CHAPITRE VIL
Comspondance de la municipalité provisoire avec les reprèitentaDU, k La Réirit. — Vîntes domicOlalres.— Dénanctalions. — BxaltattoB des nns-colotteB. — Carte» ieeMtne. — SertUi ^nCoîre. — Pcnécntion des hOQiiMee gen*. ^ Le langage de quelques Jacobins bordelais devant la Convcotion. — Adresse des rèpvblirjinis bonlolaises a la Coiivt-nlion. — Comité de surveillance à Bordeaux. — Ànut'i' (if P:Miil'>f » t if'i^ihtau.— Deux galériens envoyés en mission à Bordeaux. — Arrestation do MM. ïhuUm et Roullet.— Ils sont envoyés k Paris, sous la conduite de Pasquicr et de Cazauboa. — Un mot sur les Girondins.
La première pensée de la municipalité provifloîre fut de se Livre m.
mettre en rapport avec les représentants, de les instruire de *~ toal ce qu*on venait de faire, et, enfin, de leur envoyer
quatre de ses membres pour les prier de se rendre enfin ;iuv C«rre*p9m-
' ' (Itinre
voeu\ des Uordelais. On rédigea eu uiéiue lem|is la lettre det
suivante, pour leur 6tre remise : ^'^Sf'îiî"'*'
«Les roembrt-s roinposant la iiiiinicipalité provisoire de Biiitleaitx, > aux citoyens Baudot et isabeau, représentants du peuple français , en séance
■ il La Réulc.
» GrroTBifs Rspiésentaiits, •
» L'union la plu.s parfaite règne dans la cité de Bordeaux: » les vingtr-huit sections ont unanimement arrêté de remplacer
> la municipalité par deux commissaires de chaque section;
> ils se sont réunis, et forment, dans ce moment, lamunici- » palilé provisoire; ils ont tons juré un attachement inviolable
Uvrelll. )) à !a ropubliq\ic, une ot indivisible, un respect iiivi(>lal)le » \Hniv les lois, et promis ilc veiller à la sùretedes peiMnines » ^'l des propriétés. Nous nous faisons un devoir de remplir » ce seniKnit ; il importe aa maintien de la tranquillité publique » et au bonheur de nos concitoyens qui nous ont honorés de » leur confiance. Venez au milieu de nous. Représentants, » seconder nos eflbris, et vous assurer par vous-mêmes des » sentiments vraiment républicains qui anhnent la majorité » des habitants de cette grande cité.
» En attendant (pie vous remplib^iez notre vœu le plus cher » à cet égard, nous croyons essentiel de vous inviter, de la » manière la plus pressante, à donner ordres les plus » prompts et les plas précis pour faire relâcher des farines » achetées par le Comité des subsistances, et que vous savez » être arrêtées, tant à Aiguillon que dans d'autres lieux; nos » besoins ne sauraient être plus urgents, puisque nous n*avons » pas de farines pour la distribution de demain.
» Au moment de notre installation, nous sommes avert^^ » qu'il se lait, devant le port, un chargement de matières d ai - » gent, surtout de la monnaie ; nous nous sommes fait reprén sentcr les ordres que vous avez donnés au citoyen L'Hoste, i> qui contmue de les exécuter. Nous présumons, Citoyeas » Représentants, que lorsque vous connaîtrez la révolution qni » vient de s'opérer dans notre cité, et qui doit foire disparaître 9 toutes vos craintes sur la sûreté de ce dépôt important, voo$ » jugerez peut-être, dans votre sagesse, devoir changer \e» » dispositioni» que vous avez données au citoyen L'Hosle. pour » le dépôt de ce.s matières, et d'éviter les risques qu'il courrait » dans le transport à Cadillac» et son retour, si vous proposez » que le dépôt à Cadillac ne soit que momentané; et mv& » vous prions instamment de vouloir nous faire connaître, à ]» cet ^rd, vos intentions, par le retour de notre courrier. » En attendant, nous avons pris toutes les mesures nécessaires » pour que le chargement se continue sous une bonne elsàre
» garrk', que nous venons de mettre, tant à bord du bateau » qu'à l'Iinlcl (lo la Moiuiaie.
» Bordeaux, le 18 septembre 1793, l'an II*' de la républii que, ane et indivisible.
» Siyué à T original : Pasqiief , président provisoire;
» Haussa DE et Saixt-Amaxd, secrétaires » provisoires,
1 Pour eopie confonne à rorigiiial :
0 Sigiié : Txuaeh. »
Va'\U' lellio lut remise le lendemain matin à Baudot et Vsabeau, auxquels s'étaient joints les représentants Dartigoeyle, Lcgris, Tallicn, Pinet ainé, CbaudroD-Rousscau et P^Del, tous réunis à Âgen, et tous irrilës au suprême degré contre les Bordelais. Peu satisfaits de la rédaction et du manque d'énergie qui se faisait remarquer dans cette première lettre, ils rédigèrent, séance tenante, la réponse suivante :
« Agen, le 10 septembre 1793, Vw II* de te république, une et indivisible.
> Les reprèaeDttflts di peaplo, k It ntmic^Mlitè prarisoln de Bndenn.
» CrroTENS,
» Il est bien tlouloureux pour les n 'présentants du peuple 1 de relroiivtT, dans la première lettre des municipaux proi visoires de ia cité de Bordeaux, les mêmes principes, le > même style, et la même marche qu'ont employé jusqu'à ce k jour les anciens officiers municipaux. Il n'y a pas, dans votre » lettre, un mot pour la Convention luitidnale; il n'y a pas un * mot sur le dé(Tel du 6 aoiit. Nous vous déclarons, Citoyens, 1) sous quelque titre que vous existiez, que nous ne oroi- » rons au resjX'ct des Bordelais pour les lois, que lorsque ce » déiTct sera exécuté eu son entier; nous ne croirons à la » sollicitude des municipaux, sur les subsistances, que lors^
Clisp. 7.
Livre m. M que les visites doniiciliaires auront été faites srmnu\eii<»e- Cb«p. 7.
» iiK iil , en présence des commissaires du peuple, bons sansr-
1793 » culottes, choisis par la section Franklin; noas ne croirons » à ia tranquillité de votre cité, cpie lorsque vos grenadier», » vos chasseurs, votre jeunesse, se seront transportés sur les » frontières, lorsque nos canons ne seront plus à la disposî- » tion de vos administrateurs rebelles, lorsque vous aurez » restitué le numéraire volé à la république, lorsque vous » aurez livré au elaivc de la loi tous les ci-devaiU nol)les, » tous les priHres réfractai res, tous les émigrés, qui couv real » le pa^ é d(î Bordeaux , lorsque vous aurez cliassé de vos » murs tous les Anglais, les Espagnols et Hollandais, que la » nation a cru devoir expulser; enfin, lorsque vous aurez » remis à la Convention ceux de ses anciens membres qu'elle n a mis en arrestation, et les nouveaux traîtres qui se soot » réfugiés auprès de vous. Nous vous prévenons. Citoyens, » que nous écrirons aujounVhui au citoyen L'Hoste, pour le » louer de Sii U'i^itime résistance. Nous arnMous de plus fort. » que l'arrêté de nos cliers collègues, Ysabeau et Baudot, sur » le transport du numéraire et matières d'or et d'argent, de » Bordeaux à Cadillac, sera mis à pleine exécution. Au sor- » plus. Citoyens, assurez le bon peuple de Bordeaux que son » sort nous est cher ; (pu; nous nous occuperons sérieusement » de Taméliorer, surtout lorsque nous aurons brisé les non- » vellcs chaînes que les fédéralistes lui ont forgées.
» Signé à roriginal : Les représentants du peuple, )» Dabtioobyib, Letms, Tallibn, ChAUDSOIT' » Rousseau, Pinbt ahié, Baudot, C.-AIex. » YsABBAU et Pasahbi..
» P<mr copie conforme \ Toriglul :
)» Signé : Tallien. »
Le SO septembre, ils écrivirent à la Convention nationale
la lettre suivante :
« Citoyens , kos Collègues,
■n Nous fioyous devoir vuus prévenir ([uc la lTiniiiri{>alitn B (le Bordeaux vient d'(îlrc changée, par le vœu des citoyens, » et remplacée provisoirement par deux commissaires de cha-
• cane des sections. Cette mesure serait un grand acbemine-
• ment au retom" de Tordre, si nous n*ayions tout lieu de
• croire que ce mouvement est une nouvelle tournure de la t faction qui n*a pas encore perïlu respérance d'exciter la » ffuerre civile. Nous vous envoyons copie de la lettre qui M nous a été adressée par la uiunicipaJilé provisoire, ci notre
• réponse.
» Signé : Ghaudion-Roussbac, J. Pinbt, Talubn, w Lktus, M.-B. Bacoot, DaBTI60BYTB, » PaGASU, C.-ÂleX. YSABBAU etMoNBS^
» Tim (du Puy-de-Dôme). »
Le lendemain comme si les aiïaires ne marchaient pas assez vite, ou croyant peut-ôtre que la municipalité ne comprenait pas toute rétendue de ses devoirs, et la nécessité d'agir avec promptitude et sévérité, les représentants lui adressèrent la lettre suivante :
• A AgeD, le il septembre 1 793, l'an II* de la république, une ut iadivisilde.
• Les rfiirèsentants du peapte, réunis k Agen, aux citoyens composant la » nmnIeipsMté prorlioiK do llonleaux.
1» CrroTBNS,
» D'après le rapport de vos députés, il paraît qui' vous » avez fait uni' démarche éclatante, et telle que nous devions
• l'attendre de vrais républicains comme vous. KUc a dù vous » donner le sentiment do vos forces, et vous prouver que le a peuple n*a qu à vouloir pour faire rentrer dans la poussière > ses ennemis les plus insolents. Us vous reste encore quel-