) Nous essayons dé rendre par le terme de wion , employé dans une acception ùni^emeùt inteHectiielle^ cela» dont se serraient lei Stoicieas ( ^et/laritL ) , et que les Latins traduisaient par le mot visum; l'expression image ^ ordinairement usitée poiir traduire le terme grec , serait impropre et dénaturerait les: idées pArticuliëres â cette école. Gir^ ils entendaient exprimer un phénomène iittellectuel qni est beaucoup plus qu'une images qui a Zéi rapports plutf intimes avec la réalité. Le ferme àt perception serait éga-^ lement impropre en tant qu'on rappliquerait & k vision qui n'est pas cataleptique^ ou compréhensirei c'est-à-dire è celle qui n*a pas d'objet réel.

(B) Nous pensons qu'on lira ici avec intétét le passage curieux daus lequel Plutarque expose la doctrine des Stoïciens sur la génération des connaissances : c Les Stoïciens prétendent que , lorsque l'homme voit » le jour, la psfrtie principale 'de son iine est pour » lui comme un parchemin y ou comme des tablettes,

« f or leiquelles il note et il inscrit chapnne des coq» » Bsîssances <{u'il ac<imert. II note d'abord Jes per* ceptions des sens. S'il a eu une sensation quelconque , celle du blanc, par exemple, lor^squ'elle a disparu^ il en conserve la mémoire. Dès que plusieurs ré^ miniscences semblables se sont associées, alors , seloo^ les Stoïciens , il y a de l'expérience ; car l'expérience n*est que le résultat d'un certain nombre de sen* sations homogènes. Nous avons iéyk cité comqMut les notions naturelles se perçoivent , "san^ aucun accoon étranger ; les autres sont le fruit de l'in* siracliott et dn travail ; aussi sont-elles les seules que l'on a^elle proprenient notions ; les premières sont des iprémoôons... l'idée est la vision de l'intelligence^ de rêtre raisonnable. Cette vision , lorsqu'elle ^art d'une âoM nisonnablc^ prend le nom Sidi€% aussi n'ont pas ces pefcc|»tioos , qui n'apper-' fn'ann dieux et â Hioninie. Celles que sent des peiceptioiis sensibles, en tant

nv^ les ansnsanxy et tant qu'elles sent propres a notre » {De PUeU. fOL^ tiv-IY, dnp. sf.}

le second Ime de sen frulié â regpesf:iffln de b tA^^s^pe Ccss r» J^ nsmonsen» (es p;ns praâan, sne» <maXgmtJt^ de la p&wf«4fiu4 de

Teece cccae ;aMus^ se &rj$«e^ <<tt

M sitme , ils procrveirt que ces Dieiix gouvernent l'uni-* M yers ; et daas la quatrième , qu'ils s''occupent spécia*. » lement du genre humain. » On trouve dans le développement de ces quatre questions un singulier mélangé d'idées superstitieuses et de vérités profondes , d -Absurdités * grossières en physique et 4e sentimens élevés en morale. Balbus, queCicéron présente comme rinterj)rëte du Portique, associe d'abord aui inductions tirées dëFasipect du ciel, celles qu'il prétend déduire de Tart de la diviuiBition. Il 'attribue ensuite f d'après Cléanthe, à quatre sources principales, les no* tions que lés hommes ont de la Divinité. La première consiste, suivant lui /dans la conuais'^auce que la divination peut donner de l'avenir ; la seconde est déduite dé l'utilité que procurent les saisons et' fa fécondité de la teri^e';' la troisième dérive des jphénofaièhcs qui effraient lès mortels ^'eii dérangeant le ^ôurs ordinaire de fa nature '; la quatrième , enfin , et celle qu'il considère comme la plus éminente , résulte de l'ordre admiral/lè qui règne dan^ lés phénomènes célestes ^ dont l'aspedt ^idit-ii ,' ^oiive assez <|iie ce^ phénomènes ne sont pas l'effet dû hasard. «E/ï'^ffuiV/n domum ali- M quant aut in gymnasium , aut in forum veneril ; H cvim vifiea l om nium rtirùm rationem , modum , dis^ » ciplinamy honpossit ed iïhe causa Jihri judicare ^ n sed essè aliquèm y'qui priesity et cui parcatur ; » multb magis in iànCismotlonibus , tantisque vicis- >» siludinibus tam muUarum ^rerum^j "alqtte iaFUis » ohdinibusj in quibiii nitiil un'quam'imntehsa et in* u finita' vêtus ias tnehtUà Isit y statuât necesse est.

a ab aliquâ menle tantôt nature motitt gubtrturi.» Voici cnmment Chrysippe, fuivant Balbai, expose •on opinion snr l'echetle progresiive des être* : ■ Si m eiùm , induit, ettatiquidinmrum lutlurd, quod

• hominis ment, quodraiiOf quodvis ^ quodpoietm tat hamana efficere non potsit ; est cert^ id , quod » iUud tfficit , homme meliut. Àtquiret cmlestes

■ otnmiaque ea, quorum etl ordo sempiternus, ab.

* komine confici non possunt- EstigUuridquo ilta B conjtciunlui' , komine meliut. Id auten quitf > potiùt dixeris, quant Deum î elenim , li DU non B stmt, quid este potetl in rerum naiurd komine

■ melius ? in quo enim tola ratio est quâ nikilpotett

■ etse prastantiut. Etteaulem hominem , qui nikil B M omni mun lo melius este , quam te palet , de—

■ tipirntis arrogantiof etl. Ergo est aliqui l melius. B Etl igitur profecto Deus. ■ (De nat. Deor., lîb. Il, cbap. V ei VI. ) C'«t turtoat lortqw le Sloicîen Salin» expose la doctrine de ton école tor la nature dei DicDi , lorsqu'il f'efforce d'attnbner nae oatore diviM «a monde , aux aitret , <pi'oa reconnatt toute la bittetre de la métaphysiqae et de la phytiqoe qoi caraclM««t cette école. Il ett plus beanox lonqo'il entrepreod de prouver que la Divinité gaaveme l'oatTeni il ranfc ces prenTM en trois ctataes , qsî se rédniieat féeltemenl à deox ; l'one dédoîle à priori , des attribaU d« laDÎTinilé, l'antre Ji patienon , de l'ordre nervcîllenx iet phénomèoes fa rr est r es et cileitti. Lci Stoïciens employèrent ipntn espèces de coati

ponr établir qne la Prtrrideoce dÎTine s'occa| L l* première tirée i

tura du corps hunuin; la seconde des perfection! de r&ine; la troisième de Putilité qu'offrent à Thonmie tous. les objets de la nature ; la dernière, des exefnples des hpmmes illustres , honorés vivans de la faveur dea dieuii, ( De nat. eor, ^ lib, JI , cb. XXXà XXXIL V

(D) Les Stoïciens ne faisaient aucunement dépendre la morale de la perspective des peines ou de la rémunération dans uoe vie future; l'obligation du devoir était à leurs yeux absolue et indépendante de tout motif intéressé. La croyance à Timmortartité de l'Âme n'appartenait donc , selon leur manière de voir, qu'à la physique , c^est-à-dire à la psychologie , comme faisant partie de celte dernière science suivant les idées des anciens. Ceci nous explique pourquoi les Stoïciens paraissent incertains et peu d'accord danf leurs opinions sur cet important sujet. Au surplus , on comprend mal , suivant nons , ceux des Stoïciens auxquels on attribue l'opinion que l'âme est mortelle. Ils ne pensaient point que Tàme périt en se séparant du corps ; mais seulement qu'elle cesse les fonctions qu'elle remplissait, et qu'elle rentre dans le sein de l'âme universelle, dont elle est émanée. Telle est du moins Tinterprétation que nous croyons pouvoir adop* ter, et qui nous parait justifiée , si l'on considère , d'une part, que les Stoïciens distinguaient l'âme, de l'organisation qu'elle anime et vivifie; et de l'autre^ qu'ils considéraient l'âme comme une parcelle détachée de la Divinité ; et cette opinion est en particulier celle que professaient expresséii^nt Epictëte et Antonin.

.( 5? 3 , Qdoî qn'il «a loit , le* Staïcîeiu ont fvideaHaem ■DKanna que , même en i^puant de la noliftn du d»» voir toute peripeclive de peioe et do recûmpepte lu-tore, la croyaoce à, l'immortalité de l'ime coDierrerait encore l'alliaDce la plm intime «rec b moralie, Si cei vues leur ont ^cb^pé , .il faift l'attribuer lam doute i l'inÇuence d'usé doctrine qui tendait trop h éteindre les affectiooa et la lentibilité de l'fkme, k «(te ioflucDce qui leur a fait admtftre «jistî leur, eroelle doctrine sur lo tuicide.

(E) Si nous tommes presque dépowVus de document nriginanx sur les premiers Stoïciens ■ nous en sommet da moins amplement dédommagés par Cicéron , Se— nêque, Antonin, Ëpicléte, Plutarque, Simplicius, ArricB, Aulugplle. Le 6' iivre de la Préparation évatigélifjue d'Eusèbe eat enlièreraent consacré à la réfutation de la philosophie du Portique, Un fragment fort curieui sur les idées adoplées par les Stoïciens pour expliquer l'ancienne mythologie a été conservé pir Héraclide de Pont sous le trire de Âllegoria homericœ. ( Edit. Schoir. Tubingue, I7»9. )

Les modernes se sont Jt l'envi exercés sur une pbilosophie si digne en effet d'attirer l'attention des cen- Kurt , et qui a souvent besoin du secours des corn— mentalenn : Juste Lîpse , JUanuduclto ad sioîcam ^.,lîb. très (Anvers, 16x4) i^''- de Quevedo, Poc- (rûia«foJm(tam. III de ses oeuvres, Bmielles, 1671]; Hi. Gntackcr, Disc, in tfud doctrina stoïca cum *iiit , eie. (CKatotbérj , i65ï); / "- "-J-"-- 'tnd. M phil. ttoïc. ( LeipsicL , i-

Système de la philosophie Stoïcienne (en alfemand, Leîpsick, 1776 ) , etc. , etc. , ont embrassé le système entier de cette philosophie. Une foule d'autres eu ont traité les blanches particulières , et spécialement la morale : Stanlej a donné un tableau fidèle et déyeloppé de leur logique \^Hist. de la philosophie^ p; 534 à ^90). Forster a comparé la morale des Stoïciens à celle d'Epicure^ dans une dissertation latine ( Londres , 1758)^ Yojes aussi dans le recueil de l'Académie des Inscriptions, deux mémoires : l*un de M. de Burigny, fur Posidonins , tome XXIX , page 77 ; Tautreda )*abbé Seyin sur Pan9tiuS| tome X , p. 75.

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