CHAPITRE PREMIEU
Romain Deiète esliiDé, aimé et récompensé. — L'onnlvenaire dn 13 nart. » Le duc et la ducbeue d'Angoulême arrivent k Bordeaoï.— Bonaparte dttartoe m France.— Sonscription pour équiper la garde nationale et dea volontairea. ^Le général Decaen ; «ea sentiments. —M. Lynch ; sa position. — La garnison de Haye
se prononce pour Bonaparte. — Situation des Bordelais. — Banquet où se réunis^ sent les officiers de la garde nationale et de la garnison. — Claosel marche sur Bordeaux. — M. le colonel de Pontac marche avec SOO hommes pour défendre le passage de Cubzac —M. de Mallet à Saint- André. — M. de Peyronnet au Carboo- Blanc. — M. de Martignac envoyé à Claiisel. — Ce général paraît bien disposées faveur de Madame. — U promet uoe amnistie k tons les Bordelab, excepté K. Lyncb.
Livre viii. Hentré dans ses États, le roi s'efforça de cicatriser les plaies
mi, de la patrie et de reconnaître les services de ses amis. Parmi eux, sa reconnaissance en distinguait un surtout, doot la présence lui semblait une consolation et une source de mille souvenirs tendres et tristes : c'était M. Romain Desèze, homme de cœur, qui cul le courage, sous le règne de la Terreur, de défendre l'innocence et la vertu ; qui osa rejeter, comme juges du meilleur des rois, les membres de la Convention, constitués ses accusateurs et ses bourreaux, et qui lutta avec courage pour épargner à la France la honte d'un crime inutile, tout un siècle, peut-être, de folies, de forfaits, d'impiétés et de larmes t Le roi et la France étaient ses débiteurs; le prince le combla de bienfaits , et la France applaudit à la re-
coonaiâsaoce affectueuse et libérale de son roi. Le 1 ô février, i ^ Louis XVIII le nomma pi emier président de la Cour de cassa- ^^^îl lion , et, quelques jours pins lard, grand Irésorier, comman- ****** deur des ordres du roi. Tout cela ne témoignait que faiblement des sentiments de profonde gratitude de Sa Majesté et d'affectueuse conli uice qu'elle avait dans le zélé défeoseurde son malheureux frère.
An mois de mars de l'année suivante , comme nous aurons occasion de le dire, le fidèle Desèze accoFiipagna l'auguste fille de Louis XVI sur la terre d'exil ; elle se rendait à Gaud, auprès du roi, dont la solitude paraissait moins triste, parce qu'il s'y trouvait un ancien ami. a Partout où les Bourbons ont Sôullert, (iiL Châleaubriant, on reocontre un Desèze. » Il fut élevé à la dignité de pair de France, le 17 août. Un jour, Louis lui envoya une tabatière avec ce billet : <c J'ai appris , » Monsieur, avec le plus grand plaisir, que vous voulez vous » convertir au tabac; pour vous encourager dans ce bon sen- » timent, je vous envoie une tabatière, la seule digne d*étre » offerte à M. Desèze. » Cette tabatière était ornée du portrait de Louis XVI. M. Desèze fut affecté jusqu'aux larmes de cette gracieuseté de son roi , qui rappelait tout à la fois son antique dévoftment , les vertus et la condamnation de la royale victime , et l'affectueuse munilicence de Sa Majesté. Avec le titre de comte, notre immortel compatriote, M. Desèze, fut autorisé à plarcr dans ses armes des fleurs de lis sans nombre, et à faire graver, autour de Técusson, ces chiffres : « 26 Décembre 479SI. » On lui devait beaucoup, mais il ne demandait rien ; ces honneurs se reflètent encore sur son nom et sa famille; mais son plus beau titre de gloire, c'était de voir 6on nom dans Timmortel testament du roinnartyr : celui-là ne périra point , ni en France, ni ailleurs; on n'en contestera l>as la noblesse.
Lainé aussi éprouva les bontés du roi; le titre de Bordelais était une recommandation à la cour : la Guienne était la terre