‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 46 sur 172 · Livre · texte numérisé non relu

Livre

Ciiap. 1.

Livre m. » quos pas à faire pour atteindre le but ; hâtez-vous de par- Chap. /. ^ courir cette honorable carrière; profitez de vos avantages, tm ^ songez que le joug qui pèse encore sur vos têtes serait » rendu mille fois plus pesant, si vous n'aviez pas le courage » de le briser sans retour.

j» Nous vous avons indiqué, dans notre première lettre, des » mesures propres à assurer votre indépendance et le règne » dos lois. >*ous entrerons ici dans queUiues détails qui ren- » dront votre marche plus assurée, si, leruiaiiL 1 oreille aux » intrigues et aux considérations personnelles, vous n'écoutez » que la voix de la patrie et l'intérôfde vos concitoyens :

» 4^ Vous vous êtes plaints avec raison que jamais les vi- )» sites domiciliaires, pour la recherche des grains et farines, » n'avaient été faites avec exactitude et sans distinction dans » votre cité. Que les premiers jours de votre administration » j)opulaire so'ioni sij^nalés par celte visite, qui s'étendra jus- » (juauv vaisseaux. Il en résultera, on la conviction intime » d'une disette réelle , ou la découverte d'un amas prcV ieiix » de subsistances; et dans ces deux cas, le peuple de Bor- » deanx sera soulagé, ou par les secours qu'il trouvera dans » Tenceinte de ses murs, ou par ceux que les représentants » du peuple et des départements voisins s'empresseront de loi )» faire parvenir. Si vos découvertes sont heureuses, vous en » profiterez, en faisant distribuer le pain aux pauvres, à 3 sous » la livre.

» 2** L'audace de vos ennemis n'était appuyée que sur les » forces dont ils avaient eu l'art de s'entoui-er. Pendant que 1» toute la France s'ébranle pour voler aux frontières, n estril » pas scandaleux de voir dans les rues de votre cité une ca- » Valérie, composée de gens suspects, faire éclater son luxe, » son arrogance et la résistance aux réquisitions l^les qui » lui ont été faites? Ce corps ne peut laver que dans le sang » des Esjkitmols la taclu unpriniée sur lui; qu'il parte sur- » le-champ, ou qu il cède à des patriotes les moyens et l'hon-

v nenr de combattre les tyrans. U est du deyoir des vrais cliap. "! » Républicains d'ôler à de pareils hommes les moyens de nuire — » à la patrie. 11 n'est que trop (U^montré que plusieurs ( om- 9 pagnies de vos grenadiers ont souillé I honneur de ce nom

> gbrieax, en servant de satellites à la faction. Vous les con- » naissez, Citoyens; vous ferez panir les coupables; et en

> fitisant rentrer les autres dans le sein de la garde nationale,

• vous conserverez les principes de l'égalité, et vous vons » serez acquis des camarades qui partageront vos travaux.

» Lorsque des citoyens paisibles exercent, à l'abri do la » confiance du peuple, fes fonctions administratives, ils n'ont » pas besoin de s'entourer de l'appareil des armes : ôtcz ces

• canons braqués sur le peuple par ses ennemis, et placez-les

• sous la garde des sans-culottes, au Chflteau-Trompette, à la » Blaisour-Gommune et à l'atelier du Grand-Séminaire.

» 3* Vous n'ignorez pas que les corps administratifs, par » leur funeste ajiibition, par leurs iutriiïiies multipliées, ont ï allumé le flamljean de la guerre civile dans le midi de la » France, et provoqué le fédéralisme. Un crime si horrible et » si avéré ne peut pas demeurer impuni. Que votre respect » pour la loi et pour la Convention nationale se manifeste, en « mettant en état d'arrestation tous les membres de la muni-

> cipalité, du conseil-général de la commune, du département » de la Gironde et du district de Bordeaux.

y> 4" I.a garde iniporlaule de votre cité ne peut pas Hre » contiee avec sûreté seulement aux riches; mais, d'un autre » côté, il n'est pas juste que les sans-culottes sacrifient à cet » acte de patriotisme la subsistance de leur famille. Nous dé>

• clarons que les citoyens qui n*ont d'autre fortune que leurs » bras, recevront une indemnité de 40 sous par jour, chaque » fois qu'ils seront commande^ pour la garde. Les membres de » la iiiiifiiripalité ou du conseil-général de la commune rece- <» \ronl aussi une iudenmité de 3 liv. par jour, lorsqtie leur » présence aux délibérations sera constatée, et qu'ils ne pour-

— 36tt —

Livre III. » ront pas foire le sacrifice de leur temps aux affiiires publi-

tliap. 7. r r

» ques.

ITB5 » Citoyens, les mesures que nous nous dictons sont con-

» fonues aux lois et doivent assurer votre l)oi)]ieur et votre » lianquillité. Ne craignez pas de développer toute votre » énergie. I^ous sommes là pour vous soutenir avec tout le » poids de Tautorité nationale. Des bataillons, braves et exer- » cés, marchent a votre secours. Nous nous unirons tous poor » briser vos chaînes et pour soulager votre misère. Notre » f)remier soin sera, non-seulement de vous procurer des » .u;riuns, mais de fnire en sorte que le pauvre ne paie pas » son pain au-delà de :i sous la livre. L'impôt progressif sur » les riches sera établi avec une juste sévérité, et servira à » payer l'indemnité aux boulangers.

» Signé : Tallikt, C.-Alex. Ysabkav, DABTfGOBrnt,

» J.-B.-IÎ. Monestieh du Puy-dc-DAinpl.

» PaGAISEL, m. -A. liAl lK>T, Cn.VUDROX-

» RoissEAVt Lkybis, J. PiNET alué. »

En conséquence de ces tyranniques injoncUons, rarbiliaire fut mis à Tordre du jour, et les visites domiciliaiies coumiencèrent à Bonleaux. MM. Roullet et Dudon fils, prévenus à temps, échappèrent cette fois aux minutieuses et vexatoires perquisitions de la police; mais M. Dudon père fut arrêté et jeté en prison. Quant à la promesse des représentants de foire manger le pain à 3 sous la livre, il n'en fut plus question: la farine manquait au\ boulangers, et, en peu de temps, il n'y avait en ville que la nuxliquc |)orliou de 7 onces de pain par jour pour chaque individu I On assiégeait la porte des boulangers et l'entrée des fours; on se lamentait, on criait, on pleurait de désespoir sous les étreintes de la foim, et avec la triste certitude qu'il n'y avait presque plus de vivres en ville. Les anarcbistes profilèrent de ces circonslances pour aigrir le peuple contre les maisons opulentes ou aisées; c étaient les

riches, à les entendre, qui causaient la rareté des subsistances Livre m. et te malaise général. Ils gardaient pour eux des farines et '' des grains de Umte sorte; tandis que le peuple mourrait de iàîm. Irrité de ces propos, et pressé par des besoins nombreux et réeb, le peuple s'abandonna à des sentiments de haine, et se porta avec d*aiitant plus d'avidité et d'empressement à ces visites, qu il espérait y trouver de quoi piolon:('r son oxis- UîDce et des raisons qui justiliassent son aninioMle contre les hches et les accapareurs. La |X)pulace tournait ses regards vers les représentants, dont la présence à Bordeaux devait être suivie de l'abondance et du bonheur, qui avaient quitté Bordeaux depuis leur départ. Biais les Bordelais n'avaient rien foit qui pùt convaincre la Convention qu'ils étaient à la hauteur des idées nouvelles. On parlait bcaucouj), on agissait peu aux ycu\ des icprcst uUiiils, qui attendaient, avant de venir en ville, des taits signiticatifs. Dans cette persuasion, les sections se hâtèrent de se soM^uloUiser ; c'était l'expression à la mode. La section Simoneau voulait se décorer du nom de teetion Marat; mais les Montagnards affilies des autres sociétés s'y opposèrent, par la raison « qu'avant de vous déi oorer du beau nom de ce véritable ami du peujile, il faut r. donner des [)reuvef? répétées et non (Ujuivoques de répiibli- » canisnie et de sans-culoUisme; jusque-là ce serait uae usur- 9 pation I »

Dans une autre section, le sant-eulolte Jean-Louis Benoit demanda à renier publiquement ses patrons, saint Jean et samt Louis, qui rappelaient, disait-il, le fanatisme et la royauté, pour s'appeler désormais Fargean Benoit, en mémoire de Lepellctier-Fargeiiu, martyr de la liberté !

Sa demande et son abjuration furent accueillies avec des frémissements de joie ! La nouvelle municipalité déploya une activité incroyable : elle appela auprès d'elle tous les d(\sœuvrés, tous les mécontents, tous les mauvais sujets de la ville et des environs, et leur donna, en récompense de leur ardeur

Livre m. démagogique, (les places importantes et lucratives (îans les Cbap. 7. (jjyersQg administrations de la ville; clic chassa Dieu de ses } 1795 temples, pour y faire adorer l'exécrable Marat et une oomé-

^ dieDDe décorée du nom de Déesse-Raison! On promenait eo

procession le buste de Marat, Goiflë du bonnet phrygien, tandis que les habitants honnêtes fermaient leurs portes et leurs fenêtres au passage de cet ignoble cortège, où le bonnet rouge s(»ml)luit annoncer aux ïiordolais les sanguinaires projoLs de ces tyrans à face lititiuum;. Le 20 septembre , celle . * municipalité provisoire écrivit à la Convention, ef lui dit.

avec un énergique laconisme; qu'elle tromperait la contiance publique et les es[)érances du peuple, si elle ne frappait pasua coup décisif sur les conspirateurs que reoélait Bordeaux dans ses murs; car l'impunité ne fiiisait qu'augmenter le nombre des criminels. « FTétes-vous pas, lui dilr-elle, ces sans- » culottes sur (|ni le ridicule et le mépris outrageant se ver- » saicnt a pleines mains? » C'est dans ce style démagogique que ces iuuuici[)au\ furibonds appellent la vengeance de l'Assemblée sur les meudjres de la Commission populaire, qui avaient échappé aux recherches de la plice ou au ooute^iu des meurtriers stipendiés. Bordeaux était plongé dans un état de stupéfaction, la société était bouleversée, la lie du peuple s'était affublée des insignes du pouvoir, et le morne silence qui régnait sur le passage de ces tyranneaux en haillons et en sabots, parlait plus haut que tous les orateurs du monde contre leui;-^ oi^ies iiomicides. Le faubourg S' Seurin vomis- Sijit tous les jours des misérables en i;uenilles , coiffés du bonnet roui;e, vêtus de gilets rouges, de culottes rouges, et vociférant des < hansons infâmes et des cris de mort contre ie$ aristocrates, les nobles, les riches et les prêtres. La terreur était aussi vigilante qu'elle était puissante; elle était impitoyable comme la haine et hi cupidité, qui en étaient les deoi principaux éléments. Elle voyait un ennemi partout oh il y avait un homme riche, un ami de l'ordre, de bomies mœurs eu

d'une liberté sage et modérée, et ses progrès élaienl tels, que, l i vro 1 1 1. dans peu de temps, il n'y avait à Bordeaux que deux classes ^''^ de citoyens, les terroristes et les aristocrates. Les principes des ^ -ganarchistes étaient trop contagieux pour ne pas se répandre

<lîinîî la caiiiptigno : chaque liainoau avait ses agents révolulionnaires; «'haquo villaj^e, son club , x s «lélateurs, ses mnleurs. SCS l)oiirreauxonicicnx\ rjui menaçaient jiour la nioiiidiv, parole, le moindre geste, pour le silence mOnw dans certaines occasions, de raccourcir les gens par le ministère de la giiillo- (ine, suprême exécuteur de la volonté du peuple en délire t A chaque pas qu'on faisait en ville, à chaque moment du jour et de la nuit, on rencontrait des ptrouilles de ces forcenés il mousiaclu's crassciix's, (■()itl«'s du bonnet rouge, aimés de fusils, de piques et de sabres, et dont l'œil farouche cl la mine dégoûtante annonçaient des êtres abrutis par le crime et capables de tout faire : on fuyait à leur approche. Pour pouvoir sortir de chez soi sans crainte , il fallait avoir une carte de civisme ou de sûreté; c*était une espèce de passeport fwur aller d'une commune dans tme autre , d'une rue dans iifK^ autre , et iiiériio chez un voisin ou un auii. Pour obtenir altt' au le , il lallail se .sounielU e a ce qu'ils a|)p(»laient le tcrutm épuratoire sur les princi{)cs politiques ; et ià , on ne rencontrait souvent pour ses juges que d'anciens domesticpies, et toujours des hommes de la lie du peuple. La question qu'on y proposait était, ou des insultes, ou des traits d'un cynisme révoltant; il fallait monter sur un escabeau, en pleine assembla, et là. réjK)ndre à des questions comme c(»lles-<'i : « (a- «t loyen. (pie penses-lu de Marat? A.s-lu fait quelque chose » contre les infâmes aristocrates, les pivlres ou les ennemis ^ de la liberté? As-tu murmuré de la disette des subsistances'^ * Qu'as-tu fait pour mériter d'être pendu si la contre-révo- » Intbn arrivait? » Les assistants prononçaient sur le civisme ou l'incivisnie du postulant : avoir poursuivi , (XM'scruté, tué même un prêtre, un noble, uu fanatique , était un titre à la

contiaace du public : l'innoceace était un non-fiens; les boiuies mœurs, une bôtise ; la vertu, un crime aux yeux des sansculottes; leurs partisans étaient des suspects , et un suspect était une victime qui devait finir sur Téchafoud ! Les dénourdations étaient à Tordre du jour et payées comme des actes méritoires; les églises, les maisons reliiiieuses, fiinMil converties en prisons; les riclu^sse rançonnaient péiiodifjuenient, et, ne pouvant pas enfin rassasier d'écus l'avidité toujours croissante de ces misérables qui s'engraissaient de leurs dépouilles, furent jetés en prison et guillotinés comme suspects de modérantisme , de fédéralisme , d'aristocratie , de fanatisme ou de quelque autre crime imaginaire. On se levait le matin sans pouvoir dire oh l'on coucherait le soir : en sortant pour SCS aflaires, rc|K)ii\ disait souvent, sans s'en douter, un dernier adieu à son épouse et à ses enfants, et la mort semblait avoir partotit dos agents chargés de lui amener des victimes I On envoya à Paris des émissaires : en arrivant devant la Gon> vention, ils aflectaient de braver toutes les convenances dans leurs gestes et leur langage; ils voulaient s'élever à la hauteur des Jacobins de Paris; ils annoncent à l'Assemblée que deux huUiiiions vont partir de Bordeaux pour les frontières, que les suspects sont arrêtes, les coupables punis, les lâches sévèrement surveillés , et finissent par dire aux Jacobins : « Agisses , continuez à frapper ; et si vous avez besoin de 9 force , parlez , et dix mille bras de Bordeaux vont voler à » votre secours. » Ce langage électriaa la Convention : Bordeaux n'était plus girondin ; les Bordelais étaient à la hauteur des Montai^nards de Paris.

CejK^ndant les reprcs(Milanls ('taient encore à La Kéole; on les avait assez priés d'arriver en ville : ils voulaient faire souffrir les Bordelais en expiation de leurs prétendues fautes, pour avoir le mérite, à leur entrée, de mettre fin à leurs souffrances. La Convention elle-même avait appris la modification de l'esprit public à Bordeaux. Comment pourrait-elle

FigBorer? Elle avait reçu des adresses, elle avail va iesdëputés iîmo m. boidelais; les femmes même, qaî se piquaient de sans-culot- ^' iâsa» dans nos murs , avaient écrit à la Convention nationale une lettre tonte brûlante de patriotisme , où nous lisons ces

iuot> : « Nous jurons de vivre et de mourir libres, cl de n deleudre ia Coustitulion que nous avons acropUr le 10 août

* dernier Kous adhérons de tout notre cœur aux jour-

> oées du 3 1 mai , i*' et 2 juin ; nous vouons à Texécration 1 4 Quiveraelie les royalistes, fédéralistes, conspirateurs, caba-

I leurs, accapareurs, et nous jurons encore de dénoncer ceux.

I I que nous oonnattrons être dans ces abominables principes. »

i Ce n'était pas mal , ce nous semble , pour nos héroïnes san»tulotles!

Voulant lifitcr le progros de l'esprit républicain dans le |)ay5, les i cprcst iilaiits orgaiiiï^t'rent à Bordeaux un Comité de surveillance pour tout le département ; il se composait de ^mc membres , hommes connus par l'exaltation de leurs principes. Ysabeau et Baudot avaient recruté à La Réole une kotb it. armée révolutionnaire de deux mille hommes, tous paysans, 4|Q'ib stimulaient par Tespoir du pillaf^e , et faisaient commander par des Jacobins envoyés de Paris, ou des voleurs et des scélérats du pays; c'était là la |X)litique du Comité {\v. Salut |»ubli( à Paris : i! avait ses affidés partout; et quelque temps avant l'arrivée des représentants, il avait envoyé deux émis- ^ires auprès de la section Flanklin pour une mission impoi^ pradhomiiie. taote. Ces deux individus se présentèrent à la commune ,

OQ , après un court entretien , un municipal s'écria qu'il était Dm £rr«iif«. SÛT qu'ils étaient des échappés des galères. Au trouble que '^^^Q^fl'* maniresta Tun d'eux , le magistrat se jette sur sa personne ,

loi arrache ses habits, et montre sur son éjmule l'empreinte dos lettres 6' A L. Ces deux briirands lui tnl envoyés en pri- , d'oîi ils ne sortirent qu'à l'arrivée de Baudot et d Vsabeau.

Bordeaux, depuis lors, avait bien progressé dans les voies

Livre 111. (lu républicanisme. Au \" otîtobrc, ayant son Comilo de surciiap.j. veiliance organisé, il n'avait rien à envier à Paris : les Jaco- 1^ bins de la capitale voyaient chez nous des imitateurs et des rivaux. Les arrestations cooimencèreDt sur une vaste échelle, et plus de quatre cents personnes furent jetées en prison. Ronllet et Dudon fils ne purent éviter de grossir ce nombre : le prcinii r tut livré [>ar la numicipalité de Cantenac, uù ii li'iiail i ;i(*lié: le second , dénoncé par Bouquet , |>arta£îea les chaînes de son père , et , peu après , ils furent s(»parés pour ne plus se revoir ! L'un d'eux fut dirigé, avec d'autres prisonniers, vers le tribunal révolutionnaire de Paris, sous la conduite de deux misérables, Cazaubon et Pasquier, qui s'étaient offerts de se charger de cette mission d^radante. Êcoatons Pasquier, qui raconte les incidents de son honteux voyage, avec un cynisme plus honteux encore :

« Nons anivclmes hici du -^nir, bien sains et saufs. INoln» » ti()U|)(Mii (Ir j)rt'<U'>tiii('s , iniMlii' lii;iic , moitié raisin , Mml » leur train : le bonhomme DuUou , qui semblait menacer » ruine le premier jour de route, paraît avoir repris une » nouvelle vie. 11 soutiendra la gageure trèsr-gaillardeinent : » Dieu et les hommes lui rendront , sans doute , selon ses

» œuvres, et alors je lui souhaite bonne chance

» Les ordres que j'avais u rus du Comité de Sûreté

» générale les fixaient à rAl)hayr; mais j'avais été obligé (h « les déposer dans la maison d arrAl de la section de l'I'nifé . » lorsqu il m'arriva, à dix heures el demie (le soir), des oïdiv? » du Comité , et Je lus obligé de parcourir de nouveau les » rues de Paris, avec quatre fiacres pleins de nos prisonniers, » de nos gendarmes , et moi à pied. Je me présente à TAb- » baye; mais il me fut formellement déclaré, qu'attendu que » cette maison de détention était ce qu'on appelle bondée » au-delà même dn possible , force m*était de chercher gfte » ailleurs. Il fallait tout recharger, o\ les mener dans la niaisjn » d'arrêt de la >^'clion de lUnilc. La, loulcs le^-^ diliicultés s a-

s planirent. parce que cône maison d'anrt rlail moins ploin*» s que les autres. J'y remis liiKj de nu'- |h i -minais. (|ni S4)nt y Dudoii père, Gerci , Hollier, IK^lonael , Serrier. \a'< trois

> destinés à la Conciergerie n'éprouvèrent aucune dilliculté et 1 forent accueillis avec empressement; ce sont Lemoine fils, » président du district; Laoombe-Puyguéreau, Lemelle. Il se

> poomiit bien faire que le coupe-létes abr^ieAt leur cap-

> tivité * quoique ce ne soit pas le terme de leur vœu « il » pourrait fort bien ôlrc le loyer de leurs peines et vertus.

» Signé : Pasquibr, officier municipal provisoire, »

Ici, nous interrompons un peu le fil de notre narration, pour reporter nos regards et notre pensée sur les malheureux 6imidins : les uns laqguissent dans les prisons de Paris; les antres se voient condamnés à se cacher ou à errer proscrits dans leur patrie, dont ils s'étaient vus un instant les maîtres; tons malheureux, tous abandonnés, condamnés, tristes jouets 'le la tV)rtnne, à supporter les Ciq)rices de ro p(uiplo qu'ils avaient vu à leurs genoux. Noiis ronsn iun> cjuelquos chapitre aux princijwux chefs de ce fameux parti. Dans noire BisUnre de Bordeawp, c'eût été une lacune et une faute de ne \a& en parler plus amplement que nous n'avons fait : mille traits biographiques, mille circonstances, mille incidents de leur vie, n ont pn trouver place dans les chapitres précédents; ils en trouveront une ici. Nous nous occuperons exclusivement des chefs, de ronx qui étaient de Bordeaux. Ces détails ne peuvent niaiiqia j *1 uiléres&er nos lecteurs bordelais.

Yergniaud, Guadet, Gensonné, Grangeneuve, Fontrede et BttCQS, sont les figures les f)lus saillantes qui se présentent aux regards de l'historien de Bordeaux ; ils étaient tous des iMNnmes probes, honnêtes gens, doués de remarquables talents, mais plutôt tribuns qu'hommes politiques. De tous les Girondins, il n'y eut pas un seul assez habile pour diriger ou

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