‹ Histoire complète de Bordeaux (volume 2)Chapitre 90 sur 177 · Chapitre de Saint-Seurin : MM. de Paty et Joly · texte numérisé non relu

Chapitre de Saint-Seurin : MM. de Paty et Joly

Trésoriers de France : MM. de Gassies et Vigneron.

Présidial-sénéchal : MM. Felletin et Coulao.

MM. le Juge et les quatre Consuls de la Bourse et les vingt-quatre Notables.

La noblesse : Gaufretcau, Raymond, Malet, Paty, de l'Ancre, Lafaye, d'Arcbe et Cadouin.

Les avocats : MM. Moncrie, du Bergier, Saint-Guirons, Brochon , Desèze, Gros, Cornet et Verderi.

Les négociants : MM. Seignouret, Dudevant, La TuiUiëre, Candau, Brunaud, CroztUac , Laveau et Vignes.

(2) Gentilshommes : MM. de Pontac, vicomte de Ségur, chevalier de Ségur, Rolland , Massip, Duval, GanoUe, Sarrau, Cazaux, Labadie , d*Arche , Galatbeau, La Chassaignc, Montaigne, Sentout, Saint-Eugène, Rolli, Saignes, La Ghassaignc- Pressac.

Avocats: Bouan, Lemoine, Laujacq, Trigant, Gazalet, Garât, Plassant, Vendriers, Brézets, Seur, Barennes, Duranteau fils, Duranton, Martignac, Albespy, Ferbos, Degranges, Saint-Guirons, Roullet , Mathieu, Grangeneuve, Dumirat, Gensonné , Buhan , Duvcrgier fils et Silva.

Négociants : MM. Jarreau , Dirouard, Le Merle; Gabarus, Castincau, Troplong» Caste ra et Labat.

Le 4 décembre, dans une autre séance orageuse, il y eut Livre xiv. des débats très-vifs , mais sans rien conclure d'important. —

Le temps pressait et les circonstances commandaient impérieusement qu'on prît des mesures pour la convocation du Tiers-État. Le grand-sénéchal, Marc-Antoine du Périer, conseiller du roi, s'était hâté, dès le 18 février, d'ordonner «780. qae les lettres de Sa Majesté, du 24 janvier 1789, pour la convocation de l'assemblée des Ëtats-généraux du royaume avec le règlement y annexé, fussent publiées et exécutées selon leur forme et teneur. Il indiqua le 9 mars suivant, à huit heures du matin , pour la tenue de l'assemblée des trois États, dans le palais archiépiscopal. Le grand-sénéchal entra dans des détails très-minutieux sur les personnes qui devaient être invitées, sur les assemblées préparatoires , la rédaction des cahiers et la nomination des députés qui seraient tenus de comparaître à l'assemblée générale, oii devaient être faites la vérification des pouvoirs des députés et des procureurs fondés, la prestation du serment de procéder fidèlement, d'abord à la rédaction d'un seul cahier , s'il était ainsi convenu entre les trois ordres ou séparément, à celle d'un cahier pour chacun dfôdits ordres; ensuite à l'élection, par la voie du scrutin , des notables personnages, au nombre et dans la proportion déterminée par la lettre de Sa Majesté, pour représenter aux États-généraux les trois ordres de cette sénéchaussée. Le clergé devait se retirer dans un lieu désigné , sous la présidence de M«^ l'Archevêque; la noblesse, dans un autre lieu, sons la présidence du grand-sénéchal, et, en son absence, sous celle du pins âgé des nobles, jusqu'à ce qu'ils eussent nommé un président; le Tiers-Êtat devait se retirer dans la salle d'audition du siège du sénéchal , sous la présidence du lieutenant général du sénéchal.

Il régla ensuite tout ce qui regardait la nomination d'un secrétaire, l'élection, par les trois ordres, des commissaires chargés de la rédaction du cahier général dans lequel seraient

Livre XIV. réduits tous les cahiers particuliers; et enfin rélection , par voie de scrutin , des députés.

Cet acte, rédigé le 18 juin, fut signé du Périer et Coulau.

Le moment de la convocation des États-généraux arrivait; en vertu des ordres ministériels, les jurats avaient ordonné, le 25 juin 1789, que les corporations composant le Tiers- État de la ville se réunissent pour nommer leurs députés à l'assemblée générale des trois ordres ; elles avaient à nommer 90 électeurs; elles élurent 218 (240 dit Bernadau) députés chargés de faire cette élection, dans une réunion tenue au collège de Guienne, le 3 mars 1789. On se réunit . sous la présidence de MM. le comte de Galard-Béarn , chevalier-lieutenant de maire, Leydet, avocat-jurat , Villotte, avocat-jurat, et Acquard , écuyer, secrétaire.

Les 218 députés élus par la corporation furent pris presque tous parmi les bourgeois vivant noblement; ils se réunirent le 4 mars , au collège de Guienne (Saint-Paul) , où M. Galard- Béarn ouvrit la séance par un discours analogue aux circonstances. Chaque corporation étant appelée, son député répondait, exhibait ses pouvoirs et allait déposer sur le bureau son cahier de doléances.

M. du PérierdeLarsan, grand-sénéchal de Guienne, qui avait reçu la lettre du roi , en date du 24 janvier , avec le règlement du conseil, pour la convocation des États-généraux, dit que dans l'assemblée générale qui devait avoir lieu le 9 mars, on procéderait à la nomination de 24 commissaires qui seraient chargés de la rédaction du cahier général. Cette élection dura deux jours et demi ; mais, outre cette élection , il y avait une autre opération préalable à faire : c'était de réduire le nombre de 218 (240 selon d'autres) , résultat de la première élection , à 90 , nombre fixé pour la représentation du Tiers-État de la ville à l'assemblée des ordres; mais, d'après le temps employé à la nomination des 24 commissaires, on crut que les deux jours qui restaient ne suffiraient pas

Bernadaa.

pour opérer la réduction ordonnée et pour la rédaction do Livre xiv. cahier général , et quand môme les 90 régulièrement élus -1

pourraient se rendre le 9 à larchevêché , il leur serait impossible de rédiger en si peu de temps leur cahier tel qu'il devrait être.

Il, fut donc arrêté qu'on prierait M. le Grand-Sénéchal de retarder l'époque de l'assemblée , vu l'impossibilité oîi l'on se trouvait de tout préparer. Les jurais se chargèrent de cette mission; mais M. du Périer s'y refusa, parce qu'il avait désigné le 9 et avait fait convoquer toutes les communautés de la sénéchaussée. Il engagea les juratâ à procéder , sans délai, à la réduction du nombre de SIS à 90, et ajouta 240 selon qu'ils avaient tout le temps qu'on pouvait désirer et qu'il nétait pas absolument nécessaire que le cahier (dt rédigé pour ce jour-là. En effet , on s'occupa avec zèle de la réduction désirée, de l'élection des 90 électeurs et de la rédaction du cahier; tout fut fini le 8 au soir.

Le lendemain , les 90 électeurs des communes de la sénéchaussée se rendirent à l'archevêché , oîi les ordres devaient se réunir ; mais voyant que le local n était pas assez spacieux pour recevoir tout le monde, M. du Périer de Larsan donna ordre de transférer l'assemblée à Saint-André. Tout le monde s y rendit de suite , en désordre ; tous les rangs étaient mêlés, toutes les conditions confondues , toutes les convenances complètement oubliées. Enfin le silence se rétablit et chacun se choisit une chaise ou un banc pour s asseoir. M. du Périer aperçut son lieutenant en costume officiel, au milieu d'un groupe des membres du Tiers-État; il s'approcha de M. Coulau , procureur du roi , et lui en exprima son mécontentemeot. Il insista pour qu'il sortit de l'assemblée et ajouta que lui seul avait le droit de présider l'assemblée. En réponse à celle injonction, plusieurs voix s'élevèrent du fond de la salle. Les nobles les premiers s'opposèrent aux ordres du sénéchal , et presque tous s'écrièrent qu'on le voulait , non pas pour présider l'assemblée , mais pour remplacer le président eu

Livre XIV. cas de besoin , et même , sans cela , pour être à la tête du ^ ' Tiers-État qui était là.

M. le Lieutenant refusa de se rendre aux désirs du grandsénéchal ; il dit qu'il était venu là en costume, comme magistrat, et pour remplacer au besoin le président, et avait dû, en conséquence, venir avec sa robe; que M. du Périer ne pouvait pas seul décider une question qui lui fût personnelle ; que, pour cela , il faudrait un comité des trois ordres, investi de pleins pouvoirs pour la décider. Alors, M. da Périer consentit qu'il restât, mais à la condition qu'il quittât la robe officielle. On lui fit comprendre que ce serait une offense faite au Tiers-État , qui ne souffrirait pas que son chef légal se dépouillât des marques caractéristiques de ses fonctions. M. du Périer insista et prononça ces mots : Sic volo, sic jubeo, sit pro ratione voluntas. Le vacarme redoubla , des cris offensants pour M. du Périer se firent entendre, et des paroles acerbes lui furent adressées de tous les coins, même par les nobles; on se plaignit que le grand-sénéchal avait fait porter un fauteuil pour M^ l'Archevêque, au grand mépris des membres âgés et infirmes qui en avaient plus besoin. Le prélat déclara à l'instant même qu'il renonçait à son fauteuil, et M. le Grand- Sénéchal se voyant le point de mire de toutes les apostrophes, dit assez haut pour être entendu de tout le monde, qu'il ne reconnaissait à son lieutenant aucune' espèce de droit dans l'assemblée; mais que, tout en faisant une protestation publique , il adhérait au vœu des trois ordres et consentait qu'il y demeurât avec sa robe.

Cette déclaration ramena le calme , et , après quelques discours peu importants, la séance fut prorogée au lendemain. i 1 Mars. Le lendemain , le lieutenant se présenta en robe , à la (été

du Tiers-État. On n'avait pas fait de procès-verbal; l'assemblée en. témoigna son mécontentement au grand-sénéchal, qui Je fit faire à l'instant, mais sans mention du fâcheux incident qui avait troublé la première séance. On fit plusieurs motions sans importance.

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