‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 51 sur 172 · Livre IV · texte numérisé non relu

Livre IV

Cbap. i.

df la lU'rolHlinn, liv. XI.

Livre IV. » il s'enfuit sans oser la frapper. Si ce soldai avait été membre cbap. i. ^ sénat, doatezr-vous qu'il eût hésité à voter la mondes I7d3 " tyrans? Quel courage trouves^-vous à faire un acte dont un

— î) lâche serait cajwiblc? »

PaNsatiL oiisiiitc à un aiilrc genre de eourage, celui qu'il faut avoir [K)ur rt'jK>iis.sur 1 étranger, il dit : v On le vaincra, 1» sans doute , l'héroïsme des soldats français en est un sùr » garant; mais ce sera un surcroît de défenses et d'efibrts de

» tout genre J'écarte toute idée de revers; mais oseriez-

» vous leur vanter vos services? Il ny aura pas une famille » qui n*ait à [)leurer ou son père, ou son fils; ragricultare » manquera bientôt de bras, les ateliers seront abandonnés; » vos trésors trouirs appelleront (II' noiivi'aux impôts; Iecor|i? » social, laliiiui' des assiuUs (pic lui lisreront au ddiors les » enneuiis armées, au dedans les factions soulevées, tombera » dans une iangu(Mir mortelle. Craigne/ qu'au miheu de ces M triomphes, la France ne ressemble a ces monuments fa- » meux, qui, en Êgypto, ont vaincu le temps: l'étranger qui » passe s'étonne do leur grandeur. S'il veut y pénétrer, qu'y » trouve-tr-il? Des cendres inanimées et le silence des tom- » beaux ! »

S'iudi^nant de voir grandir la puissaiu u des JucoImun. Veri,'niau(l j)aiie de Oomwer, et faisan! nllusion aux iiilrii:u* > de Robes|)ierre et canmrts , il rappelle ce inist'rabie ambitieux, qui fut l'auteur et le principal instigateur de la mort de Charles l*', en Angleterre, qui avait poussé d abord le peuple contre le roi , puis contre le Parlement, et ne visa qu'à les détruire Tun après l'autre pour s'asseoir sur leurs ruines. Par allusion à Robespierre , il dit que si le pain est cher, si l'argent manque, si les approvisionnements sont rare? et insufiisanUs, des hommes comme (a omwel ne c(\ss(mîI de diic : la cause en est au Icmple; il prédit que le jour n'est pas loin où ces mêmes honuues, après avoir aliattu la téte de Louis, iront dire au peuple abusé : Un cavae de toutes /es mi^

ières est dnnx la Convention ! « Qui nie gaï autira que de celle » (eni{xMe, où l'on verra ressortir de leurs repaires les tueurs » du :il septembre, on nevousjiil^nlera pas tout couverts de » sang, et comme un libérateur, ce défenseur, ce chef, qu*on a dit être si nécessaire? Âh I si telle était leur audace, il ne'

> paraîtrait que pour être à l'instant percé de mille coups! i Mais à quelle horreur ne serait pas livré Paris? Paris, dont

> la postérité admirera le eonra£;e héroïque contre les rois, » el ne concevra jamais sfm ignominieux asservissement à une » poignée de hrieands, reluit de i'e>jM'( e humaine, i\m s'agi- I* lent dans son sein el le «lécliirent en tous sens par les mou-

> venients convulsifs de leur ambition et de leurs fureurs I

» Qui pourrait habiter une cité oîi régneraient la terreur

> et la mort! Et vous, citoyens industrieux, dont le travail

> fait tonte notre richesse, et pour qui les moyens de travail » seraient détruits; vons qui avez fait de si grands sacrifices

* pour la révolution, et à qui on enlèverait les derniers moyens » d'existence ; vous dont les vertus , le patriotisme ardent et » la honne loi ont iciidii la séduction si tacile, ((ue devii^n— » (liicz-vous? quelles .s( lauMil vos ressources? (jucllc^ mains

* essuieraient \ os lai mes el porteraient des jsccours ù vos » familles désespérées ?

» Iries^vous trouver ces faux amis, ces perfides flatteurs, » qui vous auraient précipités dans l'abîme? Âh ! fuyez-les » plutôt! redoutez leur réponse; je vais vous rapprendre : » Vous leur demanderiez du pain; ils vous diraient : Allez » daos les carrières disputer à la terre quelques lambeaux » sanglants des victimes que vous avez é>gorgées ! Ou : voulez- » vous du sang ? prenez, en voici î Du sans: et ÔGS cadavres,

» nous n'avons pas d'autre noiirrilure ù vous odrir !

' Vous iVc'uiisMv., citoyens! 0, ma jiatrie, je demande acle à " mon tour des efforts que je fais pour te sauver de celle crise » déplorable ! »

Elle était immense, profonde, indescriptible, l'impression

Livre IV. produite par cctle brillante et pallieliijuL' iiiiprovijvition ; de ClM]».l. j^^^^ L'ôtés, sur tous les bancs, on sentit quelque chose c omme 170S commotion électrique qui affilait tous les cœurs. Le IV-

— mosthènes girondin avait ébranlé l' Assemblée ; mais elle était trop avancée pour reculer ou se laisser entraîner.

Les Girondins croyaient avoir écarté les foudres des Jacobins. Hélas î ils se trompaient En cédant à la violence, ils firent preuve de faiblesse; on en profita. Des pétitionnaires de la section Poissonnière se présentent, le iO mars, et demandent les lêtes de Vergniaud, Gnadet et Gensonné. On voulait niônie les égorger en pleine Assemblée le lendemain; mais avertis à temps, ils n'y parurent jws. Le 12 mars IT03, Marat renouvela contre eux ses attaquer ; mais le courageux Vergniaud se lc\a et dénonça le club des Cordeliers comme le repaire du tigre Marat, qu'il désigna du doigt, et qui avait demandé les têtes de vingt-deux Girondins comme un holocauste à la liberté ! Les Girondins tremblent et se dîspeisenl. Vergniaud reparaît, le 13, à la tribune; et après avoir dépeint en traits de feu les fureurs inqualifiables des Jacobins, il s'écrie : « Un tyran de Tantiquité avait un lit de fer sur le- » quel il faisait étendre ses victimes, mutilant celles (jui étaient » plus grandes que le lit, dislocpianl celles qui l'étaieut moins, » [jour leur faire atteindre le niveau. Ce tyran aimait lega- » lité; et voilà celle des tyrans qui te déchirent, ô peuple! » par leurs fureurs. L'^alitc pour l'homme social n'est que » celle des droits ; on te la présente sous l'emblème de deux » tigres qui se déchirent; vois-la sons Temblème plusconso- » lant de deux frères qui s^embrassent. Celle qo*on vent » faire adopter, fille de la haine et de la jalousie, est toujours » armée de poignards. La vraie égalité, fille de la nature, au » lieu de les diviser, unit les hommes i>ar les liens d'une fra-

» ternité universelle La liberté ! les monstres l'étooffent,

» et offrent à ton culte égaré la licence »

C'est ce jour-là même ( 13 mars), que notre grand orateur

Cbap. 1.

Yer&iiuuo.

— iOS —

finit 1 epanrhenienl de son ('loquenle indignation par cos mots : M La Révolution, ainsi que Saturne, dévorera-Hîlle donc loui» » ses enfants ! »

Les attaqiies des Maraltsies furent renouvelcHîs en avril : Robesp^rre laniflui les soupçons et les haines de ses amis, et Tint enfin, le 40 avril, dénoncer à T Assemblée une vaste conspiration, qui n'existait nnlle part que dans son imagination, ct'dont les Girondins étaient, selon lui, les auteurs et les fauteurs les plus actifs. Les Girondins écoutèrent les charges, et Vergniaud renîpla(;a à la tribune le sond)rc, haineux et impitoyahlc Robespierre. Son vi.sage était calme ; c'était le mépris plutôt que la colère qui se dessinait dans ses traits. Il a\'ait contenu avec peine rindi§;nation de ses amis; et son œil, qoi décelait d'ordinaire les mouvements de son âme, ne laissa paraître que la stoique impassibilité de Tinnoccnoe calomniée. Puis suivant son inttme accusateur sur tous les points , il le réfute avec succès et énergie ; mais arrivant, enfin, à la charge i\Q modcrantisme , l'une des dernières, Taiatle de la (iironde s'élève dans son vol sublime à une hauteur pro<li.^'iense , ot lai»c touiber sur le cliei des terroristes les paroles écrasantes de cette accablante a|)ostrophe : « Modéré 1 je ne l'étais pas

i le 10 août, quand tu te cachais dans ta cave Maniéré !

» nm, je no le suis pas dans ce sens que je veuille éteindre i rénergie nationale. Je sais que la liberté est toujours active 1 comme la flamme; qu'elle est inconciliable avec ce calme ï parfait qui ne convient qu'à des esclaves. Si on s'était borné n à nourrir lo feu sacré qui brûle dans mon cceui-, aussi ar- » dpnuuL'nt que dans vos Afrn-s iiii|)rtut'uses, de cruels dis- » :»eDtiments n'auraient pas éclate dans cette Assemblée. Je > sais bien que dans nos tempêtes ré\ oiniionnaires, comme » danscellesde l'Océan, le peuple est difficile à cahner, comme » tes flots battus par les orages; mais le ministère du légisU- » leur est de prévenir ces désastres par de sages conseils, et • non de les entretenir par des manœuvres imprudentes. Si,

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