‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 58 sur 172 · Livre IV · texte numérisé non relu

Livre IV

Clup. 4.

Fiance était devenue barl)are sous le régime des sans-culottes !

Le 12 avril, Fonfrèdc fut é2;aleincnt admirable dan-i nm discours contre Marat consorts; il lesall<iqua avec audace et les signala en termes foudroyants à l'indignation de la France. coTunie les éternels ennemis <le l'ordre et de la prospérité du pays. Quelques jours plus tard , une accu.sation fut formulée contre Vergniaud, Guadct, Gen.sonné, etc., etc. Fonfrî-de, qui ne sou[H,'()nnai( pas les Jacobins capables de tant de scélératesse, s'éleva, avec une généreuse indignation, contre les sottes prétentions d'une |>artie du peuple à faire la loi à toute lu nation, et exprima courageusement le regret de n'avoir |)as l'honneur de figurer sur la liste des accusés. Cette noble conduite lui gagna l'estime et la confiance de la majorité; il présida la Convention au mois de mai. Les Jacobins lui n'-servèrenl plus tard l'honneur (ju il avait regretté; il fut porté sur la liste des victimes, accusé et condamné.

Une autre é|>o(pie as.'^ez glorieuse de la vie |)arlementain' de Fonfrède fut le 20 mai. Les Ciiron(bns tinrent de violentes attaques à soutenir; Vergniaud riposta avec succès, et étonna la Convention par la sublimité de son langage et la puissiincc de sa (balectique. Les Jacobins niaient l'existence d'un complot terroriste ; njais les Girondins en dévoilèrent et les trace?, et les agents. Marat, avec son audace accoutumée, persista t<»ujours dans son système <le dénégation. Alors Fonfrède s'»'lança à la tribune, et s'écria : « Par quelle fatalité a-t-on « penlu la nu'moire ? Le maire de Paris n'a-l-il pas dénoncé » les individus féroces, qui u'(mt de l'homme qu(î la iigun'.

» et qui ont voulu nous ravir l'honneur a^ec la vie?

« Citoyens, ceux qu'on a dévouc's à la mort, se dévouent cu\- » mêmes à la calonmie; ils veilleront sur vous, comme vou> » devez veiller sur la liberté; ils res|)irent encore \mir elle. » Ah ! Citoyens, sauvez Paris, sauvez la républi(pie; la [Wirie » alarmée vous en conjure pjir ma voix. «

Cbip. 4.

Le (langer ùi and el imminent : Fonfmle le voyait Livre iv. bien: mais rien ne put iiKxîifier sa n'solution. Fuir! e'élait confirmer les soupçons de st's adversaires et léi^itimer la pouraiitc de ses amis. Il resta donc à son poste avec T)uec)s; et au — mois d'octobre, se ^it enfin arrêté, accusé et d<''claré cou- Fo^héde. pable d avoir conspiré contre l'unilé de la république. Nous donnerons plus bas des détails sur ses derniers moments (1).

Les autres députés de la Gironde n'ont joué qu'un rùln très-secondaire à la Convention, et ne figurent qne parmi les grands orateurs de nos assemblées politiques. Jay, ministre proiisUmt, (Jarrcau el Deleyre, votèrent sans condition la iiioii du roi. Rertîoin, pbarinnrien à Bordeaux, vota lianliment sans crainte jKUU' la i ei lusion. Duplautier vota pour la mort: mais il demanda que la Convention suspendu Texécutiondu jugement. Lacaze, de Liboume, bomme de conscience, ne voulut pas suivre l'impulsion de Topinion; il ne se reconnut pas le pouvoir de condamner, mais seulement celai de faire des lois. Il vota pour la réclusion pendant la guerre, pour le bannissement après la paix. Accusé, comme les autres, de crimes imaginaires, il s<; détendit bien, et tut guillotiné à l'ûge tic quarante-deiiv ans.

Voilà les hoiiiinrs ijui r)iit le |)liis contribué à «'lahlir la rx'puhlique sur les débris du trône de Saint-Louis. Us étaient forts; mais ils ne faisaient que construire les degrés par lesquels les Jacobins sont montés an pouvoir. Arrivés au faite de l'édi* fiée nouveau, ceux-ci s'y assirent en maîtres : la France entière était leur esclave. Ils rêvaient, avec le secours de la guillotine, l'égalité absolue, la toute-puissance de la populace, le nivellement de la société, l'asservissement d'un peuple libre, par les moyens de la terreur, et mille autres utopies irréalisables. Ayant derrière eux les clubs de la capilaiu, les chefs

(t) N«iis rvgn>tUMis bien de n*avoir pu trouver ï Bordeaux les portniU de Gran- ^Mieuve» Fonfredp rl Dueos.

LesGimsdix».

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