CHAPITRE IV
Ysabcas rappelé et remplacé par Bordas. ~ Les Jacobins 8*agiteot. — Les bommes aies denandent ^ae les compilées de Laconbe soient ponis. — Les vols commis a Banicamt. — Les paroles de ragent national à ce sqjet. — Paasage d'vn dtoeonrs ét CanboD, rebitif an dlbipidations faites b Bordeaux. — Des accusations et des rterininations. — Bordas arrive b Bordeaux le U décembre. — U va au club. — Lttsccusations recommencent. — Discours de Marttgnac. — Diseours'de Bordas.
Quand la (Convention vit que la ville de Bordeaux étail Livre VI. devenue tranquille, elle nomma, le i\) brumaire an ill, le citoyen Bordas en remplacement d'Ysabeau. Le temps étail devenu plus calme, les esprits plus sou rais; l'opinion publique, dirigée avec beaucoup de prudence par Ysabeau, concoui l ait, avec d'autres circonstances, à rendre moins difficile la tâche du nonveaii représentant. Un antre péril vint préoccuper tous les esprits; c'était rappantion des pirates qui infestaient nos côtes, depuis La Rochelle jusqu'à Bayonne , paralysaient le commerce , interceptaient les petits bâtiments , ravageaient, par leui > inciirsions, les contrées voisines du golfe de Gascogne. Pour défendre nos côtes , il fallait des frégates et des bâtiments armés, et se cotiser pour en faire construire : plusieurs citoyens honora blcs et plusieurs communes envoyèrent à cet eifet des sommes considérables , et aucun sacrilice ne paraissait trop lourd pour défendre Tindépendance de la pairie [i)
(1' La riiimiiuiR' (le IJas^rns oiivoya, "a cet rffcl, le i9 nrivenibre ITOÎ, îa sonimo 1.^)17 liv. 15 sous, pour l'arnicnicnt de deux froptos; plus, douze pairos do draps el dix-sept chemises pour les frères (i'arnies. Les environs de Bordeaux avaient envoyé mille cinq reiit cinquante-une elieniises neuves , vinj;l-neuf vieilles , deux qiiintain rie charpie, qui furent reçus dans la séance du â8 brumaire an III (18 novembre 1791).
Livre VI. Dans la séaiuc du 10 IViiiiairc an III nuYcmbro), le OMi. i. p,.(^i(}^Qi annonça aux assistants que les députés envoyés de i7f)4 Paris en étaient de retour, et môme dans la salle. On témoigna ' lo désir de les entendre. L'un deux monta à la tribune, leur rendit compte de leur mission et de l'intérêt que la ConvealioD i prenait à Bordeaux; qu'à Paris, on était disposé à réaliser le vœu des Bordelais, en rendant au département le nom de Giroîule, et à faire tout ce qui serait possible pour améliorer la position des Bordelais et satisfaire cette population si longtemps tyrannisée; mais toutes les autres considérations oûfses en avant, toutes les discussions de la Société, s effaçaient devant le scandale qui résultait de l'examen des recettes et de l'enregistrement des dons volontaires faits j)ar des individus: c'étaient des vols, des detuni licments de fonds, des acle> (]•• friponnerie, qui soulevaient l'indignation publique et ne servirent (}ue trop de germe à des divisions intestines, les agents h'aeeusaient les uns les autres; la st'ance fut coasiiinv à de stériles, mais accablantes accusations, et à des récriminations acerbes.
Le rappel d'Ysabeau (M la nomination do Boîdas ne fironi qu'ouvrir de nouveau une vaste lice où les partie semblaieut s'empresser do descendre. Les ultra-démocrates, ces misérables , reste du parti terroriste , coniplaient sur Bordas p)ur soutenir leurs prétentions violentes, comme Garniei lavail fait. I^s républicains sages, les hommes modérés, étaieot entrés dans la vote d'une réaction lente et réparatrice ; ils de mandaient qu'on rcchercbat les tVipons, lcsdilapidaleuii>(Ieli« fortune publique, et qu'on leur infligeât une punition exemplaire; mais le cri général était celui qui voulait que les" juges qui siégeaient avec Lacombe fussent arrêtés et jogé? comme complices de tous les forfaits commis par la Gonuniâ' sion militaire. Parmentier, voyant tons les yeux bra(]ii)^s soî lui, répcHidit (pi'il déliait, non-seulement un seul cito\en, mai^ tous les Bordelais de lui reprocher avec preuves une seule
lâche, une seule faute en sa qualité de ju^c avec Lacombe. i-'^»'' ^ i-
il voia, dit-il, avec lui ; mais il ne prit pas part à ses odieuses *^
C00CQ98ÎOIIS. Od en vînt à des personnalités déplorables : on izn
dcnoiii^ii ( ortains indivulas ; on jeta plusieurs soupçons snr le
compte des autres , et Bordeaux se trouva livré de nouveau
i im esprit de vertige , de haine et d'animosîté incroyable.
Dis (Ions considérables avaient été faits; mais ces dons ne
lîguraient pas sur les registres publics. On savait d'où ils
avaient été envoyés; mais il n'en restait plus de trace, et les
voleurs se '^achaient ou avaient disparu î Dans la séance du
15 frumaue au lU (o décembre 1794), on tit la lecture d'une
lettre de GaiUneau, agent national, adressée à la municipalité
de Bordeaux ; ce fonctionnaire s'exprimait ainsi : « Citoyens,
» quoi ! lorsque la commune d(^ Bordeaux a fait les plus
» grands effiorfs pour soutenir la révolution; lorsque les dons
» qu'elle a faits se comptent par millions, le nom du départe*
» au Mit du Beo-d'Anibès est resté eu blanc sur l'étal déjmsé
» à la Commission des finances, pour constater les offrandes
» que les différents départements ont fait remettre sur l'autel
» de la patrie! A quoi |jeut-on attribuer t e silence? N avons-
» nous pas à craindre qu'il ne soit l'etfet de la perfidie et de
• l'infidélité? Uadministration a nommé deux commis-
» saires dans son sein, aliu de vôrilier chez le payeur-ijjén('M al » et à la Monnaie les sommes et objets dont le versement a » eu lieu, pour servir d'offrande sur l'autel de la Liberté; » jai élé chargé de vous prier de n»e fain» passer les noms ^ de tous les sociétaires qui , ayant reçu des dépôts ou fait » des recettes , ont négligé de faire épurer leurs comp- » tes.'
» Vous sentez comme moi qu'il serait essentiel de prendre » cette mesure dès aujourd'hui , afin que je puisse empêcher » l'expédition des passeports que pourraient réclamer les cou- » pabies.
1» Les dilapidateursde la fortune publique sont les ennemis