‹ Histoire complète de Bordeaux (volume 2)Chapitre 46 sur 177 · Livre \IU Chap · texte numérisé non relu

Livre \IU Chap

Hospice

des aliénés

ou eoclos

d'Arnaud

Guimud.

Jeux de hasard défendus.

Bourgogne, petit-fils de Louis XV, on lui donna le nom de Bourgogne. Ce fut notre célèbre intendant, Tourny, qui 6d posa la première pierre; elle fut construite par rarchiteclo Chevet, assisté par Lartigue père , autre architecte distingué de notre ville. Ce noonuraent fut inauguré avec solennité le 30 septembre 4761.

L'hôpital d'Arnaud Guiraud , situé derrière Tabattoir, devint en 1675 l'hôpital des pestiférés, et en 169SI un asile pour les pauvres; en 1803, l'hospice des aliénés.

L'hôpital des métiers fut commencé en 1639, par les libéralités de M"^ de Tauzia, veuve de M. de Brezets, conseiller an parlement de Bordeaux; L'hôpital des enfants trouvés subsista, de 1714 à 1775, au coin des rues d'Aquitaine et de Mingin. Comme ces établissements, par leur but et leur fondation, touchent de près aux intérêts religieux de la ville, nous en parlerons avec tous les développements nécessaires dans notre Histoire ecclésiastique du diocèse ou Vies des Archevêques de Bordeauœ.

L'administration municipale de Bordeaux s'est toujours montrée hostile aux jeux de hasard. Le 29 septembre. 1673, le roi révoqua toute autorisation accordée pour tenir des jeux on académies à Bordeaux ; les jurats firent enregistrer cet arrêt et tinrent la main à son exécution. En 1683, on avait multiplié les billards près des écoles, de manière que les jeunes gens y perdaient leur temps et leur argent. On supprima les billards et on défendit, sous peine d'une amende de cinq cents livres , de tenir des berlans ou des jeux de hasard. Nonobstant tout le zèle des jurats pour la défense de la morale, la pas»on du jeu étendait en secret ses ravages. On fut obligé, en 1689, de défendre à tontes sortes de personnes, de quelque condition qu'elles fussent, de continuer à jouer le jeu de la bassette ou de pour-et-contre, autrement nommé le pharaon , sous peine de 3,000 liv., dont le tiers serait remis au dénonciateur et le reste aux hôpitaux. Malgré toutes ces mesures répressives,

les Bordelais el surtout les étudiants se livraient constamment ^^^^ xii* au jeo , ào point qu*en 1692 on fut encore obligé d'ordonner *L le déplacement des billards qu*on avait rétablis prèsdes écoles elde défendre aux étudiants de les fréquenter aux heures des eoars publics. Le 12 avril de Tannée suivante , voyant qu'on Codait les arrêts de la Cour et leurs propres ordonnances, les jvrals ordonnèrent aux maîtres de billards de se retirer dans Il quinzaine, avec leur mobilier, aux entrénpités de la ville, à peine -de payer une amende de cent livres ; il leur fut en outre défendu, sous des peines graves, de donner à jouer chez eux aux caries ou aux autres jeux de hasard. La même défense fut renouvelée en septembre 1695, et, voyant leur zèle impuissant contre ce penchant immoral au jeu , les jurats se décidèrent enfin, en janvier 1696, à publier une ordonnance pour la démolition des billards.

Nous avons déjà remarqué les bienveillantes dispositions des Présents. Bordelais envers tous les grands personnages qui passaient T. n, pag. i39. parleur ville. En 1681, l'ambassadeur russe ou moscovite arriva le 3 jmn dans notre cité ; les jurats allèrent le coropli* menter et lui offrirent un présent de quelques douzaines de boQteilles de leurs vins exquis et de leuns eaux-de*vie, avec âeux bassins de confitures.

En 1685, les bateliers de La Bastide se rendirent coupables Passage «Je plusieurs exactions injustifiables, en forçant les passagers ^® ^ Bastide, <le payer plus qu'il ne fallait. Les jurats publièrent le tarif vivant : 4 deniers pour chaque passant ou 3 sols, s il était bien pressé et exigeait qu'on le fît passer sans délai ; le ionisons la peine du fouet. En 1691, on renouvela la même ordonnance , à cause des abus qu'on y commettait à Toccasion dn passage.

En vertu des lettres-patentes du 7 avril 1764, fut con- ^é à la ville le produit exclusif du passage de La Bastide, qui était libre, mais mal servi. Le 1*^ décembi^ 1767, on alferma ce passage par un bail consenti par les jurats pour

Lhre xii. trois années , à raison de 4,450 liv. par année. Depuis 4792 "L ' jusqu'en 1800, oe passage fut rendu libre et exploité par le premier venu , mais avec des abus. La construction du pont les a fait cesser.

Vers Tan 4605, Biaise de Gascq, après avoir été quelques années dans un couvent de chartreux , en Calabre , vint à Bordeaux et résolut, par son testament du 5 décembre 4605, de vendre ses propriétés et d*en consacrer le prix à la construction d'un couvent de son ordre , sous rinvocation de Saint-Bruno ; mais il mourut avant d'avoir vu son vœu réalisé. Le cardinal de Sourdis employa le legs et y ajouta ôe ses propres fonds pour exécuter les dernières volontés du testateur, et, au mois de juillet 464 1 , alla bénir la première pierre de ce monument que le prince de Condé , alors gouverneur de Guienne , posa lui-même, au milieu de toutes tes notabililés de Bordeaux et d'une foule immense de peuple. Le terrain appartenait à l'arcbevéché de Bordeaux. Il fit aussi pour le même objet de grands sacrifices pécuniaires, ce qui a fait dire que le cardinal était le fondateur de ce monumenl. L'églîde fut consacrée par lut et livrée au public le 99 mars 1680. Ce lieu, appelé primitivement Ptpeu^ était sous la juridiction du chapitre de Saint-Seurin. Les chartreux abandonnèrent lofir première demeure aux Chartrons pour y transporter leur couvent.

LcsDjardisde C'est aussi dans ce temps qoe le cardinal entreprit le

dessèchement des marais qui s'étendaient depuis son jardin jusqu'à la Chartreuse ; ils étaient pour les Bordelais une source de maladies et de fièvres contagieuses qui revenaient pour ainsi dire périodiquement tiioissohner, sous le nom de peste , la population de la ville. On n'y voyait que d^ mares d'eau stagnante d'oii s'exhalaient des vapeurs épaisses et fétides, tous les soirs et tous les matins ; c'était un endroit inabnrd«^ble jusqu'alors, où ni homme ni cheval ne pmwaiefit avancer. Le cardiiâl ordonna qu'on y fit des canaux et des tranchées larges et pTofonctes et qu'on y plantât des arbres dans une terre

TArchevèché.

FBpportéer; il fit exhausser le sol de plas de trais pieds , et Lmv xii. réussit ; 6n le dedséchunt , è en fftire ttoê lerrei fertile et des J. prairies saperbë^. C'était podr les Bordelais tin travail de la plus haote imporlance; letir reconnaissance en gardera iiti éternel souveair.

Les pauvres attt été l'objet de la sollicitude des magistrats , Les pauvres. à (oates tes époques de notre histoire ; les règieftiefits ou slalofs de la ville « pendaiât le X VII« siècle , portaient Tetopréinte (l'une profonde sagesse et d'une grande sollicilude pour cette dasse de dtoyens , jointe à une sévérité plutôt nominale que réelle, ^ar ufi de ces statuts, pabtié le 4 mars 1603, il était défendu à fMis personnages sains et valides, qui pouvaient gagner leur v\é par un travail maimel ou autrement , de mendier dans la ville; il feur était ordonné de faire choix d'un état m métier qai pftt les ftlire vivre et entretenir leur famille ; anu^ment il leur était enjoint de sortir de la ville dans les vvB^t-quatre bewes , sotis peine d^^e atUÈchés au collier et wm à tirer les ehati^ts, curer tes ftiisés, netttrtfer la dite vilte et autres ordures pubUifues , pour la première transgressidn , et pour la seconde , k peine du fouet.

On aitâiCfhMl au cotiier les mendiants valides , les &iiifs mofmus, les joueurs, les ru/jHens, tes vagabonds; celai qai les eounttatidait avait &4 livres de .gages.

Les pauvres îtivâlide^ ne pdutaient mendier dans les églim , rues et vetielles de la ville , sôus peine d'être renfermés à TbApital , au pain et à Teau; et, pMr en diminuer le nojiibre , ou fit défense aux gabariers d'eu passer d'étrangers , et à tous poTttors de les laisser eMrer, h peite de 10 livres d'ameùdë.

n fnl a«ssi défendu a à touties psmtnes paillardes , concubines (m auiremeM âiss&hèeè , et à toutes autres manières de gens vivant en lubricité, paillardise ou menant méchante iië , de résider on demeurer dans là ville , à peine du fbûet; et aUœ luAitànts , d hiberner àu' bailler maison à l&tédge auœ dites

Livr^ XM« femmes , à peine de \0 livres d'amende pour la première foi$ , L ' e/ pour la seconde , de perdition des dites maisons , etc. , etc. » II y avait aussi des règlemeofô de police pour tous les étate ou corps de méliers qui renfermaient les dispositions les plus sages, niais que nos idées modernes repoussent , quoique applicables dans tous les temps, aujourd'hui comme alors.

En 1643 , il y eut à Bordeaux une grande disette de blé et beaucoup de mendiants ; on les renferma tous pour trois mois dans rhôpital de santé hors ville.

En 1674, on expulsa tous les pauvres étrangers et od renferma dans la Manufacture tous ceux de la sénéchaussée qu on trouvait en ville. Ces dispositions sévères tombèrent en désuétude ; les pauvres étrangers y revinrent en si grand nombre que les jurais se virent encore dans Ip nécessité de les en expulser de nouveau ( 21 août 1681 ). En 1685 on remit eu vigueur les mêmes ordonnances et on défendit sévèrement la mendicité. Il fut enjoint aux cabaretiers de ne pas Içur donner à manger, sous peine de 50 livres; aux gabarriers , de ne pas les porter en ville , sous peine de 400 livres. Ces dispositions ne suflSsant pas, il Eallait rintervention d'une autorité plus compétente. En effet , le 4 ja&vier 4687 on transcrivit, sur les registres de rHôtel-de-Ville , une ordonnance royale, dans laquelle Sa Majesté témoigna le plu^^frand désir d'augmenter et de doter plus amplement les hô{ûtaDx du royaunjie , ne voulant qu aucun de ses sujets fût à charge au public; le roi ordonna, en coi^séquence, poqrempéeber les oi$ifs de s-abandonner au vol et à d'autre crimes, qu'ils seraient copduits en prison. Eu 4693, on exéoùta avec vigueur ces dispositions contre les mendiants valides ; mais en 4)699, on fut encore obligé de les expulser de la ville parce qu'ils importunaient les passants dans les rues et obsédaient les portes des n^aisQus riches.

Vendanges. Daus toutJe moyen-iige il était défendu, par les jurats, de commencer à vendanger, dws la juridiction de la ville,

avaot que raotorisalioa nen fût accordée par les jurais, eo Livre xu.. soooaDt, à cet effet, la grande cloche de l'Hôtei-de- Ville. L

Ed 1699, par une ordonnance du S septembre, les jurats reooaveièreot la même défense, sous peine d'une amende (le 100 livres.

C&i aussi dans le XVIP siècle que les jurat-s firent deman- Titres der des copies des titres concernant les privilèges de la ville , **f prîvi^es qoe les Anglais avaient emportés en quittant la Guieime» Le sieur Duribaut en fit venir une expédition en due forme. Ces copies , dont les originaux sont dans la tour de Londres , forent déposées à THôtel-de- Ville, conformément à la délibération des jurats , à ce sujet , en date du 12 juin 1673.

Le 3 octobre 4661 , par un arrêt du conseil , le roi évoqua Prœès des à lui tous les procès et différends civils et criminels de THÔtel- J'*'^'* évoqués

^ , par le roi.

de-Yille , tant en demandant qu'en défendant , auxquels les jorals et autres officiers de THôtel-de- Ville seraient parties. Les affaires qui regardaient la ville étaient portées au grand conseil, et les affaires particulières des jurats étaient renvoyées en première instance, devant le président et le sénéchal de Liboome , et , par appel , devant le grand conseil ;

Par arrêt du conseil du 31 mars {674 , il fut reconnu que , Les franchises d'après un hommage rendu au roi d'Angleterre, en 427â.« les Bordelais' avaient de tout temps iena leurs biçns allodialement et avec toute sorte de franchise; que oe droit avait été confirmé par des arrêts du parlement en 1614 et 1673; et, que, par on arrêt du cpnseil, en 1665, le roi avait ordonné à ses agents, chaînés de recouvrer les taxes, de respecter les franchises du maire et des borurgeois de Bordeaux, ensemble les communautés séculières et régulières, pour leur jouissance des alleux , nobles et roturiers.

U 12 juillet il fut délibéré en jurade de faire un emprunt de dix mille livres pour la démolition des châteaux deFronsac et de Caumont. M. du Sault, avocat général au parlement, fnl chargé par le roi de procéder à ce travail ; il demanda

ou alleux des Bordelais.

LhrreXii aui jurats des ouvriers; on en fil venir de Taïence, Gradi- -1 ' gnan, Villenave, Bègles, Mérîgnac, Léognan, Ceslas, IHats, Bonliac.

On autorisa lesUrsulines, au mois de janvier 1629, à faire un passage souterrain dans la rue des Fossés , pour aller de leur couvent à une maison qui leur appartenait à l'entrée de la rue Sainte-Eulalie.

En 1633, une trombe ou typhon impétueux renversa une partie du clocher de l'église de Saint- Nicolas-de-Graves, mx Gahets, et parut enflammé du côté de Saint-Michel; il jeta à terre une partie de la muraille de l'hôpital des pestiférés.

Le 5 mars 1638 on reçut à Bordeaux les ambassadeurs de là république de Venise ; on les logea chez M. de Mods, près du couvent des Recollets.

Le chAtean de Cadillac , le plus beau du royaume , après les palais du roi , était tellemeut célèbre que la princesse de Carfgnan, de passage à Bordeaux le 2 août 1644, eut la curiosité de l'aller voir. Les jurais lui firent préparer six bateaux pour l'y transporter, elle et sa suite, avec une tnagni^ fique collation de fruits et de confitures. Le duc d'Épernon la reçut ei la traita avec utt luxe quasi-royal.

En 1624, on commença à démolir les fortifications de Castillan ; par les grands motifs d'urgence, d'utilité publique, da service du roi, le cardinal de Sourdrs autorisa les ouvriers S y travailler les jours de dimanches et de fêtes, jusqu'à la fin des démoh*tiôns , rhais sans tirer à conséquence.

Cette même année fut démoli le château de Saint-^acaire ; mais on laissa les murs de ta ville debout.

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