‹ Histoire complète de Bordeaux (volume 2)Chapitre 121 sur 177 · Livre XV. à la place Dauphine, coûterait 833,200 liv · texte numérisé non relu

Livre XV. à la place Dauphine, coûterait 833,200 liv

Les tuyaux en fer 185,860

Les eaux d*Arlac, conduites jusqu'au cours

d*Albret, coûteraient 700,400

Les tuyaux en fer 151,620

Mais, d'après un aperçu général, un aqueduc qui conduirait en ville les eaux réunies des sources de Mérignac et d'Ârlac, coûterait 956,452

Et celles des Cannes 675,589

Dépense approximative .... 1,632,041 liv.

En 1791, M. Lobgeois, ingénieur, rédigea un autre mémoire sur le même sujet; il proposait de réunir à la source de Figuereau , celles de Rivière et Blanc , et de les élever par le moyen d'une pompe à feu , pour les distribuer en ville. La dépense devait être inBniment moindre que celle du mémoire de Bonfin , Thiac , etc. , etc.

Mille obstacles s'opposèrent à la réalisation des vœux des jurats; mais enfin de plus beaux jours arrivèrent, et M. Durand, architecte et ingénieur hydraulique de la ville, fut saisi de la question. Il rappela l'exécution d'un aqueduc dont on avait observé le tracé en 1 826 , sur un développement de 9,600 mètres, depuis une fontaine voisine au moulin de Yayres jusqu'à une sablière, près le pont d'Ars; depuis cet endroit le tracé n'existe plus.

M. Durand affirmait que la source Bouquière, une des meilleures de Bordeaux , d'après nos chroniques de 1612 et 16ti, ne donne aujourd'hui que des eaux séléniteuses et de maavaise qualité ; elle jaillit à huit mètres au-dessus du sol actuel et ne tarit que rarement ; mais elle baisse sensiblement daos les fortes chaleurs. La qualité de ces eaux a pu être gâtée par les infiltrations des terres élevées tout autour , du côté de la rue Bouquière, qui, débouchant sur les fossés, donnait son

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nom à celle source. Au XVII® siècle, les jurais, par un arrêté Livre xv.

municipal, « firent inhibition et défense au fontainier et à tous

9 autres de rien exiger des personnes qui vont laver au lavoir

» public des fontaines de la rue Bouquière, à peine de con-

» cussioD et de privation , au fontainier, de la maison et loge-

n ment qui lui ont été donnés à cet effet. »

Cette fontaine de la rue Bouquière était très-abondante et fournissait une très-grande quantité d'excellente eau ; mais lesCordeliers en détournèrent pne partie en creusant un puits profond dans le jardin. Depuis lors, cette fontaine fournit au service public beaucoup moins d'eau. Sous Louis XIV , on vendit l'emplacement du lavoir et de la fontaine ; les propriétaires y élevèrent des maisons ; ils payaient une rente à la couronne.

La source Daurade fournit une mauvaise qualité d'eau à présent. En 1614, on établit la pompe au moyen de laquelle on élève l'eau; c'était alors, dit la chronique, une belle et bonne fontaine.

La source Audèje est de la même nature que la précédente et au-dessous du sol ; on élève l'eau par une pompe. En 1 559, OQ y fit exécuter de grands travaux ; on la croyait la Divona , chantée par Ausone. Nous avons adopté cette opinion. Tome i, p. Si,

La Font-de-rOr, établie en 1763, reconstruite en 1827 , àîp^gfgJî. jaillit à quelques pieds de terre ; l'eau en est mauvaise et baisse sensiblement dans les grandes chaleurs.

La fontaine Figuereau est ainsi appelée de quelques figuiers qui croissaient jadis tout autour. La chronique en parle à l'an 1625, à l'occasion d'un marché fait avec un certain Romain, de Limoges, qui s'engageait, moyennant 20,000 livres, à en conduire les eaux au Chapeau-Rouge. Celte offre n'eut pas de suite. Elle aussi jaillit à quelques pieds sous terre et a perdu depuis quelques années de son volume, en raison, sans doute, de la proximité de quelques fontaines voisines et de puits particuliers.

Livre XV. La source Lagrange, établie en Tan VI de la République , est assez voisine de celle de Figuereau pour avoir la même origine ; elle appartient à un particnlier qui Tafferme pour le service des porteurs d'eau. Toutes ces sources sont alimentées par une nappe d'eau située à dix ou douze pieds sous le sol.

M. Durand les rejeta , et, après trois ans d'étude et de réflexions, il présenta, en 1827, un plan particulier avec un mémoire détaillé des travaux et des dépenses à faire. Cet ingénieur assurait que les sources des environs avaient perda de leur volume et de leur qualité primitive, probablement par suite des infiltrations ou pour des causes inconnues. La société de médecine avait proposé la filtration des eaux de la Garonne. Ce mode fut adopté dans plusieurs ménages.

M. Alexandre avait tenté un autre moyen de clarification et d'épuration des eaux de la Garonne , au moyen de leur ascension capillaire dans des toiles de coton. M. Durand, tout en reconnaissant que ce mode pouvait clarifier les eaux, affirma qu'il ne saurait les dégager des parties animales et végétales qu'elles tiennent en dissolution. Il fallait , selon Ini, une action chimique pour épurer ces eaux et leur enlever les principes putrides qui les corrompent.

Pour atteindre ce but , il faudrait établir des bassins aux environs de la Manufacture , où l'eau de la rivière aurait de trois à six jours de repos avant d'être portée par des machines à vapeur à une certaine hauteur, d'où , après leur filtration au moyen du sable et du charbon , on pourrait la distribuer dans tous les quartiers de la ville. M. Durand prévit toutes les difficultés éventuelles, et, après avoir calculé toutes les dépenses qu'entraineraient la fouille des terres, la fondation des aqueducs , la maçonnerie , le château-d'eau, les machines à vapeur, les tuyaux , les bornes-fontaines, portait la dépense totale à 1,380,410 fr. 88 c.

Ce projet était possible et ingénieusement combiné , mais il comportait des travaux d'un genre encore peu connu et 3U1

exigeaient la formation d'une commission spéciale, capable Livre xv. de l'apprécier et de le juger. Elle fut formée et on invita *L ' d'abord à en faire partie MM. Desfournier, Sarget, le marquis de Bryas, Leupold, Billandel , Blanc-Dutrouilh et Poitevin, et plus tard, MM. Lartigue, Loze et Bertin, chimistes, et Laclotte , architecte.

La commission reconnut que le projet était exécutable , mais qu'avant de faire supporter à la ville une dépense aussi considérable ,. il conviendrait d'étudier avec soin les projets de 1787 et 1791, et de savoir si, avec moins de frais, on ne pourrait pas se procurer les eaux suffisantes.

La commission porta alors son attention sur la possibilité et la convenance de conduire en ville TEau-^ourde ; mais la dépense fut portée à trois millions , sans y comprendre Tindemnitëde 800,000 fr. à payer aux propriétaires. Un membre du Conseil municipal offrit d'exécuter ce projet moyennant deux millions. La somme parut encore trop considérable. Alors on songea à réunir les sources voisines; mais ces sources étaient loin de présenter la quantité et les qualités désirables; les dépenses dépassaient de beaucoup les prévisions des mémoires de 1787. On y renonça.

A cette époque , on faisait partout des puits artésiens et loD n'entendait que des éloges de ces sources jaillissantes, créées par l'industrie et le génie de l'homme. L'administration consalta des hommes spéciaux ; chacun d'eux fit valoir ses idées; on crut aux promesses et l'on espéra voir sous peu , sur la place Dauphine, un château d'eau, avec des machines hydrauliques , comme à Toulouse , pour faire monter à une certaine hauteur et distribuer dans tous les coins de la ville l'eau d'an puits artésien. On commença avec les meilleures intentions et les plus belles espérances; on parvint, après des travaux opiniâtrement continués, à perforer la terre jusqu'à la profondeur de deux cents mètres; mais le succès manqua complètement à ces belles espérances et à ces généreux efforts !

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