‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 55 sur 172 · GUADET · texte numérisé non relu

GUADET

Litre ly. crut que c'était une chasse qu'on leur faisait; il se tira un coup (le pistolet et se brisa la inilchoire. Des ptiysaas le trouvèrent baigné dans son sang. Voyant son linge marqué des lettres U B, Lagarde lui demanda s'il était Buzot; ne [«uvant pas piirler, il fit un signe négatif. Vous êtes donc Barharoux? dit Lagarde ; il baissa la téte en signe d'aflirmation. Ses deux compagnoas s'étaient cachés dans un champ de blé; quelques jours plus tard, on y trouva leurs cadavres, que des chiens et des loups s'étaient disputés.

La perte de Guadet entraîna celle de son vieux père, do sa tante (;t de son frère cadet, adjudant-général à l'armée de la Moselle.

M""' Rolland faisait grand cas de Guadet et de Gcnsonné : leur caractère, leurs talents, leur éloquence, étaient différents; mais, au fond, c'étaient des honnues su|)érieurs. D'aprîs le portrait qu'elle fait de ces deux représentants de la Gironde. Gensonné était froid et Guadet impétueux : le premier s'était fait logicien; le second, la nature l'avait fait orateur. Gensonné se maîtrisait ; mais les éclats de la brillante vivacité de Guadet n'étîiient jamais suivis d'aigreur, et l'intention d'offenser n'approchait pas de son âme. Tous deux tendres époux, bons p<'res, excellents citoyens, hommes vertueux, sincères répablicains, ils n'ont succombé sous l'accusation de conspirateurs que pour n'avoir pas su se coaliser en faveur de la cause de la monarchie et de la religion.

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