Livre VII. de l'an 43, les trois mQDicipalités en une seule, et nomma
'''1. iiiaire de Bordeaux, M. Lalaurie-Monbadon , qui fut installé 21 Septembre. octobre soi vaut. MM. Leteliier, FiefiEé, Mathieu, maires jusqu'alors, furent, avec SIM. Portai, Grammont et Bagnes Vignes , nommés aux fonctions d'adjoints au maire. La cérémonie de leur installation eut lieu dans l'ancien collège de Guienne, converti en hôtel de mairie (i).
Pendant que les afiiitres se réglaient et s^organisaient à rintérieur, l'Empereur s'occupait de ses armées et tenait lète k l'Europe : la fameuse bataille d'Austerlitz vint ajouter noe nouvelle page bien glorieuse à nos annales, et le 27 décembre les Bordelais, partageant la joie générale de la France, s'abandonnèrent a la joie et aux réjouissances pour la victoire remportée par Napoléon sur les empereurs d'Autriche et de Russie. Le résultat ininiudial du u iouiplic de Bonapai le lut un traité de paix fait avec l'Autriche, à Presbourg. Monseigneur 13 Janvier 1800 d'Aviau fit chanter, à cette occasion, un Te Deum dans tontes les églises du diocèse. A la fin de cette année, l'armée impériale se signala avec gloire par sa mémorable victoire d'Iéoa, sur les Prussiens, le 4 4 octobre. Le clergé de Bordeaux chaaii encore un Te Deum; toutes les autorités, tous les fonctionnaires y assistaient; les églises étaient remplies de gens de toutes li^ conditions, qui sympathisaient avec leur nouveau César, b Russie s'obstinait encore à repousser la France et entraîna la Prusse, salellite énervé dans son orbite. Avant d'en veuii à un choc définitif, les puissances belligérantes finirent par seotendre, et un traité de paix , conclu à Tilsit, le 7 juillet 4807, fut j)ublié en France, et, à Bordeaux, le G août, aux acclamations d'une foule immense de peuple qui encombrait Icà places publiques et applaudissait aux faits d*armes des Français et à l'incontestable habileté politique et militaire de leur Empereur.
(I) Ia' 2 février 1807, on installa les tcolcs ihrtiiennc>.
Le 15 août, la Saint-Napoléon, féte de TEmperenr des Limvii.
Français, fut célébrée à Bordeaux avec une magnificeucc ^^^'•jj^** inaccoulamée ; c'était à la fois l'anniversaire de la naissance de Napoléon et du rétablissement de la religion en France. Tous les travaux furent su<^ pendus, toutes les boutiques cl magaâns fermés; on voyait partout des fontaines de vin, versant leur nectar au peuple qui. bénissait le nom du puissant et lîlorioux chef de la France ; des danses et des jeux de toutes sortes organisés au Jardin-Public ; des représentations gratuites aux théâtres et des illuminations générales. Ajoutez à ces pompeuses réjouissances, qui durèrent deux jours, les imposantes cérémonies du culte catholique, qui eurent lieu dans la cathédrale; des discours analogues aux circonstances, et le tout couronné par une superbe procession , à laquelle assistèrent les autorités civiles et militaires, les hommes en place, une multitude immense de personnes des deux sexes, de toutes les conditions, de tous les âges, louant et bénissant le Dieu des années, priant pour l'Empereur, et remerciant le ciel du rétablissement de la foi catholique en France. C'était Tune des plus belles fêtes et le plus cordialement célébrées qu'on ait vues à Bordeaux pendant tout l'Empire.
Le surlendemain de ces splendides fêtes, le tjaron l aucliet, ig Auût i807. installé préfet de la Gironde, depuis le 4*^ février 4806, fit taire l'ouverture des assemblées primaires dans le départcmeat, aûn de procéder aux éh ct ons, et, le 24 novembre suivant, le collège électoral de la Gironde commença ses opérations, sons la présidence de Tarchi-chancelier de France , Cambacérès, le coulident intime des pensées les plus secrètes de Bonaparte. Les candidats élus fuient , pour le Sénat, MM. Jaubert, conseiller d'État, et Lafanrîe-Montbadon, maire de Bordeaux ; pour le Corps législatif, ce furent MM. Legris-Lasalle, ex-législateur; Lainé, avocat; Durfort, con* seîller de préfecture.
Quelques jours plus tard , on apprit que Sa Majesté devait
Livre VII. honorer Bordeaux do >a visite. On s'occupa de suite, avec un Uis|h 3. ^^1^ courlisaoesque, des préparatifs à faire pour sa récepiioo.
On fit nettoyer et réparer ses appertemeols au Palais impérialt on arrêta un programuïe des fêles, et le maire fit organiser e! équiper, par des jeunes gens de familles riches , une garde d'hoDoenr qui pût être présentée à TEmpereor peodaot soa séjonr â Bordeaux. On venait d'isoler la porte Bourgof^ue de$ maisons voisines, par la démolition des guichets latéraux: on en tit un arc de triomphe; t'esprit adulateur de no« édiles ne trouva rien de mieux à faire que d*en célébrer la do^licace, sous le nom (\'Arc-\af)oléon. Le temps n'a sanctionné la llagoroerie muuicipale : l'arc a repris iàoo am primitif.
La nouvelle année arriva et amena avec elle de crands
événements. On apprit olliciellemenl que Sa Majesté lm|H'riale devait arriver à Bordeaux dans la soirée du 4 août; to garde d*honneur à cheval, commandée par M. Beaumoni de Bnvazac , et la izarde d'honneur à pied , sous les ordres de M. de Montesquieu, se linreut prêtes à recevoir Sa Majes^té et à s'acquitter des nouvelles fonctions que l'étiquette leur imposait. L'Empereur arriva à huit heures du soir, accompagné des princes de Neufchâtel et de Wagram , et du géneial Duroc , duc de Frioul , grand-maréchal du Palais. Le lendemain , à midi , les autorités de Bordeaux furent admises à une audience : l'Empereur s'eutietint avec elles de leurs chaiiges respectives , des besoins de ia ville et de tous les objets confiés à leurs soins respectif. Le même jour, il se rendit à cheval, escorté de sa garde (riionncur, au Champ-de-Mars, où il passa les tioupes en revue; il se rendit ensuite sur le port, parcourut les quais, tout en admirant le gracieux are que forme notre cité sur la rive gauche de la Garonne, et qui lui tit donner, dans le moyen-âge, le nom si pittoresque du Port de la Lune, Arrivé au chantier de construction, il s'embarqua sur h? brtganlin de la ville, accompagné de pluaieuis
généraux, du préfet, du maire , du eooimiâsaiie priucipal de > ' ^ la marine et d'une foule d'autres fonctionnaires et personnages ' 'il " de la ville. Il continua celte {)roiuenade sur l'eau jusqu'au Jieo-d'Ambèâ , toujours au bruit des salves de l'arlillerie, auxquelles répondaient les canons des vmeaox pavoisés en rade. De retour à Bacalan, il remonta à cheval et se rendit au Palais, en traversant les ruines du Cbâteau-ïrompetle et en passant devant le Grand-Théâtre, ce beau monument de lx>uis , dont il admira les grandioses proportions et la magni-* ficence arclnicctiirale.
Sa Majesté avait fait inviter plusieurs personnes à dtner, entre autres, Monseigneur d'Âviau et ses vicaires généraux. Le prélat, connaissant le caractère de Napoléon, et se doutant bien qu'il essaierait de découvrir leurs sentiments politiques en les faisant parler sur quelque sujet délicat , leur recommanda la plus grande réserve dans leurs paroles, la j>ru(îence la plus consommée. Après dtuer, il s entretint avec les uns et les antres; puis, abordant un petit gronpe où se trouvaient MM. le vicaire cjénéraL I ;ibbé Thierry, l'abbé Delort, secrétaire de MoDsetgiieur, cl le saint et vénérable abbé Lacroix, supérieur du séminaire , il s'informa des charges qu'ils remplissaient auprès de Monseigneur; et, s adressant soudain à M. Lacroix, il lui demanda brusquement : « M. l'Abbé, enseignez-vous les libertés gallicanes à vos élèves? » Tout interdit d'abord par cette interpellation inattendue, le bon M. Lacroix répondu eu balbutiant : « Sire, nous n'en sommes pas encore là. » Il voulait lui faire comprendre que ses élèves n'avaient pas encore vu le Traité de TÊglise , où cette matière devait se ]nésenter naturellement. Bonaparte crut que la timidité de M. Lacroix n'était que l'embarras d'un prêtre ultramontain , qui ne pensait pas, en fait de liberté, comme Fleury, et serait pré I à sacrifier un Empereur à un Pape! 5jais, dissimulant son déplaisir, il entama une conversation avec MM. Thierry et Delort. C'étaient des hommes d'une autre trempe, et, malgré leur dé-
Livre Vil. férence pour la sage recommandation de leur Arcbevôqne , ils Cbap^S. répondirent avec une iuiprudeDle tranciiisc aux adroite» questiens de Sa M^gesté. Sans souplesse de caractère, ignoraots en fait de servilisme courtisanesque, hommes droits et oonscieiH cieux , ils se prononcèrent contre certains points qui prt*occupaieDt alors l'esprit inquiet de Bonaparte. Ces caractères étaient trop raides pour lui; il n*en voulait pas. M. Lacroix eût trouvé grâce à ses yeux , s'il n'avait pas paru iio-ùlc aux principes gnllicans. A son retour à Paris, il ordonna qu'on ray.U leurs noms des tablettes de Téglise de Bordeaux , et les fit dépouiller de leurs titres et priver de leurs traitements. Ils se >oiiviiux'ut, trop tard, des sages conseils et de la prévoyance de Monseigneur d'Aviau.
Après avoir passé quelques jours à visiter la ville et les environs, il fit appeler, le samedi 9 avril, M. le Préfet et la luuniciplité, et s'informa , avec un soin scrupuleux, de tous les besoins de la ville; c'était la sollicitude d'un père qui désirait, pour qu'on Faimât, satisfaire aux désirs de ses enfants. 11 en prit note , et noi)s verrons plus bas qu'il ne les avait pas oubliés.
Le dimanche 10 avril 1808, à huit heures du soir* arriva
à Bordeaux l'Impératrice Joséphine; le Corps municipal la reçut au passage de La Bastide , avec tous les honneurs dos à son rang, et le lendemain, à midi « toutes les autorités forent admises à lui présenter leurs hommages. Pendant sod séjour à Bordeaux, ce n'étaient que des fêtes et des réjouissances; tous les jours, quelque chose de nouveau : des bals, des banquets , beaucoup joie et de bonheur de commande; beaucoup de dévoûment oOiciel et oliicieux , beaucoup d'affamés qui voulaient avoir du pain et quelque fonction à remplir; beaucoup de républicains rigides, qui s*étaient adoods an contact du pouvoir et étaient devenus cliaud> lui pénalistes, ne fût-ce que pour un ruban rouge suspendu à leur boutonnière l Les royalistes seuls se tenaient à l'écart ; seuls , ils
n*avaienl ni besoin, ni ambition, ni encens ponr cet homme- Lim vu.
phénomène qui occupait le Irônc de Saint-Louis. Tous les soirs , il y avait nne aiHuence de monde au Palais : tous les fonctionnaires, tous les ambitieux, le commerce, en un mot, luutes les notabilités de la ville s*y rendaii nl, à l'exception des nobles, qui s obstinaient à ne pas fléchir le genou devant ce demi-dieu de ta guerre.
Dans la journée du mardi 12 avril, Leurs Majestés firent une promenade sur Teau, cl, ayant débarqué à Ikcalan, elles rentrèrent en ville par les Chartrons, allèrent visiter la Bourse et s'y entretinrent quelques instants avec les membres du Tribunal de commerce, sur l'état des afiiaireâ, le cadre de leurs exportations et importations, et les mesures à prendre pour obvier aux inconvénients et aux périls de la situation, et pour faciliter leurs relations et leurs transactions commerciales. H leur conseilla de provoquer quelques expéditions maritimes, dans lesquelles sa caisse d'amortissement entrerait pour un tiers d'intérêt.
Ses conseils étaient sages; ses paroles, même sur ces matières étrangères à ses goûts et à ses habitudes, n'étaient que le rayonnement du génie, les lucides aperçus de Sii haute et compréhensive intelligence; mais il s'aperçut bien vite que les commerçants sont des hommes positifs ; ils préfèrent les écns aux paroles et ne savent que îro[) bien qu'il faut quelque chose de plus que des consolations et des espérances pour balancer des comptes et combler un déficit. La liberté des mers, l'exporlation des vins, le rétablissement des relations commerciales avec l'étranger, voilà les vœux des Bordelais ; mais voilà ce que Napoléon, dans sa toute-puissance , aurait voulu et n* a jamais pu donner: le seul obstacle, c*était TAngletcrre! Les armements en course avaient enrichi quelques maisons; ils furent la ruine de plusieurs autres; le commerce intérieur était nul, Vindustrie paralysée et le monde ennuyé, fatigué du bruit des armes. Tous les cœurs soupiraient après la paix, Part. i. â3
Livre VII. Jonl Ics bieut'ails ae jxju\ aient jamais Otre compense ^ i»ar le$ il * vicloires les plus éclatantes et les triomphes les plus glorieux. Toute la populalîoD de Bordeaux ne formait qu'un vœu, celui de la paix; elle était, pour les Bordelais, un besoin, uiu- < uodilion vilale de leur existence ; et cependant , dans cette détresse générale, on n'entendait pas une plainte, pas un loormure, rien qui pût décéler un esprit d'opposition à la politique du nouveau César. En était-il de roéme dans les salons?
L'Empereur se levait de bon malin et se promenait , avec un seul de ses aides-de-cainp, dans la ville, tantôt à pied, laiilùt à cheval , et était reçu partout avec de vives et uuaîiimes acclamations. 11 avait Tair de ne pas en faire grand cas; il savait ce que valent la constance du peuple dans ses affecv tions et la prodigalité de ses éloges; il devait plus tard l'apprendre et le savoir bien luieux ; il savait bien qu un jour d'adversité ferait taire toutes les trompettes de la Renommée, et qu'il y a toujours des parsîs qui se retournent vers le soleil qu ils voient poindre à l'horizon. On avait préparé pour Sa Majesté une magnifique loge au théâtre ; elle était divisée en deux .petits salons magnifiquement décorés. On Ty attendait le londeniaiii de son ai rivée. En effet, il se rendit au vœu des Guienne fonctionnaires, et le préfet vint le prendre au Palais à Tbeure uonumeniate, oouvenue. Le cocher, ne sachant pas que r£mpereur devait eo-
lom. III. r 1 r
trcr par un escalier parficulier, s'arrêta devant le grand péristyle, malgré les cris de M. Gobineau, commandant de l'escorte, qui lui disait Tendroit où Sa Majesté devait descendre. L'Empereur 8*élança hors de la voiture, et, entendant les cris et se voyant seul, sans issue apparente, il s'écria : <( Oîi me niènet-on ? }» La confusion devint de plus en plus grande, par les flots du peuple qui grossissaient à chaque instant. L'Empereur revint sur ses pas, et, s'élançant dans sa voiture, se fit reconduire au Palais, au grand désappoinlemenl des curieux qui encombraient la salle. Le lendemain, il agréa les excuses des magistrats sur leur imprévoyance de la vrille, et se rendit ao
théâtre. Le spectacle était mal choisi et pouvait paraître one '-'^ '^ ^'ii-
inconvenance répréhensible : celait Euphrosine ou le Tyran ' corrigé, et ie 6iëge de Cyihhre, ballet. La maladresse était trop grande : Bonaparte, bomme d'esprit, dissimula ses impressions et panit content.
Le 13 avril, à trois heures du matin, l'Empereur se mil en route pour Bayonne « escorté d'un détachement de la garde d'honneur jusqu'au second relais. Sur toute la route, les populations accouraient de loin puui vuir ce héros dont le nom et lès exploits se trouvaient sur toutes les lèvres, depuis dix ans, dans tons les coins de TEurope.  Textrémité de Tétang dOrx, piès du pont de Boudigau, on avait placé, sur une colonne, une statue colossale de Napoléon, le bras étendu du côté d'un vaste étang qu'on voulait dessécher et d'oh le jeune et toui-puissiint héros semblait ordonner aux oaux de se retirer, pour rendre à lagricultore quatre nniie arpents d'excellentes terres. Sur cette colonne, on lisait l'inscription-suivanle : Bex patriœ jubet, alque undœ mulantur in arua.
Napoléon ordonne, et d'innienses nanis Enrichis de moiasona noorrtroot ses sujets.
Sur toute la route de Bordeaux à Bazas, à Mont-de-Marsnn, à Bayonne, partout on avait élevé des arcs de triomphe, avec des inscriptions élogieuses. Celui de Dax se faisait remarquer par ce seul mot : MAXIMO. Niipnléon on parut content ; il voyait rarement des démonstrations semblables, d une simplicité si expressive.
Le '2G, à cinq heures du malin , l'Inipératrice partit de Bordeaux pour aller le rejoindre à Bayonne; la garde d'honneur à cheval l'escorta jusqu'à Langon (4).
Au milieu des préoccupations incessantes de la désastreuse guerre d'Espagne, Bonaparte n'oublia ni le bienveillant accueil
{{) Elle alla, It i i, viiitLi le bii'n de M. Ilaba, à qui fll« donna le buste d«' l'Enipereur, exécuté en porcelaine de Sèvres.
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iÀ\ n VII. que les Bordelais lui avaient fail , uï les divers besoins de lear ^il**' ville. Par son décrel du 24 avril , il érigea randen palais ar- • chiépiscopal (alors la préfecture) en palais impérial , et en nomma le comte de Monlbadon gouverneur. Par un second décret, il statua sur les divers établissements que la ville désirait avoir ou secourir :
Bftrnadau, \^ L'hôtel oîi siégeait la Municipalité lui ( oncédé à la ville. dâ^^uje. ^ ^^^^ gratuit, et avec remise des loyers échus;
2* La portion du couvent des Orphelines occupée par les Sœurs de la Charité, leur fut concédée à titre £:;ratuit;
3"* L'autre partie du même couvent fut accordée, au méine titre, aux Sœurs deNotre-Dame, qui se livraient à l'inslnictîoB des filles indigentes;
4*" L'approbation de Sa Majesté accordée à la maison de la Miséricorde, fondée et dirigée par la demoiselle LamooroQx, dans l'ancien couvent de l'Ânnonciade. La fondatrice était dispensée du paiement de la somme de 22,500 fr. (|u elle avait encore à solder sur Le prix de Tadjudication des bâtiments de ce couvent;
T)' Il était ordonné de fonder une Maison ou Dép(>t de nicudicité pour tout le département; elle fut construite en 1810; elle devint, en 1848, un collège sous la direction des Jésuites, ayant pour titre : Maison tlt éducation des Pères de la Foi, Ces vénérables prêtres ne crurent pas devoir faire le serineot que les ministres de Charles X prescrivaient aux instituteurs pnblics; ils préférèrent Texil à ce qui blessait leur conscience et abandonnèrent, en 18i8, leur maison qui, dès lors, est devenue le Petit-Séminaire;
6** Furent concédés à la ville, pour le logement des cnié$ de Saint-Louis et de Saint-Vincent-de-Paule, les maisons que ces deux ecclésiastiques occupaient aux anciens couvents des Petits-Carmes, aux Ghartrons, et des Chartreux ;
7* Il était ordonné de démolir et#de vendre , au profit éu Domaine , les matériaux du surplus des bâtiments de la Char-
treiise , qui tombaient en ruines, et d'affecter le terrain à IV l'iv^
grandisscment du jardin botanique du département; Clwp^J.
8» L'amphithéâtre de Saintr-Gôme, bâti en 4753, pour y ^^"^* établir on cours de cbirargie, devenu, en 4830, YEcole secondaire de Médecine , fut concédé a la ville, pour y rétablir les cours de chirurg;ie;
9* Le man^e ou école d'équitation , grand bâtiment construit en 1755, par Portier et Gabriel, sous l'administration de M. de ïourny, fut concédé à la ville, à la charge d'y faire donner gratuitement l'instruction à seize élèves du collège et à seize militaires que l'autorité compétente devait désigner* ( A'iait une propriété de la ville : seize élèves du collège impérial y allaient prendre des leçons une fois par semaine ;
10® La construction d*ttn pont sur la Garonne, devant Bordeaux , fut ordonnée ; lu Gouvernement accorda, pour cet objet. 400,000 fr. par an;
4 10 La démolition du Château-Trompette fut prescrite; les matériaux et les terrains furent donnés à la ville; le produit était porté, approximativement, à la ^uIIJme de 4,800,000 fr., qui devait être employée à plusieurs travaux d'utilité publique , entre autres :
1** A racquisilion de l'iiolel Saige, pour servir de préfecture; ce qui fut fait (4);
2* Âuxgrosses réparations de la cathédrale, aux logements de l'Archevêque et du séminaire diocésain ; ce qui ne fut fait qu'en partie ;
3*" A la construction du Dépôt de mendicité ( Petit-Séminaire ).
Par un décret du 26 du même mois, Bonaparte créa une
(1) C«t bétel fut bAti en 1773, mus la direction et sur le pIsD de rarchitecle Louis; c*est lui <|ul bâtit aussi les faOtels ou maisons qvd forment l'angle de cet Ilot dont la préfecture fait partie. Par suite de la loi du 9 août 1847, on a acheté les maisons placées derrière la préfecture pour y établir les bureaux. Us y fureol installés en ISiffi.
Livre VII. comiiilssion qui prêterait, dans l'état péoible dtt oommerce, ClMp^S. ^^^^ propriétaires des vignobles du dëparleinent, jusqu'à coucurreDce de la moilie de la valeur de leurs vins, quilsduiH ncraient en nantissement, moyennant deux et demi pour ceni
Tbiers» fM)Qr l'intérêt annuel do prêt, et de deux pour cent pour droit (tu Consulat ^'àtdc dcs dils vlns. Comme loiitU de ces pi èi;-, le Guuvtît. viii, iiv.3o, neiuent avança trois millions. Cette commission fonctionoa
^' ^* ' pendant quelque temps; mais elle fut supprimée.
La Municipalité avait demandé 1 eloignemon! des bra^^rie.>: l'Empereur ne crut pas devoir y faire droit, en frappant desindustries privées qu'aucune loi ni solide raison ne défendait: elle avait demandé que la police municipale s'étendit sur quinze communes; mais Sa Majesté, convaincue quune banlieue si étendue surpasserait de beaucoup celle de la capitale même, lie porta celle de Bordeaux que jusqu'à trois mîllimèu^de rayim, extension assez considérable pour que la police y liuuvùt tous les moyens de sécurité que i ou pouvait désirer.
Les Bordelais étaient reconnaissants ou paraissaient l'être : rFmporour voulait bien les soulager; c'était diflicile, impw^ sible même; les circonstances étaient plus fortes que sa volonté. Le commerce dut se taire devant la nécessité; les sujets psnh n^nt contents en présence du maître. Les travaux ordonnée adoucirent un peu le sort des classes pauvres et prcR ui< rc(it à l'industrie locale des ressources profitables ; mais le haut commerce de notre ville fut presque entièrement anéanti par le blocus nuirilime et la i^uerre continentale. Nos ruesélaieiil peu fréquentées, notre rade sans bâtiraenLs, et les Charlrons, ainsi que tons nos quais, ordinairement si pleins de mouvement et de vie, n'offraient plus cpi un aspect triste et monotone : on eût dit le .silence du désert !
CHAPITHE IV.
Itiinapai te ;i Ilayonne. — La faniillc royale iri;si>a?ne arriv»» en Fiance. — Josi-ph crée fui J'E>i>a.;4rie.— Les print'i's espagnols a Bordeaux.— Ib V(»iu ou rKniiiftLiirnvait lixé îi'iir ilt-iiiciii i». — BunaïKii te r<'vienl. — Ses marques de salisl'iK tioii covcrs des pers mius en service airpres de sa pL'rsonne h Ftardeaiix. — Il repasse i iictire incotjuil».~Lo l'MU'mi de Vayres un hrtpital rnililaire. — Bonaparte.— -Sun divorce.
— Soo mai i.i^' ■ avct; Marie-Louis»;. — Fêles. — Uaplèine du rui de Uuiae. — Fêles.
— Proclamât inn île M. l'Adjoint.— De jeunes filles doln set mariées. — Divers faits et particularités historiques arriu-s a Bordeaux en 1809, IhlO et 18H.
Voîlà Napoléon à Bayonoe : que voalail-U y faire? Avait-îl Livre vu.
un motif, une n'solution nrrèlt'C d'avance, ou bien sa conduite posléricurc ne i'ut-elle que l'iospiralioD du moment, uue nécessité qu'il ne s'attendait pas à voir sorgir des circonstances noQveîles et étran£?es oh se trouvait alors la famîile rovale en Thien, Espagne? C'est ù i iiistoire générale qu il appartient de résoudre consulat, ces graves questions et d'éclaicir le mystère dont on a enve- viii. loppé les tristes affaires d'Es|)a£?ne ; elles n'entrent pas dans le ♦ iidrc de notre travail. Qu'il nous soit permis, cependant, de dire notre pensée : Napoléon marchait à la conquête de la domination générale de l'Europe ; son but était tout à la fois politique et militaire. Il savait bien que, dans les grandes crises sociales, aux terribles époques de Inlle et de trausilion, la puissance suit presque toujours les aventureuses hardiesses de la fortune et appartient à celui qui a conscience de sa force et qui dévoue à son but, ses ellbrts, son iiilelligence , toute rënergie de son âme. Il coininença par déblayer ia route où la fortune l'appelait comme digne de s'asseoir dans le conseil des .«souverains; il voulait que tout fût grand et digne de lui; il désirait que ses ageiiLâ b élevassent à la hauteur de leur po-
Livre VII. silion, et, luiornié qu un jour le préfet de la Seine s'étail fail — * porter aux Tuileries par uoe voiture de place, il en profita pour donner des instructions analogues à tous ses employés « et écrivit en particulier au préfet de la Seioe, cette lettre où il se révèle tout entier :
« Monsieur le Préfet, vous êtes venu aux Toileries dans uo fiaci*e : le premier magistrat de la ville de Paris, celui qui représente la capitale de l Europe, la reine des bt aux-arts et du luxe, doit avoir au moins sa voiture; il vous la faut, vous l'aurez demain et magnifique. Sachons nettoyer Paris de ses haillons révolutionnaires et couvrir cette noble dame de velours, de pourpre et d'or 1
» Ne vous mettez pas le nez dans le ruisseau pour adminislrei Pans, iiioatcz sur les tours Notre-Dame et regardez. Qui lait des économies avec de gros traitements est l'adversaire de mon système et l'ennemi de ma gloire. Dans la capitale d*un grand empire comme la France , c*est le superflu du riche qui assure le nécessaire du pauvre. Napoléon I*^ »
A cette époque, les doctrines révolutionnaires de la France s'étaient infiltrées en Espagne , au moins parmi les classes éclairées; c était le germe des discordes futures. On y voyait sur le ti'ône un roi honnête homme , bon, sensible, d'une intelligence faible, simple dans ses goûts et dans ses habitudes^ probe et loyal jusqu'au scrupule, cl ne se doutant jamais qu il pût y avoir un ami ingrat, un prince perfide, ou une épouse infidèle dans une maison royale : il lui fallut une trbte expérience pour connaître les hommes !
Sur la tin du 18' siècle, Godoy, grâce aux intrigues de la reine Marie-Louise , sortait des rangs obscurs de l'armée et allait s emparer, comme premier ministre, du timon des affaires et de la direction de rfitat. Charles IV le combla de l)ontés et ne crut pas, malgré des avis secrets, que le fameux favori avait des relations trop intimes avec la reine.
La guerre éclata, en 1793, entre l'Espagne et la France;
mais, voyaol ses succès légers et passagers balancés par des i^i^f^^ ^ 'irevers graves et durables, Godoy fit sigaer à soo souverain un Iraité de, paix avec la France, conclu à Bâle, au mois d'avril 1795, et obliot du lui abusé le titre de Prince de la PaisD* Ce traité indisposa contre l'Espagne les puissances ailices, et TAngloterre en particulier : la destruction des flottes française et espagnole a Trafalgar, eu novembre 1805, en fut le résultat.
L'Espagne était donc devenue le satellite de la France, et CharlesIV, sans s eu douter, le vassaldc l'Empereur Napoléon. Ses sujets et son argent étaient aux ordres du moderne Char* iemagne , qui , dans on discours prononcé devant le Corps législatif, en 1806, fit un pompeux éloge de la conduite désintéressée de son constant et fidèle allié le roi d'Espagne. Cel état déplut à Godoy ; il voyait TEspagne à genoux devant un soldat heureux : il lança, dans le monde, son intempestive et impolitique proclaaiatiou du 6 octobre 1806; mais Napoléon, plein de mépris pour tant d'imprévoyance, jointe à des velléités belliqueuses impuissantes, ne daigna pas y répondre. Dans cet état de choses , uuc occasion favorable uc pouvait manquer de placer l'Espagne sous sa main : la tentation était forte et le projet facile d'exécution; il se tut et ne se mit à parler que quand il fut à même d'ai^n . La cour d'Espagne hésita longtemps à reconnaître Joseph Bonaparte comme roi de Naples. Napoléon le sut et répondit : « Charles » IV ne \eal point reconnaître mon frère pour roi des Deux- » Siciles; patience, sou shk esseur le fera bien! » 11 avait alors la pensée de mettre son frère en Espagne.
Pendant ce temps, la discorde régnait dans la famille royale d'Espagne. Le roi, trom{)é par une femme infidèle, était mé- tih^, content de son fils, et Godoy, loin de calmer cette antipathie, ^^^^^^l^ la fomentait de plus en plus, et représentait le jeune prince t.vui. (Ferdinand comme engagé dans une conspua liou coutrc la sûreté de l'État et les droits du roi. Toutes ces tracasseries