Tome !•% Les Francs arrivent et introduisent dans cette législation
pag. 129, 279. ^^ nouvel élément, leurs mœurs et leurs lois. Les formes
sont nouvelles , mais le fond reste presque toujours le même : le droit romain et le droit salien coexistent , se mêlent sans se confondre complètement. Le plaid ou parlement du roi (placitum régis) , le plaid général ou parlement national sont convoqués périodiquement , selon leurs antiques usages , sicut mos erat Francorum , pour les grandes affaires. Le génie de Charlemagne s'imprime plus tard aux formes des cours de justice; elles devinrent sévères et imposantes et servirent admirablement à réprimer les écarts des grands et les désordres du peuple. A sa mort , il se fit un vide immense dans l'État; les abus ressuscitèrent, et, vers la fin du X* siècle, l'Aquitaine se trouva envahie par le flot toujours croissant de l'ignorance avec son cortège habituel : l'immoralité , le mépris des lois et la plus déplorable anarchie. Pendant deux siècles , les cours de justice se modifient; par leurs dévelop-
(1) In plerisqiie judiciis credcrct popiilus romanus suâ intoresse quod jiidiraivlur. ( Tacite. )
pemenls laborieux , fruits du temps et de la nécessité , nous Livre xvi. voyons les jurisprudences féodales et ecclésiastiques s'éten- '^^ * dre, se compléter et s'enrichir de nouvelles lumières , de formes neuves et moins compliquées. Rivales toujours, rarement amies, elles ne s'accordaient bien que sur un seul point, leur tendance mal voilée à limiter et à miner peut-être l'autorité royale, pour étendre et agrandir la leur et se substituer à sa place; cest la nature de tous les corps dont les droits et les devoirs ne sont pas nettement définis.
Dans les assises de la Gascogne, les débats étaient publics sur la grande place de l'Ombrière , devant une Cour composée de jurisconsultes et présidée par le Juge Mage de Gascogne, qui était le lieutenant (loctenent) du sénéchal. Les accusés avaient leurs défenseurs à leur côté ; les témoins étaient entendus contradictoirement et selon la maxime féodale; chacun, noble, roturier ou ecclésiastique, était jugé par ses pairs. Mais la corruption et l'ignorance étaient si profondes et si générales, le mensonge si familier à presque toutes les classes, le parjure si commun, qu'on substitua aux formes judiciaires antiques les preuves superstitieuses que le peuple s efforça, dans son ignorance , de rendre plus respectables en les appelant les jugements de Dieu!
Sous les Anglais, les maire et jurats étaient à la fois les cour du Prévôt magistrats du peuple, et , à une certaine époque , et surtout ^^ ^^ ^'**^* après Charles VU, les agents du roi. Ils tenaient la Cour de Saint-Éloi , où l'un des jurats présidait , comme juge municipal, assisté des quelques prud'hommes, savants conseillers, qu'on appelait sabios et coustumiers. Ce jurat-président prenait le titre de prévôt de Bordeaux (perbost de Bordeu) ; il prononçait en première instance sur les contestations entre les habitants de la ville et de la banlieue. En certaines circonstances, cette Cour connaissait de toutes les affaires civiles, criminelles et féodales; mais on pouvait appeler du prévôt au maire et du maire au sénéchal , qu on appelait aussi le
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