‹ Histoire complète de Bordeaux (volume 2)Chapitre 135 sur 177 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L*élection des jurats. — Le conclave. — Les noms des jurats proclamés à Saint- André. — Serment des jurats et des prud'hommes. — Testament des jurats. — Jurement du maire sous les Anglais. — Revenu que retirait le maire. — Pouvoir des maire et jurats. — Les nobles ne pouvaient pas être jurats avant la fin du XIV* siècle. — Costume des maire et jurats. -— Les maire et jurats maintenus dans leurs privilèges, malgré les efTorls du sénéchal.— Discussion entre le prévôt de rOmbrière et le jurât qui était prévôt de THÔtel-de-Ville. — Règlement fait a cette occasion. — Privilège reconnu au roi d'Angleterre. — Cour d'appel ii Périgueux. — La conduite des Bordelais à l'égard de Lancastre. — Prétention do prévôt royal sur le bourreau et les femmes de mauvaise vie.-— Le bourreau , sans costume , ne sortait jamais de la ville sans la permission des jurats.

Livre \M. Au XIV'' siècle , réieclion des nouveaux jurats se faisait la "" veille de la fête de Saint-Jacques et de Saint-Christoly. Voici

comment :

a Chaque ancien jurât nommait un candidat de sa jurade » pour le remplacer ; on en choisissait un dans la plus voi- » sine , lorsqu'il n'en trouvait pas dans la sienne. Pour être » au nombre des élus, il fallait être né à Bordeaux, de légitime » mariage, avoir vingt-cinq ansaccomplis, la jouissance pleine » et entière de ses biens et de ses droits, être chef de maison, » avoir un domicile dans la ville , y faire sa résidence et pos- » séder mille livres de revenu.

» Les anciens jurais ne pouvaient sortir du conclave qu'une » fois l'élection terminée. S'il survenait quelque débat pendant » l'élection, on appelait le maire, qui jugeait le différend et se » retirait ensuite en dehors de la porte du conclave,

» Après l'élection, le maire, sur la réquisition des anciens » jurats, devait ouvrir la porte de l'Hôtel-de-Ville pour les » laisser sortir, et le jour de la fêle de Saint-Jacques et de

» Saint-Christoly, on faisait sonner , de bon matin, la cloche '-'^^re xvi. » de l'HôleUde-Ville. Après quoi , le maire el les anciens 1 '

» jurais , avec les plus notables habitants, se rendaient dans » la nef de Saint-André, et là, on faisait part de l'élection au » peuple, qui avait été averti, dès le soir, à son de trompe; » puis les nouveaux jurats prêtaient serment, le Corpus Chrisli » présent , entre les mains du maire ; ceux qui en étaient em- » péchés prêtaient serment à THôtel-de-Ville. »

Depuis 1550, les élections municipales se faisaient le 31 juillet et non le 24, comme dans les siècles précédents. Ce jour-là, les jurats et les prud'hommes, le maire en tête, se rendaient à Saint-Éloi , et après y avoir prêté serment à i.autel, sur la croix et le Missel ouvert aux paroles Te igitur, de bien et loyalement élire leurs successeurs, ils entendaient la messe du Saint-Esprit, puis entraient au conclave pour procéder à 1 élection des jurats, en présence du maire, s il était en ville; le clerc de ville constatait les voles dans un cahier qu il cachetait de cire verte de tous côtés et qu'on appelait ïempasiat.

Le l^*" août, le premier jurât portait ce paquet cacheté de cire à la cathédrale , où, du haut d'une galerie, le clerc de ville proclamait au public les noms des élus. Ceux-ci, alors, prêtaient serment à St-André , le Corpus Christi présent , de « bien et loyaument, à leur pouvoir et bonne foy, régir et » gouverner la commune de la dite ville de Bourdeaulx, et » eux porter, bien et fidèlement en l'exercice de leurs étals, » faire droit, raison, et administrer justice tant au pauvre >} qu'au riche , non ayant égard à amy ou ennemy, ni autre )) cause quelle qu'elle soit ; que tous et chascun de la dite » ville garderont d'oppression, tort, force et violence; que )> les biens de la commune de la dite ville ne donneront, ni » frustratoirement dépendront et distribueront, ains feront » leurs efforts, le tout augmenter, au profit et utilité de la » dite ville et chose publique d'icelle. »

t'«Parl.n. 1o .

Chap. 3.

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