‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 128 sur 172 · Livre VU. compromettait la paix publique cl qui, eu toléraut ccspla · texte numérisé non relu

Livre VU. compromettait la paix publique cl qui, eu toléraut ccspla

chaM<'. séditieux, provoquait imprudemment un conflit eolre

im les citoyens de la même ville. La foule grossissait loojours, ei les jacoi)ins, se voyant enûu sérieusement menaces, se réfugièrent dans Ihdlel du bureau central , oîi on leur distribua des armes. Comme la f^rde nationale était dissoute, le bureau central lit faire des |jatrouilles par ces jacobins exaltés, divisés en pelotons ayant chacun à leur tète un commissaire <ie police, et chargés de dissiper les rassemblements tumultueux fie la ville. Le commandant de la place fut en même temps requis d'envoyer un renfort.

20 Thermidor Le lendemain , la ville présenta le môme aspect , les tofim»

(7 Aoûl). scènes d'agitation et de désordre. On devait publier la loi dite des étages^ du 12 juillet, qui occasionna des troubles cl fat rapportée bientôt après. A cause des circonstances de la veille,

Journal burcau Central mît beaucoup de solennité dans la publiicÈ Homme* nation de cette loi ; la commission chargée de la faire se — ' 6t escorter d*un petit détachement de la troupe formée la

Moniteur veille de jacobius avoués. Arrivée sur la place de la Comédie, a» VU. cette coitjune mobile rencontra un attroupement considérable. Quelques individus exprimèrent tout haut leur étonncmeat de ce qu*on avait recours à la force armée et surtout à des hommes détestés à Bordeaux, pour la chose la plus simple, la publication d'une loi. Le commissaire, étonné, irrité peutêtre de la hardiesse d'un de ces jeunes gens , le lit arrêter; les autres accoururent et se mirent à crier : .4 bas les jacobins! à bas les teirorisles! et essayèrent d'enlever le prisonnier. Le commissaire dit à la patrouille de dissiper le groupe, qui ne cacha plus ses poignards, ses couteaux et ses armes à feu; enfin, se voyant enveloppé de ces jeunes gens, le commissaire ordonna de fàire feu, et quelques citoyens honorables, parmi lesquels se trouvaient M. Eugène de Lur-Saluces et deux femmes , furent blessés. Le désordre fut à son comble, l'indignation profonde et- générale. On se rendit en foule au bureau

central pour se plaindre d*un acte si répréhensible et pour Livre vu.

demander, coinme réparaliuu éclalantc, la punition du nii^érable commissaire qui avait commandé le feu. Le groupe grossissait en avançant vers rHôtel-de*Yille ; la' peur l'avait déjà précédé et avait porté le bureau à fermer les portes et à ne laisser ouvert qu'un seul guichet qui était défendu par les jacobins de Tintérieur sous les armes, ayant deux canons braqués vers leulrée de la cour. La foule conlinuaiL a crier : jusiicel justice! justice I c'était lecho de tous les coins. Un membre du bureau vint demander la raison de cet attroupement, et invita quelques-uns des plaignants à entrer pour exposer leurs griefs; mais au même instant arriva le détache* ment avec le commissaire qni avait commandé le feu sur la place de la Comédie. On se mit à murmurer, à crier oonCre lui et à maudire les assassins de leurs frères; mais les jacobiiis, appuyés sur l'autorité et craignant d'être enveloppés , ffésarmés et massacrés , firent deux décharges sur la foule et blessèrent une douzaine d'individus. Il paraît certain qu'aucune provocation n*avait été donnée, aucune sommation n'avait été adressée au peuple ; on tira sans motif, et on exaspéra même les hommes modérés; les républicains sages blâmèrent énergiquement i'imprudente et coupable conduite de leurs frères exaltés, et la ville fut jetée dans un état de stupeur et de consterna liu[i tliilicile à décrire. Pai lout les eitovcns se renfermèrent dans leurs maisons, les rues furent désertes et on ne voyait circuler dans la ville que des patrouilles menaçantes et des jacobins d'un air sinistre et respirant le carnage. Le bureau central prescrivit de faire une euquéle sur ce déplorable événement; mais, comme toujours, Tenquéte ne fit que compliquer la question, et les deux partis persistèrent à s'accuser mulueilement d'avoir été les provocateurs. Plus tard, le bureau central lui-même attribua les fâcheux excès de ces deux journées ( 49 et SIO thermidor an Vif), à une cet - Août, conspiration royaliste : était-ce la vérité ou n'élail-ce pas

Digitizeci by ÛOOgle

Page 1