‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 6 sur 172 · Livre I. » terprétation ne semblait pouvoir excuser le réqutsiloire et · texte numérisé non relu

Livre I. » terprétation ne semblait pouvoir excuser le réqutsiloire et

^ ' » les insinuations dan^orcuses qu'il contenait; » et il ajoute 17W cependant avec une ridicule naïveté que ; « le procureur— » général avait manifesté ses intentions avec tant de franchise, » qu'il était impossible de ne pas y ajouter foi ; ({ue le dis- » cours prononcé par M. Dangcard ne portait pas les mêmes » caractères; que, néanmoins, on ne pouvait y trouver un » titre d'accusation, puisque la plupart des expressions les » plus fortes étaient susceptibles d'un double sens qu'on de- » vrait interpréter avec indulgence, etc. »

Ce singulier rapport étonne tout le monde : l'abbé Maury le foudroie de son éloquence, et démontre qn 'û portait évidemment le caractère et renipreinte de la passion. Il exaiiune d'abord si le réquisitoire mérite dètrc improuvé, et, enlia, demande si le Corps législatif le peut improuver. Il établit, en principe . que la Cour de Bordeaux ne saurait être inculpée : Moniteur, « On VOUS ^wrie, dit-il, d' improuver des principes, et l'on ne oMri» d*avril. ^ ^ principes. S'il y en avait de condamnables,

» il ne faudrait pas seulement les improuver. Le dispositif de

» l'arrèL ne contient aucune maxime, aucun principe

» Quant au réquisitoire, il ne peut paiement donner lieu à » inculpation; on n'y trouve que l'expression du sentiment » douloureux dont M. le Procureur-f2;énéral avait été affecté » à la vue des malheurs qui désolaient la lirive, l'Agenais, le » Gondomois et le Quercy : huit cents meurtres y avaient été » commis. (On murmure)*»,» Votre surprise, reprend l'abbé » Maury, après avoir été interrompu, votre surprise nousap- » prend combien vous êtes peu instruits des faits. ÏBX vu les » procès-verbaux.... : il n'y avait pas encore quinze coupa— » bles punis; la Chambre des vacations ne pouvait improuver » ce r(V]uisit()ire; l'homme de la loi, qui parle au nom du roi » dans les tribunaux, n'est pas justiciable de ces tribunaux.... » Votre comité vous propose d'improuver le réquisitoire pour » ses principes et ses maximes ! Qu'est-ce qu'improuver des

» maximes et des principes qu'on ne cite pas? (Test prouver Livre l

» qu'il n'y a pas lieu à délibérer, que de prouver qu'il n'y ^'**P'' » a lieu qu'à improuver. Je cooclus à ce que l'Assemblée |^

> décrète qu'il n y a lien à aucune improbaticm contre la » Chambre des vacations de Bordeaux , et qu'il n'y a lieu de » délil)érer sur l'inculpiiliou j)ru(>o.séo contre le réquisitoire. 1 Chez tous les peuples, les juges ne sont point établis pour B approuver ou improuver, mais pour absoudre ou oondam- • ner. »

Malgré cette brillante et concluante improvisation, l'AiàsemhJée ordonna l'improbatioD. M. Daugeard fut rappelé à la séance du 29 avril, et, pendant la lecture du décret inspiré piir ilo passions républicaines, plusieurs membres du côté droit se tinrent debout et semblèrent par leur attitude s'identifier avec le président inculpé, et témoigner leur approbation du réquisitoire et de Varrét.

Dans ce temps, on reçut à la barre de l'Assemblée une députalion des négociants de Bordeaux. Outre ses chaudes félidtalkins sur l'heureuse révolution de la France, elle promit de seconder les efforts des représt^nlants pour rétablu l urdro dans les finances , et d'appuyer leur résolution au sujet de la vente des biens nationaux et éd l'émission des assignais : « La » Compagnie des négociants de Bordeaux assemblée, nous » avons fait serment, sur l'autel de la patrie, au nom de la » liberté nouvellement conquise, mais qui ne pourra jamais » nous être ravie, de seconder les efforts de FAssemblée. »

On connaissait le patriotisme des négociants de P)()r(lf aux : leur adresse, remise à l'Assemblée le 3 avril, en portait lempreinte la plus profonde :

f Grâce vous soit rendue, disaientrils, dignes représentants ï du [Kîuple français; c'est à votre courage et à vos lumières I que nous sommes redevables de la plus mémorable et de la

> plus heurease révolution. Vous aves dépassé noa espéran- 0 ces; vous n'avez pas craint d'anéantir l'édifice gothique de

Livre. I. i notre gouvernemeat; vous D*avez pas été effrayés des tra- Clnp.s. ^ vaux immenses qu exige une reconstruction entière. Aussi I70Q » sages législateurs que profonds philosophes, vous avez su » lire dans le cœur des Français, et y discerner le germe de » la liberté n'attendant qn*une étincelle povr s'enflammer et » jeter le plus grand éclat. Vous n'avez pas été retenus par le » reproche de frivolité trop longtemps imputé à notre nation; » TOUS avez senti que si nous avions toujours en le bon es- » prit de cacher nos chaînes sous des fleurs, c'est que le seul » aspect lies ters est insupportable aux enfants de la France, n Commencez à recueillir les fruits de vos soins paternels; » l'esprit public vient de faire plus de progrès en moins d'un » an qu'il n'en avait fait dans plusieurs siècles. Votre exom- » pie a éleclrisé toutes les âmes. Le commerce, jusqu'ici mé- 1 connu et humilié, n'ayant pas même dans notre ville la » permisfflon de s'assembler librement, ne pouvait que garder » un silence passif ; niais à peine l'avez-vous délivré de ses » entraves, qu'il relève son ^nt patriotique et vole au se- » cours de la nation. Profondément affecté de ne pouvoir seul )) la sauver du péril qui la menace, il s'y dévoue tout entier. » et ne doute plus, comme sous le régime arbitraire, d'en- )» chaîner son sort à celui de l'État. Nous nous sommes as- » semblés pour concourir à dissiper ces terreurs chimériques n qui ébranleul le crédit national. Jubtement indignés, sans 1» être effrayés, des manœuvres perfides des ennemis de Ja n révolution, nous avons voté un acte d'abandon et de dé- » vofiment absolu à tout ce qui émanera de votre sénat au- » i-'ii^ie, etc. »

Cette généreuse conduite , cet esprit de sacrifice et de désintéressement, étaient d'autant plus honorables , que la guerre

civile menaçait tout le Midi d une conflagration générale, et que la perspective d'un soulèvement simultané des noirs et des mulâtres contre les blancs, dans les lies à sucre, avait déjà jeté dans la consternation le commerce français, et en

particaEier celui de Bordeaux, qui se trouvait créancier des Umh colons-planteurs poor plus de 1 50 millions. A la vue de ces * aesii:5tres quou entrevoyait dans un avenir peu éloigné, les |7go négociants bordelais ^gnèrent une réclamation contre l'abolition de la traite des noirs, qu'ils regardaient comme devant produire dans la suite les cfVcts les plus désastreux, et même la mine du commerce français; mais les événements ont aussi leor logiqpie et leurs conséquences inévitables; les considéralions les plus graves, les [irévisions les plus raisonnables et les plus évidentes ne purent einpikher la ruine du commerce et la perte de nos colonies. Les dernières conséquences des principes alors professés à la tribune nationale n*ont eu leur enlier développement qu'en 1818.

Dans ce temps tout tut changé, remplacé ou modiiié de manière à ne rien laisser debout de nos anciens usages et institutions ! nouvelles lois, nouvelle forme delajurade, sous le mm de municipal ilé ou comeil municipal, nouvelle administratioQ, tout était neuf et nouveau; c'était un optimianie parfait I Une garde nationale avait été organisée le 914 juillet 1789; c'étaient des soklats-eitovens divisés en deux lésions composées chacune de trois bataillons. On y créa aussi un ba- Utilion de marine, un escadron d'artillerie, une compagnie de apenrs-pompieTs et un escadron de cavalerie (I).

(i) L'eua miîllaire de Bordeaux fut aussi modifié plus tard; notre cité devint le fhof-lu u de la onzième division miHt.iirc. et l'hôtel de M. deLiilâlide, avueal-genéral l'arl. iiu nt, rue RoufTard, est aujuurd hui la résidence du commandant de la divi- M'>n, rt II- Ik'U ou sont établis les bureaux de l'état-mafor. Cet hôtel ftit consfruit en ITSii; aiawle pniprictaire no [)rôvoy;iit ni pour qui ni a quello fin il (Irp- m ^ait son ir^vni. La gamiîion de la place se roînpose ordinairement d'un reiiiajt-nt d'infanterie, qui se itiiijve logé dans qnatro cas» i lu» séparées. Une compâi^nie de la dixième légion de gend.irriierie fait le service a Uurdeaux ; ses ca&erQesont été construites en 1833» tarie terrain de raocieu couvent des Minimes.

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