Livre U
Chap. 10.
Livre II. maintenant à sa disposition une populace habituée aux crimes Chap. 10, pji,. j,^,^ meurtres impunis, et avide d'en commettre d'autres? 170^ Les nouveaux députés avaient do designés aux électeurs comme républicains ou comme hommes d'opinions avancées; tout annonçait un avenir favorable et le trioini)lie définitif des instilutioiis républicaines. La Convoiilion ne manqua pas à sa mission, et, se confiant aux éléments qu'elle renfermait dans son sein, elle prononça, comme acte d'inauguration, Tabolilion (îe la royauté et la proclamation de la république.
Voilà donc le vaisseau de l'État lancé sur une mer orageuse, sans pilote, sans boussole, sans gouvernail! Le peuple s*en félicitait dans sou ignorance , et tout était au mieux dans le meilleur des mondes possibles l La nouvelle fut accueillie par les clubs de Bordeaux avec des acclamations de joie ; c'était une féte de famille. Les lioniuHes gens y pi irenl |)art ou feignirent de le faire : tout le monde allait être heureux ; malheur à celui qui oserait en douter! Le conseil -général se réunit, le 25 septembre, pour délibérer sur les circonstances. Monsieur L. Journu présidait rassemblée, qui se composait de MM. Labrouste, Ciouzard, Perrière, Lardeau, Montbaion, Hollier, Derancy, Pujoulx-Laroque, Peychaud , Villcbois, Robert, Duvigueau, Desbarat, Haron, administrateurs; et Roullet, procureur-général-syndic. On y rédigea la proclamation suivante :
<( Citoyens, la Convention nationale vient d aboiu la royauté. » Nous proclamons ce grand événement : nous vous annon- » çons, dans les vifs transports de Tamour de la patrie et de » la liberté, que la France n'aura plus de roi. Le sceptre de » la tyrannie est brisé; l'autorité arbitraire d*un seul dispa- » ratt, Taotorité de tous lui succède. Le vil échafaudage du » trône Ujuibe et s'anéantit, et le peuple s'élève dans toute » sa grandeur. Français, vous remontez enfin à la dignité de » rhomme; il n'est plus de souverain pour vous que la loi; )) qu'elle soit donc toujours à vos yeux in\ lulahle et saci ée.
Lii loi est aujoui l liui Se résalt^t de iDUtes les forces et de Livreii.
* toutes les volontés; qu elle obtienne donc toutes les soumis-
i sîons et tous les honmiages. 1792
» Français, vous voulez la république ; vous en êtes dignes. » Mais n oublions jamais que ee serait peu pour nous d avoir
• le gouvemeiueiit des républicains, si nous n'en avions aussi » les mœurs et les vertus; que la république est une famille, » une réunion de Irères; que les hommes y sont tous égaux,
> tons amis; que le vrai républicain porta dans son âme le » respect pour les personnes et les propriétés, comme il y 0 porte l'aniour de ses enfants et de la patrie; qu'il aime et » pratique la tolérance, comme il chérit la liberté môme; car » la tolérance n'est autre chose qu'un respect immuable pour » le libre usage de la pensée et du st^Màliment; que le répu-
> blicain n*use jamais du droit du plus fort, parce que ce
> droit est odieux , parce que la force du citoyen n*est pas » daas ses passions ou dans ses volontés, niais toute <lans la » loi; qu il ne veut que ce qu'il peut par la loi ; que le vrai
> républicain révère l'ordre social autant que celui de la na- » ture, et pense qu un iiuU\ulci ne j)eut pas plus violci la loi
> qu'il n'est en son pouvoir de changer 1 ordre des éléments. » Français, peuple éclairé, peuple courageux, c'est vous-
» mêmes (|ui tfonvernez par >os délégués. Faites donc que » votre gouvernement soit juste et paisible; c'est par là seu- » lement qu'il peut vous honorer. Montrez à l'Europe étonnée » que, dans les plus violentes crises d'une révolution politi- » que, vous n'avez pas oublie un seul instant que l'ordre est » le principe et l'âme de tout, et que la plénitude de l'ordre » est dans le respect pour la loi.
» Signé : L. Jolr.\u, président.
» BoHAN, secrétaire^énéral^ovisùire. »
La lecture de ce décret de la Convention se lit, à Bordeaux,
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