‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 16 sur 172 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

^cre de Pacareau. — Discours de Vertiniaiul. — Noms des premiers prêt ro s consUtiitionnHs. — Deuil des Hordfhùs à la mort de Minbcau. — Lettre de cijrninunion ecnle par l'oNèque eofjst tutiormel Pacareau au pape. — Lacomhe, « ure constitutioDOelde S'-Paul.— Lalande, turé constitutionnel de S'-.Mietiel. — Ouvrage de Lirombe. — Cotirte notice analytique de ce tniv;iil. — Son éloge par Lalande, ~ iiisctiurs de Lacoinbe contre la bulle du pape. — tn nouvel ouvrage du même sur les assemblées primaires, etc.. etc.

Le schisme marchait à grands j)as, malgré les geuereux Livre lu eflbrts du clei^ de Bordeaux; mais il lui manquait un chef ofliciel : Pacareau avait été élu évéque, mais il n'était pas en- *™ core consacrL'. Celte cérémonie tut aimoucée [m\r le 3 avril ; elle devait être suivie de la proclamation des nouveaux curés élus conformément à la Constitution.

Au jour convenu, l'assemblée électorale du district rendit à S^- André, sous la prt»sidence de Vcrgniaud, jeune avocat de Bordeaux, à qui la révolution ouvrait alors une carrière si orageuse. Avant la consécration de Pacareau, sous le titre à'évêque métropolitain du sud-ouest, et la proclamation des nouveaux curés constitutionnels, Vergniand adressa à TAssemblée le discours suivant (1) :

GlTOTBNS,

f La religion chrétienne triompha aisément des idoles du

» paijanismo, par la sublimité de sa doctrine et la pureté de sa morale. Bientôt ses ardents néophites, emportés par le > mouvement d*un beau zèle, crurent que, pour Thonorer, il

» fallait décorer ses temples de tout l'appareil de nos pumj)es

(I) bi»L«iur^ inédit.

Livre H. » iiioiiiiaiiies, hélas 1 semblables à des lioranies qui, pjur augciuip.s. ^ menter l'éclat du soleil, agiteraient des flambeaux dans les )7yi » airs.

» Dans les beaux jours de cette religion sainte, les fidèles » nommaient eux-mêmes leurs pasteurs. Les mains terribles » du despotisme, qui, dans tous les temps, travailla sans re- » lâche à forger des chaînes au genre humain, leur ravit ce » droit précieux. 11 l'ut dans la suite exercé par des tyrans D couronnés; des tyrans subalternes l'usurpèrent à leur tour; » il descendit par tous les degrés de la féodalité, et se trans- » mit j>lus d'une fois aux personnes les plus viies.

» Des lois bienfaisantes ont détruit ces abus scandaleux ; la n nation se charge de pourvoir elle-même aux frais du culte; » elle consacre au soulagement du peuple ces richesses qui » ouvrirent à la cupidité la porte du sanctuaire, et par là elle » rend à la religion le plus solennel des hommages. Désor- » mais, ce sera des suffrages des lidèles (|ue les ministres des » autels recevront la juste récompense de leurs services; on » ne verra plus le vice insolent profaner les couronnes dues à » la vertu, en s*emparant de la glorieuse prérogative de les lui » décerner.

» Citoyens, il est des hommes^ ou animés d'un faux zèle, )> ou aveuglés par des préjugés funastes, qui murmurent con-

» Ire «ne si belle régénération; des prêtres même ne seni- » bient l'avoir envisagée qu'avec terreur et se sont éloignés » de Tarche sainte. Plaignons^les, car on doit de la pitié à )» lout homme qui s'égare. Mais si quoUpie factieux enlreprc- » nait de jeter l'alarme dans nos conseieiiees, s il tentait d'al- » lumer les torches de la discorde à celles du fanatisme, afa ! » repoussons alors, avec la plus vive énergie, ces suggestions' » fatales; souvenons-nous que le Dieu de nos pères est un » Dieu de paix , qui fit de l'amour de l'humanité son pre- » mier précepte, de l'obéissance aux lois un devoir inviolable, » et qui désavouerait jMjur ses ministres des hommes semaul

» les dissensions, prèchaal les haines et devenus les apou es > 1 de la rébeUion. ' J

» Citoyens, la nature nous a faits tous égaux; la religion 1791 » nous unit par des liens plus intimes encore; elle nous a

> faits tous frères. Bénissons la Constitution, qui nous ramène » dans les bras de ces deux filles du ciel, et nous assure, par » la jouissance des droits sacrés de Tune, par les sublimes et n consolantes espérances de l'autre, tout ce que l'Arbitre cter- » nel de nos destinées nous permet de goûter de bonheur » dans cette vie passagère.

» Citoyens, la défection de quelques ecclésiastiques a d'abord » porté la oonslemation dans la vigne du Seigneur. Que ces » jours d'incpiiétude et de douleur se changent en jours d'al- » lésxesse! Non, cette vigne précieuse sera pas frappée de » stérilité; il s'est présenté des ouvriers digues d'elle, qui la » travailleront avec ardeur. De nouveaux époux iront conso- » 1er les églises que la crainte d'un veuvage spirituel avait » atiligées. Déjà le peuple a nommé des évéques qui n'ont » pour cort^e et pour tout luxe que de longs travaux , de

> grandes lumières et leurs vertus. On ne purra plus les » remarquer qu'à leur simplicité vraiment évangélique , et » à leur tendre sollicitude pour les troupeaux confiés à leurs » soins. Voyez-les, (4) dans ce jour solennel, assis au milieu de 3» nous cojuiue des pères dans le sein de leur.s litinilles. Ainsi » les Malhias, les Jacques, les Cyprien méritèrent l'amour des

> fidèles dont le suffrage les porta sur les chaires pontificales. » Ainsi ils devinrent la gloire de la primitive Éirliso.

» Citoyens, le peuple a nommé aussi des curés a des parois- » ses abandonnées; il leur a choisi des pasteurs qui, dans ces t temps difficiles, soient également les missionnaires de la » religion et ceux de la patrie.

MM. Pacareait, évéquc de Rordeaux ; Sorin»' , evtVjue di^ r);i\; Bartho, évt^quc i'Attch; Robinet , évéquc de Saintes; Pontar, évèquc de Périgutux.

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