Livre ni
Cbap.e.
réconciliiilion , s'il était fw^îsiïvlr. ('(»s jeunes déput('»s, à ptine arrivés au Giaiid^Mîininain , njuI anvtés. On les a[)pclle 0»^.$iùcrates, royalistes, fédéralistes, etc. A cette nouvelle, la jeunesse indigaée crie aua> armes: plus de deux mille jeunes: gens accourent et se préiiarent. à marcher contre la seclioa Franklin, lorsque les autorités constituées arrivent; et après avoir fait mettre leurs camarades en liberté, les engagent iym à tlé|X)ser louis armes et à rentrer chez enx. On continue cependant à a( ( uslm les jeunes gens fl(» Bordeaux d étrr les agents de Pitl et de Cobourg. Nouvel ordre de La Réole de dissoudre leur société. Alors ils se réunissent le soir, pour c:caminer paisiblement les mesures qu'il conviendrait de prendre. On annonce la visite de M. Saige, maire de Bordeaux, homme prodent, sensible et humain, qui s'exprime ainsi : « La loi » permet, sans doute, aux jeunes gens de s'assembler ; mais 39 ils ne devaient yK)int iimorer les alarmes qui se répandi nl » à leur sujet : les represenlaiils du peuple, trouipés, saos n aucun doute , sur leur compte , voient avec peine leur so- » ciété ; » il les invite, au nom de la patrie et de la tranquillité publique de Bordeaux, de vouloir bien suspendre leurs séances. « Ce n'est point, répond Bavez, président de la so- » ciété, ce n'est point parce que les malveillants nous accusent » que nous suspendrons nos séances. Asseinlil»-- par la loi, il M n'y a que la force des baïonnettes qui lun-sc nous contraindre » à nous séparer. Nouss^lvons romhattro; et si les misérables 9 qui nous attaquent valaient les brigands de la Vendée, nous » leur prouverions que la crainte et la terreur sont des sen- » sations étrangères aux cœurs des vrais citoyens, etc. , etc. »
Tandis que cette scène se passait à la Société de la Jemmt bordelaise , les Jacobins promenaient en ville le buste de l'iiïnoble Maïal, hui lant »i(>s cbnnsons patriotiques et s'onivrant à chaque cabaret. IK'; crainte d uncontlitet de grands malheurs, la société se dissout à regret, et laisse par sa retraite le cbaoïp libre aux san&^lottcs.
Celte Doiivelle tut ixjrttki à La Réole, avec prieiu aux rt - ^-'^re ili.
|iréseDtaiits de rentrer à Bordeaux. Ils répondirent qu'il fallait
avant tout chan^r la municipalité. Les sectioiis s'assemblèrent 1195
et décidèrent qu'il fidlait remplacer la municipalité alors en .
charge, par une autre composée de deux membres choisis oudiiiie,
dans chaque section de la ville, et que celle dite Franklin ,
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relèverait de suite tous les postes ()<cu[k's par la ii;ardp natio- petuiuni nale des autres sections, et y ferait le service jour et nuit, jusqu'à nouvel ordre.
Celte résolution fut soumise aux sections réunies dans [une assemblée extraordinaire et générale, qui se tint le 18 septembre; elle fut approuvée par les uns, comme sympathique avec leurs sentiments; par d*autres, dominés par la crainte, comme mesure utile: j>iu tous, coinine l'expression d'une inexorable nécessité, qui n'admettait ni observation, ni résistance. Chaque section nomma donc deux individus qui devaent former la municipalité, suivant les instructions secrètes qu'on recevait de La Réole; et ces nouveaux magistrats, produit impur du despotisme de quelques intrigants et de la prétendue souveraineté du peuple, se rendirent, escortés, de la section Franklin à rilùtel-de-Ville, nîi ils trouvèrent le ( iTi^>il-p;(''néral de la commune en permanence, attendant le rft>ultatde ces déplorables scènes. Les nouveaux municipaux péDétrèrent dans la salle; et ne rencontrant point de résislaooe, le doyen s'exprima ainsi : a La volonté souveraine du » peuple s'est manifestée dans les vingt-huit sections de cette » commune, et nous sommes chargés par nos concitoyens de » prendre les rênes de l'administration civile et jx)lilique de » celle ville. En const^'cpience, nous vous intimons l'ordre du » peuple souverain, d'avoir à nous céder sur-le-cliamp un H dépôt que vous ne pouvez plus garder. » Les anciens magistrats descendent de leurs sièges; les nouveaux y montent se choisissent un maire, un procureur de la commune, un sobstitQt et un secrétaire-grelHer [note W). note I6.
Lirrc III. Bans cette nouvelle municipalité, on voyait des ooncossionchap. 6. q^Ij.^^ dénonciateurs , des banqueroutiers , des fripons, 1795 des misérables, qui en temps de paix n*osaient guère paraître en public t On y voyait quelques honnêtes gens ; mais ib n'étaient là que parce qu'ils n'osaient pas s'y refiujor. Ils servaient à voiler un pon lessouilhiresde leurs coUèaues, couiintî une feuille d'or étoodue sur un meuble pourri ou sur ua bois vermoulu.
Dès ce moment, la terreur était oi^ganisée à Bordeaux, et les Jacobins de Farîs y eurent des échos complaisants et fidèles. La guillotine allait devenir le meilleur moyen {xissible pour faire respecter la volonté du peuple ! Les hommes vertueux, modérés et honnêtes, s'enfuient ; les riches chercluMit la paix dans des campagnes solitaires; les advei-saires dos Jacobins se taisent ou approuvent hypocritement leurs iniamies. Le courage manque sous k pression de la peor; et les femmes même, renonçant aux vertus et aux douces qualités de leur sexe, se font terroristes; et, plus redoutables que les tigres, qui s'épargnent même dans leur colère, signalent i l'iustruiuent fatal de l'égalitt», non-seulement les hommes riches et influents, mais les femmes et les liiies qui se faistu n remarquer par leurs bonnes œuvres, leur naissance, ieui% vertus ou même leur beauté !