Livre XI
Chap. 5.
Mém., t. III.
Montglat ,
D. Devienne, liv. X.
Montglat , MémoireSf t. II.
La Rochefoucauld, t. II.
Mottcville, tome IV.
Li?re XI.
Lenet , t. III.
Montglat, id.
Mémoires , t. Il, p. 311.
Garonne épousèrent sa cause , à Texceplion de Langon , qui paya bien cher , plus tard, sa fidélité à son roi. La Rochelle, les îles de Ré et d'Oleron se prononcèrent pour le prince ; une flotte espagnole de treize vaisseaux et de six brûlots était entrée dans la Gironde et venue même en vue de Blaye , sous la conduite du baron de Yatteville, amiral d'Espagne. Tout semblait encourager l'entreprise de Condé. Flatté de ces beaux commencements, il fit assiéger Saintes, qui se soumit , et se rendit maître d'une grande partie de la Sain— tonge. Il fit investir Cognac, qui tenait encore; et, laissant de La Trémouille et de La Rochefoucault à la tête de ses troupes, devant cette place , il alla à Bourg pour s'aboucher avec Yatteville et lui livrer cette ville et la place de Talmont , conformément au traité conclu à Madrid , par Lenet; mais, dans cet intervalle , Harcourt fit lever le siège de Cognac et força les troupes de Condé de battre en retraite sur Tonnay-Charente. L'embarras du prince était extrême ; quelques villes , Agen en particulier, avaient embrassé la cause du roi ; il ne pouvait guère compter sur les Espagnols , dont les Bordelais étaient jaloux ; il avait appris que le maréchal de Grammont venait du Béarn pour bloquer Bordeaux ; il se voyait hors d'état de résister aux troupes royales et attendait en vain l^arrivée du duc de Bouillon et du maréchal de La Force , qui demeuraient indécis sur le choix d'un parti. Enfin , se voyant hors d'état de se maintenir dans la Saintonge , il se mit en route pour Bordeaux où il fut bien désappointé, n'y trouvant pas le même élan ni la même unanimité qu'il avait espérés.
« Le prince de Condé, toujours invincible jusqu'ici, dit x> Montglat, se trouvait bien empêché; il n'osait tenir ferme » devant le comte de Harcourt , qui le battait en toutes ren- » contres , et par là il connut la difiérence qu'il y avait entre » combattre contre les ennemis de l'État, à la tête de vieilles » troupes aguerries , et de tirer l'épée contre son roi , avec » de nouvelles levées qui s'enfuyaient d'abord. Il n'osait se fier
» à personne dn pays , de peur d'élre trahi , et dans Bordeaux » même il voyait les principaux du peuple qui murmuraient s de oe que les Espagnols étaient venus pour le secourir , et i qui ne pouvaient souffrir qu'on prît les armes contre le » roi. »
De son côté , le Parlement se trouvait dans la plus pénible iocertitade 9 et avec la perspective de périls sans nombre. Il se réunit extraordinairement le 27 octobre 1651 , et ordonna que de très-humbles remontrances seraient faites au roi et adressées directement au duc d'Orléans , avec prière de les appuyer auprès de Sa Majesté. Dans ces remontrances, le parlement se permit d'exposer à Sa Majesté que le cardinal absorbait la toute-puissance au préjudice des droits royaux et éloignait du conseil des hommes dignes de la confiance du roi ; que Monsieur le Prince avait vu le piège qu'on lui tendait et avait de grandes et légitimes raisons de se retirer à Saint- Maur ; qu'on l'accusait calomnieusement d'avoir des intelligences avec les ennemis de l'État , et qu'il ne s'était soustrait à ses ennemis , par la fuite , que pour prouver plus tard son innocence et son inaltérable dévoûment à son roi ; que le cardinal se préparait à rentrer et que sa mère et les Mancini préparaient déjà des appartements pour le recevoir, au préjudice des arrêts de tous les parlements qui iWaient proscrit , lai, ses parentsetses domestiques, dont un grand nombre était déjà rentré ; que , enhardi de ces espérances , le duc D'Épernon avait aussi tourné ses regards sur Bordeaux , dont il était le parricide ; que le marquis de Saint-Leu , depuis quatre ou cinq mois , défendait de porter des blés à Bordeaux ; que le prince de Condé était arrivé à Bordeaux sans armes, ss^ns suite; que, voyant les dangers auxquels il s'exposait, ses amis s'étaient réunis autour de lui pour le défendre contre ses persécuteurs ; que le duc de Saint-Simon se fortifiait toujours à Blaye , augmentait la garnison , levait des droits extraordinaires sur toutes sortes de denrées, sans autre titre que la