‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie considérés ..., Volume 8Chapitre 20 sur 27 · IV · texte numérisé non relu

IV

388 nisT, COUP. DBS sr». wt PHifc

11 fait voir qUe le grand principe ûb la 4aaiâdenceétablipar ReinhoW n^apréciaémeatauGun

aes caractères quece phil««»plie jugeait .essentifels au principe universel et foBdaHieniaL(G).

Il montre qu'en adoptant «a principe eten suivant ges rigoureuses consétpaantes, on arriverait à des résultats fort difiërents .de >ceux auxquels on tendait , et que cette nouvelle phiteiophie ne nous offrirait que tes uppamtcés de nos.propres pensées, comme celle «ie Kantneaous Jaisseque les apparences de ia nature.

Pëndiant qu'il détruit ainsi le fondement sur kquél Reinholda voulu appuyer le criticiwae, jEnesidemus étend souvent ses observations sur le criticisme lui-même et sur les divers éléments qui le constituent; il avoue le mérite, de quel- ' ques-uns des pi?oblèmes soulevés par Kaftt ; il reconnaît les services qu'il peut avrarreaBdusàl'art de penser ; mais il rédame contre cette îK-oscription universelle à laquelle l'école deKant a voulu livrer les philosophes qui ne se sont ï»int unis à elle. Il montre à ces disciples empressés, qnife- "fusènt à tous leurs adversaires le droit d'avoir compris leur maître , il leur montre qu'ils B'«n ont éux-mêtnes guère mieux saisi le véritable esprit. Il établit, pout la censure géûérale du criticisme et de la philosophie élémentaire, deux principes qui ne peuvent, dit-il , être niés par aucun philosophe , pas même par les sceptiques: i" Il y a en nous certaines repr^senkitêms tpti se rfi*-

PHiM>SOraiE MOPERtjilii GHâP« XXYL 339^

tinffymtet s'(we0iknt pfft certiùm caractères ;> 2** labrique générale e^tV épreuve par l4tqudk. le vrai (bnt éirb recùnm (1)> U* établit aussi deuît questions, queles fondateuFà du oriticisme auraient dû^ avant tcmt, se pmpo$er> savoir : i^'Sila cormaiswnce de l'iOriUgine^ck n^s nprésmMAom ài priori ei à poster riori n'excède pas ' la pahÉe- de> ftos facultés ; ^ d la réfiesAon s^'les.aH& de la coi^eienee suffit pour nous\ dotmer^desymoHàmiseriaiBes^sur la matière et la forme denosrepi^éserU$tà9ns\ etsi un fai^{ comxùB la cooi- ^ciiàm^)pemtnouscondHiii^ à ce (fii est: placé au*delà^ de tmtéeoppériencR (là production des léléments de nos^idée8)(2)?

Le sceplièîsme d'iEnesidemms lut permet d'ao- Oorder fcRamt, comme un fait, qu'il y a dans les ConnaiSi^ûceS'btimaiQes certains principes synthéti" quês à priori qtîi en forment une partie essentielle (3) ; qnô la nécessité sur laquelle reposent ces pidôcîpes nfe peut êtare déduite des expériences et de^ l'accord qui règne entre elles. Mais il demande de quel droit Kant peut conclure de ce fait que les déterminations originelles de l'esprit toêmain scient le fondement et la source réelle de cèê juéfements synthétiques , conne^on qui cependant devient un des principaux articles de foi dn cri-

Ci) MneMemus^ p. 45.

(2) Ibid.y p. 57.

(3) Ibid.y p. i3l. Il faut avouer que c'est là ub seepliquo irèabénévoie et de facile composition.

ticisine. Il montre avec une habileté admÎFabië que cette conclusion ne peut avoir lieu sans présupposer tacitement le grand principe de la relation des effets aux causes, et la légitimité de Tapplication qui en est faite à la réalité des choses, suppositions qui sont directement contraires à la doctrine de Hume, qui sont désavouées, combattues par le criticisme lui-même. Poursuivant cette analyse , il développe toutes les contradictions dans lesquelles ce grand article de foi fait tomber le criticisme (1). Il oppose, avec la même justesse, cette maxime du kantisme qui nous refuse le droit d'obtenir aucune connaissance des êtres en eux-mêmes , à la prétention qu'il a cependant de savoir que certains êtres en eux-mêmes sont la cause de la matière de nos perceptions sensibles (2) , qu'ils existent hors de nous, qu'ils agissent sur nos sens. Il l'accuse ainsi de supposer gratuitement un fait que le scepticisme conteste dès l'abord , lorsque Kant se fonde sur l'existence de ces objets externes pour soutenir que les apparences sensibles ne sont point de simples illusions (3), Toutefois, le criticisme ne lui paraît pas plus heureux en prétendant non-seulement s'affranchir de l'idéalisme , mais encore le réfuter. La seule preuve , en effet, que

(1) ^nesidemus, p. 433, 180, 400.

(2) md., p. 294.

(3) Ilnd., p. 257.

donne Kant de l'existence réelle des objets externes , consiste en ce que nous ne pouvons avoir la conscience de nos propres changements dans le temps ^ sans avoir celle de C existence de quelque chose de perma-nent hors de nous. Mais Tidéalisme, reprend ^nesidemus , ne rejette point cette proposition ; il admet cette conscience de quelque chose de permanent au dehors ; il resterait à démontrer comment cette conscience nous autorise à conclure de nos perceptions V existence réelle des objets, démonstration que l'idéalisme regarde comme impossible et que Kant n'essaye même pas (1).

iEnesidemus, fidèle à l'esprit de son scepticisme particulier, s'élève surtout avec force contre la prétention principale du criticisme, d'avoir tracé et circonscrit à jamais les limites nécessaires des connaissances humaines. « Le criticisme, observet-il ingénieusement, repose en dernière analyse sur un fait. Lors même que toutes ses déductions seraient légitimes , il reste encore à savoir si ce fait a été tellement observé, approfondi par le criticisme, qu'on doive désespérer d'y découvrir jamais quelque chose de plus que ce qu'il y a vu. Mais on sait que nous ne pouvons jamais être assurés d'avoir démêlé dans un fait toutes les circonstances qui le composent , et que chaque jour , au contraire , une observation studieuse découvre de nouveaux éléments dans les faits

(1) jEnesidemuSy^, 267.

Kl2 mST. COMP. DES &YST. DE PHIL.

^'on croyait les mieux connns (H). Les discqpâes du criticisme auraient-ils donc le privilège 4'éxhapper à la loi commune de iiotTOaBtaTO(l)9 »

Le criticisïne, attaqué ainsi lôut à la finsdans souiensemble et daïtô sa baise par tes identes de Tauteur d'^nesidemus , eut pëuft-ôtre difiSeîlement résisté A cette épreuve, si une seconde révolution, opérée dans Técoie de Kant, ne fût vb* nue partager f attention ^t rmdre une nouvcie confiance aux amis des méthodes erit^ues^ en ks élevant à un nouveau degré de spéculation trâar scendantale. On annonça les ^^ouvertes de Fichte, et les kantiens, divisés entre eux «ur Timportance de ces découvertes vraies ou préten* dues, oublièrent le danger que cooradut leur corn* mune doctrine.

Ficfate ne refusa point à Reinhold le mérite d'avoir atteint un degré de plus dans cette édielle transcendantale que les nouveaux ksffitiens esca** ladaient à Ténvi; mais ce degré n'était point la dernier : fièinhold n'avait pomt atteint le son^ met (2). Sa théorie part d'une analyse 5 toute analyse suppose une synthèse antérieiire : on ne décompose que ce qui déjà se trouve assemblé. Toute synthèse suppose à son tour deux éléments opposés, au moins, qui la constituent, et qui reçoivent le nom de thèse et A^antithèse; c'est à ces deux éléments qu'il faut.arriver. Fichte les a

(j) jEnesidemus , p. 403.

(2) Introd. à la doctrine de la science , p. 6.

PHIUMOFHI£.JiO»EtliE. CfiAP. X%\L 343;

cherohéi^ les « «tXeims ; ç*qst le nm^ c'est le

Fi(âiteatfeniar<pié, avec JRnesi4emus, l^^contira^' dictioû méYitaJt>le dans laquelle le kantisme tomberait en afisurautd^uacôté que paus pe pouvons aimr aucune connaissance de Faction i'wsK être tel qu'a est en luî-mêçoiç et lioi:s de la ijphère de 1109 propre conceptions, en assnrant, cte Fautre^ que la matière de nos intuition^ est cependant r^et d'^trea qui e^u^çnt réçllemçnt hor$ dc^ nous. Mais il a conclu de cette remarque qv^ les kamtiens n-om pomt compris la véritable dûCtppe deleur nsaftre, lorsqu'ils lui ont attribué ces dem asaertiona; que l^mt es\ trop coqséquept pour avoir conûdéré led causes eitérieures de la çoatière de nos intuitions, autrement que c<wiiQede simpks pemée^t PQW leur avoir attribué une réeUe ol^tivité. Ainsi le kantisme, saisi dans son véri« taÛe esprit» n'est, aux yeu}^ de Fichtç, qu'un sysr tème de $u^}$çihUét ak90lm qui déduit tout du sujet pensant^ Si Kant ne Ta pas expressépient announ ce, c'est du moins sa penséei nécessaire, Fichte » ^d)Ussant sa théorie du UQUvel idéalisme , pe caroit donc point sortir du cercle dçs idées de Kant , qu'il considère conume la dernière iimite de rintcUigenee philosophique (1) ; il ne prétend être qu'un kantien plus conséquent, Kant , mal-

(i) Inlrod, à la doctrine de la science, p. 5. — Journal pUiloiêfiMf que^ année 1797 , premier cahier , p. 104, eic,

Zhh inST. COMI>. DES SïST. DE PHIL.

heureusement, n'a point sanctionné cette interprétation donnée à sa doctrine ; il l'a , au contraire, désavouée; il a assuré que Fichte ne l'avait pas exactement compris (1). Mais dû moins ce dernier a eu en sa faveur la grande prédiction de Jacobi , que le kantisme , en devenant conséquent, se convertirait en idéalisme, anéantiriait les objets pour ne conserver que le sujet pensant et sa puissance créatrice ; et Fichte luimême rend à Jacobi la justice qu'il a prévu sa découverte (2).

La science de l'homme et l'existence des choses sont comme deux grands territoires que la philosophie a tour à tour distingués , mais entre lesquels elle a voulu établir un commerce. Le scepticisme a creusé un abîme entre eux ; le dogmatisme a voulu élever un pont sur cet abtme ; mais comment s'y prendre ? Qui se placera sur ce rivage de l'existence, opposé à celui de la pensée, pour y prendre un point d'appui î Voilà, si je ne me trompe, le grand embarras des philosophes de tous les siècles.

Cet embarras , Fichte s'en est délivré par un moyen inattendu. « L'existence, dit-il, etla science sont identiques l'une à l'autre ; on a voulu toujours supposer l'existence comme antérieure à la

(1) La déclaration expresse de Kant suivit de près dans les journaux allemands ( Le Correspondant de Hambourg et la] Gazette universelle littéraire).

(2) Journal pMlosoph,y p. 7.

science; voilà Terreur : dans le moi^ dans celle source universelle de toute certitude, de tout être, vous allez trouver la solution du problème.

» Qu'est-ce que le moi? Comment faut-il le concevoir? Telle est la question qui se présente.

» La pensée , reprend Fichte , est une action , une action qui consiste à abstraire et à réfléchir» à retourner et à replier le regard de l'esprit (Weg-Sehen, undZurûck-Sehen). Détournez donc ce regard de toute autre chose , repliez-le au dedans , détournez-le encore de votre moi empirique et particulier , que l'action que vous exercez se replie sur cette action même : vous aurez pensé le moi pur, primitif et absolu. L'idée d'une pensée qui réagit ainsi sur elle-même, et l'idée du mot, équivalent l'une à l'autre. En agissant de la sorte, le moi se pose lui-même, et le moi , en effet, n'est autre chose que ce qui se pose soi-même; c'est la thèse qui sert de fondement à la synthèse {l). »

Mais quelle est la cause de cette action? Nouvelle question à résoudre.

«Cette action si importante, par laquelle le philosophe pur et transcendantal constitue sa science, est libre, absolument libre, spontanée. Il ne faut lui chercher aucun autre principe, puisqu'elle a son principe en elle-même (2). Cette oiiionomte

(i) Théorie de la menée, — Journal philosophique ^ neuvième cahier, 1795.

(2) Journal phil., cinquième volume, quatrième cahier.— Ztm'l0 ^nleitung in die WitsenscUfis Lehre, p. ^9.

cm autorité sur soi-même, que Kant a placée à la tête de sa raison pratique, devient aîn^ en même temps lefondemeBft de la raison pure ; die réimit les deux théories que KantavaitiîfetinguéeSi Tonte la science commence par un acte arbitraire. Cet acte pose le nwi, et ici commence Feîistenee du Tnoi. Il est créateur indépendant de Texistence, en même temps que de la science , et , comme il a anéanti tout le reste , 3 siège au se& de linfini conmie une sorte de <Kvinité(t). »

C'est cette identité primitive du moi Int^* gent et ivt moî existant , c'est ce double produit de l'action créatrice, que Fichte a exinrimés par la formule moi=moU qu'il a cru devoir expliquer eu justifier par cette autre formule A = A , à FaHe de plusieurs transformations, et qui devient ainsi le principe sur lequel repose la sdence.

11 faut cependant redescendre de ce trône sublime où le moi siège jusqu'à présent dans rabsolue indépendance ; il faut trouver un moya» de rentrer dans l'humaine nature et de revêtir de nouveau laccHidition de sa faiblesse : rien ne sera si facile. Détournez encore le regard de l'esprit de ce moi qui vient d'être créé, vous aurez le nonmoi; c'est le second acte créateur de l'existence et de la science. Vous aurez un second prindpe à l'aide de l'axiome : A n'est pas = A. Vous aurez établi Y antithèse, second terme nécessaire à la syn-' thèse; vous aurçz la double réalité. Avec cette opposition, vous aurez X esprit et Y univers ^ la néce^

sHé et la liberté, Y être mbsolu et Vêlare linàié; vous aurez tontes les oppositions possibles, la nature et rintelUgence ; tous les êtres seront devenus des produits de Tactivité dePesprit, et le système de f ichte se déploiera devant vous avec tout }*a{^dreil d*une logique rigoureuse (J).

Spb^lU^g , abandonnant d'abord la recherche d«[ grand principe wâv^sel^ fondamental, pour r^espiator «irec Fichte au premier acte de Veêprit, à ce premier acte tout ensemble parfaitement libre et tout ^ puissaiM; créateur , a donné Ufi nouveau développement au système de VUléa* Hnofi tmw^dantal{K)^

Cependant Scbelling a bientôt compris que Fidé^isme transcendantal était appelé h de plus iKa^Ues destinées; il s'est hâté de Ten faire jouir; il is'est affranchi de cette espèce d'égard ou de tolérance que Fichte avait conservée pour le seM G>mmun (Gemein BewwUegu ) , en laissant subsister lie monde sous ses yeux, comme une sorte de donn^* Il s'est affranchi de toute espèce de secours qui sçrait emprunté de V empirisme; il n'a pas même consenti à lui accorder la moindre fonction introductive en philosophie. Il s'est élevé à V absolu primitif; il a fait abstraction du sujet pensant, comme de la chose pensée; il a réfléchi sur cette abstraction , et a cru penser lui-même pendant qu'il agissait de la sorte (1). Il s'est

(1) ZeiUchrift fiir spéculative Physik, t. Il, sect. i, § 1. — Tr«iiseendental ideaîismus.

34a HIST. COMP. DES SYST. DE PHIL.

établi dans une entière indifférence pour ce subjectif et cet objectif qui avaient tant agité Fécole kantienne ; il a donné le nom de raison absolue à cette indifférence (1). Arrivé enfin à un degré d'abstraction tout à fait nouveau, il a pu étendre de là un regard bien plus vaste sur la science ; il a su apercevoir, rapprocher des choses que Fichte, plus arrêté aux développements de détail, n'avait pu embrasser; il a vu une foule de choses merveilleuses.

il a vu que la philosophie , en général , n'est autre chose que la libre imitation , la libre répétition d'une série originelle d'actions dans laquelle se déploie un acte de la conscience ; que le talent philosophique ne consiste pas seulement à pouvoir répéter librement cette série, mais surtout à pouvoir, même au milieu de cette libre répétition, obtenir la conscience de la nécessité primitive de ces actions (2); que le problème de la philosophie théorique est d'expliquer comment Vactivité idéale illimitée^ admise dans le moi^ peut de-* venir limitée ; que la plus haute idée de la philosophie est l'identité absolue de la pensée et de V étendue, de l'idéal et du réel (3).

(1) «J'appelle ration^ M absolue raison, ou k raitan en tant qu^elle est connue comme la totale indififérence à Tobjectif et au subjectif. » ( Zeitschrift fur specul Physik., t. U , sect. % )

(2) System des transcend, idealismus , p. 96 , 97.

(3) Ibid., p. 99 , etc.

« Il a VU deux sciences générales isolas jusqu'alors, la philosophie de la nature et la philosophie transcendantale, quoique partant de points opposés, se chercher, se rencontrer, se pénétrer, s'identifier. Il a vu Yidéalisme et le maiérialisme se pénétrer réciproquement de la même manière , le subjectif ^t V objectif n'ayoir plus qu'une différence relative entre eux ; Ja matière n'a plus été, à ses yeux, qu'une intelligence qui s'obscurcit; l'intelligence, qu'une matière qui s' éclaire (L).

» Il a vu le moi se montrer d'abord conmie quelque those d'infini , comme un non-être qui n'a que des propriétés négatives, se poser ensuite :une limite à lui-même par un acte tout ensemble absolument libre et absolument nécessaire (i); la sensation résulter de ce que le moi s'envisage lui-même comme limité (M).

» Il a vu la conscience produite par le combat <ies deux activités opposées dans leur direction, l'une excentrique , l'autre concentrique ; l'une idéale, l'autre réelle; toutes deux, d'ailleurs, également infinies, renfermant une infinité d'actions. Il a assisté à toutes les circonstances de ce icombat , les a décrites ; au moment où ces deux forces contraires semblaient prêtes à s'anéantir réciproquement , il les a vues soustraites subitement à ce danger par une troisième activité

(1) System des transcend. idealismus) p. 93.

^50 nisT. coMP. ws STST. m phil.

moyenne qui parvient à prolonger l/d cfiigb^i en identifiant les combattant» (1).

» Il a vu rhistoire sons un aspect qui, josqu^à lui, ne s'était pas ofiert encore aux philosoptiea : elle s'est présentée à ses yeux comme ndôe d'une progressivité infinie , comme la réalisation eonêêeam <Pun certain idéal éans un genre entier iTéire^ {%). Kllë s'approche continuellement de son idéal', naids le moment où elle l'atteint ne peut être démon*» tré par l'expérience, ni par la théorie ; c'est seu«* leofênt un article de fin de la croyance de 1^ homme agissant. L'histoire passée n'est qu'une apparence, comme V individualité de la conscience sur Ifiqvielle eUe repose ; l'histoire pourrait également bi^a partir du présent, pour y puiser la connaissance du passé. Toute histoire universelle qui serait ea même temps pragmatique , c'est-à-dire qui animait un but ^emjArique, impliquerait contra4icl;îon.

» Dans cette histoire universelle des êtres, Schelling a démêlé trois grandes époques ; la première appartient au hasard; la seconde est le règne de la nêÊture; la troisième sera celle de l'existence de Dieu. Car Dieu n'existe point encore^ il ne peut même exister tant que nos individus existent; cependant il se manifeste , mais comme se préparant à exister. La nature est une sorte de Di-

(i) System des transcenda ideaîismuê^ p. 97 et suiv. (2) Ibid., p. 417.

PHIL06<H>HIE MODERNE. GHAP. £KVI. 851

vinité en germe (i)» Quand viendra cette époque où Dieu«era;? C'est ce qae fichte, HialhetireuaemetAf n'a pu voir^et n'a po bo«& prédire (N).

» U a vu la nature se ^oAuisant eHe-même ; il a idiwché soti ^absùiu productif (0); il a déoemveM ^ue cirt absolu ne peut être atteint m par Tantalyse ni par J'«Kpérience^ «aie q«e c'est ud posiulca exigé diiphfloso(Àe. La nature s'ek présentée à lui^ommei'activitédu moi privée deconadeoce, tendante 4tn iirfaiidéveioppement, reposant mr des actions ^impies et non sur des prodmts , actions qui cependant ne peuvent être connues comme ^xistanïtes (2). Il a coœttemplé le comhat que la nature livre à tout ce qui est individuel (S); il a compris fpi'ea demntmt un produk qm s'engendre lui-même^ <elk esta la léis V Infini du linàêé et h, limite de Cm- ^i.he magnétisme est devenu^ à ses yeux, la ca^ iégarie réelle 4e la physique, le constructeur général de la longueur ou de la première dimensicm de ia matière (4) ; il le déduit, ea même temps que cette dimensicm , de V absolue objectivité; le ^aivë^ nimie^ V oxygène , la force vitale de Brown, se construisent à la suite en vertu du même prin- <ipe(5),»

(1) ^iUm des transoend. ideaîimus, p. 441.

(2) Natur-Wissenschaft , p. 29.

(3) Ibid., p. 72.

(4) System des transe, idéal., p. 179.

(5) Naluf'^Wissenschaft , p. 236.

352 HIST. COMP. DES SYST. OË ttlIL.

Enfin, «la nature étant la conscience de ce qui est privé de conscience , F intelligence étant la conscience de ce qui est accompagné de consciences , la conscience générale de cequi est, ou non, répétépar ce même acte,aembrassé,pourSchelling,loutcequiexiste; elle a constitué la raison absolue. L'égale et absolue réalité de la nature comme intelligence et de l'intelligence comme nature, démontrée sous tous les rapports , Ta conduit à ce dernier terme de touteslescompén^^r^tion^ nées de tous les contrastes, qui forme proprement le caractère essentiel du système de V absolue identité (l).

Ce moi primitif et infini, source de toute réalité comme de toute science; cette liberté entière dont il est doué ; cette puissance productive par laquelle il se crée lui-même et crée ensuite toute la nature; cette région nouvelle, découverte en deçà du sens ordinaire des honmies, voilà de quoi satisfaire , sinon une raison sévère et prudente, au moins une imagination énergique. Et qui ne sait que les systèmes sont destinés aussi souvent, pour le moins, aux besoins de Timagination , qu'à ceux de la raison! On peut donc s'expliquer comment les systèmes de Fichte et de Schelling ont pu exciter l'enthousiasme d'une jeunesse ardente et laborieuse. L'extrême sévérité des formes qu'ils ont adoptées, l'aridité même

(1) Zeitschrift fur die spéculative Physik, t. Il , sect. 2.

de leurs expositions , sont venues heureusement déguiser à l'imagination la part qu'elle prenait à cet ouvrage ; et cette poésie , exprimée dans le langage des plus hautes abstractions, a pu être prise pour une science.

Cette absolue réalisation que Fichte et Schelling exécutent si rapidement par la toute-puissance de Pacte éminemment libre , est le terme auquel Bouterweck paraît tendre , dans son Apodictique , par une voie démonstrative. » Il s'est proposé, dit-il, de fonder la philosophie formelle de Kant sur un réalisme qui en est indépendant; il croit avoir découvert, à cet effet, un fondement absolu différent de celui qui est admis par l'idéalisme transcendantal : ce fondement est V absolue virtualité. »

Le développement de ce nouveau système se compose de trois parties successives qui conduisent l'une à l'autre : Vapodictique , la logique transcendantale et la réalité pratique.

La première s'attache aux simples formes de la pensée, vide , dépouillée de toute existence et de toute réalité ; elle repose sur cette proposition : je pensey dételle manière cependant qu'elle ne soit conçue que comme composée de deux termes, et queTexistenceen soit exclue; qu'elle n'équivaille donc point à celle-ci : je suis pensant.

La seconde tend à convertir cette simple pensée en science proprement dite : ici va commencer la région de la réalité. Bouterweck observe avec sens que Vêlre ou la réalité est quelque chose

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