DIVERSES PARTICULARITÉS OU \VIII« SIÈCLE
Le palais épiscopal. — Historique du XVIII" siècle.— Voitures à Bordeaux. — Tremblement de terre k Bordeaux. — Suicide. — Présents. — Jardin-Public. — Lanternes et réverbères à Bordeaux. — Éclairage au gaz. — Petite botte aux lettres. *- Hospice des vieillards. — Magasins de la marine. — Moulin des Chartrons. — Église de Saint-Louis. — Le premier club. — Les francs-maçons. — Les différentes loges. — Débordements de la Garonne. — Les Fontaines. — Les hivers rudes, etc.
Cest dans la seconde moitié du XVIII® siècle que fut con- [^jy^^ xv. struit le palais archiépiscopal ; M^ le prince de Roban obtint des lettres-patentes qui Tautorisaient à vendre tous les terrains dépendant de l'ancien archevêché qu'on appelait , dans le moyen-âge , Yahhaye de Saint-André. Ces terrains s'éten* daient , en allant de la place Dauphine sur le cours , à gauche , depuis la Devèze jusqu'au Peugue ou rue d'Albret , et depuis l'encoignure du nouvel hôpital jusqu'à celle du cours d'Aquitaine. Les belles maisons construites sur ce terrain ont été démolies pour augmenter l'emplacement de l'hôpital. L'intervalle dépuis la rue d'Albret jusqu'à l'hôpital , s'appelait les fossés des remparts du Fort du Hd , dans lesquels on avait pratiqué des jardins. Tous ces terrains étaient en dehors des murs; la ville, de ce côté, était fermée, et l'on n'y entrait que par la porte d'Albret, qu'on a démolie depuis.
L'ancien palais archiépiscopal était situé sur la place où est l'entrée du nouveau, construit sous la direction de M. Etienne , architecte célèbre. La maison qui fait l'encoignure de la rue et de la place Rohan était celle du jardinier; le palais occu- ' pait tout l'espace qui s'étend depuis ce point jusqu'à la rue
Chap. 5.
Livre XV. des Remparls. La rue Rohan et toutes les maisons voisines ont été bâties sur le jardin ; Tilot de naaisons au bas de la rue des Remparts , la rue Pradel et les deux rangs de maisons qui forment Tavenue de Tancien palais (aujourd'hui la Mairie) ont été bâtis dans Tenceinte de Tancienne abbaye. La porte de l'église de la place Rohan n'existait pas ; la rue des Remparts était fermée, et tout ce terrain qui s'étend derrière, dans les rues Bouflard , Monbazon , Boulan , appartenait au vaste et magnifique jardin de l'archevêché. Toutes les maisons , à droite et à gauche, ont été construites sur les vieux fossés et remparts de la ville. Leurs emplacements furent vendus par les jurats.
Ces terrains n'étaient pas les seuls dépendant de l'archevêché ; il était encore propriétaire des vastes marais situés à droite du cours d'Albret , depuis la Devèze jusqu'au Peugue, du nord au sud ; et depuis les arbres qui bordent le cours jusqu'aux propriétés des Chartreux (la Chartreuse). Le cardinal de Sourdis fit dessécher ces marais , y fit faire de larges chaussées dans la direction du levant au couchant, des fossés profonds , plusieurs allées gracieuses, et surtout une , bordée d'arbres, qu'on appelait allée du Cardinal, et plus tard , allée des Savonneuses. Les eaux du marais, à droite » se réunissaient à celles du Peugue , à gauche , près de la porte d'Albret. Le génie de M. de Tourny acheva , deux siècles plas tard , ce que les louables efforts du cardinal-archevêque avaient si heureusement commencé ; il entama la plate-forme et combla les marais de la terre qu'il en fit retirer.
Ce sont ces terrains, devant et derrière l'ancien palais archiépiscopal, que le prince de Rohan fut autorisé à vendre; il traita de cette vente avec la compagnie Rodesse.
Le mur de façade ou d'avant-cour s'alignait à la clairevoie en fer qui fermait la porte de l'église qu'on appelait royale , parce qu'elle ne s'ouvrait que pour les rois et dans les cérémonies extraordinaires ; elle fait partie aujourd'hui de
la sacristie. Cette façade s'étendait jusqu'à peu près au milieu i^^^re xv. de la rue Pradel ; et ce qu'on appelait la place de TArchevê- ^^' ché comprenait tout le terrain, depuis cette façade jusqu'à rencoignuce de la rue de l'Hôpital , et de là , au mur de réglise. Après cette première façade, venait la cour du palais. L'archevêque, sans en sortir, entrait dans Téglise par une petite porte qui conduisait sous l'orgue, en descendant plusieurs degrés. Une grande partie de la rue Pradel était occupée par des maisons dont le premier étage contenait les bureaux et le logement du secrétaire-général, et, après celte cour, s'étendait, sur la même longueur, la façade du palais lui-même , depuis la rue des Trois-Conils jusqu'à la rue du Peugae, sauf une petite portion qui formait une impasse en dehors du palais et qui servait au logement des enfants de chœur et de leurs maîtres. Ce logement existe encore sur la place Rohan , n^ 5; on y entrait par la rue du Peugue.
En sortant de ce bâtiment , on sô trouvait sur la terrasse da jardin s'étendant , en longueur , jusqu'à peu près au tiers de la rue des Remparts, qui était fermée. C'est exactement au bas de celte terrasse qu'on a fondé la façade dé l'avantcour du palais actuel (la Mairie en 1859) ; elle s'alignait sur la nie des Remparts et sur celle des Minimes. Le jardin était superbe et orné magnifiquement; il était ouvert au public le printemps et l'été, disait-on , d'après une convention avec les jurais , qui consentirent , sous cette condition , à laisser murer le jardin et à fermer la rue des Remparts. C'était la seule et la plus belle promenade de Bordeaux, avant l'intendance de M. de Tourny, qui fit complanter le Jardin-Public et les allées auxquelles la reconnaissance des Bordelais a attaché son nom ; mais le beau monde fréquentait le jardin et les allées ombreuses de l'archevêché.
Dans ce superbe jardin, il y avait un beau bassin et un jet d'eau de plus de deux mètres de haut; mais, par suite de iHîlévalion du terrain, en 1806, le jet n'a plus que 70 centime-