CHAPITRE Y
Lettre de Vergoiaud» qui demande d*«trc jugé.— Il leeine a«s ealomBnteon «t tei Itenècuteun. — Paroles gènèFeuses de Ponfrède et de la aiajeiitè de la ConTeor tion.— Fonfrède cherche h perter la ConTention h la miséricorde, par des panies
touehantos. — Langage de Barrère ii l'occasion rli s no7,390 piastres. — Décret de la Convention. — Baudot et Ysabcaii arrivent ii {toi deain. — Leur rcn plion, — Leur conduite pendant leur séjoui- a Bordeaux. — lU vont s'ctaldir a La Reole. — Ils calomnient les (tui-dclais. — Quelques sections se prononcent coiUi c la otmikipalite; — La Société Franklin se distingue par son ardeur démagogique. — Les représentants veulent réduire les Bordelais par la famine. — Supplique desseetiens et des citoyennes républicaines aux représentants. — Leur réponse. — Le dub National s'installe de nouveau. — Son bHIcl à la mnnielpalitè.
Livre IIL La dissolution de la Coinmi<vsion populaire, à Bordeaux, dorm ^^^^ ^ semble, désarmer la Convention; c'était tout le contraire : la victime était par terre ; il fallait l'écraser. Les Girondins étaient encore en prison et ne demandaient pas
mieux que d'être jugés, tant ils étaient convaincus qu'ils sortiraient de cette é|)i ruv(> avec honneur et gloire. FonfriMÎe, qui n'était |>as conipris dans l'acte d'accusation, avait déjà demandé qu'on statuAt sur leur sort; mais on repoussa sa demande. L'esprit public n'était pas assez aigri contre ces hommes; on commença par les humilier, pour pouvoir plus facilement les condamner avec ignominie. Indigné de voir qu'on retenait captifs des représentants du peuple, Vergniaud écrivit à la Convention la lettre suivanlr, en dalc du 6 juin. Il y exhale toute sa douleur, toute l'aiiierluuie de ses impressions, toute l'aigreur d'un cœur indigné, et d'accusi* si» fait accusateur ; c'est le chef des Girondins qui parle et demande que lui et ses coaccusés soient jugés, non pas pour eux, mais pour rhonneur de la Convention elle-même.
M — Livif 111
« ClTOfEV PBitSlDENT, Chai». 5.
» Je (lomandc que le Comité du Salut public, ({ui ilovail 171,5
• (aire dans trois jours son rapfx>rt sur les complots dont
• trente représentants du peuple ont été accusés, soit tenu de » le faire aujourd'hui. Je le demande, non pour moi , j'ai dans
" Uiii consrionre le sentiment consola ti ur (jue les |)(îrs<îculions « que j épruustj ne peuvent que m'Iioiiorer et lléirir nies
> ennemis; je demande le rapport pour la Convention clic- » même , qui ne peut tolérer que plusieurs de ses membres
• soient plus longtemps opprimés, sans se couvrir d'une honte » ine&çable, et se déshonorer par sa faiblesse, si, reoonnais-
3 sanl leur innocence, elle n a pas le courage de la proclamer,
4 ou, f>ar sa tyrannie, si clic n'en a jla^ la volonté. Lliuillier et » Hasseafratz, et les hommes qui sont venus avec eux rcpro- 1 doire à votre barre une pétition déjà jugée ailomnieuse, ont
• promis des preuves de leur nouvelle dénonciation : s'ils les » produisent, je me suis mis volontairement en état d'arrcs- 1 lation, pour offrir ma tête pour expiation des trahisons dont s je seitii convaincu; s'ils ne les prcMluisent pas, s'il (lemeiirc î prouv«5 qu'ils sont imposteurs, qu'ils ont tromjx' le peuple
> quand ils ont eu l'audace de lui affirmer et de lui faire dire
> par leurs satellites et leurs calomniateurs à gages, que nous
> étions des traîtres , je demande à mon tour qu'ils aillent à » réchafaud :
» 1° Pour avoir fait assip|j:(M- la Convention par une arm(k% «qui, ignorant les "causes du i^raud Uiouvenient (pion lui
> taisait fain^ a failli, par excès de patriotisme, opérer la
• contre-révolution.
» 2* Pour avoir mis à la tête de cette armée un comman- » dant qui a outragé la représentation nationale et violé la » liberté par des consignes et des ordres criminels.
» 3** Pour avoir obtenu, jku' vi(>lenc(\ l'arreslalion de plu-
• sieurs représentants du |)euplc, la dispersion d uu grand