‹ Histoire comparée des systèmes de philosophieChapitre 31 sur 38 · BtÉPECIKS-LEGALS · texte numérisé non relu

BtÉPECIKS-LEGALS

ldiéné« M. Pariset n^ignore pas que beaucoup d'aliénés qui liront qu'un délire très4iinité , ont une conduite légu* liibre mus presque tons les rapporte j calculent très4)ien leurs actions ; que très-peu de ces malades , excepté ceax qui ont la tentation de ae détruire ^ voudraient éûelobjet de leurs actions de fureur. Qu'est -«ce ^'nne aliénatioD idftsolue? . - '*

Nous ferons d ailleurs observer que cette fiireur n'a été remarquée chez Jean-Pierre, que depuis son arrestation.

M. l'avocat^général soutient que Taccusé n est pas fou ; mais l'un des mortifs qoi hiî font solliciter ^sa coq* dmiiuation, c'est qne^ d'aprèa l'opinion de M. Faiiset, Jean-Pierre est un homme . dangereux ; M. l'avocatgiinéiral aurait moûis de craintea :si eo' acquittant Tac* çnsé on prononçait enniéme temps son inteidiction, op qiH eât contraire aux loisi Si Jéan^Pierre ^t acquitté^ dil-il),'îl retiti^erait dans.le ^roit Qo«nmtm, il f ec^owecèit sa liberté , H faudridt qu'il fiM soami^ à l>iamen des jiiges civiU, et l'oii sai^par . ^xpériea^e qu« Jlorsqu'il est lib^ il ne donne mc9m $igt|ie(de fiolie;'€ofin« quoique iiiterdit , il resterait Iijk« «.-àrnproiûs qu'il ne se IJYràtà des a«tea de violen^^e eA^o fuceur (i). .

(i) Le joumaTTsté a sans ^oute mal compris M. TaTocat ^a ftol , qui iry )>o ftoilteaîr une ^«rbifie 'Àocf n'oe. Quoi I Jttni-PIerrv nVti |ii$ iou , o«|ieii<fciii|fl'<«lko|i homme davRerom, «liifeuiiQ 6oiidaB)rterpourle»e-

iporteiAeni ? Mais la loi n^a patf été aiffsf ttnpnfYoyante. tous les aliénés sont enfermes sans être interdits, en- vdrta >àÉ lu 1» o a.^^oti9^ 1790» Il ^ touiours possil^If de tootifer jAaif^uiAtr4tion , oc> même qu'il y ait des act«t de yiolcnce on de fureur; car il n'est peut-cire )ias d^alîcn<^ qui nepyisse derenir dang;erèux poaf la sûrettf pubtiqae. t° iédlviaa'quî serait' acquitté potfr cail«è d'skK«fiat2én ai«AtalB, aesc^it ]iM mkné mis en libortë ; VtMUmti jodicisiirf n'aurpit «uUfit^^vaiitr Isutorité municipalQ , qui ne manquerait pii^ d^^ ordopçer la delfOtJon (iins une maison de force.

ASt^TlVE ▲ Là. FOLIE. Sq

Procès de Pap^voine (i).

Louis Auguste Papavoine, âgé de 4i ^^% ex-commis de première classe de la marine , a été traduit devant la Cour d^asstses de Paris, le 23 février iSaS, accusé d'avoir commis volontairement/ avec préméditation et de guet-apens « un homicide sur la personne de deux en&ns en bas âge.

Fils d'un honnête fabricant ^ Papavoine a reçu une éducation soignée; jusqu'en i823, il a rempli avec zèle et probité divers emplois dans la Marine. « Mais en tout, dit Tacte d'accusation , Papavoine s'était &it connaître comme un homme doirt les mœurs étaient peu sociables ; il fuyait avec aAectation s^^ camarades , il paraissait sombre et mélancolique , on le voyait souvent se promener seul , et il choisissait de préférence les lieux solitaires; jamais on ne lui a connu de liaisons intimes , ni même aucune de ces faiblesses qu'explique la fragilité humaine, quoique avec juste raison la religion et la mo« raie les condamnent Jamais il ne communiquait ses pensées & autrui; cependant sous les rapports qu'exigeaient 5CS fonctions, on avait toujours trouvé ses idées pleines* de justesse et de convenance. »

En i82Jf Papavoine apprend la ruine entière de sou père ; son caractère en devint plus sombre et plus irritable ; il éprouva même un accès d'aliénation mentale qui dura environ dix jours. Yotci comment deux témoins déposent de cette circonstance : il était , dit un employé de U marine à Brest , dans un état de lièvre ; H disait qu'Hun homme lui en voulait , qu*îl |fe voyait, qu'il voudrait

>*Uhl

Cl] Constitutionnel et Journal des Débats , des i4 , i5 , 96 «t 97 fifrrtor 189S ; Drapeau blanc 6u lendemain <lu jour de rexécution do condm* mé ; Plaidoy^ pour I^ui^AuffUta Papat^ûta , n»r M. FaiUel ,. uwc*l k le Cour rovalc.

4o MÉDECINE-LÉGALE

avoir un pistolet pour se défendre. Je n^ai jamais (ail de mal à personne, disait Papavoin'î <?ans son délire; cet homme me poursuit dans mon sommeil; quand je m'éveille je ne vois personne. Le défenseur de Taccusé demande au témoin, s'il n^est pas résulté pour lui la pensée que Papavoine était en démence : je Tai aussi pensé pendant sa maladie que j^ai regardée comme accidentelle, a répondu le témoin. Un oflicier de santé , qui a donné des soins à Papavoine , dit que ce dernier était naturellement sombre , soupçonneux , croyant toujours qu on s^occupait de lui., fuyant la société des femmes, et souvent celle des hommes. Dans sa maladie, son caractère était exaspéré; il voyait, disait-il, un ennemi secret qui se montrait dan^ Tombre et en voulait à sts jours , il aurait voulu le voir à découvert pour lui en demander rai- ;|on ; ce fantôme paraissait beaucoup le tourmenter. Le président demandant au témoin si ce n'était pas la fièvre qui faisait ainsi parler Papavoine, le témoin répond négativement, attendu, dit-il, que Papavoine n'avait pas de lièvre: Je le jugeai, ajoute-t-il, plus malade au moral qu'au 'physique. Pensez-vous qu'il fût en démence, demande le président? Je le croyais, dit le témoin , ainsi que tout le monde, mélancolique et hypocondriaque. — Majulfestait'il le goût du sang? — Jamab; il eares>ait même de jeunes enfans, les embrassait et leur donnait des sncreôc&*Le défenseur dit qu'à cette époque Taccnsé donna deux fois sa démission de la place de commis de première classe qu'il occupait à Brest, tandb que les désastres de sa famille devaient l'attacher davantage à cette place.

Son père mourut quelques mois après. Papavoine ne bal mça pas à donner de nouveau sa démission , pour aller aider sa mère dans la gestion de ses affaires. En i8i4t de nouveaux malheurs viennent détruire tontes ses espérances ; la manufacture de sa mère ne peut plus être soutenue; il redemande de l'emploi dans Tadministratlon

sans pouvoir en obtenir. Ses dispositions mélancoliques augmentent , il perd le sommeil , sa raison s^égare par fois ; un jour il se présente k sa mère d^un air sinistre , un papier i la main , et lui dit : mon frère n'est pas mort ; j'en ai la preuvedansccpapier ; on en terre quelquefois des hommes qui ne sont pas morts. Cette circonstance fut rapportée aussitôt par la mère elle-même au médecin qui donnait des soins à Papavoine. Cependant aucun habi'tant du pays de Taccusé n^avait entendu dire qu'il fût atteint de folie.

Le 2 octobre, on lui conseille d'aller passer quelques jours chez un de ses amis pour prendre un peu de distraction ; sa mère écrit en même temps pour faire surveiller son fils y et elle désire surtout qu'il ignore cette précaution. « Vous avez vu Auguste, disait*elle, il a été purgé par un vomitif; examinez sts yeux et sa conversation ; sYirtoot qu'il ne sache pas et ne se doule pas que je vous ai écrit. Je vous engagea venir mercredi ; je vous dirai des choses que je ne puis écrire. » L'ami chez qui Papavoine s'était rendu , fait la déposition suivante : « L'accusé lui a paru visiblement changé , au physique et au moral. En se promenant ensemble dans le jardin , Tacrnsé s'écrie tout-à-coup, avec l'accent du désespoir: Quoi! pas un instant de bonheur! je crois parfois que je suis fou! un papier lui tombe sous la main; il y remarque les lettres O, N.; qu'est ce que cela veut dire , demandet-il à son hôte, de l'air le plus inquiet? Mais vraiment je n^en sais rien , lui répond celui ci , cela ne signifie rien. Cela veul dire ; on noyé ici. Une autre fois il s'adresse encore au témoin : Mon frère et mon oncle sont-ils bien morts? — Votre frère? mais vous avez dans vos papiersson extrait mortuaire! votre oncle? mais vous savez qu'il est mort à mes côtés, à table, d'un coup d'apoplexie! vous avez concouru à régler sa succession, — Âh ! c'est qu'il y a iaot de genres de mort* et souvent on enterre des gens

(|ui vivent encore , et on- dresse des actes pour consUlcr i|u'ils ne vivent plus. On lui propose un perraquiçr^ Tidée des rasobrs le iait frémir. Que v^ut-^n de moi, s'4cri^t il , tout troublé ? Âtt surplus je ne crâ^ius lu 1<9 rpisoir, ci le pistolet. >f

Le 6 octobre il quitte Beauvais pour $e rendre à Paris, loù des affaires urgentes l'appelaient. « Il était très agite en parlant *» dit le témoin dont nous venons die donner la déposition. Il s agissait d accepter, des marchés avec le gouvernement , fort désavantageux pour la maisoc Papavoine* Le 7 « il voit un banquier qui doit approuver les marchés ; mais il faut quelques jours pour les examiner. Le 8 et le 9 « il £a^ quelques promenades solitaires ; le 10, il se dirige vers le bois de Yincennes. Là il aperçoit une dame qui promenait deu^^ jeunes enfans; il retourne au village et y acheté un couteau ; il revient aui- Mtôt près de cette dame ; «' il avait la figure pâle, ditTacte d'accusation ; sa voix était troublée. Votre promeaade a été bien tôt faite , dit-iUcette dame , et se baissant comme pour embrasser Tun des en&ns, il lui plongea son couleau dans le cœur; pendant que la malheureuse mère s'occu- .pait de cette première victime, Papa voine plongea son oouteau dans le cœur de Tautre enfant, s'eufuit eosaiteà pas précipités et s'enfonça dans le taillis. »

Papavoine dit avoir caché aussitôt le couteau meurtrier dans la terre. Il rencontre bientôt nn militaire qui y à Taudience , iait la déposition suivante - " ^^ lus abordé par Taccusé ; il me demanda Tissue de b SoréL Nous marchâmes enseuible ; i\ portait avec mqiiiétnde sts regards autour de lui, et me dfinaDJa s'il n*avait pas de taches sur la figure ; il regardait aussi ses bras et ses maios , demandant s'il n'était pa> «utr<{ué de quelque chose; il marchait à grands pai» était pâle et tout easouflé ; nous Ieusus arrêtâmes &ou> un arbre à cause de la pluie s là » uo gendarme viol 1 ar

reler , disant qu'on venait d'assassiner deux enfans ; vous perdez votre temps en m'arrétanti répondit Taccusé; vous donnes le temps à celnl qni a commis it crime de prendre la fbite. On le conduisit i Vinceaiws ; en chemin , ii dit <(ve c'était nne chose abominablo d^auroîr tué des en&ns, q«e id Ton avait à se plaindre d'une grande personne, otà pouvait l'ap^eln* en duel , mais q«e pour as*sassjwer des enfansii fallait avoir de gr^LudamOtifi» » Le geodaraieqoi a arrêté Papâvoiue confirme le propos tenu par ce dernier au miment de son arrestalioa; il a)Oiil^ que ^accusé n'avait nen àt Tcmarqwhle .dana lafig^NrQn qu'il n'avait point l'air agité , qve^eulniieiitit chancelait an peu enniarchant

Conduit devant t'faiitorité dé Vinoennes , confronté avec la mère dés enûms , atec la marchande qui avait vendu le couteau , reconnu par elles et par un autre témoin , Papavoine nie àt«c beaucoup de siang-frtfid d'être l'auteur du crime. Confronté avec set deux victimes, ilmoD^ tre la méiûe impasilbilHé.

Depuble lo octobrefusqu^au iS ri<m*nbitfe îl s'est ren-^ fermé dans un système complet de 'déné^tTon. II paraît même que dans ^s interrogatoires il s'est dëfenduavec une habileté peu commune, combattant et VeflFbrçant d'ex-^ pliquer tontes les circonstances qui lui étaient rappelées ; citant tks exemples de causes célèbres où des individus avaient été pris pour d'autres. Biais enfin ^ « accablé par Tévidence dès preuves , dît l'acte d'âccosalion , et scn-; tant qn^ s'était, par ses dénégations absolues, frajé la pins dangereuse de toutesles routés, il prit le parti de

Il se reconnut coupable de l'assassinat des deux enfans; mais il annonça qu'il s'était trompé en /lonnant la mort aux deux enfans de la demoiselle Hérein , et que son intention avait été , ^n égorgeant deux enfans bien autre-

44 MEDEClNBlrLEGALE

ment précieux (i), de plonger la France entière dans I désespoir et la doalear. Celte horrible explication , d mentie par la vraisemblance , par les iaiis, et même pd: les opinions politiques de Papavoine , n'a trompé personne : on n*a vu en elle que la base d'an noaveaas^s tème de défense adopté par Taccusé et développé ensui t par lui avec une barbare habileté pour donner à crolic s^ns doute qu'il est atteint d'une, démence faneuse. £& effet . à la même époque , il demandait à des prisoooier^ de lui procurer un couteau bien poiotu : il se le?ait pendant la nuit et feignait d'en chercher un ; un attire jour il tentait de mettre le feu à son lit. Enfin ^ le 17 novembre , élant dans la prison , il se saisit avec violence d'un conleau qui était entre les mains d'un prbonnier, et J frappa avec cette arme un jeune homiùe qui ne lui avi;t donné aucun sujet de plainte. >

L'acte d'accusation s'exprime ainsi sur le caraclère dei actes meurtriers de Papavoine :

« La cause commune des crimes é$t l'intérêt Quel intérêt a-t-on pu avoir d'égorger deux pauvres eofans naturels ? Si Papavoine n'est qu'un instrument, qui la mo en œuvre? Est-ce la famille Gerbod ( pubqo'il ne fa»: reculer devant aucune supposition ] qui a ordonné let*: mort pour empêcher un mariage qu'elle ne vou:jit pas ? (i) Tous les renseignemens produits dans rioslmction contrarient cette hypothèse. » (3).

« Si Papavoine n'a pas de complice , quel a pa être 1 lui même son propre mobile ? Il a osé s'en donner un qui fait frémir. Vaincu par les preuves , et ne pouvant

(0 Les enfaos de madame la Dnchesse de Berrjr.

(2) Le fila Gerbod était père des deax jeunes victimes. H atlil Toe'«: epooser leur mère 4 mais sa Êimille b^ était Qpftosée.

0) Papavoine a conaUmment dit que la famille G«rbod ^it »<*"* eeiite ; il Ta répété pea dUnttau avant de monter snr ]*fchaiaad.

BELATIV£ A LA FOLIE. ^5

échapper à une funeste évidence , il a voulu décorer son forfait en le retirant de Tignobilité des simples^as- 5assînats , pour le relever jusqu'à la dignité de forfait politique. Tout a démenti cette infâme explication. »

•* Pourrait -on supposer que son action est le résultat d'une affreuse démence ? C'est sàrement ce qu'a voulu et ce que veut prouver Papavoine ! c!est pour faire croire d sa démence qu'il se proclame plus scélérat encore qu'il ne l'est ; c'est pour faire croire i sa démence qu'ib a tenté de commettre un second meurtre sans cause et sans intérêt. Mais ses efforls à cet égard sont vains, et l'on o'a po retrouver dans l'instruction aucun fait qui donne lien de penser que sa raison ne soit en général dans la mesure de celle des autres hommes. Loin de cela , ses interrogatoires sont de vrais chefs d'œuvre de dialectique , de lucidité d*idées et de suite dans les raisonnemens. Il suffit de les lire , il suffit aussi de le voir et de l'entendre pour rester convaincu que Papavoine n'est pas un être désorganisé; qu'il est on homme qui pense, parle et agit comme un autre, qui a des lumières comme un autre, qni a suffisamment de raison, quand il veut la consuller, ooar en être éclairé comme un autre. »

•» Il se peut bien , sans doute , que cette raison ne soit pas toujours la plus forte , comme il arrive chez les autres hommes, contre les passions ; il se peut bien qu*ily ^it dans le secret de son organisation , triste , sombre , dlrabîlaire, quelques vices horribles, quelques instincts A^ férocité native, quelques goûts de cruauté bizarre, quelques afGreux caprices de misanthropie, poussés jusqnes à me sorte de rage contre les individus plus heu* reox que lui , et que , semblable i bien d'antres penchans vicieux propres i Fespèce humaine, et dont elle ne triomphe qu'avec des combats et de la force de volonté , cette disposition diabolique comme naguère on l'a vu d'un ttitre misénble du même caractère ( Léger ) , l'ait en-

46 X£DECI^^-L£OA]JL

traîné à ane barbare seif da sang d*autnii, et à assouvir une jalousie forcenée da bonhear de ses semblables* Et peut-être serait--ce là qa*U £iudratt aller chercher Texplicatioû de son crime. »

t< Peut-être l'action de Papavoiue est -«elle lerésuli^i de quelque épouvantable mjstère que u*a pu découvrir, malgré les efforts soutenus de leur sèle, la sagaché iic; magistrats. IVIaîs tout cela deviendrait trop conjectura' , et la justice n'a pas besoin de plonger dans ks abîmes du cœur humain : tout ce qu'elle a besoin de coonaitre est prouvé ; le crime est constant ; les cadavres de deui ma! heureux enfans sont-là. Le coupable est couTaincu, I^^ preuves l'accablent, ses aveuic confinaient les preuve^. *La loi est-là qui prononce sur le sort de ceax qoi^ p^r cupidité, ou par jalousie, ou par vengeance, on par instinct de férocité , se baignent volontairement dans le snr: des hommes. Il est permis d'être incertain sur la vrai'* cause du crime : on ne saurait l'être sur le crime même ; le reste est entre Dieu et la conscience du coapable ; I justice humaine en sait assez pour défendre la société.

Suivons maintenant Papavoine aux débats. Voici u partie de ses réponses :

D. Pourquoi, en vous rendant de Beauvais a Pari . avez-vous emporté dans votre valise deux cootcanx (i ' table ?

R. J ai en l'honneur de vous dire que j'étab extrêmement malade ; je me levais au milieu de la auiL Je m tais forgé mille chimères ; j'avais coutume de placer 1 nuit près de moi une épée et des pistolets cfaâiigés. M'ap pas apporté d'armes dans mon vopge, j'ai pris dcflx co« tcaux que je mettais , l'un sous mon timvenin^ l'aMte^e su ma table de nuit.

' D. Dans quel Imt êtes vous allé le dimanche 19 ^^ tohre à Vtncennes ?

R. Je n^avais aucnn bnt , et la (en»cntaiiofi qpie j a

RELATIVE A hh ffOUE. ^y

rais 4ans la tête s'augmentait à mesure que je marchais.

D. N'avez-vous pas rencontré sur le chemin de Vîncennes une jeune dame que vous aves suivie jusqu'à rentrée du parc ? Lorsqu'elle a rencontré les petits Gerlnxl et les a embrassés , ne lui avez-vous pas demandé si elle connaissait ces enfans ?

R. Je ne me le rappelle pas. J'étab continuellement tourmenté ; je ne sais ce que j'ai fait, je ne me souviens d'aucune circonstance (i).

D. Comment se fait-il que vous ayez rappelé ces circonstances avec fidélité dans l'înstniction ^ et que vous les ayez oubliées maintenant ?

Après voire court entretien avec cette jeune dame « el avoir vu les enfans , vous êtes rentré dans Vineeones , et vous avez acheté un couteau ?

R. C'est possible ; je ne m'en souviens pas*

D. Le 29 novembre vous vous en êtes parÊutement* souvenu à l'instruction.

Pourquoi avoir acheté un couteau 9 si ce n'était ponr égor«^r ces malhenreun enfans ?

R. En examinant le chiteAu de Vincenaes , mes yeux se sont portés sur le donjon. Persuadé , dans ma folie , que des prisonniers y étaient encore renfermés « j'ai achel'* le eoulèau pour délivrer ces malheureux prisonniers. Pouvez-voQs me supposer un autre motif » pouvez^voqs croire que j'aurais adieté un couteau pour aller , à deux cents pas ^•'là , tuer en plein jour ces maUieureux enbns?

D. Cependant c'est quelques minutes auparavant que îOBs aviez démandé à qui ^partenaient les enfans; vous pensiez dooc à ces enfans 1 et n^n aux prisonniers d' Vincennes. Mais si vous M>ngiez à délivrer ces derniers ,

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