Livre XV
Chap. 5.
Les Incurables.
Maternité.
Fontaines.
Voir tome IIl,
pages 206, 295.
T.II,2« partie,
page 53S.
de Y Indicateur et des autres journaux du commerce de Bordeaux.
En 1842, M. de Bigot, conseiller au parlement, conçut et exécuta le généreux projet de fonder un hôpital pour recevoir un certain nombre d*hommes atteints de maladies incurables. Cet hospice est tenu par les incomparables filles de Saint-Yincent-de-Paul ; mais la haute administration et la surveillance sont exercées par une commission particulière. En 1752, on agrandit celte maison du quartier des femmes ; elle fut alors assez généreusement dotée par les pieux sacrifices de M™® veuve de Gooibaud et de M- de Lamothe. Une plaque de marbre portant une inscription en lettres d'or , au-dessus de la grande porte d'entrée , atteste leur chrétienne sollicitude pour le sort des pauvres incurables. On y compte une centaine de vieillards des deux sexes.
Dans une maison contiguë à celle-ci , on fonda , aux frais de la ville, Fhospice de la Maternité, en mars 1805. Ou y recevait les femmes enceintes , de Bordeaux et des environs, qui venaient y réclamer les secours nécessaires dans leurs couches. M™® Coutenceaux y faisait un cours gratuit d'accouchement. On a établi dans l'hôpital de Saint-André une salle d'accouchement pour l'instruction des élèves en médecine.
Nous parlerons de Y Institut des Sourds-Muets et de son établissement scolastique dans notre partie littéraire ; nous avons déjà consacré quelques lignes à Fhospice des Enfants-Trouvés, et nous tâcherons de ne rien oublier qui puisse faire connaître Bordeaux tel qu'il était à la fin du XYIII'' siècle.
Mais de toutes les améliorations qu'on méditait dans la seconde moitié du XVIII* siècle , à Bordeaux , celle de l'introduction en ville d'une bonne qualité d'eau potable paraissait aux yeux des jurats la plus indispensable; cette question était souvent discutée. On se plaignait de l'insalubrité de l'eaa ; on en désirait une plus saine et plus abondante. D'après une analyse de la Font de l'Or, par M. Villaris , il paraissait cer-
Chap. 5.
tain qu'elle était chargée de matières calcaires et peu propres Livre xv. à Tusage des ramilles. Après de longs tâtonnements, il fut enfin arrêté , dans une réunion tenue le 7 mai 1787, où se irouvaient les jurats MM. Gestas, Yillotte, Âcquard, Leydet , Gasebet de Tlsle , avec Buhan ,. procureur-syndic , et de La Montagne, secrétaire, qu*on formerait une commission pour constater les qualités des sources dans les environs de Bordeaux , et pour indiquer les meilleures eaux et les moyens de les conduire en ville.
Lutilité et même la nécessité de cette mesure n'était un sajet de doute pour personne. Les commissaires , MM. Laroque , mathématicien ; Thiac aine , fontainier ; Bonûn , ingénieur et architecte de la ville ; et Blanc , professeur d'hydrographie , après des études persévérantes , conclurent que , dans l'intérêt de la propreté et par conséquent de la salubrité publique , il fallait conduire en ville les eaux de Mérignac , d'Ârlac, du Tondu et des Carmes; que la source de Mérignac, à cause de la hauteur de sa position , pouvait être conduite à la place Dauphine, et les autres sources dans d'autres quartiers plus bas et en rapport avec le sol où elles jaillissaient. Les tuyaux devaient être , non en terre cuite, matière très-fragile , ni en plomb , parce que le plomb , dissous par les sels que charrie l'eau, la rendrait malsaine, mais bien en fer cerclé , qui ne présentait pas les mêmes inconvénients.
Ils allaient jusqu'à proposer de faire venir la rivière de TEau Bourde tout entière , prise à Gradignan , au-dessus du moulin des Chartreux. Cette petite rivière aurait environ trois pouces de pente par cent toises , pour se rendre près de la ville , au niveau avec le sol de la place de Berry.
A l'appui de ses observations , la commission dressa des tableaux contenant les noms des sources , la qualité de leurs eaux , leur hauteur relativement à la place Dauphine et leur dislance de la ville; et, d'après un aperçu général estimatif de la dépense , un aqueduc , pour conduire les eaux de Mérignac
Ghap. 5.