Livre XU Cbap
Gazette
de France ,
citée par
D. Devienne,
il mai 1655.
D. Devienne, ibid.
LWreXU. p|e , à prier le roi d'ordonner ta reconstruction des forts de *L * Trompette et du Hâ. Il le désirait; il voulait, même en cas * ' de refus, le faire par force; mais il aimait mieux avoir Tair de plaire à la population , 'en faisant construire , à sa prière , des citadelles qui dominassent la ville et ta rivière, à la place des mesquins châteaux qui existaient et dont elles devaient prendre les noms. Quand il vit toutes les difficultés aplanies, il chargea M. d'Estrade , maire perpétuel de Bordeaux , le duc de Vendôme, de se concerter avec M. d'Argencourt pour dresser le plan et le devis des travaux à exécuter dans la vue de réaliser son vœu. Sa Majesté ordonna qu*on laissât entre les mains de M. d'Estrade la somme de 40,000 livres, prise sur les fonds des travaux de l'armée, avec la faculté d'y appliquer aussi les revenus des duchés d'Albret et de Fronsac. Il leur dit, en même temps, que s'ils éprouvaient de la difficulté à disposer les jurats et le peuple à demander euxmêmes au roi ce qu'il désirait, il leur donnait plein pouvoir Mémoire» d'agir conformément à ses intentions, et avec les forces qu'il ^ idem. ' laissait à leur disposition; il les autorisa en même temps à se servir, pour les travaux projetés , des 60,000 livres que le sieur de Tracy avait levées sur la provincfe dans le but de contenir le peuple dans le devoir ; il recommanda surtout que l'obéissance fût manifeste et réelle; que toute difficulté fût levée et toute réserve examinée et écartée ; qu'alors on procéderait à la démolition des vieilles murailles de ces deux châteaux, pour réparer entièrement celui du Hâ, reconstruire celui de Trompette et rétablir le fort César que M. de Vendôme avait fait bâtir sur la rive gauche de la Garonne , visà-vis de Montferrand.
C'est alors que le Château-Trompette, commencé en 1454, fut réparé et agrandi par Vauban , qui y ajouta un chemin o>ouvert , deux demi-lunes et une grande contregarde. Cette citadelle était composée de six bastions, dont trois étaient du côté de la rivière. Le gouverneur était logé dans celui du
milieu ; il avait une vue délicieuse sur la rade et les collines tivre xii. de la rive droite. La contregarde était en avant du bastion ^L. ' ' Dauphin et le couvrait : elle était grande et admirablement imaginée. L'état-major était nombreux.
Le château du Hft était presque un parallélogramme, flan- note 4. que aux quatre angles de quatre tours rondes à Tantique, non compris deux tours carrées qui donnaient sur les derrières du palais archiépiscopal. La porte de secours était couverte d'un ouvrage en forme de fer à cheval. Il y avait une antre tour ronde par laquelle il fallait passer pour entrer en ville; le fort était sous les ordres d'un commandant. Sa garnison était m détachement de celle du Château-Trompette , qu'on relevait tous les mois.
D'Estrade et les généraux n'osèrent pas employer la force ; c*eùt été trop impolitique, alors que les passions étaient encore vivaces et les haines mal assoupies ; la persuasion leur parut ane meilleure arme pour obtenir ce qu'ils voulaient. D'Estrade, muni de pleins pouvoirs, devait agir en maire, sans autre contrôle que celui de Sa Majesté, qui , en déânitive, s'en rapportait à sa prudence pour tout ce qui touchait à son projet favori, et, en second lieu, pour la démolition ou la conservation des forts de César et de La Bastide, selon qu'on le jugerait Dtile ou nécessaire pour son service. Ces deux forts furent JQgés désormais inutiles et démolis. Bordeaux devint calme et Tordre se rétablit. Vendôme se retira avec ses vaisseaux désarmés ; il en envoya quelques-uns à Royan , d'autres à Marennes et à La Tremblade. L*évéque de Tulle resta à Bordeaux pour y affermir l'autorité royale; il s'acquitta de sa mission avec succès, par son adresse et sa haute influence.