‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 25 sur 172 · Livre lï · texte numérisé non relu

Livre lï

ArchiTes de

la Mairie.

Livre II. » plia; la résistance edt été le signai d'un carnage horrible, ^^^^ ^' » dans la disposition où étaient les esprits. Un canon fut porté noi " jus(]ii( sur la terrasse qui cnuniiande lo jardin, les portes » eotbucécs et brisées. Le roi fit ouvrir la denucrc et se pré- » senta; un grenadier lui offrit le bonnet de la liberté, en lai » (lisant qu avec ce signe il serait invulnérable. Surcesentre- » faites, des députés, que le hasaiil avait réunis à un diner, et au nombre desquels étaient Vergniaud , Isnard, etc., se » rendent au Château, reçoivent partout les témoignages du » respect di\ à leur caractère, pénètrent jusqu'au roi et l'en^ » tourent, décidés à périr avec lut s'il se trouvait un seul scé- » lératdans cette foule innombrable, que l'événement prouve » n'avoir été mue que par de bonnes intentions. On demande » au roi la sanction de deux décrets, avec force, mais sans » outrage : il ne répond rien. Vergniaud harangue le peuple » et lui fait st^ntir que rÂssemblée nationale rejettera avec iu- » dignatîon une sanction ainâ obtenue. Pétion arrive; mêmes n témoignages de respect. L'Assemblée envoie députation sur » députation : un charbonnier harangue le roi, et lui dit qu'on » l'aimerait même s'il voulait aimer la Ck>nstitution. Le roi, » une sonnette à la main, demande la parole , crie : vive la » nation! et boit à s;i santé, cause avec les députés, par If » avec M. Lafon de ses rapports de finances, à M. Carnot de n ses rapports militaires, etc. , etc., etc. On lui demande s'il » est ('nui : Ma censcienco est celle d iin hoinine de bien, dit- » il ; mettez la main sur mon cœur, voyez s'il palpite, lùiiin, n Pétion engage le peuple à défiler. 11 traverse les apparte- » ments du roi et ceux de la reine, dans lesquels était le » prince royal, jouant sur une table, la cocarde nationale à la TU main. Tout rentre dans Tordre, et cette scène, qui afilige » les patriotes, parce qu'elle ne mène à rien et va être le » prétexte de bien des calomnies, se lernune sans aucun acci- » dent. »

Il est assez curieux de voir Fonfrède et Crozilhac attester

le noble caractère et la fermeté d'âme de Louis XVI, en pré- Livre I sence d'une foule poussée, soudoyée par des misérables ! L'un ^ d*eux demanda plus tard la mort de ce prince, qui a fait 1792 preuve d'un yrand sang-froid et d'une fcrinelé difficile à comfrendrel C'était, comme à Rome, parer de fleurs la victime qu'on destinait à la mort I On le croyait lâche ! on se trompait. Environne de charbonniers et do misérables plus flançrereux qu'eux, parce qu'ils étaient ricbes, chefs du parti et ennemis des rois, il ne pftUt pas en présence de ce peuple souverain en haillons, et le délia de trouver dans le mouvement de son cœur une palpitation de plus ou de moins que dans les plus beaux jours de sa vie I Mais continuons la lecture des extraits de cette correspondance démocratique ; elle fournit le sujet a de graves réllcxions.

Autre extrait. — 30 Juin.

« Vous nous demandez, Messieurs, quelle est Vintrigue qui » a renverse le précédent ministère ? C'est la coalition de la » fameuse minorité de la noblesse, cause de tous nos maux, » et dont Lafayette est le chef, et dont quelques membres de » l'Assemblée nationale sont les valets. Que veut-elle faire? » Détruire les sociétés populaires. Pourquoi? Parce qu'elles » apprennent au peu[)Ie ce que c'est que les deux Chambres; » qu'elles lui en inspirent l'horreur, et que c'est la plus forte » et peut-être la plus juste barrière qui s'oppose à leur éta- » blissement. Gomment veut^lle les faire proposer? Gomme » condition de paix par le roi de l'rux^e et le roi de Bohême, B à la tête de deux cent mille hommes, lorsque tous les ofii- » ciers de Fétat-major auront donné leur démission et désor- « i;anis<' par là nos armées. Que signifie cette insolente dé*- » maiche de Lafayette? Elle a été imaginée pour donner, par i rintrigue ou la peur, la majorité à cette partie de TAssem- » blée qui est bien affligée de ce que le roi n'a que M) mil- » bons de liste civile. A quoi lient le sort de la Constituliou ?

» A 1 enci^ie que vont montrer les départements» énergie que » les magîsti'ats du peuple doivent porter au plus haut pé- » riode...

3 Juillet.

» Hier au soir, à onze heure .s, rAssenibkk» nationale

» a décrété le licenciement de i'état-major de la garde nalio- » nale parisienne. Uinsolence du héros des deux mondes en a » fait sentir la nécessité, (a* n'a pas cto sans une forte oppo— » sition; ce sont toujours des victoires à remporter plutôt que 1» des questions à éclairer. Cette division dans le Corps légis- » latif est un grand malheur; elle se propage dans l'empire » et augmente 1 audace de la cour, sure d'y trouver un ap- » pui. »

On voit, par ces extraits de la correspondance de nos deux Bordelais, quel était l'état des esprits à Paris a cette époque, et quels étaient les sentiments de ces corresponilants de notre munieifxilité ! Mais continuons notre récit.

La guerre o( eupait alors toutes les pensées el fournissait un nouvel aliment à l'ardeur patriotique du peuple : les volontaires s'enrôlaient en foule et avec empressement pour voler aux frontières; les circonstances exigeaient le concours de toutes les volontés, des sacrifices de toute espèce. Pour preuve de son civisme, le tribunal du district de Bordeaux vota une joiinirii somme annuelle de 1,21)0 liv. pour les frais de la guerre, Uordt'(uu\ ^jg contribuer au succès des armes de la patrie et au

mai 1792.

maintien de la liberté. Au mois d*aoùt, on eut encore besoin

(le nouvelles ressources: les Bordelais, mal.^ré la stagnation ou plutôt la nullité des allaires commerciales, firent éclater le plus grand enthousiasme , et continuèrent à donner les preuves les plus touchantes de leur générosité et de leur patriotisme. On récompensa par des largesses p<u ticttlière$ ceux qui avaient donné les premiers Texemple des enrAlements volontaires. M. Femères donna 600 liv. à de braves

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