CHAPITRE XllL
Épicure.
SOMMAIRE
CoiiÎLATioii de Técole d*Epicare , du Pyrrhonisme , de lasecooile Académie, du Portique, considérés dans leur ongiae ; ordre à suirre dans le tableau de ces écoles.
Jagemens opposés dont Épicure a été Tobjet; causes de t'cUe opposition. — Circonstances qui ont déterminé la di~ vïction de ses idées : carrière qui s*offrait à lui après Platon et Aristote. — Disposition générale des esprits. — Dispositions particulières à Epicure; caractère dominant de sa docbine.
La morale est le but principal d^Épicure. — Il la fonde rar la volupté ; — Ce qu*il entend par la Tolupté. — De la Tcrta; do librç arbitre. — Jouissances morales. — Contradictions d*Épi€ure. — Enomération des vertus ; préceptes de U morale. — De la piété \ espèce de mysticiime religieox { — nouTcUes contradictions; motifs qu*il prête au reproche d'impiété. >* Argumens contre Timmortalité de Tâme. — De U jostieeet du droit naturel. — De la bienvoillance. — Vie et caractère d'Epicure.
Lia psycologie. — L'Ame matérielle. — Les sens; hypothi se sur la manière dont ils perçoivimt les ob)ets. — L'intcUigmce ; s^s facultés ; simulacres dont elle forme ses idées. -* Des appétits.
Sa logî<pi« f but qu*àl lui attire : Deux sorte* d« Térîlcs
Venté d» choies. Cmums on réglés qui se rapportent aui perceptions des sens : — ^*' canon ; — a* canon ; — « 3' canon; — 4* canon. — A Pezercicode TinteUigcnce : i*' canon j — 1* canon $ ^ 3* canon ; — - 4* canon. — - Aux appétits : 4 canons.
Vérité dp langage ; origine du langage. — - Deux canons rdatifs à son emploi.
Théologie et physique d*]^iqirf. — En qui elles se lient Tune à Tautre. »- Système des atomes. — La divinité exclue du gouTemement de l'univers, r- Preuves de Teiistcnrc de la divinité. — Notions grossière* et vagues ; nouvelles con* traidictiMis.
Considérations générales sur la doctrine d'Êpicure. — Fa- «estes eficts de son influence morale; — Comment elle tendtit à se corompre; — imperfections de sa physique. — EnqH<>* elle contribue cependant au progrès des cpnnaissancei.
I)isçiples.d*£piçarei lynui^^wf JvadusÀaa^niéaoifO.
A. W wUa do €0ntraai0 impCMam que nous dSrantvAristote et Haton^ s'oqvre une scène nouvelle sur le théâtror de la philasapbi^f. icèoe |;il|is. ViRme:^ maia qui , si elle a ndoins de grandeur, n'inspire pas un moindre intérêt , n'ofire pBf une moindre imporlanee. Quatre écoles apparaissent à la fois : le Portique., les Epicuriens, les Sceptiques et la nouvelle Acadéone; ia
|)remîère occupe le oenlFe de cette scène ^ luite ^eule coDlre les \xiM attires , les43QO)bet » èi eti est attaquée sur des fM>ials dîfférena, ams leur résiste à-Ia-fois dans une grande et piiacîfMfe intention : celle de maintenir à-la-^foîs^ et l'unci fèr Tauire y l'autorité de la raison et la dignilii (le la morale.
Ces quatre école» sont contemporaines, leur Daîssance se rapporte à-tpeu-firès à la même êcule ; renseignement de Zenon de GlfeMim tparatt avoir |>récédé seulement de quelques aAnées. Toutefois, pour conserver à oe tii^lèau l'ensemble qui en doit Êiire Tinstruatioû eesenttellei il nous parait plus convenable de faire précéder lexposilion de la doctrine du Portique par r^Ue des systèmes d'Epiciire et de Pyrrlion. On comprend mieux les Stoïciens après aroir co»sidéré ces deux sortes d'adversaires ; les opt-* uioQS d'Epicurc, de Pjr riions se réunissent pour définir cette disposition géaérale des etprks qui benantfestâit vers le einquièiae siècle de la fbiidation de Rome ^ apf ès que la Grèee eut perdd sa gloire et sa liberté , disposition à laquelle Z^ non et les Stoïciens s'efforçaient d'apporter un remède I et cette espèce de découragement de Tesprit et du cceur auquel ils opposaieitt leufa I nergiqoes maxiilses.
D^aîileiirs^ rEpicuréîsaie el le Scepticisme (]r Pyrrbon avaient leur cause pnncipale dans I«; caractèrâ des doclrines antécédentes. Le Stoïcisme^ quoiqu'il eût ses racines propres^ dut surtout son développement et son énergie à la résistance qu'il s'efforça d'opposer à l'action des deux écoles précédentes. Aussi ne fut-i! entièremeiit constitué que d'une manière successive; Zenon en avait posé les fondemens ; Chrysippe Ici donna un nouveau développement et une forme ]ilus complète. La seconde et la troisième Académies^ à leur tour, consistèrent dans une sorte de critique de Zenon et de Chrysippe , s'attacbèrent au Stoïcisme^ le prirent en quelque sorte pour point de mire. Enfin ^ les Stoïciens et les nouveaux Académiciens finissent par occuper principalement le théâtre de l'histoire philosophique au moment oii la philosophie se transporte de la Grèce à Rome. Ainsi ^ l'ordre que nous nou^ proposons de suivre en traitant de ces quatre écoles^ a encore l'avantage de mieux faire re^ sortir l'enchaînement réel des Êiits, et de oiieux préparer à la période qui doit suivre.
Il n'est pas un philosophe qui ait été l'objet de pigemensplus opposés qu'Epicure, quiaitéprouvé au naéme degré l'exagération des éloges et celle des censures. Ce n'est pas seulement parce qnt
le oirâolère dominant de ta doctriae , Itl qn^iba été génëralement cooçUy était en effet de natore^à |iaitager les esprits sur les questions qui touchent le plus essentielienient aux intérêts des passioaa et k ceux de la moralité; c'est aussi parce que cette doctrine, étudiée avec attention^ offre réellement deux fiices diverses, ou plutôt renferme réellement deux élémens contraires , et se prête ainsi à deux modes d'interprétations ; c'est encore parce qu^ l'école qu'il fonda ne demeura . point fidèle et ccmséquente à dlemême; que les exemples et les maximes du mettre furent, dans la suite, en partie abandonnés par les disciples , et qu^ainsi elle s'est présentée tons des couleurs fort différentes à ceux qui n'ont point su distinguer les époques. Efucure a du moins joui, dans les temps modernes, d'un avantage que n'ont point obtenu les autres philosophes de l'antiquité, et qui permet à notre âécle de le juger avec impartialité; il a trouvé dans Gassendi un critique ausû infiitigable que judicieux , qui , s'il l'a considéré lui* même avec les préventions les plus Ëivorables , a réuni les élémens épars de sa doctrine en un Mul corps si fidèlement recomposé, que le témoin gnsge des faiu est désormais hors de toute con* troverae , et ({ue chacun de nous est admis à
firttittotoccr «ans jèteocoblr^mt ide iromotilar »u\ 'fionrOM ^ !et j|e baléocer ks lUaoMÎgna^ (A).
Trois ffinoonéUBices priocîpRles bous parais- 'MM espbqaer èommeiic Epieare fisc oanikik à înstîtiMr ia aoBveau syotèœe, et la cKreeiîoa ^'il 5mi2Jt doms -cette crëalion.
jVoos trottvooB la .preimèce dans le cemctéro
des éooleft qisii se parUgeoîeiit alors l'empire îie
.k'pbîlûsopbîe. Il étaic, ea ^t^^ ides esprits but
disfioBÎiioiis ou aux besoins desqaels l'Acadénjic
^'fe Lycée oie poaTaBeDtsatisfairejeft^ «i oe n'é-
iaieetpas les efepiits les plus dtsttngQés, c'était
^inioiBS ie plus grand nondirc. La doctrine
- Hefteoi'avait quelque diose de 'trop exalté^ oeli
'idPArîsioté était (rôp savante, pour convenir ai
«fMkj^daas'iiiiecootrée^ à «u^ époque où Pétudt;
. de*]apliîk>soplne était deveuue générale , 4irù In
•euriosîtj ettifrait «autour de ceux qui rensei-
gnaieRtnn i|onoours d'hommesde toutes Jescou-
diliona mde tousiesâges. Il fallait^ poursuivre
Plalondàus les plus liau tes régions de la Gonseoi'
plation spéculative 9 un degré d'entliouttasnie
moral qui n^eil pas oommun eliez les liamines «
et qui d^liHeur8 est sujet par sa nature mènic*
n urètre pas toujours durable ; les théories dr
Platon ne pouvaient d'ailleurs subir sans daufçer
Tépreuve d'une raison froide et sévère. 11 blbit.
mV
•ur suivre Arîstote ilaus le cerde iioaieiiee dé s nomenclatures j une ardeur îa&tigahkt à$ oîr, une grande étendue de connaiieaooe» ; )!»Itlves^ une rare sagacité^ une Ipi^te hiJbi** !jile des distinctions et des définitions les .plus i)>iraiies. L'Académie n'ouvrait point sùn s«ie* ' ].iire aux âmes vulgaires; le Lycée no pouvait Jaaettre que les érudits. Ceux qui se Voyaient .'^ poussés de l'une et de l'autre^ ou |)]|Aldt ce«t û n'avoicot pas le courage de s'y introduire, vocjnaient donc un philosophe qui leur don* I -t le moyen de s'instruire h moins de frais ^ :ul exigeât un np viciât nouoins long et des coa-» 'lions moins.Tigpureuses. Epîeure le éentiti tTrit à eux avec une doctrioé plus facile^ plot mmode, n'exigeant que le bon sens ordlnairei :^ poursuivant que le bonheur.
Nous trouvons la seconde circoBstanee dans s mœurs qui prédominaient alors; car» Epi^ re fut comme les Sophistes , niais sons autres rapports^ l'expression elle résullat de n siècle. La Grèce , depuis que $es djestins '(aieQt réglés dans les conseils des roi# de Ma*c«ioine, jouissait de cette espèce de cakne qui compagne la perle de l'indépeudonoe, nais ^ connaissait plus ces grands intérêts qui mHp^ rucntent les sentimens publics > le goAi des pUit
( 4io ) •
ftirs sivait rempbicc le^ Illusions de la gloire. !Nor. •euleôneot elles étaient désoriuais sans but, co passions généreuses qui long- temps avaient en flammé tescoéurs; mais , il ne restait même aucun théâtre ouvert à ces luttes de Vambîtion qui , dr temps des Sophistes^ agitaient (encore les âme» Le découragement général avait répandu daiiles moeurs une mollesse jusqu'alors inconrHit>. Lie dévouement était sans objet, les sac^ific('.^ sans récompense, Tavenir sans perspective; ebacun se repliait sur lui-même et cherchait I.t satisfaction dans le présent. Les lumières étaieu universellement répandues , mais on voulait le> posséder sans fatigue ^trouver en elles unrepoélégant , plus qu'une carrière de succès qui eu' été achetée par les efforts du travail. Epicure !• comprit et vint offrir une philosophie aima! I« et douce, exempte ou piîvée de tout georr d'illusions f ' propre à justifier et à orner torf ensemble le repos voluptueux qui semblait èvj le seul bien auquel il fut permis d^aspirer.
La troisième circonstance est propre à hpt cure lui-même, et nous la trouvons dans IVlot gnrment prononcé qu'il montra pour tous ! • eiercices littéraires, pour tout ce qui est d domaine de Fimagination ; elle allait jusqu'à li: faire repousser et prosoiire en quelque sorte I
( 4ii )
cuUurc de la i>oëne et de l'artoratoire. En nou» reportant aux eonâdératioDS qoe nous - avons precédemmeDt exposées sur la part qa'eorent la poësie et Féloquence dam les créations phi^ losophiques des Grecs^ on eomprend que, si Epicure fut garanti des écarts brillans auxquels les prédécesseurs avaient été souvent entrataés i il fut privé aussi des inspirations, fécondes que œox^-ci avaient reçues sous tant de formes di« verses (B). Elle ne lui apparaissait plus ^ cette image antique et majestueuse d'Homère que DOtis avons vu pr&ider jusqu'à ce jour dans toutes les écoles philosophiques , que Socràte Im-méme évoquait si souvent dans ses entre-* liens, que Platon faisait revivre dans une nou^ yàÏQ sphère de conceptions , qu'Aristoie aussi reproduisait dans tous ses écritt» comme le type aiiégorique et primitif de la science à son berceau. Elles ne s'offraient point à sa pensée , ces formes sublimes empruntées aux souvenirs des temps héroïques ; elles ne soulevaient point sou imcy ces émotions puissantes qu'avaient excitées les discours véhémens des orateurs de la liberté* Toutenlui était froid, inanimé^ il semblait des* abusé des jouissances de l'esprit comme de celles •i(^ affections . De là vient que, même en pro- •^Ijinant une doctrine qui rapporte tout au bon-
( '^AJi )
heur iadi>^ti«l^ «I 4ëlDeure ooôftlaiBttieoi aride, dépourvu defirôcee; la volupté qu'îi procienic eu siMis-f^arnes^kce n'est ipoînt cette i^ poivre, c'^tt celJe qoi naft êû l^iaspassibilîté ; par cette nisoB ausai^ oe sW pas «eHe qui oonrocspt , c'eai celle qui tprocore >la tranquillité k plu> parfidte. Il redoute toute élévation de eentimeos ou d'idées , parce qn'dle suppose l'éuergie d .' l'àme ou de la raison. U cherciie une nagessc qui éloigne le doute, parce que le doute auasi esc unprincîpe d'inquiétude; qui baniûese la snperatitiouy parée qu'elle est une souœe de terreurs ; qui recomniaiide la pratique de là vertu, çarce qn'ott ne peut jouir du repos sans la satîsfactiou intérieure { une sagesse qui procure des i^apporls pabibles avec les autres homcDes, quiprévicontles passions i^lentes et tous les genres de socces; une . sagesse, enfin y qui en m^e temps convienne an commun des beoMnes, non en s'adressent à enac, comme ceUe de Sooratc, pour les élever à une plus haute dignité ^ aoai^ en descendant complaisamment à leur ponce , et qtn ne paraisse emprunter pnèsd'^nx ique h voix de la nature.
Epioore avait i*ecueilli l'héritage de l'école de Gyrène , et par «lie quelqueii uaes àe% trailitimjs de Socraie; les écrits de Oéanoorite éuioiK
( 4»3 ) daafi ses maina^ et awaîeDt fiiil $mt «on
propda» aiBsi la phi^i9M|iie. de la seeondë ëoole iïE3ée. BCufr^ ildévifdQppa , modifia oas dWars étémesa^ ea forma ua toiift Cfoi lui détint propaa. Pour liîe» saisir Faspnt da.sa doctrine eodeBe, il imnt aa plaear dam le peint de vue dominant i^'il avait adopti;* a'est dana sa mo^ raie qu'il réside ; c'est desa norale même qu73 6ot partir peav le bien- juger jnsijaes dans la ihcQiM de la ooniiaiftsanee> humaine qui en est pour IdI non Vinatrument ^ mais la eousé-qucnoe (G).
En- effet , Epiqupe esc TeBeemi déclaré d^ tante apémiation ;- \l ne ocmçoit paa que la science poisse être étudiée pour eHe-méme ; il vent un but prochain , nn but positif^ un but Individuel, a Ce but , c'est cehii de la vie humaine-; le philosophie consiste à le reconnattre, à le déterminer; elle choisit et indique les moyens les plus propres à y conduire : c'est la félicité ; tous les hommes en conviennent par nn assentiment unanime ; et cependant la plu* part a'en éloignent. Cestla félicité présente; car
(i) Bii^a LMioa^ liv. X, $ %.^Smtmi nSm* ptriqoe. Adv. math. , liv. X , $ i8.
aeuleelle est certaine. Insensé ! le jour de demain n'est pas en ta poissance , et tu perds celui qui s'écoule ! le lendemain te sera moins pénible, si tu à'y as pas rattaché trop d'espérances. C'est une folie que de diriger sa vie entière vers l'avenir, de le commencer sans cesse avec une inquiétude toujours nouvelle ; mettons nos soins à ce qu'à cet instant elle soit comj^ète, et comme achevée (i). d
• a Or cette félicité , en quoi consiste-t-eUe? Il est une félicité suprême , absolue y idéale , qui n'admet aucun relâche^ qui satisfait à tous les désirs ; mais, celle-là est réservée à la divinité ; elle ne serait pour l'homme qu'une vaine chimère^ dont la poursuite le tourmenterait inutilement. Une félicité inférieure, limitée, mélanlangée, est seule accordée à la condition humaine ; la sagesse consiste à savoir y borner ses vœux. Elle réside essentiellement dans la volupté; la volupté est le premier dea biens , celui qui est conforme à la nature. Cette vente n'a pas besoin d'être démontrée^ elle n'est pa> sujette à la controverse; on la sent, comme ou sent que le feu brûle, que la neige est blanche,
(i) Gaisendt , PkUos. Efricuri syntmgmm; introduction.
(]ue le miel est doux ; la^atnre senle peut jngvi' le qui est conforme ou contniine r ses lois. La vcduptë doit être recherchée pour elle-même; elle est la seule fin pour laquelle nous reclier-^ chîons tout le reste. Que resteniit-il en la pei^ dant, si ce n'est l'espérance illusoire de cette lelîcité divine qui est pour nous hors des limites •lupoipible? »
a Oa peut concevoir la volupté de deux manières ; ou dans le mouvement , ou dans le repos. La première nait des émoûons agréables , comme la joie, le passage d'un besoin qui se fait sentir, à la jouissance qui le satisfait ; la teooode est égale ^ constante ; c'est une exemption d'agitation 9 de douleur. Or, la seconde con-. ^titue la félicité qui est 4a fin de l'homme.; car la nature n'^emploie les besoins , les émotions qu'ils excitent, que pour arriver à ce bien-être ' aime et durable qui leur su<;cède ; le mouve- 'lient n'est f[u'un moyen pour atteindre au re- \*os. La félicité sera donc raffranclûssement des loulears du corps /et la tranquillité de l'esprit; ^n pourrait l'appeler la santé physique et morale (i). »
<i Maintenant, afin de parvenir à ce but,
(i) IhiiL^ ch. a à 5.
iroîs; oOBdilîons poraîaSent iiéctsMii*es : la premien esila pratique des vertus^ qui $oM ciManio rbygièiiederiiae; la McondeestiiiD6 raison sûre €i ëdairée qui nous guldo dons le cboit dea moyens les plus propres à nous faire jouir du bcndienr ; la u*oisième est la connaisaMioc de la iMiture , nécessaire pour nova délivrer d<^ vaines appréhensions qui seraient fenestes à 90tce repos. Du reste , il n'est riee de plu:» oiseoK que les* recherches tentéies par qndqoes yUIosOpliea sur l'essence des ohoses. Tifous rejc- %ana la dialectique , parce que telto qu'acné est ordinairement exercée ^ elle n'eat guère qu'un aracoal de vaines sukiilitési Nous rejetons lr« fables* poétiques, les exagéNittoss dea rbéieurs. Noiip n^emprontons h l'art de h^ parole que Ie> ailles nécessaires po«r donner à la pensée nue ei^vession toujours sitnple e« fidèle (i). 9
Pour ^conserver , dans Teiposition des idi-o^ d'Epicure^ le même ordre suivant lequel elle' se sont liées dans sa doctrine , achevons de jeter Vk coup d'oeil sur sa morale; nous indiqueron.' ensuite couiment il a traité la psycoIbg;te et h logique, et nous terminerons par un aperçu (!•* sou système physique.
(i) /ftùF. , introduction généiala.*-3' psrtîe, ch. 6
c La vertu repose «ur la raison et aur le Cbre arbitre I deux choses inséparables et qui se correspondent; car,saàs le libre arbitre ^ la raison serait inaclive ; et , san^ la raison, le libre arbitre serait aveugle. Tout ce qu'il y a de bonté ou de niécbaucete dans les actions humaines dépend de ce que rhommé, en agissant , sait et veut y il iaut donc accoutumer l'esprit à juger sainement, la volonté à choisir ce qui est bien ; cette double habitude constitua la vertu , comme l'<habitude opposée constitue le vice (i). n
a Ce libre arbitre est la laculté de pour^ siùvre ce que la raison a jugé être bon^ de re-^ pousser ce qu^elle a jugé être mal. L'expérience atteste qu'une telle faculté réside en nousmêmes ; le sens commun le prouve , en mon-* trant que rien ne mérite la louange ou le blâme que ce qui est fait librement , volontairement et par un choix réfléchi. C'est pour ce motif que les lois ont justement institué des récompenses et des peines ; car, rien ne serait plus inique qu'une dispensation semblable , si l'homme était soumis à cette nécessité que quelques-uns
CO /AiVf ., 3« partis , ch. &
usposent comme latouyeraioede umtea cboses. Rejetons donc l'Idée de cette nécessité inexorable que certains physiciens font planer sur nos têtesj et dont la tyrannie nous ëponyanterau nuit et joun Non ^ sans doute ^ qu'il n'y ait » dans les choses privées de raison ^ une sorte de nécessité ^ c'est-à-dire de connexion entre les eflels et le^ causes 5 à laquelle cependant on peut quelquefois résister J mais f il n'y a rîen de nécessaire dans l'homme doué de raison | ezi tant qu'il use de sa raison (l). D
Epîcure se rencontre ainsi avec Aristote sur la condition fondamentale de toute moraliié dans les actions humaines ; il la présente même sous un nouveau jour. Déjà on voit que y daus le développement de son système » la morale prend un caractère difierent de celui qu'elle annonçait danslesdéCniiîons fondamentales.Oa •perçoit aussi la contradiction cachée qui existe entre les élémens de ce système : car^ Epicure^ alors même qu'il assigne la volupté pour but unique aux actions de l'homme», admet ^ san« le définiri un instinct moral dont la satisfaction est nécessaire à son bonheur ; il admet un mérite
0) Ibid. , ibiéU , ch. 6.
Télogeou le blâm«^ Or» p^ îiMÎiiok' sMral^ è son toar^ soppose im0>amr)9.fMllttre'<i» bien, «d aotr^ bm que.çaltti.iiQquel £f>ieiA*è^>tottC?ap** porté; le mérite elle démérite supf^QseatplM qa'ao ealciil de pnid<PGe;:Hf fopîtoseM'iiirè!
fr Loia de &»tts, eoDtîniiiè EfMèré ,- fiWÀqtie^ nous&iapdl çcff«i»ler la*^vp(éd|taê1^abaléftèéttî^ U souflraooepofir leoorpeido tronbUfibiii'l'^l prit, loin de nou» l!idée de aHaireau médii^Vài^ les joiUjMancea et Iesfeit^q«i .app&EtiélméÈft 4 Von et a Tautre. he torpa i^t)<imttei nafOttflVé qae de ce qui est ai$ti|ellet:^r«ieitKt*; Timefa^ ou sQuCGre du p{ispéj(tdl^'eve|ttr/deerqiit><Ml binteia ; les deux prîudpAka^BdUdlesidi^l^iUià sont le 4é3ir et la crufiiïi^f Ik'ai^e^ dloas^ tAtàtt qu'il serait eu proie :ia.:dg^:l#«ikieiià ^ck'iielav ppqiTiB eoeore 4ir9 beureui ); jA^afBtmr la' dou^ leur^ vais il ne l'aggcavera pèim. parllitopa-^ tlenpe oul^ dés^^ppjr; il la: lenipéperaf paf ta ooqatauce,; il y opposent, eeué ipnoeenée de h ne y cette aécuiiié de la conscience qui est le priniége de la sagesse. Tt dira sûr lé bùcber de Phalarés :je bràU, mais *san$: être vaincu, iouisaant , non sans doute de^ la Mufiràack, «aie
du trieaii^h» ' ^f%\U mtàpwié mr elle (i). i
. L'idée domifiaoté d^E{>ieuré' Repartie de nou-
Tfl»a. dans as claMifcBÛôn des^^entia, dans le
caractère qi/il assigne à pluaiéuf s d'entre dles.
tci'eneof e^ lea mémea ètHitfadiciiooa vont se re*
^odinre* Il rapporte^ eti eflfel, t^êutes les rerins
i h prudence, comme à leur tîge commune, et
leur donne ainsi pour principe Tintérét bien
eniciidci.. 11 .coo^feiUe à chacun wi ^ore de yie
Cçn&iciDfi à Bios propres dispositions} il*GonseilIe,
p^rjcx^xiplciy lei oélibat h oeux qui ne peuvent
ae résîgoar» d'avaxtee àitoutes^ les épreores qai
peuvent dakre dff mariage, et la vie privée a
ceux* qui' scmt ex^nypts d'ambition et d'orgueil,
è> jQOQia to^tefoi8 que la népubtiqae ne réclame
}«lGii^9}jBervidB&(a). «iTomes Ibs autre* vertus
M «éfêrêm à Vàimméiêlé^m à ila justice. A Phoo-
aémëyr eo tami({ir'eUes^g1entlâ vie delliomrDe
connderé iaoUfloent; Uat jusiîdé , en taiit Qu'elles
règlent aea rappàrtt avêe ses siMiblabfes. L'toD-
]ié^)4 .a< deux Ivaocbea : la tèrtipérûtWB ^ ^
Jprve j Tnae qui nous ftffiranchi t dies vaines ctJpï-
dités, Taiitre qui noua garantit des -vaincs ter-
(i) nid. ,
, ihiâ.\
» di.
r«iiift(i). U j-a«Mefii»|io»vigooreiMq«iMftiÎM|i •or h drak; U y a uo deroîr «aoiÛabli à k jnsMequi •€ fonde âur la) bienveillanee (s). *
Le nodoQ qa-£fnçure s'est formée de qo^ qiMs**iioes de oes varias laérite de fiier notre alieDtioo par les lumières qu'elle réjiaud sur Tespru général ^ sa philosophie , sur le mode particulier de dëductioas par lequd il a élë conduit aux doctrines qui font rob)ec principal de nos recherches.
En définissant la tempérance, Epicure proscrit tous les eicès qui troublent le bonheur , poursuit toutes les illusions qui alimentent les passions humaines ; il s'attache surtout à l'am^ biiion 9 et dévoile la vanité de ses calculs ; 3 n'épai^e pas même la gloire. Il établit celte maxime, justifiée, dit-il, par rexpérience : cebd' Id a bien vécu qui a bien su as dérober aux regardé (Z).
«r U est , surtout, deux vaines terreurs contre lesquelles il importe de précautionner les hommes : celle que les fansses opinions du vulgaire tendent à fiiire nattre de la crainte des dieux ; celte
{%) Ibid. , ihid. , ch. 7 , la.
(a) Ibid. , ièid. , ch. «6 , 39.
{3) Ibid, , ibiiL ^ ch. 16,
dbat Ibé i>éaiMea. qn'Epicure o|^poM à Pin» et à l'autre ? Eb combattant la première^ U paraît 4'^or4 ne s'en prendre qu'à la superatitioD ; le Vifai philo^phe l'approuve , lorsqu'il reproeba nux préjuges vulgaires d'avoir prêté à la divinité Jots passions humaines, la maclçnceté^ la oolere» Ja vengeance; mais, on s'élcmne lorsquHl conelot imbiiement en refusant à là divûiité cette io* fluence bienfabante sur les destinées de l'univers M des êtres sensibles ^ véritable appui du faible mortel , véritable source d'une félicité sublime jiour l^s limes élevées. C'est ainsi qu'Epicure a ,jétéepiiditit^ reléguer la diyioité dans aoe sphère Hbsolunûiient étrangère an cours des choses bu* !^ aui^ldisdèJa nature. Cepeudant, ici encore, 4xù nous attendons pas k le trouver conséquent k luirméme : a les dieux existent r^Uement; n leur existence se manifeste d'une ifianière évia deipite ; mais , ils n'existent point tels que le )» vulgaire se les représente. L'impie n'est pmnt a eelui qui les dépouille de cette forme mensooa gère ; mais bien celui qui leur prête des pasa sions contraires à la sublimité de leur nature. » L'homme pieux n'est pas celui qui ^ par la s> crainte des dieux, révère chaque pienre, » chaque autel ^ arrose chaque temple du sang
( 4a5 ) » des TÎctniie»} UMê celui qui^ eomemplaDt n tout arec une âme peittUe , cxmçmt dee ^ notîoos justes de la divinité , celui qui les » honore da fond de son cœur, à raison d# > leur. perfection infinie, et non en vue tfune il récompense. Ce culte es^ nn devoir ; il doit D resseinbler an respect j à Famour que noua » ponooa à nos paréos, et sans mélange de sena timens intéressés ^ ou d^spétanccs mero»*
» naires (i). ^
Voili, perunenouvelle contradioiion bien sur* prenante et que les historiens n*on« pas remar^ quée, yoWk une sorte de qmétisme semblable à cdni que conçut l'âme pieuse et tendre de Fén* lon,le culte dePamour désintéressé, associés un système qui par ses résultais se confond presque aVec ratbéisme. Cicéron, si sévère d'ailleurs, oupltttôtsiiniusteciiversEpicnre, nousapprcnd qu'il avait composé des traités sur la sainteté et sur la piété envcrales dieux, <c tels, diwli a qu'un prêtre même eût pu les écrire (a)* Il ' '
(,) Ibid., ibid. , ch. ao et ag. Voye» «ossi le» lettre» a-Épicure à Hérodote et à Menjecew. Nom Tcrron. <].n> on iD,t.i.t commeat Épicore déo^ontre l'existence
de la divîoitée (a) De naturddeor. Uv. I", ch.t4i ^ayt. mm
5«Bfcqet ♦ * Benrf. , Hf . IV , ch. 19.
Mou» reocoulrow encore ici oa houmI et •clataot eiemple de celte dispoaîiion de Fceprik bumain à «e jeter d'un extrême dans Tanlre ^ qui s'est di]i si soQvem offert k nom dans l'histoire des Ofmiions pbUosophiquea; nous avons rapporté les propres expressions d'Epicnre pour mettre dans tout son jonr et pour fiiire bien conoaitre en quoi consistât essentiellement l'impiété reprochée a cette éoole. Epicure a été frappé des funestes effets de U superstition , il veut en briser les chaînes; il rompt en partie les liens sacrés que la raison elle-même -a formés entre la créature intdltgente et son suprême auteur.
Epicure .est moins heureux encore dans le choix de l'antidote qu'il veut opposer à la crainte de la mort; il le trouve dans le r^iversement de la croyance à l'immortalité, comme si ce qui imprime à l'image de la iport ses plus terribles effets n'était pas précisément la crainte de voir s'évanouir toute espérance , disparaître k jamais cet avenir vers lequel gravite le cœur de l'homme, a Pour te délivrer de ces spm préhensions, dit-il, accoutume*toi à consi* 9 dérer que la mort n'est rien pour nous ; elle n n'est en effet qu'une privation. Le mal ou le 3» bien ne naissent que du sentiment , ettoui
> MDlmieBt s'ëttiotavec la vie. Tant que nous » lïrooB^ la mort n'eat point encore; qaand 1 elle eat annnanae, nona ne aommes pins riea » noQa*iDéfnes(i). d
Ainai, tout, est réellement nëgatîf dans cette félicité qo'Epicure noua promet; a'il prétend noua aoilatraire à la douleur , c'est au prix dés jomaïaaces les plus vraies ; s'il veut nous prélerver de la crainte, c'est par le sacrifice des espérances. Tout se reserre , se rétrécit autour de noua; c'est la paix du tombeau.
c La justice est le fondement de la société. Elle a pour but le bien commun. Le droit est donc ce qui est bon à tous et k chacun de ceux qoi composent la société. Et, comme il est dans la nature que l'individu recherche ce qui est bon pour lui, le droit qui n'est que la même loi conçue conrnie générale ^ est aussi fondé sur la nature. Tout ce qui ne repose point sur cette base , quoique établi par les lois poûtiveS| est injuste. Ainsi, à proprement parler , le droit n'est que le signe de l'utilité ; la justice consiste dans cet accord des volontés par lequel les hommes se respectent mutuellement. Ce droit est universel, considéré dans^
( I ) Jbid, , ibid, , ch. ai .
toq principe ; mais , coimne PntilHé Tirie >iii?«Pt le4 lienx et le9 temps , Papplîeatîon des prinoipoi dn droit sq modifie chex les diverses nations et aux diverses époques, stnvant les droonstances. Les hommes dans Torigine, Hmqqemeut guidés par Fimpulsioa de leun Jiesoins individuels^ se disputaient les objets propres k les satî^aire. Le désir de faire cesser cet élat d'hostilité jt de vivre en paix, les porta k instituer un pacte par lequel ils s'engagèrent k ne point s'offenser les uns les autres. De U naquit la loi commune* La justice ^ d'ailleors , doit«elle être aimée pour elle-même f Non; mais y seulement à raison de l'aTantage que son observation procure. Que dire donc à cdoi qni pourra nuire à un autre , sans témoin , m>os la Yoile du mystère , et se mettre k Tabii des conséquences fâcheuses de son action ? Noos lui dirops qa'il q'aura jamais la certitude que son action demeure inconnue ^ quoiqu'elle' ait été secrète; car, elle peut être révélée de mille manières inattendues ; ainsi , quoiqu'^enveloppè du
secret, il ne jouira point de la sécurité (i). » p Que si nous devons appréêer les avantages
(t) Ibid.f ibid., ch. i4 ^ S7.
que prdenre Fobterttttioo des lais de là justice ; négligerons* iidtts cwx qui décmdetti de fexe^âce des actions Inenveillantes, de -la bienfait ssnœ, de la l'econnaissance, de là pieté filiale qni est l'espèce de reconnaissance là pins sainte^ da sentiment qui nous unit k nos proches , de l'amour de la patrie qui n'est qu'une extension de celui que nous portons a notre famille » du respect pour nos supérieurs^ de l'^amitté, enfin ^ de cette amitié le plus excellent, le plus fi^ tond, le plue doux , de tous les biens que là. philosophie puisse procurer? Quoique ces Tertus doÎTcnt être cultivées en vue de Putîlité que nous en retirons ^ il y a cependant en elles quelques choses de plus qu'un calcul d'intérieur personnel. H est plus beau, plus agréable , de donner que de recevoir; on se sent élevé par la générosité, enivré par b gratitude; l'homme géoëreuiL ressemble à une fontaine vivifiante. Quelle joie n'éprouve-t*il pas en voyant se développer autour de loi les fruits de ses bien* &it9 connue une moisson abondante ! (i )• B
» On nous reprochera peut-être que noue éoenrons la vertu lorsque nous laissons le sage
(t) nid., Hid. , ch. ag tt Se.
»M)BSsibl« aux ^ffcckiaoft au coor , «i âui paînc* ^a'«Hes oecait4>anwi , comme b dooknr qni Ait éft^nvêr la perte d'un ami. Biais ^ cette infléosibiliié an peinca de Tâme que eâèbr^t eertaioa honmies provient d'un rn^l plos grand encore, -de k dureté , d'ime ambilioa effréDec à€ la gloire. Noua préféions laisser leur ooui> naturel à des seutimeos tendres et bienveillaos; ils sont uu doo de rhuœanité (i) (E). i»
Telle est la substance des maximes qm Veoseignaient dans les jardins d'Epicure* Oo es^ frappé d'y reconnattre le type primordial de^ doctrines qui ou t généralement r^pédsnsUscconde moitié du siècle dernier. Une analogie aussi curieuse nous commandait de carsctérise r avec quelque détail la véritable inorale épicurienne,si souvent dénaturée par les écrivains des temps postérieurs. La vie d'Epicureiui-mémr fut entièrement conforme a la portion de ceti^ morale qui, relativement aux conseils pntiquf^ rappelle celle de Socrate; quoique valétudinaire et habituellement souffrant, la doucer de son caractère , la sérénité de son tssprit furc*!^ constamment inaltérables; une yaie intérie\r
(0 IH4.f itid'f ch' 3.
Kw
le dédommageAit /âisffit-il 9 Hései6iiflbtie«s éa corps (i). » Il ne k'étiga^ |>mnt âàns l€S Kent da iDariage|et'8e»ni(£ûfsfbrenttiôn8tanifMne purei; on admirait sa frugalitë^ sa modération en tomes choses; Paménité de ses' mœàrs, k facilité ei^'agfément de son commerce, la bien- ▼eiliance poof cent qui recevaient ses leçons ^ ittiraient lÉutour de lui un nombreux' 66hcours' de jennes gens, non-senlement de la Grèce, mais de l'Egypte et dePAsie^ et loi tnéKûientde leur part Tafifection la plus dévoua*. H les ad^ mettait non-seulement a ses traçons , mais à sa table ; lorsque Athènes assiégé par Démétrios iut en proie à Vme cruelle famine , il partagea arec eux' ses provisions et ses fruits ; il cultiva surtout Cette amitié qu'il avait recominandée dune manière ^touchante; <c queUe nom-* » bretisé rëanioh d^hmis, dit Océron, quelle D élite ^atufs distingua , ne ras^emblait-il pas 0 dans sa niaisôn , quoique |>en étendue, et D par quels rapports intimé)» <)'arflection ne se » les était' il pas attachés ! Et cet exeinple est » encore sui^i par ses disciples (n). »
(i) Ciciron) de t*inib^Ui\ II, ch. )o. — •Diog<mt
fec.Hv. X, S a4- (2) D9 FùM. , liv. I" , cb. ao. *
. ft«preoqi^, , et eiwi^io^ maipfflMm Unfloenp? qpe.'C^te morale a exercée sur Fenif mble de sa ^ocirine philosophique»
p Rien ne doit être plus sacré pour le philosophe qife la Térité ; il doit y tendre par la Toie la plus directe; l'exposer dans sc|s formes naï veai çt , lies ploa simples ; la dégager de toutes les fictions^ . aussi ne saurions-nqps, approuver cette {ronie de. Socrate qui est une aorte de fieinte amt^uelle (i). Ecartpnf surionft les lm}laj)^ief hypothèses de P|aton; voyons les choses telles qu'elles sont^ tellsa ^e la sature 1^ réyèle à Pçxpérience (a)a >> , . .
9 L'âme est corporelle; çUe est eouiposée de la xnaiière la plus subtile ; ellei est injiérente au reate du corps ^ elle es| alioi^tée par IpL )Nou8 y distiogiions trois élémena : It'e^.sens^ le^ ap* petits qu'on peut considérer conunç fâaiê^ irraiionnelle^Tép^ndvLe daus.touyi Pvganisation ; et l'intelligence, ou la raison^plaçéeconune tine sorte d'intermédiaire entre les deux, antres, par les sens > guidant les appétit^ à aon lyant un siéffe distinct. Le sens est en
(i) Gassendi , PhU. épiç. j^ntagm» introd. (a) Ibid.^ a* partie, ch. 3^— Gcéroo, De naiurd dêcr.. Mr. I*», cb. 6.
quelque sorte Pâme de l'Atoe; c*esl un ot^ttlie par lequel l'âme saisit les objets; qui lui soot of« ferts. Voici comment les objets ^ quelle qu'en toit la tariéte » agissent sur nos cinq sens i et ê^eo font distinguer : les formes^ lea eouleurS^ lei son s 9 les odeurs ^ les saveurs i sont eompOsëi de corpuscules I disposes dans des Ottlrei cM^ reoS| doués de mou^vemeos dlivers^ qiu sont reçus dans les organes des sens» dominé dans aaunt de pores ou de canam délies ^ qiû kur correspondent dana des proportions semblables et qui leur sont analogues } ils pénètrent ainsi jusqu'au sensorium, le frappent et TaffM^. tenty et font nattre dans le sujet sentant des laiages pareilles à ces objets eux^mèmes« Cêé auges peuvent être comparées à remprebttf 'iu an sceau laisse sur la cire (i) (F)« »
a L'intelligence règne sur les sens ; son M» raclère propre est, lorsque les sens reteitent, de penser, de percevoir , de concevoir^ de riSiltichir^ de méditer , de distnter, dedébbérer^ lUe n'est point passive^ MaisCoônaetitlapeas^ :>ettt*elle être excitée? par un phénomène aiia« iogue k celui qui s'opère dans les sens ; par des
(0 liid.; a* partie, ch. 9, 10.
^bnukicrtê «juiie présentent k elle ; oei ttinnla- G^ies détachés da corps , ou se formant dans Tair, errent dans Fatmosphère , parviennent ensuite à l'esprit, s*y fixent, ou û*j succèdent. Mais, dans leur nombre, elle choisit ceux auxqueb elle applique scm attention , qu'elle s'approprie, dont elle forme sa pensée ; les autres hn demeurent comme étrangers. L'attention est donc son instrument principal; et^ de là se forment les jogemeos et les raisonnemens (i). Pendant le songe , ces ûmulacres arrivent encore i l'esprit ; mais, les sens assoupb ne peuvent plus en contrôler la réalité (2). b
B Les appétits ou les passions se rapportent dPabord au plaisir et à la douleur, ensuite à l'espérance et à la crainte qui naissent des deux précédens. L'âniese dilate en quelque sorte pour accueillir le plaisir, se resserre pour résister à la douleur. G^est que le plaisir et la douleur résultent aussi de l'action de ces corpuscules subtils qui s'introduisent dans nos organes, qui, loi>qu'ils sont en harmonie avec leur disposition , et avec celle de l'âme, affectent agréablement
(1) Ibid, , Md. , ch. 17 , 18.
(2) Ibid, y ibid. ^ ch. ai.
celle-ci , rattiren^ comme par de petites chat-* nés ; qui-> au contraire » lorsqu'ils piquent et (lé-* chirent le tissu délicat des organes^ comme de pe* lites épines 9 occasionnent la douleur (i). d .
(( Cest encore par une action toute mécar nique que l'âme met en mouvement les divers ineiobres du corps ^ en sorte que* tout le système des phénomènes psychologiques res^» semble à une suite d'engrenages ou de ressorts, dont les deux extrêmes se terminent aux objets extérieurs ; il y a toutefois cela de particulier dans le mouvement volontaire ^ que l'âme prévoit, juge et veut l'effet qu'elle produit (2). »
U est difficile d'imaginer une psychologie plus imparfiiite» Elle va cependant servir de base à la logique d'Epicure.
(I Quelques-uns. de ceux qui se livrent à Téiade de la philosophie ne reconnaissent aucune certitude et tombent dans un doute universel; d'autres supposent qu'on peut tout savoir, et affirment indistinctement. Le sage, celui qui s'attache à la légitime philosophie, prend un juste milieu , et n'affirme qu'avec réserve , mais
(1) Ibid, , inéL , ch. 19- (a) IbitL , ibid. 9 ch. ao.