Livre IV
» pour ôtre patriote , il fallait se déclarer le pertintaletir do * * meurtre et du brigandage, vous pouvez prendre acte de ma
17SKS " déclaration, je ne suis pas patriote, je suis modéré
^ » Depuis rabolition de la roy uulo, j'ai beaucoup entendu parler Vbkxmcd. ^ révolulion; je me suis dit : Il n'y en a plus que deux » |K)ssilil( s : celle des propriétés, ou la loi afçrairc, et celle qui » nous ramènerait an «lc -[ ii^me. J'ai pris la ferme résolutioa » de les combattre l'une el l aulre, et tous les moyens indi- » rects qui pourraient nous y conduire. Si c'est là (^tro nio- » dérc, nous le sommes tous ; nous avons voté la peine de
» mort contre tout citoyen qui proposerait l'une ou l'autre. «
Triste et désolé de ses prévisions, Vergniaud regagna mélancoliquement son banc. Une nouvelle dénonciation par les sections de Paris fut faite à TAssembiée : notre orateur girondin riposta fort et ferme; mais sa voix de sirène se peidit «lans le tumulte et dans les vociférations de ses ennemi*. Il n'y avait rien là do jiai IcniciUain' : on ne voyait dans l'As^omblée que les viles scènes, les më[)risables passions de la rut'. Marat craignait l'éloquence de Vei^niaud; mais jxjur le n*duire au silence , il fallait lui couper la tète. Aussi disait-il souvent : « Voulez-vous éteindre les voix, faites tomber les » têtes : le son cesse quand la cloche est brisée. »
Danton voulait se rapprocher des Girondins; mais ces puritains, avec Guadet à leur tôte, lui refusèrent rindulgeocc (]u'il leur demandait et l'oubli des massacres de septembre. (Vêtait uuu faute capitale. Us auraient pu alors le détacher <îe Robespierre, ou l onipèclirr au moins de sallicr élniitoniL'iit avec lui, ou <) être i t loulc vers les Jacobins. Dès ce moiiunl. les Maratisles ne se fîènent plus; ils sont libres et procèdent avec acharnement. Lepeu[)le .se soulève, pénètre dans la salle des représentants et demande la mort des Girondins. Pendant les abominables scènes anarcbiques du 30 et du 34 mai, le canon grondait, le tocsin sonnait, la générale battait, et tout ce bruit infernal n'était interrompu que par des cris de
mort contre les Girondins ! La terreur plaiiail .sur Paris I La femme de Kulatul l'ut arnHée; et au milieu de cetapimreil de meurtres ou de guerre, ia séance s'ou\Tit le l'^' juin; mais les places des Girondins étaient presque toutes vides. . . Le décret de mise en accusation fut adopté. Vergniaud était consterné; U avait te pressentimeat du sort qui l'attendait; car dans un de ras mouvements tumultueux de la capitale, la Montagne, dans l'espoir de compromettre les Girondins par leur reftis, proposa à la Convention d'aller fraterniser avec le peuple dans les roes. Loin de s'y refuser, les Girondins s'empressèrent d'y acquiescer, au «rainl d("sappointement des Jacobins, et se mêlèrent à celle i^rotesque procession dos repn'sentants et du peuple, précédés de torches et étourdis do cris d'une p()|)ulace ameutée par Robe^ierre, Marat et consorts. Fonfrèd(j s'approche de Vergnîaud, triste et abattu, et lui dit : « Qu'aimes- B tu mieux de cette ovation ou de Téchafaud dont on nous I menace? » Vergniaud, la téte baissée, lui répond avec une sloique indiflérence : « Tout m'est ^1; il n'y a pas de choix » à foire entre cette promenade et Téchafaud, car elle nous » y mène. » Les Girondins se dispersent; Verfînîand reste seul pour hrnver ses ennemis et délier leur colère. On lui représente It s jktiLs <jui le menaecnt. <• Réins, dil-il, qu'importe » ma vie; mon saufi; .serait peut-iHre [)lns élofpieiit t;ue mes » paroles pour réveiller et sauver la patrie ; qu'ils le versent, » s'il doit retomber sur les ennemis de la Fi'ance. »
Le 2 juin, le décret fut notifié à Vergniaud; il s'y soumit, et écrivit k la Convention pour que le rapport du Comité de Saint public ne fut pas retardé, et que ses dénonciateurs fussent envoyés à Téchafaud s'ils ne produisaient pas les pièces annoncées. Ije même jour, on lai offrit un asile oii il pourrait «cacher; il refusa d'abord ; mais facilement influencé, il s'y rendit; mais toujours avec son insoueianee habilm lie de son avenir. l,e lendemain, il voulut rentrer chez lui; on U' pressa déviter le danger; mais le sort de ses amis fut plus tort que