II
Pères de P^tse, loin de confirmer une accusadon qni semblait fàvonible i leur cause, renden^ la même justice aux philosophes' de l'antiquité, Arnobe etLactance, en particulier^ font Papolo^ ^e de la croyance religieuse d^vehemère.L'ablo Jovin, qui a discuté avec sagacité l'histoire de ce Cjrénaîque et les opinions qu'on lui attribue, conclut en le justifiant (i).
, Bion s'était d'abord attaché aux Cyniques ; il suivit ensuite Théodore , et perdit auprès de hS un peu de cette Apreté et de cette rudesse qui avaient signalé ses premiers mattres. Il se livra aux exercices de la dialectique. Nous n'avons de lui que quelques sentences morales qui ne sont point sans mérite.
L'école Cynique vînt se fondre dans le Portique ; l'école de Cyrène dans celle d'EfMcurc. EHes prirent Pnne et l'autre^ dans ce passage , une forme nouvelle , plus complète et sartont mieux connue.
L'école d'EIis, qui a reçu aussi le uom dïrétriaquei a été encore plus négligée par I<5 historiens que les deux précédentes; nous manquons de monumens qui nous fassent con-
(i) Mémoires de l'Académie des loKriptionSt ^^^ VIII, page 107.
( 195 ) Bâltre m doctrine et qui nous aident ^combler cette leemie. Ph«don uveit laissé trois dialogues <\m sont perdus; Ménédème, son successeur» <|m 9 du nom de sa patrie , donna à cette école le titre d'Erëtriaque, ayait fréquente les écoles (]e Phton , de Carène et de Mégare ; il ne fut point aatis&it des doctrines qui y étaient enseignées, surtout dans les deux premières. Diogène Laëree répète , d'après Antigonc Carystius qui âTaît écrit sa rie^ qu'on ne peut juger avec certitude ses opinions ^ parce qu'il ne les anit point rassemblées par écrit. « Il rejetait cette méthode des Sophistes »' qui ' consiste à {>rocéder par Toie de coutradiction ; il n'adoptait que la démonstration directe; if s'attachait à fonder ses preuves sur des propositions simples, signalant le Aainger des propositions complaes , et cherchant sans doute à les analyser pour les établir (i). 1»
Goéronnous dit que la maiime fondamentale ^e cette école consistait à dirb crue ce le vrai bien s son n^e dans l'âme et dépend de la force du caractère, p Tout ce que noùssavoàsde la vie et <}es tDOBors de ces philosophes est extrêmement
^»*^^^>— — — y>>i| ^■►•^^■yy
(t) Lit. %f s ^^ ^ ^^'
honorable pour leur mémotre ; ' on y reconnaît
la pnreté, la noblesse ^ le déaintéressement 9 la
tempérance 9 au sein de la ricbes$e. Cest qu'ils
s*écartèreQt moins que les autres de Tenieigne-
ment de Socra^e. Cette circonstance contribue
sans doute à l'espèce d'oubli auquel Jqs ontcon-
daoïii^ des historiens plus empressés à recueil-
lir les choses nouvelles et singulières ^ qu a tenir
compte des travaux modestes , mais utiles ^ et
plus avides d'exciter la curiosité des lecteurs
qu'à satisfaire l'intérétdes amis de rhumsuité. U
en est des chroniques de la philosophie coi^iue de
toutes les fiut r^s ; elles saisissent de préi&rence les
sommités , et ^souvent ces sommités ne. n^^'^^
que des perturbations. Bans l'ordre moral et
intellectuel^ comme dans l'ordre poliùqQ^i '^^
causes bienfaisantes agissent inaperçues, pai^^
que leur influence est générale , douce ^ parce
qu'elles ne sortent point de l'iiarmonie accou-
. tumée. Elles opèrent comme la nature; et leurs
ri *
, effets sont d'autant moins frappans, quils »uJ"
vent un cours plu^ régulier.
. MpiAs avons, sur l'école de Mégare^dj^doQDe^'
un peu plus a^on^^nles ; mais nous noijis étonnons de voir qu'on se soit borné à décrire « "' instrumens dont elle faisait usage ^ sans songer k exposer la doctrine ppur le service de la-
qaelle elle les employait. Plasienrs rapproche- * foens dooDenflieu à supposer qu'elle était , eu l«rde ' du motus , empruntée aux Eléatiiiues; n riea n'est plus naturel, puisque Euplide, fondateur de cette école , s'était instruit dans les écrits de Parménide , avait imité la dialecliqne de Zenon. 11 fréquenta ensuite Socrate , cl 9 pénétré de yénération pour son caractère , ) e£R>rca de le prendre pour modèle y mais sans abandonner entièrement les maiimes qu'il ayait déjà adoptées. Lorsqu'on remarque que l'école de Mégare , en donnant cours à son pendianl pour la controverse , ne s'éleva point contre Platon^ mais combattit plus tard avec ardeor les opinions d'Aristote et de Zenon de Gttiiim^ on est fondé k croire qu'elle repoussait l'aoïorité de l'expérience et le témoignage des sens. Aussi j tonte sa logique repose-t-elle sur Tartifice des mots. La maxime fondamentale <]ue Cioéron attribue à Euclide ^ LfC bien est seulement dans ce qui est un^ et semblable ^ et U mime y et toujours (i)^ respire tout enseml>le Tesprit des doctrines Eléatique et Plato-* nique. Euclide abandonna la méthode Socratique, en rejetant les i*aisonnemens fondés sur les
(0 Luc\, 4,
(>98) comparaisons et les exemples : a Si ces etempks, D disait-il, soni tires de choses sembkblee, il » yaut mieux lirer la preuve de leur nature j^ commutiei s'ils sont tirés de choses difie* » rentes^ ils ne sont pas condnans* H H revint aussi aux procédés des Sophistes^ en attaquent les opinions de ses adversaires » par les con* sé<{uences qu'il en faisait ressortir^ au lieu de chercher a détruire les fondemens sur lesquels elles reposaient*
Eubulide, son successeur, est l'inventeur des sept célèbres sophismes qu'on explique encore aujourd'hui dans nos écoles, et malgré VioÈrporumce qu'on a bien voulu atuoher à eetts découverte , elle ne lui apporte pas une grande gloire* Nous laisserons ces sophismes dans les livres clasâques où on n'a pas dédaigné de lee conserver (B) ; nous nous bornerons à remarquer que cet art si vanté de l'école de M^re ne tendait à rien moins qu'à recommencer ces abus du raisonnement contre lesquels Socrate s'était tant élevé, qu'à faire i^enattre la mâme maladie de l'esprit humain que Socrate s'était efforcé de guérir.
Stilpon acquit dans cet art puéril une grande célébrité ; mab , voici une chose fort étonnante r ce même dialecticien rejeta tout emploi des idées
f^énëralei , emploi qui cependaiit fait là matière ordiodre de là dialecdque; peut-être avait-il compris dans la dialectique , comme l'a ensuite enteodo Aristote, Fart de déduire par Fin*» docûoD les priudpes probables qui naissent de l'expérience usuelle. Dans la critique des oodoos générales^ il se rencontrait avec To* pimOD qu'avait embrassée Antîstbénes* a It
V niait » dit Plutarque , qu'en pût affirmer le B général du particulier, et qu'on pût dire, B par exemple, que l'Aomm^ est un animal f
V car , autrement, on ne pourrait dire que le » cbeval est un animal , ou bien il laudrail » siErmer que le cbeval est un homme (i)^ ' Il rqetait toutes les espèces , dit Dîogène c Leërce, et il prétendait qu'un homme en gé- I' oëral n'exprime aucun hommey car, cette dé;* t nomination ne déûgne ni tel homme ni tel b antre. Pourquoi désignerait-elle l'un plutdt B que l'antre? (a) i> Cependant cette proposition bizarre ne doit pas être prise peut-être dana 'cote sa rigueur. U est possible que Stilpon voulût ieolenient censurer l'abus que l'on commen-
■ ■ I ■ ■ ■ ■■ ■ ■ ■ t m ■■ ^ 11 I II I ■
(i) Platarqne y aifCoib/cm. Il est remarquable que f^lotarqoe prétend jostifier cette ophnen contre Colotts^ ^i ravait réfutée.
(i) Lhr. Il, Sai4,ai5.
( aoo )
çait à faire des notions abstraites ; il est surtout vrabemblable qu'il voulait seulement &ire entendre que ces notions n'ont aucune réalité positive; que y dans le fait donné par rexpérience, on ne peut affirmer d'un sujet que l'attribut qui lui est inhérent et propre; que souvent l'expression générique désigne une qualité différente suivant le sujet auquel elle s'applique; et n'estce pas ce que Plutarque semble indiquer, lorsqu'il ajoute cet exemple : « On donne le nom y> de bon à un aliment^ à un remède^ comme » on le donne à l'homme ; un ne peut donc y> considérer ces deux termes V homme et bon , D comme exprimant une même chose?» Don l'on pourrait conclure que Stilpon voulait signaler l'abus auquel donnent lieu les termes généraux , par le vague de leur acception , par la fadlité avec laquelle ils se prêtent à recevoir des valeurs diverses. Dans tous les cas, la brusque attaque de Stilpon eutcertainement le rare avantage d'attirer l'attention sur Tune des questions les plus importantes et les piiis difficiles de I philosophie, celles du légitime emploi des vérités générales; question que jusqu'alors on n avait guère songé à examiner, et qui aujourd um encore n'est pas à beaucoup près résolue. j> faut remarquer au reste que , suivant Diogeu^'