Livre XIV
Ghap. 1.
Delchcverry,
Histoire des Théâtres.
En présence des embarras financiers que le plan de Louis devait créer à la municipalité, on exposa la situation an ministre, et, par leltres~pa tentes du 4 septembre 1773 , « ti » fut concédé à la ville de Bordeaux, à titre d^accensemeni » et de propriété incommutable , une partie des terrains ci" » devant compris dans les glacis du Château-Trompette, pour » bâtir une nouvelle salle de spectacle, avec l'autorisation de » vendre l'excédant de ce terrain pour s'indemniser des frais » dexette construction, à la charge de construire la dite salle » dans l'espace de deux ans et de payer une somme annuelle » de 5,200 liv., pour être affectée en partie à une augmen- » tation du traitement des officiers du Château-Trompette, i> pour sûreté de laquelle somme les jurats seraient tenus de » déposer, dans la caisse du Trésor, la somme de 1 00,000 liv.
» La vente de ces terrains produisit 839,233 livres; les » emplacements 41, 42, 43, adjugés à Boyer-Fonfrède; furent » payés, les deux premiers, 420 liv. la toise, et le dernier, » 501 liv. (5 août 1774). »
Tous ces travaux imprévus, dont parle Louis, nécessitèrent de plus grandes dépenses et firent modifier le plan primitif; les autorités de la ville comprirent les motifs allégués par Louis et approuvèrent les modifications le 20 février 1774. Cependant les finances de Bordeaux étaient loin d'être prospères et ne répondaient nullement aux dépenses si coqasidérables d'une si magnifique construction. Turgot, effrayé de cet état de choses , d'après le rapport du sieur Paris, envoyé à Bordeaux, pour vérifier les travaux de la salle, fit, de concert avec le ministre Bertin , défendre de continuer les travaux de l'Hôtel-de-Ville et de la salle de spectacle, le 3 novembre 1774. Le nouveau contrôleur des finances ne se borna pas là : il enleva aux jurats le contrôle et la surveillance des travaux et en chargea M. d'Esmengart , intendant de la province, par un arrêt dn Conseil du 11 décembre 1774. Celui-ci n'écoula que trop
tes adversaires de Loius, qui , par haine contre' Richelieu « s'efforçaient, par tous les moyens, de contrarier son architecte. C'étaient de nouveaux retards et de nouveaux chagrin pour le célèbre architecte ; on avait déjà payé aux entrepreneurs une sojQQOQe de 354,043 livres.
On avait contracté, en 1773, sur la banque de Gânes, un emprunt de 200,000 livres, pour la construction de THôtelde-Ville; on en employa une partie pour la nouvelle salle; mais c'était insuffisant et Turgot n'avait pas de fonds pour Bordeaux. Les jurats ne voyaient pas avec plaisir les empiétements du ministère sur leurs libertés et leurs droits; leurs privilèges paraissaient amoindris par les pouvoirs donnés à U. d'Esmaogart. Ils furent mécontents et en firent part , le 1 4 août 1774, au maréchal de Richelieu, et le 19 à M. de Gascq, premier président ; ils répondirent tous deux aux jurats, pour calmer leur colère et les tranquilliser sur le travail con6é à Tarcbitecle Paris, chargé de rendre compte au contrôleur général Terray de tout ce qui concernait les travaux de la salie de spectacle, leur donnant l'assurance quils ne pouvaient qu'y gagner. Louis se rendit à Paris, exposa l'état de choses, et, après avoir détruit les préventions qu'on avait répandues contre lui, obtint, le 7 mars 4775, un arrêt pour la continuation des travaux , conformément à son pian , s^ns iaierruption jusqu'à l'entier achèvement. Louis revint content et rouvrit ses ateliers ; tout semblait répondre à ses désirs.
D^uragés et irrités par les nouvelles mesures prescrites elVapprobation donnée aux projets grandioses de l'architecte, les jurats adressèrent des réclamations au ministre , et, sachaol les secours qu'ils pouvaient tirer du parlement, s'ils pouvaient l'engager dans leur cause , ils s'exprinoèrent ainsi , dans la lettre à Turgot du 12 avril 1775 : (c Ce corps (le » parlement ] souffrirait-il qu'en écartant ainsi les usages et » les règles ordinaires de l'administration on parvienne à » soustraire à sa surveillance et [k son inspection, tou3 les