‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 154 sur 172 · Livre VUl · texte numérisé non relu

Livre VUl

Chap. o.

Livre VIII. Ia fontaine de la rue Rovale, celle d'Audcje, et les deux footaines de la Grave , dépeudantes de la [onl-dor.

Une ordonnance royale ayant dissous le Corps l^islalif , les collèges électoranx , convoqués dans les arrondissements le 18 novembre 1827, élurent comme députés MM. Balgucrie aîné, Balguerie junior, Lur-Saluces, Martel, Gautier. La lutte était commencée entre le Gouvernement et les libéraux : le ministère avait désigné cinq candidats au choix des électeurs; ils n'en prirent que deux.

Le grand collège de Bordeaux élut MM. Duffisur-Dubessan, Legris-Lassalle , Ravez; mais M. Ravez étant créé pair de France, le grand collège élut, pour le remplacer, M. Jean- Jacques Boscq.

1838. Le H juillet 1828, la duchesse de Berry airiva à Bordeaux dans l'intention de visiter les dépai leuients de l Oue^l; elle séjourna cinq jours dans nos murs, posa la première pierre de la fontaine de la place Royale, et aussi, pour la forme , celle des colonnes rostralcs des Quinconces , qui étaient commencées.

A cette époque , les jésuites, sous le nom de Pères de la Foi, refusèrent de prêter un serment qui répugnait à leur conscience ; ils lurent obligés de fermer leur collège. Le Petit-Séminaire de Bazas y fut transféré le 5 novembre, sous la conduite du vénérable M. Lacombe, que la plupart des membres du sacerdoce actuel ont regretté comme un jiiii et un bienfaiteur, et que, dans le langage de leur respe tueuse et filiale reconnaissance, ils appelaient leur pèrei Les jésuites partirent pour l'exil; le roi, qui avait signé rordonnauoe de leur expulsion, les suivit bientôt après!.....

1839. Cette nouvelle année commence sous de mauvais auspices; rhorizon se rembrunit de toutes parts : mille signes précorscui's annoncent l'orage, et de irisLes pressentiments picparent les esprits à la révolution de 4830. M. le baron d Uausset est appelé , par le roi , au ministère de la marine; le vicomte

de Curzay le remplace dans la préfecture de la Gironde, le Livre viu.

1 i septembre , cl s'aperçait bien vite des difficultés qui latlendaient dans des circonstances si critiques. La nature semblait conspirer avec les mécontents pour aggraver la position des aiUoi ités à Bunloaux : tout le mois de décembre était accompagné d'un froid iateuse ; mais le ^5 il augiiieota; le 5^7, la Garonne commença à charrier des glaçons énormes, et le lendemain, le baromètre marquait dix degrés de Rëaumur. Après un froid âpre et insupportable, la rivière fut prise dans les trois quarts de sa largeur, et cet état alarmant se maintint jusqu'au G janvier 4830. A Langon , on passait la Garonne sur isso. la glace, et plus haut, vers Marmande, elle était assez épaisse, assez forte pour soutenir des charrettes, pesamment chargées, que des bœufs traînaient d*une rive à l'autre de la Garonne. Onorgaiiisii pai bnu des ateliers; oti distribua du pain, du bois, des vêtements aux pauvres; on s'épuisa en sacriQces de toutes sortes; on versa dans les bureaux de bienfaisance et dans les réduits les plus obscurs des pauvres honteux, des aumônes abondantes; et jamais ou n'a pu mieux constater l'inépuisable charité des dames de Bordeaux, que pendant cette déplorable année. M. de Curzay, préfet, se distingua par la plus admirable activité et par une générosité exemplaire en faveur des pauvres et des classes peu aisées de la cité. Il apprit , plus tard, que, 8*il comptait sur leur reconnaissance, il faut attendre, non des liommcs, mais de Dieu, la récompense des bienfaits ! Mais laissons à quelque |)Uime plus libre que la nôtre, la tâche de raconter tous les faits de 4830 (4), sans prévention, sans passion. Nous croyons que ce temps est encore trop près de

(1) Le :2i juin 1830 curent lieu de nouvelles élections. Les arrondissements élurent pour députés, MSI. J.-J. Doscq, Gautier, Balguerie, Martel, de Saluces.

Le grand collège élut, le i juillet, UM. DufTour-Dubessao, Legris^Lassane, Darisie, Dèdeein ; le Corps législatif M cwiToqué pour le 3 aoAt. M. de Saluces , ayant relïisé le mandat de ses conmettant», flit remplacé par SI. Galos père, qui le fut ! son tour par M. Jay.

Livre Viti. nous [)our pouvoir en parler avec indépendance et impariui- Cbap^s. ^^^^^ u'aimoDS pas à rouvrir une plaie qui saigne encore,

ni à plonger notre regard dans an abtme enlr'ouvert on notis rencontrerions des noms qoe noas savons respecter et aimer î Nous avons isur notre bureau de tristes révélations sur les affaires révolutionnaires de ce temps à Bordeaux ; mais souvenons-nous du philosophe qui disait : « Si j'avais ma main » pleine de vérités , je me i^ai derais bien de l'ouvrir ! » Elles heurteraient quelques vaniteuses susceptibilités et soulèveraient peut-être des récriminations amères. Abstenons-nous de marcher sur des charbons ardents que recouvre «ne légère couche de cendres. Nous serions heureux de dire le bien que nous savons de quelques-uns; mais pourquoi s'empresser de révéler le mal que nous aurions à dire des autres? Et, aa bout du compte, est-ce que tous les partis politiques ooot pas des torts à se reprocher?

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CHAPITUË VI.

Particularités historiques do eommencement du XIX* siècle.— DèpAt de mendicité.

— Asile des aliénés. ~ Bureaux de bienfoisanee. — Société matemefle. — Caisse d'épai^es.— Mont-de-Piété. — L*égUse de Saint-Martial. — Académie de Bordeaux. Cabinet d*bi8tolre naturelle. Sociétés diverses. ~ Saint-André réparé. — Les tabacs. — Une sous-préfecture créée à Bordeaux. — Société de secours mutuels. — Les crèches. — Entrepôt réel. — Banque de Bordeaux. —

— Manuftcture de tabac. — Les Pénitenciers. Hôpital militaire. — Caserae des Fossés. — Les vins de Bordeaux. — Le Janiin-des-PUiutes. — Médailles découvertes à Talence.

Asile des aliénés.

Il existe dans le déparlemeni deux asiles d'aliénés : l'an à Lim viit.

Bordeaux, el l'aulrc à Cadillac. Celui de Bordeaux occupe un OUI placement connu, aux XVII'' et XVIil" siècles, sous le nom & Enclos Arnaud GtUraud; il fut d'abord consacré aux gens malades de la peste qui ravageait souvent notre ville. Les aliénés qu'on rccevail à la Manufacture furent logés, à dater du commencement du XVUI* siècle, dans Vasile dont nous parlons. Depuis le 18 juillet 1845, les hommes sont envoyés à Cadillac et les femmes à Bordeaux.

En 1845, M. le docCeur du Pallan fonda, au Bouscal, un asile pour les aliénés. Cest une maison élégante, bien aérée; on y reçoit, d'après rautorisation ilc 1 autorité administrative, vingt-huit hommes el douze femmes. Le prix de la pension est de 1 ,600 fr.

Bordeaux a l'avantage de posséder plusieurs bureaux de Dufcaux bienfaisance établis dans divers quartiers de la ville, el agissant sons le contrôle d'un bureau central. Outre ces bureaux, on y voit en activité la société de Saint-Vincent-^e-Paul ,

animée de l'esprit de son patron, et contribuant puissanmjonl à la moralisation des classes pauvres el au bien de l'ordre

ï.ivrc V III.

Chap. 0.

social cl religieux. Il y a, cd oulre, des sociétés paroissiales composées de dames charitables. On assare que ces sodélés distribuent, tous les ans, près de 200,000 fr. en médicaïueûb. soupes, bois dcchauûage, vêtements, etc.

socu (é En 1805, on créa une société de charité maternelle, cmposée d un certam nombre de dames, dans chaque paroisse: elle distribue tous les ans pour 50,000 fr., outre de |mi\tD femmes, en trousseaux, frais d'accouchement, mois de ooorrîces, etc., etc. Le secrétariat est établi quai de Bacalan, 3S. Caisse En 18 47, a été construit, sous la direction de M. Dnphol. d épargnes, ^j ^jj^j^eclo, le bâliiueut occupé par la Caisse d épai^ucs ei tic prévoyance, autorisée par une ordonnance du 24 mars 4819; il se trouve à l'angle des raes des Trois-Conîls et Beaubadat.

MoDi-de -Piété. Le 2 septembre 1801 , fut fondé à Bordeaux, dans l'aDcieii hôtel de M. Leberthon , dernier premier-président dà Parlement, par un arrolé préfectoral , le Mout-de-Piété. Cel établissement fut approuvé cl coiitiriiié par un décret de l'empereur Napoléon , en date du 30 juin 1806. Les statuts foreol approuvés par ordonnance royale du 26 juin 1847. Oo assure que la valeur des engagements est de deux millions eoviroD par an.

L'église de Jusquen 1804, le quartier de Bacalan était sans église;

n)in^ M. l abbé I)ri\ cl acheta le local oii se tenait le bal anglais et l'appropria aux besoins du culte. L'église de cette parois<^ y fut inaugurée par Monseigneur d*Âviau, le 14 juillet 1S04. Le propriétaire, TabbéDrivet, curé de cette paroisse, la céda à la ville par acte du il août 1821, moyennant une renie annuelle et perpétuelle de six cents francs; mais le bàtimeui menaçait ruine. On vendit cette vieille église de la me Poyenne , en vertu d'une ordonnancée du 3i) avril IS38,tH on lit construire, tout près , un nouveau sanctuaire lit^modesle, sur le plan fourni par M. Bonûn, architecte. H béni et livré au culte en 1841.

SaiDt^Uartial.

Digitizea Dy <jOOgIe

On a fait bâtir, soùs la direction de M. Barguet, architecte, Livre viii.

un c loihcr à côté de l'église, en 1853. ^^t^'

Le 15 novembre 4809, la Cour de justice criminelle lÎDt sa première audience dans l'ancien couvent des Minimes.

On organisa l'Acudémie de Bordeaux en 4809, ainsi que les autres établissements d'instruction qui en dépendent « et l'on en créa plusieurs autres d'une grande utilité pour le public bordelais. Par un ancHé du maire, du 40 octobre 4810, il fut ouvert une biblioibèque magnifique, qui, aujourd'hui , renferme près de S00,000 ouvrages; c'est l'une des plus belles de France; un cabinet (riiistoirc naturelle; un âèpM d aotiqucs; un observatoire; une école de dessin, à laquelle M. Doucet , ancien orfèvre à Paris , l^;ua par testament , en 1809 , une belle collection de tableaux et d'estampes, avec une rente annueltc de cinq ceuls francs; un jardin botanique et une galerie de tableaux; une société maternelle; le marché aux vins, établi sur le port , aux Ghartrons, entre la Fontd'Or et la porte de la Grave , en remplacement de celui qui existait sur le quai du Chapeau-Rouge, et pour lequel marché la Municipalité dressa un règlement de police intérieure , le 24 décembre 481 1 ; les poids publics réglementés ; le Tribunal <les douanes établi : la Cour impériale remplaçant , les 8 et 42 juin 4844 , le Tribunal civil; les fondements du Pont jetés, etc., etc. On commença les fouilles de la terre, sur la place des Salinières, le premier jour d'octobre 4810, pour préparer la première assise du Pont, qui, d'après le plan d'alors, devait s'élever sur quatorze arches à voûtes plates en fer, supportées par des piles en pierre. On adopta uu autre plan ; nous en parlerons plus tard.

Le cabinet d'histoire naturelle présente une belle collection des objets des trois règnes de la nature. On en doit une grande partie à la générosité de M. Journu-Aubert, comte de Tustal, pair de France, qui céda à la ville son cabinet, commencé

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par son père, angineoté, enrichi par lui-même, et si beau,

que Darp^envillo le cite dans ses ouvrages.

Le liépùL d antiques n'est pas bien riche en objets curieux : on y voit Fautel volif érigé en l'honneur d'Auguste , par la reconnaissance des Bîturiges-VivisqueSt les premiers habitants de liordeaux.

Quant an jardin de botanique, nous lui consacrerons on article particulier.

II sVst formé dansées derniers temps, à Bordeaux, il aiities sociétés qui ne subsistent que par le zèle des fondateurs et de leurs amis, telles que la Société Philomalhique, la Société lânnéenne, la Société de Chimie. Société Philomathique encourage le progrès des sciences, des arts et de rioduslrie; elle a institué des cours publics, sur diverses branches des sciences physiques et morales, et concourt, par des expositions annuelles des produits de l'industrie locale, à leur perfectionnement. C'est à cette Société que l'on doit les cours publics et gratuits de lecture, d'écriture, de calcul, de comptabilité, de grammaire française, de géographie et d'histoire. On compte plus de quinze ceuts jeunes gens qui suivent ces cours avec assiduité et profit.

Pendant Tété de 1810, on commença les réparations de Saint-André; on restaura la nef sur un plan unilorme cl avec plus de régularité entre les différents ordres d'architecture qui régnaient dans les pilastres et les colonnes. On fit une porte d'entrée au fond de l eij;lise ; on refit à neuf les flèches des deux cloîtres, dans les parties endommagées par la foudre et les ouragans.

Le 27 décembre, l'administration des Droits-Réunis apposa

les scellés sur les tabacs appartenant à des marchands, afia de réserver, pour le compte du Gouvernement , la vente exclusive de cette marchandise, à compter du de l'an 1811.

La vente du tabac avait été libre depuis vingt ans. Le public témoigna beaucoup de mécontentement à ce sujet.

Le 16 juin 1811, on créa une sous-préfecture pour larron-

disscment de Bordeaux.

Quant aux affaires religieuses, nous en parlerons ailleurs ; le pieux archevêque s*occupait sans relâche de Toiganîsalîoa

de son diocèse et de la réforme de son clercré. Mandé à Paris pour le Concile, avec lous les cvôques de Frauce ei diuilie , il qnîtia Bordeaux le 24 mai. La première séance fut indiquée pour le !20 ; mais nous parlerons de toutes ces circonstances dand la notice biographique que uouâ consacrerons à ce vénérable ponlifo.

n existe à Bordeaux plusieurs sociétés de secours mutuels; il y en a au moins dix. Leur existence et la régulanici de leurs opérations sont assurées par le décret du ât6 mars

On a fondé des crèches à Bordeaux en 1847; il y en a qui sont devenues des salles d'asile : on y reçoit les petits enfants. Il y a en ville quatorze salies d'asile où sont reçus les entants de deux à six ans : elles rendent de grands services aux familles indigentes. La ville possède plusieurs autres établissements charitables, tous toadcs depuis le cooimencement du dix-neuvième siècle , tels que les maisons des orphelines ( il y en a cinq) ; la maison de refuge pour les vieillards, dite du Bon-Pas(cur, à Caudéran; l'asile des vieillards, fondé par les Petites-Sœurs des pauvres, de nos jours, à l'extrémité de la rue Judaïque, et un autre à Mérignac , oh sont reçus les vieillards des deux sexes , qui attendent leur entrée dans les hospices civils de la ville.

Depuis la cessation du blocus continental, dirigé par Napoléon contre les intérêts de TAngleterre, le commerce de Bordeaux a pris d étonnants déveîoppcmonls. On coui|ireiiail la nécessité d'avoir un entrepôt des marchandises; le Gouvernement ne voulait pas d'entrepôts fictifs , et la réalisation des vœux du commerce paraissait devoir exiger des dépenses énormes. Malgré toutes les dillicultés, M. Balguerie-Stutleraberg, à qui Bonleaux doit beaucoup de ses améliorations,

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