‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie: considérés relativement aux principes des (volume 2)Chapitre 7 sur 20 · ICI · texte numérisé non relu

ICI

triae qui rapporte à Texpéneiice le fondeiuent des connaissances humaines, et qui donne i la réatilé des perceptions la garantie de l'évidence intuitive. Et si l'on remarque tjue cette doctrine est à peu prés celle d'Arîstote qu'elle a emprunté en eSeï ; à Aristote, elle principe qui fait nattre tontes les idées de la sensation , et celui qui conserve l'autorité de l'eipérience ; qu'elle a seulement ajouté à la pliilosophie do Stagjrite le complément qui lui manquait , en appelant l'évidence à servir de sanction pour la réalité et b certitude des connaissances , on sera étonné de voir se rencontrer tûnsi au terme de leur carrière toutes les grandes écoles qui se partageaient alors l'empire de la philosophie. Ainsi , chose singulière I après tant de longues et savantes investigations , les philosophes revinrent , par des routes diverses »

précisément aux deux principes qui avaient servi de pomt de départ à la raison humaine^ indiqués par la seule inspiration du bon sens.

Cette coïncidence , cet accord , survenus après de si longues et de si vives discussions , à la suite de tant le cours de six s DÛère avaient éi rapérieurs, cet i

( io4 )

ouvrages philosophiques des Grecs le célèbre conseil d'Horace : ^

Kocturndvcrsnie manu , vetsaie diumd (F)

(io5)

NOTES

Dtl SEIZIÈME CHAPITRE.

(A] Let variationi qui ont eu lieu dans le lein de l'Aud^nue depois Arceailas jusqu'à Antiochtis ont donné liea aux bistorieni de distinguer plusieurs Académies, Vairon, dans saintAugnslin , et Cicéron se bornent à en distinguer deux, l'une fondée par Platon , l'antre instituée par Arcésilai; Diogfene Laerce et qoe^nes antres en distiognent trois ; celle fondée par Platon, la moyenne instituée par Arcésilas, et la nouvelle par Caméade ; Notnénios dans Eusèbe les porte à daq, et donne Pbilon et Antiochils pour chefs aux inx dernières ; Sextus l'Empirique a adopté cette deniiëre dirisîon. Mais on démêle difficilement les tanctères précis qui séparent l'enseignement de Car» acade de celui d'Arcésilas ; nous savons tr^peu de dtote de Philon , et ce qne nous en savons paraît con—

( io6 )

nëade » conduisit cette ëcole au scepticisme , on plo-t6t à ridéalisme ; l'autre qui, sods Philon , mais bien plus encore sous Antiochus , la ramena à reconnaître l'autorité de Texpérience et la garantie de l'évidence intuitive. C'est k ces deux révolutions que nous faisons allusion , lorsque nous nous bornons à distinguer la moyenne et la nouvelle Académies. Il nous semblerait bien plus exact d*adopter cette division, lorsqu'on •e borne à distinguer les trois Académies.

(B) L'abbé Sallier , dans les mémoires de l'Acadé^ mie des Inscriptions et Belles-Lettres, a essayé d'établir que le fragment de Gcéroo dans lequel Lueullas expose la doctrine d^Andochna , n'eat pas , comme on, le suppose ordinairement» le 4* livre des Questions académiques , ou le a* de cenx qui nous restent. On a suWi ici l'opinion généralement reçoe , et que l'an^ logie des idées semble confirmer.

(G) Il faudrait se garder de conclure cependant en aucune zdaniëre de ces passages , que les Académictens eussent comme Platon ane doctrine ésotérique. Aucun témoignage positif n'autoriserait cette induction, et les nouvelles Académies nous sont trop bien coninqes par les écrits de Cicéron qui en avait étudié avec tant de soin les traditions , pour que nous poission» lenr attribuer des mystères dont il n'aurait pas soupçonné rfxistence.

Il ne faudrait pas conclure non plus de ces passages, que les nouvelles Académies eussent abdiqué leurs maximes sur les connai^nces humaînas dans l'ordca

( Ï07 ) des opinions qu'ils se r^rvaient d'adopter en propre. Leur système sar l'incertitude des peiceptious ^taik absolu et gênerai. Voici doDC , suivant nous, Comment on peat concilier ce qai au premier abord partit con— badictoire dans les rapprochemens que nous venons de faire. Les Académiciens employaient les argumens da scepticisme dans la critique de la doctrine des autres écoles ; ils réservaient la vraisemblance , lûais la vraisemblance seulement, pourladoclrioe à laquélleits s'arrêtaient eux— meules. lis faisaient précéder cette argufoentatioa sceptique , comme une- sorte de préparation qni devait conduire H adoptef Teurs opinions personnelles comme les plus probables, ou plutât S lesdô^ couvrir par une investigatiân indépendante. « Fàvorin ,

■ dit Calien , loue les Académiciens de ce qu'en sott^ • tenant tour à' tour les opinions coutraim , ils per—

■ mettaient à leurs disciples de choisir ce qui leur >• paraissait le plus cAnfïirme à Ta vérité. •

( De optimo doceitdi génère contra Favonnum. )

Gaathi^r de Sibert a insère dans leKecuril de l'Académie des Inscriptions un Mémoire sur les différence» qui existent entre les Académiques et les sceptiqoes. Hais il ne nous parait pas avoir déieïmi])é ces différences avec beaucoup de précision et de netteté. Qu'importe que les Académicieus reconntissent qu'il y

» immutatione verborum , dàm hujas defioidonei tt*-» » befactare valt, conatus est clarissimis rçbus tene- M bras obducere. Cujus prim^-fioa adakodiim pro- » bâta ratio, quanquam fLoruit cum acumine ingenii , » tam admirabilî quodam lepore diceadi , pFoximë à » laude solo retenta est ; post autem confecta à » Garneade qui quartus est ab Arcesila. Sed ipse » Carneades diii tenuit. Nam nonaginta vixit annos ; » et qui illum audierant , admodiim floraerunt. » ( Lucnllus dans Ciceron , Acad, Quœst, II , 6.

(E) Voici comment Aatiochus , dans Cicéroft , plique la génération des connaissances , par la bouche de Lucullus« « Quanto quasi artificio natura fabricata n esset primiim animal omne ; deindë bominem maxif- » me; quae vis esset in sensibus ; quemadmodùm prî- » mo visa nos pellerent ; deindë appetitio ab bis puisa >» se'queretur; tum'ut sensus ad res percipiendas inten- Té deremus. Mens enim ipsa quae sensuum fons est ^ M atque etîam ipse sensus est , naturalem vim babet , w quam intendit ad ea quibus movetur. Itaque alia H visa sic arripuit , ut bis etiam utatar ; aliqua recon- » dit, ë quibus memoria oritur. Caetera autem simili- . *» tudinibus constituit ; ex quibus efElciuntur notîliae M rerum , quas Graeci tum Byvaaa- tum wfoyji-^tT yo- , 1» cant. £t ciuu accessit ratio , argumentique conclu- » sio, rerumque innumerabilium multitudo, tum et M perceptio eorum omnium apparet , et eadem rati» » perfecta bis^ gradibuf, ad sapientiam pervenit. » {Acad, Quœst. 1 1 . lo. )

Ce passage nous parait extrêmement remarquable;

OB y trouve reunii , dans l'aperça le plus rapide , loui 1m germea de la pbiloiophie moderne inr la génératioa det cou naissances humaines ; on y voit la part active ([■e l'âme prend k «es perceptions, on est frappa de la profondeur de cette vue : Mens ïpsa tfuae sentuianjonsest. ■ Ad rerum igitur scîentiam, — reprend a Lncnllns, — vitaqoeconitantiamaptissîma ciim sit

■ mens homiais , amplectitnr maxime cognitiooem...

■ qnocirci et lensibns ulitur, et artes efficit, t/uaii

■ seiuus altéras; et nsqne eo philosopbiam ipsam

■ corroborât, ut virtutem efficiat, ex qui re unâ vita

■ omnis apta lit »,

Ailleurs il explique comment l'esprit obtient le degré de certitude dont le témoignage des sens est susceptible : ■ Ordiamur igitur à sensibus. Quorum ità

■ Clara judicia et certa sunt, ut si t^tio naturse

• Dostne delnr , et ab ei deua aliquis reqairat , coo-

■ tenta ne sit suis integris incorruplisque tensibns ,

■ an poslalet melius aliquid , non videatar qnid quae-

• rat unplius. Meo judicio ita eit maxima tn sensibus > veritas , si et sani sunt et valentes ; et omnia remo-

■ ventnr qux obstant et impediunt. Ilaque et lumen a SKpè mntare volnmUs,et sîtus earum rerum quai

■ intuemur; et intervalta , aut contrahimus, aut dido-

• cimns ; mnltaque facimni nsqiiee&, dnmaspectns

■ ipw fidem facîat sui judicii Potestne igitnr

a q[uisquani dicere, iuter eum qui doleat, et inter

t lia )

><^W» W WWW»»<»%<»»%X»%i( % ^< W I^^»|^%lV»»WWIt,t(WW»Wl

Page 1