CHAPITRE VI
Système de dënorn iallon. — Uo dut- di* Duras emprisonné. — Pr*»< lamalion dv li nouvelle Constitution à bordeaux.— Discours de Lacombe, nninaiécuréde SM^nl a bordeaux. — Son disrours a l'occasion de la prestation du serment civique. — Son premier prône a S' P m!. — Son éloge de Pacareau. — Discours d*uil prélre constitutionnel nprès les éleciiolis.— Discours d'adieu ùe Lacombe se rafidant à Pariscomme député de iioideaiiz. <~ Il avait des vues saines en politique ao commencement, comme U pantt par son discours au club des AmU de U ConttitmtUm il Bordeaux. — La nouvelle municipalité de Bordeaux,
L*opdre n'existait plus à Bordeaux. Des dissensions intestines, des jalousies particulières, les [>assious poliliques uièlées avec des sentiments religieux, qui se combattaient éternelkv ment, sans aucune perspective de la paix, pan*e que les principes des calhoUques (Haient incompatibles el mconciiiables avec ceux des constitutionnels; tous ces cléments s'entrehcurlaienl à liortleaux, et seiuhlaient (éloigner pour toujours de nos paisibles contrées tout esprit de concorde et de charité. Les dénonciations devenaient fréquentes : Tami dénonçait en secret l'ami, le domestique trahissait les secreLs du maître, le pauvre se prononçait contre le riche, son bienfaiteur, et les mots magiques de lOferté et légalité engendraient et voilaient tous les excès ! Le duc de Duras était alors le commandant de la garde nationale; il était trop riche pour ne pas exciter la convoitise des malveillants, trop puissant pour ne pas avoir de jaloux. On l'accusa d'avoir fait des enrôlemenls clandestins contre-révolutionnaires. La chaîne était absurde ; n'importe, on en vonlait aux aristocrates : il fallait commencer à leur faire la guerre. On l'arrête le 17 septembre, et on le jette en prison. Le temps s'écoule; mais pendant la procédure, la loi d'amnistie pour les délits révolutionnaires est publiée. Il sort
(le priM>ii et de sa pati ie iiigrale ; l'i oissé dans son honneur par Livre u. dessoupçoDS injustes , il se réfugia sur ia terre étrangère; il au- ^'^^ ^* mit voulu respirer l'air de son pays; mais Vexil lui parut préfé- 179, table au (h'shonneur, elmème au foyer domestique. M. Joly, noû complice réputé, obtint en uiéme temps sa liberté.
Dans ce moment , totis les esprits s'occupaient de la non- Archive» velle Constitution, (jui devait t'ire ])roelaniée le 25 septembre, i«nôiej!4e viae ea exécution de la toi du 15 du môme mois. La municipalité ^OTE 9. se réunit le et prit des dispositions convenables pour cette ïi<»lennité civique. Le à huit heures du malin, le corps luuniripal, assisté de MM. les Notables, sortit avec le cortège ordinaire et précédé d'un détachement de la garde nationale : en téte du cortéf^e , le secrétaire-greffier de la commune portait le livre de la (Constitution, renfermé dans) un étui recouvert de velours bleu, entouré de crépines en soie aux couleurs natioDales, et sur lequel étaient brodés en lettres d*or les mots: Constituiion française. La première puhlu atioa de l'acte ennstitationnel eut lieusur la place du Mai^ et fut suivie d'une salve de onze coups de canon; la seconde, sur la place du Marché- Neuf, avec les mêmes formalités; la troisième, sur la place Royale ; et la quatrième , au Ghamp-de-Mars , sur l'autel de la patrie , au milieu de tous les corps civils et religieux , et •«uiNie d une salve générale de rartilleri(\ à latpielle les armateurs et les capitaines de navires avaient été invités à répondre par des coups de canon. Après cette publication, on chanta un liynine civique, à grand chœur, aulour de l'autel, sur lequel était dé|K>sé le livre de la (Constitution; et une salve générale de l'artillerie ayant annoncé la fin de cette solennité politique, on reprit l'Acte constitutionnel, et le cortège retourna dans le inéme ordre à la maison-commune. Le soir, on organisa des bals champêtres, des amusements de toutes sortes : Tautel de la patrie , la terrasse, les grilles du Champ de la Fédération , ainsi que les façades des maisons , étaient illuminées; c'était an spectacle féérique que celui que présentait Bordeaux
Livre II. à la naLN?auce de celle Coiislilution qui semblait devoir régir Chap. 0. toujours Ics destinées d'un peuple enthousiasmé de sa
j-y, perfection. Hélas! elle a vécu ce que vivent les roses, comme
I a dil un poêle; elle est morte et n'a laissé que de Uibles souvenirs! Bien d'autres sont venues au monde depuis sur cette belle terre de France ; et à en juger par leur embonpoint juvénil et leur viiililé précoce, on devait piesunier qu'elles étaient nées dans toutes les conditions de la viabilité, et que les Français seraient le peuple le mieux conslilué du monde!
II u en est rien : les bourrasques populaires ont emporté bien des chartes, bien des parchemins, qu'on a jetés au peuple abusifs roiiiiiie des hocliels qu'on donne aux enlanls; cl Dieu sait ce qu il uous en reste encore à voir !
C*esi en vertu de cette Constitution que les élections eurent lieu, et que les noms des dépulés dont nous avons parlé plus haut sortirent de l'urne électorale. 11 était temps que ces représentants se rendissent à Paris, a TAssemblce législative, qui devait commencer ses travaux au mois d octobre. De tous ( i > hommes, Lacombe est celui qui occupait le plus l'opinion publique»; il avait la passion de faire parler de lui, et il n'y a maliiemeusement qui; trop réussi, instruit et hanli , il aimait assez à parler en public; mais n'ayant point de principes fixes, ni en jK)lilique, ni même en religion, ce téméraire doctrinaire ne parlait que pour dévoiler ses misérables sentiments et pour se faire mieux connaître. Élu curé de S^-Paul dans l'assemblée électorale du district, conune nous Vavons vu plus haut, il fit un bref discours aux électeurs; puis aflectant une grande humilité et une modestie profonde , il s*avoua peu digne do rcmpUr la suijlmie et glorieuse fonction de pasteur.
U confessa, en outre, tout en bénissant la nouvelle réforme, qu'elle n*avait pas les sympathies d'une infinité ÔLillusires évêques et de respectables prêtres; mais eu agissant ainsi contre de si grandes autorités, il se consola par la pensée qu'il n'avait fait que céder à la vmx de m conmence!
Cei»t assez curieux de voir cet insensé s efforçant de justi-* Livre ii. fier soa apostasie par les cris de sa conscience, toujotirsdocilc, ^* toujours souple et soumise aux ordres du pouvoir civil, jusqu'à prêcher, embrasser et appuyer un schisme dans le cierge de Bordeaux, toujours si uni! 11 déclare que le ciel est pour le clergé constitutionnel, et assure que les prêtres fidèles à leur devoir sont des loups auxquels Dieu ne permettra pas que les vrais fidèles soient exposés. 11 s'évertue ensuite à faire l'éloge de Pacareau, célèbre son savoir, ses vertus et ses qualités épiscopaies; il eu tait presque un anachorète et un samt, et foudroie dans sa colère, du haut de la chaire de S^Paul, les méchants qui oseraient qualifier ce vénérable vieillard des exécrables qualifications d'intrus, de schismalique ou (ï usurpateur I
Puis , venant à parler de lui-même , il déclare oonnidtre bien ses devoirs et vouloir les remplir. « Je n'ignore pas, dit*-il, » que je vais être parmi vous un siyet de doute pour les ûdè- • les, unsvgetde scandale pour les méchants; que la mauvaise » foi interprétera mes démarches, dénaturera mes intentions;
> mais n inip)rte , ma conscience a parlé , je dois surmonter
> tous les périls et braver les tempêtes, etc., etc. »
Il ne le fit que trop , et sans écouter cette conscience qui , ^aas doute , dans la solitude , lui pai lait bien souvent et bien haut, mais dont une folle ambition et un sot orgueil étouCEaient la voix in)portune. Son esprit inquiet ne se contentait pas de la position où la Providence l avait placé; il visait à Ihéritai^e do Pacareau et aux honneurs de la députation. Un caractère oomme le sien , prêt à tout faire et à se ployer à toutes les circonstances, versé dans les intrigues et se jouant de sa parole pour tromper le peuple , ne pouvait manquer de parvenir à son but; il fut élu député.
Lacombe , avant de se mettre en route pour Paris, monta en chau eà S^-Paul, et ht a ses paroissiens son discours iXadieu. 11 cite les attendrissantes paroles de saint Paul aux habitants de Milet ; puis il ose dire : « Oui, je puis aussi me flatter d'avoir
i^art. A. 13
Livre II. » sacrifié le repos de mes jours au bonheur de mon troupeau : Cliap.6. attester pour garants de mon zèle et de ma
1791 * teD(lross(\ nia coiuUiile au niiiicu de vous, les tribulations 9 que j'ai souffertes, les sollicitudes de toute espèce dont vous » avez été la cause et l'objet; mais les traverses qu'on nj'a » suscitées ont ete pour mon àiue uu sujet d'allégresse, parce )» que jesouISrais pour vous, parce que je trouvais au fond des 1» cœurs fidèles le dédommagement de tous mes sacrifices. »
Ce parallèle entre saint Paul et le curé schismatiquc de S^-Paul de Bordeaux ne laisse pas d'avoir son côté plaisant ! N*est-<» pas honteux de voir un prêtre qui s'est oublié jusqu'à fouler aux («eds ses devoirs, entreprendre sérieusenient son propre éloge, et, à défaut de mains officieuses, cueillir des fleurs pour se tresser une couronne! Quels sacrifices a-t-il pu faire, lui, qui, jamais content de l'huinble sphère où il avait vécu, voulait toujours arriver plus haut? Lui, dont l'ambition alla s'installer dans la chaire de S^-Paul, puis se transporta à la tribune, et, de là, sur le siégo de Bordeaux!
Après cet exorde , il se plaint de ce qu'il est obligé de rompre les doux liens qui l'unissent indissolublement à son troupeau et de lui laire ses adieux. l>i ùlaiit d'envie d'aller a l'Assemblée, il ose cependant dire en chaire : a Malheureux » celui qui attribuerait à une vaine ambition un départ qui » contrarie le plus cher de mes vœux. » Mais prévoyant bien qu'on ne le croirait pas sur parole, il allègue, comme pour justifier ses vues, un motif qu'il croyait tout puissant sur les esprits : « Si j'ai consenti à m'éloiiîner de vous, c'est pour mieux » assurer votre félicil^'î sous le double rapport de la religion et » des lois sociales. Qu'il est beau, en effet, qu'il est intéres- » sant pour vous le nouvel apostolat dont la cité vient de » me revêtir 1.... De quel abîme de maux ne puis-je pas vous » tirer, en sortant de cet étroit bercail pour consacrer mes
» soins à la nation entière »
Après cet épaDchcnient de son déj;oùtaDt orgueil et de sa
sotte vanité, il fait un tableau asses décourageant de Tétai Untn.
malheureux de la France, saas penser, peutr-étre, que ses amis et lui-même en étaient en partie la cause. Il assure qu'il ^jq^ ne veut pas prolonger davantage la crise politique: « Loin de » nous l'ambition tunesledes révolutions; c'est une crise qui est
> quelquefois nécessaire ^ mais toujours violente, et qui doit
• décider en un instant de la mort ou de la vie. . . . Nos prédé-
• cesseuis unt planté l'arbre delà liberté, dont les branches, » se déployant de jour en jour, promettent à tous les Français 1 leur ombre hospitalière ; mais cet arbre, faible encore, ne » jcltiTa pas lie profondes racines s'il n'est soutenu par un » ferme appui...- Législateurs immortels, après avoir extirpé f les erreurs, ils ont posé les plus beaux principes; ce sera » u nous de vous faire jouir de leurs conséquences. Leurs » plus grands travaux ont été en spéculations; les nôtres » doivent être en pratique. Pour tirer te peuple de la léthargie » dans laquelle il était enchaîné, ils ont dù le |)ouss(t violeni-
» uiCQt vei*s la liberté Gardons-nous d'un systonie qui
» tendrait à nous plonger dans une molle inertie, en éloigifant » ce noble enlhoitsiasnie de îa lihiTté, qui nous a portés, à tra-
• vers tant d'obstacles et d utiles débrîs,aux brillantes destinées » dont nous allons jouir. Sous les noms spécieux de prudence,
• de ménageinents, de froide raison, que j'entends réclamer et
> préconiser en tous lieux, je crains que les ennemis du bien » publie ne cherchent à nous jeter dans un assoupissement » fatal , dont ils ne manqueraient pas de nous punir, et qui
» bientôt deviendrait pour nous le sommeil de la mort!
» Il en est ici-bas de la liberté comme du royaume des cieux, » il faut pour la ravir une sage violence. Que notre civisme » soit prudent, qu'il soit toujours éclairé par le flambeau de la
> raison et de la morale ; mais qu*il soit en même temps pas- » sionné, véhément, impétueux: la timidité du peuple fait lau- » (lace des tyrans... Nous avons encore des dégoûts àsurmon- » ter, des trahisons à contenir, des rois ennemis à combattre . »
Livre II. Quel langage, bon Dieu, pour la chaire! 11 conlinue sur le chap. 6. m^me Ion, avec le même dévergondage de sentiments, le même 4791 ^y^^ déclamatoire, et finit par des couseiis que sa cliaritû révolutionnaire donne à ses paroissiens et à ses vicaires. Parleur bravant et infatigable à Bordeaux, il n'osa guère prendre la parole à i'Ab&emblée ; il s elîaça presque couipièlement : la tribune avait pour lui des écueiis que n'avait pas la chaire ; il cessa de parler, mais il ne cessa pas d'ôtre révolutionnaire.
11 faut avouer cependant que, dès son début danî» la carrière politique, Lacombe n'était ni républicain, ni ennemi du roi; son caractère Sîiceidiital le retenait dans les limites du bien, et ce n'est pas de prime abord qu'un esprit, quelque audacieux, quelque paradoxal ou novateur qu il soit, passe d'un extrême à l'autre, du bien au mal. Comme curé de S*-Paul, Lacombe allait quelquefois au club dit la Sociélé des Amii de la Comiituiion; il y voyait bien des choses étranges, entendait bien des hoaiines bruyants et ingouvei nablcs : les uns voulaient une royauté enchaînée par des institutions républicaines ; les autres, une république véritable , sans doute celle de Lacedemone ; d autres, uu gouveruemeut mixte , un mélange de royaulé et de république, comme en Angleterre; d'autres, enfin, une sorte d'oligarchie ; ot chaque fraction de ce club tumultueux voulait adresser des pétitions à rAssemblée pour la réalisation de ses utopies. Lacombe s'élevait contre ces ( ()Uj>.ibles rêves des esprits malades on inquiets, (jui voulaient abaisser le roi à leur niveau, pour mieux atteindre à sa couronne, et, peuirétre, s'en disputer les fleurons. Un soir, s'élevaut avec force contre ces téméraires faiseurs de constitutions, il leur demande s'ils ont bien réfléchi sur les suites funestes de leurs coupables projets; il leur rappelle qu'il est défendu de soulever des débats sur un point quelconque de la Constitution, ou de s'occuper de nouvelles réformes; que toutes les sociétés semblables à la leur devraient savoir qu il leur était défendu de présenter des pétitions au Corps législatif.
Li nation avait ses représentants, et se reposait sur eux; des Livre tt.
rooments d'effervescence ne sont pas toujours bons pour dis- ^'
cuter des problèmes si difficiles à resouiiro. « Quand votre
9 roi, disaitr-ii dans le club, après la fuite de la famille royale,
» quand votre roi vient de vous trahir avec toute la lâcheté
1 d*ane Ame faible, avec toute l'atrocité d'un tyran, gardez-
» TOUS de juger la royauté. Vous allez briser dans votre dou-
B leur rinstniment qui vous a blessé , mais dont le secours
n vous est nécessaire. Les Anglais, en immolant Charles I®"",
» voulurent aussi renverser le tr6ne ; mais Crouiwel leur fit
I bientôt sentir que ce trône était une des bases essentielles
ï de la constitution et de la liberté publique.... Quoi ! parce
» que plusieurs municipalités ont forfait a la Constitution, il ne
» faut donc plus de municipalités 1 Parce que certains dépar-
» tements ont abusé de leur autorité , il ne faut donc plus de
» départements ! Et si l'Assemblée nationale trahit la patrie ,
» il ne faudra plus d'Assemblée nationale! Soyez plus
1 conséquents; si la rovauté est nécessaire à Tétendue de notre
> empire, si elle est nécessaire à notre position géographique,
> si elle est nécessaire au caractère national , et ces trois
> points ne sont plus un sujet de doute, conservez la royauté B et punissez ceux qui en abusent; mais ne parlez pas d'éeha-
• iauds, de tortures ou de sang ! . . . Elle est sage, elle est noble » cette loi qui déclare inviolable la personne du monarque ;
• la nation doit se respecter elle-nienic dans son chef, m^me » quand son chef ne se respecte plus! Un simple citoyen est » poni de mort, parce qu'il ne donne pas d*autre prise à la » vengeance publique, et qu'il faut, néanmoins, une punition » éclatante pour arrêter la contagion; mais un roi, sans qu'on » attente à sa personne, n*cstril pas exposé de toutes parts aux » atteintes de la loi ? Les honneurs , les avantages supi-ômes ^ dont il est entouré , ne sont-ils pas autant de moyens ter- » ribles que le peuple s'est réservés pour en faire un exemple » à Vumvers? Que tout tyran apprenne qu'une nation n'a pas
Livre II. » besoin (l'cjuployer coiilre lui la violence; qu'il suffit qu'eiic ctijp. 6. ^ i-etire delui ses dons généreux, pour lui faire sentir tout le 1791 » poids de son inimitié; il doit perdre tout , excepté le sou— » venir de ce qu'il élaiL La Franco doit-elle priver la terre » de l'exemple d*un mauvais roi , plongé tout à coup dans » l'huniiliation la plus profonde? Imitons les Syracusains : » ils no dressèrent pas de croix ou d'échafaud au parjure » Denys; ils le laissèrent caché parmi la populace des Gorîn* » thiens; et quand un despote les menaçait de son joug, ils )> lui répondaient froidement. : Souviens-toi de Denys à Co-* n rinthe
» On vous a parlé de rendre la couronne élective. Pardon- » nez-moi Tindignation que m*a inspirée ce conseil désastreux. » Je vous avoue que. quelque idée que j'aie des grands talents » et des vues patriotiques do relui qui vous l'a donne, j an- 9 rais voulu « pour la gloire de cette assemblée , qu'il eût été » enseveli sous les flots des i-éclamations unanimes. Uexpé- » rience des peuples sera donc toigoui s peixlue pour les peu- D pies 1 Quand on a proféré cette malheureuse parole , ne » vous ètes-vous pas représenté aussitôt la Pologne , un des » plus beaux empires de l'univers, livrée par ce système » d'élection à tout ce que [leut la rage des factieux? N*avcz- » vous pas vu les teni|)étes couvant dans ce j>ays pendant la 9 durée de chaque règne, pour éclater et mettre l'État en feu » à la mort du monarque? N'avez-vous pas vu les puissances » avides profitant de ces troubk s tntestins poiu* en envahir » les provinces, et s cntr arrachant les membres de ce corps n déchiré ?
» Je ne prétends pas opposer mes vues à celles qu'on
» a hasardées devant vous; je ne prétends pas non plus les
» combattre fai voulu seulement vous faire sentir qu'il
» est temps de mettre un terme à cette discussion scandaleuse, » et qu'il y aurait eu plus de grandeur à imiter, sur les crimes » du roi , le silence sévère et le calme imposant de l'AsM^ni-
> biée oalionale Reposons-noos sar la sagesse de nos re-
» présentaote; attendons leurs décrets sans inquiétude, et dès fi qu'ils seroot proclames, employons toutes dos forces à les » taire aimer, ou, ce qui est la même chose, à les faire com-
> prendre Je conclus à ce que toute discussion sur le
» gouveraement et le pouvoir exécutif soit incessamment fer-
> mée ; je demande la question préalable sur toutes les mo- » tions qui ont été faites à ce sujet, et qu'il ne soit fait aucune » adresse ni pétition à l'Assemblée nationale pour le changc- » ment ou la modification d'aucun droit constitutionnel. »
Ce discours, ob Ton remarque des vues politiques saines, de 1 élévation daris les sentiments, une olo([ucnee peu commune et une allure mâle et vigoureuse, sullit pour révéler tout le caractère de Laoombe au commencement de son apparition dans le monde politique. Nous avons cru devoir le conserver, De fàt-K^c que comme document biographique sur un homme qui a fixé longtemps les regards des Bordelais , et que son élévation à 1 episcopat nous obligera bientôt à ramener sur la scène de l'histoire.
Rien de bien remarquable n'est arrivé à Boitleaux dans les derniers mois de Tan 1791. On élut une nouvelle municipalité, qui entra en fonction le 0 décembre, coutoniiémciit à la nouvelle Constitution. On remplaça aussi les administrateurs du district, ainsi que les notables : on trouvera le nom de ces nouveaux membres ou admmisira leurs dans la noie 10".