‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 39 sur 172 · Livre iiF. » Qombro d'aulix», et rompu aÎDsi lunité de la Conveotion · texte numérisé non relu

Livre iiF. » Qombro d'aulix», et rompu aÎDsi lunité de la Conveotion

. up. o. ^ p^^^ avoir, par une insurrection, dont on ne saurait * trop répéter que Paris n'a pas connu les motifs, dont il 1» commence déjà à s'étonner, et dont bientôt il témoignera

1» son indisrnntion ; pour aNoir, dis-jc, par l'impulsion terrible » doniu't* lin pL'uple de cette grande cite, jeté dans tous le> » départements le germe des disconles les plus funestes iH » les brandons de la guerre civile, suivant la diversité des » opinions et des partis qu'ils vont embrasser, et le plus ou » moins de chaleur avec laquelle ils les soutiendront.

» S" Knfni, pour a\oir retenu h Paris, et fait s^M'vir contre M la représL'iiLalioii nationale, les bataillons (|ui devaient aller » dans la Vendée combattre les rebelles, et s'cHre, piir là, rendus » coupables de notre dernièi*e défaite à Fontenay-le-Péuple.

» Tandis que des hommes, je ne dirai pas prévenus, mais » convaincus de crimes aussi graves, promènent librement » leurs calonmies de groupe tMi iz;i ()upe, de section en section, » et préparent le bouleverseiueuL géncMal de la république. » la Convention nationale souffrira-l-ellc que je sois privé de » ma liberté? Citoyens, mes collègues, Je m'en rapporte à » vos consciences; votre décision sera jugée à son tour par la » nation entière et par la postérité. »

Cette lettre aurait dû faire une impression profonde sur la Convention; il n'en fut rien : le sort des Girondins clait arrtMé dans l'esprit des Maratistes. Boyer-Fonfrède demanda aussi quon les mit en jugement; mais ce n'était pas là le vœu de leurs ennemis, qui s'occupaient d'entasser décrets sur décrets, afin de détourner l'attention publique des détenus, dont la conduite ferme les embarrassait. Fonfrède, après leur arrestation, ne se p-na pa> poiii- dire, en pleine (^{)u\ enlioii , <jue si la modestie n'était pas un devoir, il demanderait à être inscrit sur la liste des accusés: (*t les sympathies qu'ils inspiraicot étaient si profondes et si générales, que la grande m^orité, indignée des procédés des Maratistes, se leva en tuinulte, et

fiïisant écho aux srém'M'oux accents de Foiilrùcte, sécria : Oui, ^^^r^ m-

. ' . , , Cliap. 5.

otti, fju on nous inscrive lous!

Mais tes choses étaieot bien changées, et la terreur, qui i^gs r^^poait dans la Convention avant qu'elle ne se répandit sur la France, avait refroidi Félan des cœurs généreux et glacé

le sang dans les veines des amis des Girondins, (luadi l était alïsent; Versmiaud ét,Tit sons les \ i'rntii\; la pkuc t'iail vide; fiobeâpicrre s y installa en luaitre, avec ic peuple de Paris, la vile populace derrière lui pour exécuter ses ordres i Fonfrède lui-même semblait entrevoir son propre sort. Généreux et sans peur, il avait bravé la colère des Maratistes en maintes occasions; mais étonné, stupéfait, en présence de tant (it* monstruosités, il devient timide et lialbiilie à peine fjuelques mois eu laveur des détenus. Dans lo mois de juin, après proposition sévère de Lacroix contre les Girondins, au lien d'épancher son indignation, il ne songea qu'à toucher la GonTention par des considérations pathétiques. « Le malheur, courrier rrmh » 8*écrie-tr-îl, ftit un objet de culte chez lous les p(niples fçtV- » nércux; voudriez -vous faire agir en barbare la natifui sen-

• sible et juste que vous repiesenlez? Si l'on vous demandait

> une amnistie, vous auriez raison de conserver l 'inilcxibilitc

> de caractère ; mais des hommes arrachés de votre sein par » la violence, vous ooigurent de les faire paraître devant un » tribunal. Ponvez-vous vous refuser à prendre connaissance

* de leurs crimes ou à les reconnaître innocents? Vous ferez-

> vous un jeu i rucl <K's cdUps (jiic la calomnie leur porte " [tendant qu'on les retient eu captivité l lX;ux grands liouiuies k de l'anliquité furent bannis de leur patrie, l'un pour avoir » été juste, et Tautre pour avoir sauvé l'État en dévoilant un » traître. Prenez garde que votre conduite ne donne à penser » que quelques-uns de nos collèijucs , coupables du môme » crime, éprouseiit le même sort. »

Rien ne toucha le cœur des larouclies Moal;iL;nards. Insensibles à tous les nobles sentiments de l'humanité, ils n'avaient

Livre 111. t|u*uue ( lios€ eu vue; cotait do stî défaire, à la première nc-

Cll9D 5.

J ' casion, des Girondins, et de punir Bordeaux et les Bordelais 1795 P**'''" a^'oir si noblement éle\ é la voix en faveurde Tinnocenoe opprimée. La Commission populaire était dissoute à Borâeaax;

sections s*y étaient ralliées à la Montagne , et l'ordre ré* gnait dans notre cité. N'importe, il fallait écraser Bordeaux; et dans cette vtie. In Convention lança, 1<* 0 août, un aiivlc foudroyant conlic la (oimnissiori populaire, les meinhres auteurs et fauteurs de cette association philanthropique cl éminemment française.

A cette époque, le numéraire était très-rare à Bordeanx : la famine et la misère avaient ravagé le pays, et la population était écrasée par des besoins divers. Dans ces pénibles conjonctures, le comité contrai de Bordeaux avait fait remettre par le payeur, à la municipalité, mr récépissé , 3;>T,3iO piastres, appartenant à la république et gardées en reserve pour le service de la marino et des colonies. La municipalité avait cru pouvoir prendre cet argent à la place des % millions votés par la Convention, le 30 mars, pour les subsistances du peuple de Bordeaux et des environs. Cette mesure fut vivement improuvée par la Convention , comme une violation des droits sacrés de la pi'0[)riélé et une comlainnable illégalité. B^irrore demanfla que cette faute fût stWèrement punie , et que les 2 millions déjà votés fussent envoyés aux Bordelai-s; niais que tous ceux qui étaient impliquées dans les affaires de Bordeaux fussent déclarés traîtres à la patrie et traités comme tels; que le commerce réintégrât, à la notification de ce décret, dans la caisse du payeur, la somme enlevée ; que toutes les autorités constituées fussent respï)nsables, sur leurs t<^les, de celle somme et des atteintes (jui pourraient iMrt^ portées à la fortune publique. La Comnnssion [x>pulaire n existant plus, il n'y avait plus d'entente entre les citoyens, plus d'unité de vues: les Bordelais n'osaient ni agir, ni se plaindre. Bordeaux était un corps sans âme, une population avilie. L'argent fut remis

et (a Convention so réjouit bien de voir ces fiers Bordelais, mimuTP si hardis, si audat it'u\» courber enfin leurs lûtes sous If jouiç des Jacobins !

La Convention adopta un projet de décret. En voici le dispo* sitif :

1 1« Tous les actes faits par le rassemblement qui a pris à » Bordeaux le titre de Conmissimi populaire de Salut public, B ^nt anéantis, comme attentatoires à la s()u> erdinelc «lu « peuple tVanvais;

n 2** Tous les membres qui composent ce rassemblement ,

> ainsi que tous ceux qui ont provoqué, concouru ou adhéré

> à ses actes , sont déclarés traîtres à la patrie et mis hors » de la loi; leurs biens sont confisqués au profil la républi-

• que;

» La\a«-41ayon . ci-ilovanl chef <radiiiini.si ration cimU' de

> la marine, à Bordeaux, est (paiement hors la loi, et ses

• biens confisqués;

> 3* La commune de Bordeaux réintégrera , dans l'heure

> de la notification du présent décret , tes 3S7,320 piastres » enlevées à main ai niée de l'hôtel de la Monnaie , et qui » étaient dostiiurs au service de la marine;

» 4" Tous les dépositaires actuels de l'autorité publique , » dans la ville de Bordeaux, répondront individuellement , » SOT leurs létes , de la somme de 357,320 piastres et des » atteintes qui pourraient être portées à la sûreté des fonds

> et des caisses de la répiibli(|iu> ;

» \jà trésorerie lialiunale fera parvenir, dans le plus 5 court délai , aux conmiissaires qui seront nommés par les

• citoyens de Bordeaux , la somme de t millions, dont le » prêt a été décrété le 30 mars dernier, pour pourvoir aux » sobsislances de cette ville; lesquels commissaires ne pour- B ront être choisis parmi les membres des autorités constift tuées, ni pai uu Ils v iloycns qui ont coopéré oti adhcn aux » actes Uberlicides et contre-révolutionnaires des iudi\idus

» compof^nt le rassenibioincnt connu sous le nom de Com^ » mission populaire de Saint public;

» 6** Le présent décret sera |K)rté sur-le-champ, par un » courrier extraordinaire, aux représentants du peuple actuci- » lemeni à Toulouse et à Montauban, qui demeurent chargés » de prendre tous les moyens d*instniction et de force qu'ils » jugeront convenables pour assurer sa prompte exécution» » feire respecter les lois et garantir les citoyens de Foppres- » sioii, etc., etc., etc.

j» ^gné : Mallabmb, eay^résidenl; Dopcy fils et » Ardovin, secrétaires. »

Voilà donc ce fameux décret, fruit de la haine, inspiratios de la colère , germe de la terreur et cause de tous les maoi de Bordeaux! décret infernal, conception homicide, qui attei-

îj;iiit le quart de la ï)opulalion , et qui aurait fini par moissonner tout ce que la \ill<' rcufLMiiiail de grand, de nclic, de généreux , de modén'' vl de religieux , si Dieu n'y avait pas mis sa main en appelant Robespierre à son tribunal 1 Quelques jours plus tard , Barrère vint avec bonheur annoncer à la tribune que l'aient avait été l'émis dans la caisse publique, et que les fédéralistes bordelais n'osaient plus lever la téte; mais que, malgré cette inaction apparente, il ne faudrait pas s'y fier; car ils n'avaicnl pa^ changé de scntiuienLs. La Couvention partiigea ses idées et se hâta de charger Ysabeau et Baudot de mettre à exécution le déci-et , et de réduire Bor- AAvwi', p. £»i deaux par la force ou la famine.

Baudot et Ysabeau arrivèrent à Bordeaux le 19 aoftt, à sept heures du soir. Us avaient séjourné à Agen , Tonneins, Maniiande, La Kéole et Langon : et comme, dans ces villes, ainsi qu'à Baziis et Cadillac, la Un rclalive aux set oiirsà donner aux pjirenls indigents des volontaires n'était jiiis exécutée, faute de fcmds nécessaires , ils prenaient sur les biens des émigréi de quoi remplir cette obligation ; c'était préluder dignement

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