‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 138 sur 172 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

Proclainatioli du duc d'Angoulême.— Lettre de Wellington k S. A. R.—Les alliés «t )es Anglais surtout ne sont pas venus en France pour rétablir les Bearbons.-' Lettre de Wellington. ~ Le Conseil du due de Wellington b Bordeaux. — La tonchiite de Perrère.— Règlement W la perception des contributions , etc., eu.

Ouire la proclamalion du maire, que nous venons de voir. Livre vu. on en répandît parmi le p(niple une aulre du prince, datée

du 15 raars, et rédigée, dit-ou, par M. Laiiic. Dans ce document, qui a aussi une certaine importance, le duc d'Angouléme s'eflbrça de rassurer tous les intérêts, de vaincre ou faire

taire louics les antipathies et de se concilier l'amiLie lie toutes les classes.

« Français, dit-il, depuis que je suis en France, j*ai clé vivement ému des témoignages d'amour que j*aî reçus du peuple. Au nom du frère de Louis XVI, dont j'ai les pouvoirs, je m'empresse de vous assurer que les descendants d'Henri IV n*ont rien de plus à cœur que votre délivrance et votre bonheur.

» J'étais surtout impatient de vous exprimer, tk)rdelais, ma vive reconnaissance du touchant accueil que j*ai reçu dans votre ville, où j'ai vu éclater le vrai caractère français qui faisait ma plus douce espérance.

» Ce ne sont pas les Bourbons qui ont attiré , sur votre territoire, les puissances alliées; elles s'y sont précipitées pmv préserver leurs Klats de nouveaux malheurs. Connue elles sont convaincues qu'il n y a de repos pour leurs peuples et pour la France que dans une monarchie tempérée , elles ouvrent les voies du trône aux successeurs de Saiiil-Luius.

Livw VII. » Ce n'cfit (\\w par vos vœux que le roi , mon oncle , nspire Chap^i. ^ ^^^^ reâlauraleur d'un gouverueiuent paternel < i Itlire jusqu'à cetle jépoqne , et oe veut rien innover dans la forme de votre administration.

» (^omme lui , satisfait de vos vœux et de voire amour, je déclare que rien ne sera changé par moi; seulement, jaime à répéter que ma pins consolante mission est de proclamer, au nom du roi, qu'il n'y aura plus do conscription ni d'imp't odieux; que la liberté des cultes sera maintenue; que leçon)merce et l'indastrie, véritable source de la prospérité publiqae, seront encouragés; qu'il ne sera porté aucune atteinte à h propriété des domaines qu'on ap()elail nationaux.

1» Des princes français n'ont pas besoin de donner leur pa* rôle à la bravoure française qu elle ne verra jamais enlever ses récompenses et ses honneurs.

» Si je u'ai pas dù retenir le premier élan de vos âmes, je dois vous conjurer, ô Français! de vous abstenir de tout esprit de parti et d'éviter ainsi un malheur encore plus grand que la tyraunie.

9 Que tous les fonctionnaires publics exercent leurs emplois, que justice soit rendue par les mêmes magistrats qu'auparavant. Je les conjure de payer à leur patrie la dette la plus sacrée , celle de rendre la justice et d'administrer ; je ne leur • demande pas de nouveaux serments : le premier besoin des peuples est d être gouverm

» Si les juges, si les administrateurs restaient absents , s'ils exposaient ainsi leur pays à Tanarcbie , il faudrait bien pourvoir â leur remplacement; mais mon cœur serait bien plus satisfait de voir tous les fonclionuaires civils continuer leurs charges sans défiance, et préparer ainsi le bonheur de la patrie, pour le moment oh la paix consolera la terre.

» Bordeaux, le 15 mars 1814.

» Loeis-Antoine. u Con%'aincn qtt*il serait reçu avec enthousiasme à Bordeaux,

le prince avait compris combien il était nécessaire d'avoir des vu. armes |><>ui ses parlLsans et de l'argent pour les besoins du momeDl. Par sa lettre do 12 mars, il en demanda à Wellington, cfQÎ lui répondit par le même courrier, le 14 , à dix heures du soir, en ces termes :

« Ce n'est qu'aujonrd'hui que j'ai eu Ibonneur de recevoir » la lettre de Votre Altesse Royale , du 12; je la félicite très- ») sinc tTrnienl des événements arrivés à Bordeaux ; je souhaite » que l'exemple de cette ville soit suivi par d'aulres.

n Tai donné des instructions au maréchal Beresford , pour » les armes dont V. A. R. aura besoin en premier lieu; aussi- » tôt que ie port sera ouvert , J'y ferai lrausjK>rler toutes les » armes et les munitions que j'ai à ma disposition.

» En attendant, je recommande à V. A. R. de former des w corps léiiulii rs ; avant qu ils ne soient formés, V. A. reco- « vra les armes.

» Pour ce qui regarde Taisent, V. A. ne m'a pas dit la 9 somme qui lui était absolument nécessaire. Je n'ai [)as l'aii- A torisalion de donner un sou ; mais je prends beaucoup sur » moi, et, si je voyais que les circonstances fussent urgentes et » qu'il n'y eût pas d'autre mode à y pourvoir, je ne refuserais )) pas. Mais il faut que je sois persuadé et de l'urgence et ilc » l'impossibilité de trouver ailleurs ce qu'il faut. Sur ce point, M permettez que je dise à V. A. R. que je ne puis croire que » la ville de Bordeaux li .uL pas les moyens de faire quelques n efforts en finances en faveur d'une cause pour laqtK Ile ( Ile » s'est prononcée si fortement. Je recommande à V. A. R. » d'adopter, à Bordeaux , pour le moment , le système corn- » mercial que j'ai adopté à Saint-Jeau-de-Luz. Vous pourriez A mettra avec avantage , peut-être , des droits plus forts ; » mais en faisant du port un port libre à toutes les nations I) qui ne sont pas en guerre avec les alliés, vous vous donne- M riez Ijeaucoup de ressources et vous faciliteriez, d'une ma- » nière importante, l'exportation des denrées du pays, ce qui

Livi vir. » e!îi (le )a plus grande importance pour les propriétaires. ■ cjwjK 7, ^^^^^ correspoiMiancc, on voit clairement que les alliés

Il avaient auloiisé Wellington, oi à donner de Targenl ii la cause des Bourbons, ni à proclamer le roi, ni à prêter des «recours quelconques aux partisans du duc d*Angouléme; ils voulaieal la chute de Napoléon, mais pas l'élévation de Loni- XViU; ils renversaient le héros qui leur faisait peur, maisiLs ne tendaient pas la main aux Bourbons qui étaient par terre: ils ne voiilaiLMit pas même qu'il fût dit qu'ils étaient venu^ pour la cause de la légitimité, et se fâchaient tout rouge quaml on disait qu ils l'avaient remise sur le trône. Nous en verrons d'autres preuves.

La pi oclamaliou du maire de Bordeaux étonna le mart'chal Bercsford ; il ne dit rien, mais il en expédia une copie an duc de Wellington, qui n'en fut pas moins étonné ; il en fut mtoe indiiiné. Sous ces impressions, il écrivit le 16 au duc d'Angoul^me , en ces termes : « Monseigneur, j'ai eu l'honneur de » recevoir la lettre de V. A. R., du 15, . et je me souviens » parfaitement de la conversation que j*ai eu l'honneur de te- » nir avec Votre Altesse Royale.

» Je ne sais pas quels ordres Y. A. R. veut que je doooe » aux troupes à Bordeaux. Sa Majesté Louis XVRf y a été pro- » clamée , et je m; crois pas que M. le maréchal Hcresford >e

» soit môle, en aucune manière, du gouvernement. J'espère ; )» que V. A. R. me fera savoir ses volontés.

» Pour ce qui regarde le pays oîi a passé l'armée, V. A. H. ' » me permettra de lui dire que, jusqu'à ce que je croie l upi- » nton de Bordeaux plus prononcée qu'elle n'a été jusqu'à » présent et que l'adhésion y soit faite par d*autres villes, je » ne veux pas, selon les idées de mes devoirs envers ceux que » je sers, et dont je possède la confiance , faire des démarches » pour forcer la soumission à l'autorité de V. A. R. Je ne me » refuserais pas à ce que l'on proclame le roi; niais je pii»*

» V. A. A. de m'excuser au roomenUacluel, si je n'y prends i^i>re vu. » pas une {)nrt quelconque. JL

» J'avoue à V. A. R. qup , si jc u'clais pas porté à celle ***** » décision par mes devoirs envers les souverains dont je coni- » mande les armées, je le serais par la proclamaUon de M. le » maire de Bordeaux., du 12, faite, je l'espère, sans le con- » seiitemenl de V. A. R. , comme elle l'a été sans que le lua- » récbai Beresford en ail eu même oonnaissance. Il n'est pas » vrai que les Anglais, les Espagriols, les Portugais se soient » présent U\s dans le Midi de la France , comme d'autres peuples » au Nord, pour remplacer le fléau des nations par un mo~ » narque, père du peuple. Il n'est pas vrai que ce n'est gue » par lui que les Français peuvent apaiser le ressetitiment » d'une nation contre laquelle nous a lancés le despotisme le n plus perfide; il n'est pas vrai non plus, dans le sens énoncé » dans la proclamation , que les Bourbons. aient été conduits a par leurs généreux alliés.

» Je sais que Y. A. R. n'a pas donné son consentement à » cette proclaioQation, parce que c'est contraire à tout ce que » j'ai eu l'honneur de lui dire bien souvent; et, pour montrer » à V. A. R. combien peu je dois avoir conûance dans les » actes do maire de Bordeaux, d'après ce que je vois dans w celle proclamation , j'ai eu l'honneur de lui envoyer copie » des iosti actions que j'ai adressées au maréclial Beresford, » et copie de son rapport, qui feront voir à V* A. R. que j'ai » agi avec la même franchise envers le maire de Bordeaux » qu'envers V. A. R. et les autorités de la France, et que le n maire de Bordeaux savait la vérité le 4 4 , quoiqu'il ait émis n sa proclamation le 42.

» Monseigneur, j'espère que les souverains, dont je corn- » mande les armées et les peuples doiil je possède la confiance, » me croiront, et non le maire de Bordeaux, et que je ne serai A pas obligé de publier les papiers que je mets, à présent, » sous les yeux de V. A. R. ; mais vous me permettrez de vous

s* Part. B. 21

Livre VU. n dire que je désire me tenir à 1 écart d une cause qui D'est pas

(.hap^7. ^ guidée par l'exacte vérité. »

Étonné de la sasceptibililo de la part de TAnglais, M. Lynch ( raii^nait d'avoir indispose \Vt'llfnc:lon contre le duc d'Angouléme et le roi; il seiupressa de s'excuser et écrivit au généralissime ces mots : « M. de Pays^r, mon adjoint, a ea » rhomiour de porter à Votre Excellence l'expression de mon M regret de ce que ma proclamation aux habitants de celte » ville avait été publiée sans vous avoir été soumise. Je re- » grette, non moins vivement, que vous y ayez trouvé des » expressions qui n'ont {>as votre entier assenlimeul. Doreur- » vani, vous pouvez être assuré qu'aucun acte administratif » ne sera répandu dans le pubKc avant â*avoir obtenu votre » approbation, n

On rougit, quand on lit ces lignes, de voir le maire de Bordeaux à genoux, pour ainsi dire, devant un Anglais , pour s'excuser d'avoir parlé de son roi ! Maître du chanip de bataille, il voulait gouverner en dictateur notre ville et comprimer les élans des cœurs royalistes; de plus d'une fioilrine oppressée , on entendait sortir le cri d'une indignation étouflee : Non , jamais en France! l'Anglais m réfpwra!

Que faut-il conclure de tout cela? Tout simplement, que les Bourbons n'ont pas été ramenés par les puissances alliées : jamais vérité n'a été niioux démontrée. A celte époque, les factions se leuaieut caciiees; mais la France était divisée en partis, ayant cbacun leur drapeau t leur but et des espérances diverses. Lafayelte, Laforèt, Pontécoulanl, Voyer-d'Argensaon, Sébastiani et Beujamin-Conslanl lurent ios |>leui{)oieutiairt\> chargés de demander aux souverains un roi quelconque, pourvu qu'il ne fèt pas un Bourbon. Une régence, un prince étranger, rouis-Piiilippo d'Orlénns, le fils du roi de Hoil.mde, un Brunswick, la république même ressuscitée par l^fayette, loutcela paraissait possible et offrait des chances plus ou moins réalisables ; les Bourbons seuls semblaient déplaire à l'Angle-

terre, dont le imauvais vouloir se trouve dé^icint à chaque Livre vu. ligne et éclate en termes presque offensants* dans les hautaines ^^^t *' <lépécbes de leur général , qui impose à un Fils de France cer- . ****** taioes couditiODS avant de scogagcr à lui prêter quelques écus que le noble prince daigne s'humilier jusqu'à lui demander l Il ne lui prêta pas un sou; les Bordelais pourvurent aux be-

iïoins du luoiaeiit.

Il faut avouer, cependant, que Wellii^ton avait en outre un prétexte très-plausible de s'abstenir de toute démarche qui pouvait engager l'avenir ; il ignorait oii l'on en étnii à ChâtJLilon , et quelques démonstrations en faveur des Bouri)ons auraient pu faire avorter les n^ociations qui se poursuivaient pour la paix avec les ministres de Napoléon. Cest sous l'empire de cette idée qu'il écrivit, le lendemain (17 mai), deSaint- Sever, au maréchal Beresford, la lettre suivante :

« Il y a un grand parti à Bordeaux pour la maison de Bourbon; je vous prie de vous en tenir aux instructions suij» vantes pour ce qui regarde ce parti et ses projets :

9 Si l'on vous demande votre oonsentement pour proclamer » Louis XVHI, arborer le drapeau blanc, etc., etc., vous » déclarerez que la nation anglaise et ses alliés sont bien portés » pour Louis XYUI , mais que le but des alliés, en faisant la » guerre , et surtout en rentrant en France, est, ainsi que je » l'ai dit dans la proclamation, la paix; qu'il est notoire que 9 les alliés sont en train de négocier un traité de paix avec » Bonaparte ; que, bien que je sois disposé à aider et à soutenir y» tout parti contre Bonaparte , tant que nous serons en guerre, » je ne pourrai plus donner la m éaie assistance lorsque la [)aix » sera conclue, et que j'invite les habitants a bien peser leurs » démarches, avant de lever Tétendard contre le gouverne- » ment de Bonaparte et de s'engager dans des actes d'hostilité.

9 Si cependant, malgré cet avis, la ville juge à propos » d'arborer le drapeau blanc et de proclamer Louis XVIII, ou

Livr«' VII. » prendre quelque autre [mil de ce genre, vous ne vous y

Gbap. 7.

L » opposerez pas.

D Si la Municipalité déclare qu'elle ne proclamera pas

» Louis XVIII sans vos ordres, vous refuscrfz d'en donner à » cet égard , par les motifs iodjques plus haut. »

Ainsi, à entendre Wellington dans ces missives, toot à la fois a.«:tncieuses , négatives et cauteleuses, s'il s'abstenait toute manifestation de la volonté des alliés à Tégard des iiourbons, c'était parce que le congrès de Châltllon continoaii encore ses délibérations pour arriver à la paix , et parce que les antres cités n'avaient pas encore fait un acte d'adhésion aa mouvement de Bordeaux ; mais Nancy, Toulouse et les principales villes du Midi et presque de toute la France, s'étaient déclarées antipathiques à Bonaparte et dévouées aux Bourbons avant la ûude mars, et cependant le même Wellington, dans un ordre du jour daté de Seysas , le 29 mars, revint sor ce grief, qui débordait de son sein ; il se plaignit amèrement, Lamartine, après coup, et dit tout haut : « C'est contre mm avis ot ma » manière de voir, que certaines personnes de la ville de » Bordeaux ont jugé convenable de proclamer roi Louis XVm. » Ces personnes ne se sont donné aucune peine, elles n'nn' » pas fourni une obole, ni levé un seul soldai pour le soutien de leur cause ; et maintenant , parce qu'elles courent un D danger, elles m'accusent de ne pas les soutenir avec mes

» troupes Je ne sais pas si je ne vais pas au-delà de la

» ligne de mes devoirs , en prêtant à votre cause la moindre » protection, le moindre appui. Il faut que le public connaisse » la vérité : si, d'ici à dix jours, vous n'avez pas démenti b » proclamation du maire de Bordeaux, qui m'attribue le de- » voir de protéger la cause des royalistes à Bordeaux , je la » démentirai moi-méme publiquement. »

Que signiiie donc cette persistance des Anglais, dans une seule idée, à ne donner aucune asHstanee, pas même un m, à une famille qu'ils voyaient rappelée par la volonté Qatio-

Hhtmre de la UeUauraiion.

nate? Ils savaitSnt la conduite des agents de Loois-Philippe, ^>vro vu.

même à celle époque ; ils prévoyaient que co pi ince , (jui — peul-élre alors ignorait les basses intrigues et les projets anti-dynastiques de ses amis à Paris, ne reculerait pas devant une usurpation; ils se rappelaient la généreuse întervenlion de Louis XVl dans l'cmauctpalion des colonies anglaises; ils auraient voulu, pour en punir ses descendants, tout autre prince d'une maism couronnée de f Europe que les légitimes héritiers du roi niarlyr. Us se trompaient dans leurs calculs, et la France n*était pas assez anglaise pour adopter leurs idées; elle rappela ses rois sans les Anglais et malgré les An-* Lamartiae, .i;ltiis, et même contre la volonté d'Alexandre de Russie, qui, à RestuttraHo». Vienne, avait montré la plus grande répugnance pour le retour des rois légitimes en France. Non« les alliés ne voulaient fias le retour de Louis XVIII, et, sans le inouvcmcnt de Bordeaux, de Toulouse et tout le midi de la France, ils auraient conclu la paiii avec Bonaparte, à Châtillon, sans jamais songer à la branche aînée. Ils ne s'opposèrent pas au retour du prince; mais ils ne le désiraient pas, et ils ne firent rien et ne prononcèrent pas UQ mot pour Teffectuer, ni ne donnèrent pas un sou pour le faciliter. Ces vérités furent reconnues et proclauiees par lord Liverpool, à la tribune de la Home o[ Lords» le 23 mai 48i5.

Cétait beaucoup que d*avoir pour soi la population d'une ville comme Bordeaux et des environs; mais il fallait s'assurer de l'état du pays et de l'opinion publique dans les départements circonvoisins. Par un rapport dressé à cette occasion le 18 mars i814, j)ai M. J.-P. de La Tour, le prince apprit que les Vendéens étaient prêts a se lever en masse; que le général Rivaut, qui commandait à La Rochelle , pensait bien qu'un débarquement pourrait s'opérer dans la Sèvre, où mille cinq cents hommes rendraient un grand s^'rviee à la cause du roi ; que cinquante hommes seulement suffiraient pour s'emparer des rares batteries de la côte, qui était mal gardée ; que

Livre viu Jiaiierie de YerdoD avait été endouée le 46, par œu-là ciiap.7. lyi^iQ^s qui 1^ gardaient; que te slationnaire était désaroié;

qiîVin conseil teou a Blaye avail décidé que la forteresse nétait pas tenabie, attendu quelle était commandée par trois hauteurs et allait être attaquée dans deux ou trois jours; qu'on armait une Ilutlille sur la rivière; et, entiu» que lescote< du Médoc o'ëtaieut point gardées et qu'on pourrait y craiodre quelques tentatives de la part de renpemi.

Un des premiers soins du duc était de s'entourer de toa< les iiomnies qui jouissaient de la cunsidëralion publique et «le s'éclairer de leurs conseils. M. Lynch exerçait les fonclioos de préfet, fonctions que le prince confia, le au zèle de M. Lainé. Le conseil de S. A. R. fut composé des principali'> notabilités de la ville. M. Lainé y apporta un jugeaient sain, un esprit éclairé, ami du progrès et de la liberté ; M. Ravei y fut appelé ; sa place y était marquée d'avance ; sa haute sagesse, son caractère de modération , de gravité, de circonspection, Ten rendaientdigne, sans parlerde ses principes politiques ; toujours le même, toujours fidèle, toujours dévoué à son prince , il ne courba jamais son front devant le pouvoir qui disposait de toutes les places et de toutes les grâces, loi qui avait noblement présidé la jeunesse bordelaise dans de mauvais jours ; qui Jovailélre plus tard riiilutrc des [)artîs, le modérateur d'une Chambre dont, comme président, il avait à tempérer les ardeurs divergentes , et qui s'illustra par sod impartialité au milieu des coteries qui s'entre-beurtaieot, peih daut tout le temps du ministère Vilicle; cet iiunime devait nécessairement aller s'asseoir dans le conseil du prince et luj apporter le tribut de son dévoûment, de sa foi politique et de ses hiimeres. On y voyait aussi M. de Marcellus, dont It^ nom seul est en France un éloge ; M. Émérigoa, homme d'esprit, avocat distingué; M. Tafiard, homme sage, prudent, prévoyant et dévoué, la cheville ouvrière de la Restauration ^ Bordeaux ; M. Maxime do Puységur, royaliste d origine et k

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