‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 61 sur 172 · Livre IV · texte numérisé non relu

Livre IV

Thim.

iriafm're

rie te

« chanaenionl subit tics Bortlelais.' Croyez, au contraire, qu'ils

> conspirent dans l'ombre. Nous an ivcrons sous peu de jours

> à BDrdeaux , mais avec une force qui puisse imposer aux

* malveiUaDls et avec des provisîoDS abondantes en grains, i Nous sommes ici dans une ville patriote (La Rëole); nous

I {MTOourons le département, et nous extirpons le germe du I fédéralisme. »

Vwr achever ce portrait de Tallien^ antici|)Oiis sur la marche (le l'histoire, ot voyons ce qu'en dit Cariihon , à qui ce proconsul de Bordeaux atlrihuail tous les maux de I Ktat, à lausti de l'émission excessive des assignais. Ombon, dont la probité et l'inti^grité étaient généralement reconnues , ne se /i«'r«»/w/i«n. contint pas en présence des injures de ïallien; il s'élança à i'**^^'^* la tribmie, en oclobre n94, et s'écria : « Ah i tu m'attaques, » tn veux jeter des nuages sur ma probité! Eh bient je vais

* le prouver que tu es un voleur et un assassin. Tu n'as pas » renda tes comptes de secrétaire de la commune, et j'en i ai la preuve au Comité des finances. Tn as ordonnancé une

> (léfieuse de 1,500,000 iV. j>our nn ol)ji't (]ui te couvrira de j honte. Tu n'as |)as rendu tes comptes pour ta mission à

* Uortleaux, et j'i-n ai encore la preuve de tout cela au (Comité « des finances. Tu resteras à jamais suspect de complicité dans » les crimes de septembre. »

Eofin, c'est ce même Tallicn qui, dans ses excursions à Liboume et partout dans le département, se permit do prononcer sur le sort d'un nombre infini de bons citoyens ; qui convertit en prisons les églises et les couvents; qui appelait kl colère de la Convention sur les jeunes gens de Bordeaux, qu'il appelait muscadins, à cause de la recberche de leur toilelte en opjxjsilion avec le hideux néi^ligé des Jacobins, qui affei'laient dans leurs v(Menients la sordide saleté de Marat. C est ce monstre qu'où chargea de mettre les Bordelais à la rais()n !

Ce fut donc le 16 octobre , comme nous l'avons vu plus

Livre IV. hml, que œ misérable Tallien, âgé de vingt-qiialre ans loul Gliap.i{. an plus, accompagne (l'V.s4ibi'au . liaudol el (lliaudroii-Rous-

seau , arriva à l^ordcnnix , rs( ut it- de près de quatre mille

liommes, tous revêtus de bonnets et de pantalons rouges, avec de sales moustaches , qui ajoutaient quelque chose d'aiTreusèment repoussant à leurs physionomies siuivagcs. Ils étaient armés de pistolets, de sabres, de vieux fusils, de faulx, ontrafoant à leur suite quelques canons. Tallien avait admis dans ces bandes indiciplinées plusieurs sans-Hïulottes du dub des Jacobins , pour stimuler le zèle des frères et amis de Bordeaux, municipalité leur donna pour casernes les grand et petit Séminaires, les couvents des Ursulines, de Notre- Dame et (les Carmélites, et invita les citoyens ù leur prêter des lits garnis. Par sympathie ou par crainte, les lits furent, non pas prêtés, mais donnés; car on ne les a jamais remis! On donnait à ces brigands du pain, de la viande, et à chacon BO sous par jour !

Arrivant à Bordeaux , les fiers proconsuls font leur entrée par un passage étroit, pratiqué dans les murs, près de Sainta- Eulalie , an milieu d'une immense population, silencieuse et consternée. Pour faire valoir leur courage et leur {latriotisme, ils eurent la sotte vanité d'écrire à la (invention qu'ils étaient entrés dans cette ville rebelle par la brèche; c'était une ridicule parodie de l'entrée de Montmorency en 1548. Les frères et amis avaient tout disposé pour les recevoir : la municipalité provisoire, qui correspondait avec les commissaires (à U Réole), avait préparé la voie à leur tyrannie, par la délibération suivante , on date du 16 vendémiaire 1793 :

« Considérant que , dans le moment de crise où se trouve » Bordeaux, il est instant de prendre toutes les mesures de » sûreté généralf» qui peuvent tendre au maintien du calme » et de la Iranqiullité publique; qu'il faut uii llre en ujhO » tous les moyens de viijueur nécessaires j)our terrasser » les conspirateurs et briser dans leurs mains toutes les ar-

' mes dont ils jKïurraient se servir j)our frapper la liberté; Livre IV.

» Considérant (juc la marche lente et mesurée des lois ne ^^••"P'î»t peut ron\enir aux mouveiueub irréguliers cl indispctis^i- ^.(^

> bifs (1 un )K'u qui se ressaisit de ses droits, et pnur tjui I louk's les v«»i«'s S4)nt év'alcs hirscpi'il travaille à fl('coiivrir i sesonnrinis pour les livrer ù toute la H'vérité des lois,

n Arrête, etc., etc. :

» Article premier. — l.cs (loniilé's d«» sni vnllann' des ( jccl ions seront invités à redoubler de zele et d'u<'li\ ih' , à » dresser une liste de Ions les i^ens suspects (pn résidciil iluns * I éicnduc de leur territoire , et à les faire arrêter sur-lc-

> champ.

> Ait. 2. — Les seclions qui n'ont pas encore formé leurs I Ounilé des Jkme sont invitées à y procéder dans la plus k prochaine séance, et sans désemparer.

» Art. 3. — Les sections feront jiasser au Conseil t,'énéral » la signature des douze membres (jui composent les Comités » (le suneillanee.

» Âar. 4. — Tous les df'tentis seront gardés à vue , avec » (iéfcDse au concieiige de les laisser communiquer avec qui

> (pe ce soit; et tout ce qui pourra leur ùlre adressé sera » remis aux commissaires des prisons, qui en feront la visite a laplas exacte, et le feront passer aux détenus, s'il ne s'y

> troQve rien de suspect.

> AtT. S. — Les scellés apposés sur les |)apiers des détenus |a resteront dans le môme état , jusqu'à ce qu'il on ait été » autrement ordonne.

Abt g. — Il ne sera délivre aucun passeport jusqu'à i'ar-

• rivée des représentants.

> Ait. 7. — La cmnmission des travaux publics reste

• chaffjqécde faire mettre à exécution la précédente dcltbcra-

Livre IV. » tion, qui ortloniu' IV'vacuation des maisons nalion<Ucs« pour Cbiip.s. ^ y recevoir lesgcuî» suspects, etc., etc.

n Signé : Bbmtiahd, tnaire,

» ViTRAC, officier municipal , faisant les fimimns » de secrétaire-yre/jier. »

Le premier acte d'autorité ries proconsuls fut le désarmetnent des Bordelais; maïs de toutes les mesures révolutionnaires prescrites par eux ou décrétées par la Convention , celle qui s*exécntait le mieux était l'emprunt d'un million que les riches devaient fournir. Le champ était vaste; il était si facile de passer pour riche quand on n*était pas sans-culotte, qoe bien peu de petits propriétaires échappèrent aux étreintes do fisc et aux persécutions de ces sinî?uliers phiiautliropcs, amis de la liberté 1 Ainsi, à Bordeaux, ('astiilon-Duperron, Pichori de Longuevillc , Tarteyron el une uilimlé d'autres citoyens distingués par leur haute probité et les grands sacriliccs qu'ils avaient faits ]K)ur la patrie, se virent pressurés de nouveau et réduits à l'état de pauvreté. La famille Dudon eut aussi à supporter, non-seulement les rigueurs de la plus dure détention, mais les plus criantes exactions de ces avides agents du trésor. La lettre suivante, de M. Dudon fils, écrite à la munici- [)alité provisoire, datée du ChAt«au du Hft (47 octobre 1793). nous en donnera l'idée el la mesure :

« CrroYBXs,

n Votre lettre du 44 octobre, adressée à mon roalheareux » père et à moi, me parvient dans hi prison où je suis détcou; , » j'y trouve un véritable allument aux amertumes et aux !

» privations dont nous sommes rassasiés; mais vous ne sereE I

» pas surpris que je recueilhi précieusement ce témoignage » auth< îitique de la vénto, que le ciel n'a [>as permis qu'il me » fùl enlevé.

1 Noos n'avons pas , diles-vous « Citoyens , donné encore Livre iv. 9 oetle nouvelle preuve de noire amour pour la patrie; c*est ^^'^ » déjà quelque chose que vous conveniez que notre amour ^ \mir le bien public, notre ardent dé^ir d'alléger la misère jt géuôrale, setaitmt préc^ltMiiniont manifestés de plus d'une » manière, et nous avaient dicte plus d'un sacriflce.

» En effet , Citoyens , consultez les registres de la section » de la Concorde à laquelle j'appartiens; interrogez les munU a dpalités de Barsac, de Baurech et de Bruges, oii nous avons | » des propriétiés; c'est là que vous saurez ce que nous avons I » fut et ce que nous faisons encore pour aider aux subsis- » tances. Oui, interrogez-les, et jugezHious.

• ftulout vous vous apercevrez que nous n'avons pas eu ,

> besoin d tHi e s)llii ite.s |M)ur porter des secours à la précieuse [ » portion des citoyens qui se IrouuMit dans rindi£j;enee ; que | » nous avons partagé avec les habitants, et au-dessous du

» prix'-courant, le peu de blé que nous avons récolté; qu'in- » dépendamment des secours dVgent, nous avons avancé le » bois pour cuire le| pain, et qu'actuellement encore nos bes-

> tiaux sont journellement employés au transport gratuit des » blés et des farines. Voilà ce que nous avons fait, et voilà * sur quoi ont porté mes dernières recommandations dans le » moment où je me suis vu enlever à ma famille et à mes » affaires. La position dans laquelle je suis réduit excuse » bien, je crois, ccMo petite apologie de notre conduite.

»> IH^ S4ierilices aussi iiiultiplii's , joints au surenchoris- » renient ('uionne de toutes choses, venant à la suite d'une 1 perte do plus de 300,000 liv. de capital, vous jugerez sans X peine, Citoyens, que toutes nos ressources sont épuisées. » Od nous a vus, en effet, aliéner nos capitaux, encore som- » mos-nous loin d'avoir acquitté toutes nos dettes. Voilà notre » position dans la plus exacte vérité. Vous-mèaœs, si vous » vouliez les calculer, vous jugeriez des frais énormes qu'oc- » casionnc notre arrestation. Le peu qui nous reste suflil à

Livre IV. )» peine pour notre subsistance , et pour nous procurer les Chap. S. i>ii' l'iii >

» moyiMis (1 allciïcr notre tieplorable pof^ition, n ayant sur nos

1795 " propin'ii's que des espérances que notre seul déi'aut de pré-

» sence peut détruire.

» £h bien t Citoyens, malgré tant de revers, malgré la ca-

» lomnte qui nous accable , venez encore à la porte de cette

» affreuse prisou, dans laquelle j'ai pris la place de mou res-

» pectable et malheureux père, vous y retrouverez encore

» riinpression de ses vertus. VeneE ouvrir devant moi la

» bourse que vous destinez aux malheureux , j'aurai la con-

» solation de partager avec eux ce que je destinais à ma

» subsistance.

» Je suis, etc.

» DuooN fils. »

Les Bordelais étaient bien à plaindre ! mais leurs malheurs ne faisaient que commencer. Tallicn et Ysabeau voulaient anéantir tout esprit d'opposition, toute pensée d'indépendance, et faire des hommes libres, au nom de la liberté, un peuple d*esclaves. Ils prirent, de concert avec Chaudron-Rousseau et Baudot, qui étaient venus s'adjoindre à eux, un arrêté en dix-neuf articles, qui dépassait tout ce qu'on avait fait jus- (pie-là , et portait la terreur et la désolation dans une ville qui n'avait ni le pouvoir ni la N olonlc do résister. Cet arivlô, qui renferme tout un syslèniu poliiiquo, et l'explication tle tilutes les mesures atrocement révolutiouuaires qui furent exécutées à Bordeaux , a trop (rim{x)rtânce pour ne pas trouver une place dans ce travail. Nous le donnons dans son entier :

« Le^ liepreseiUanU du peuple, en séance à Uordeauj.\

n Considérant que l'époque de leur arrivée dans les mors » de eette ville doit être celle de la punition de tous les

» traîlics;

» Considéianl que le seul moyen d encourajçer les patriole>

» qai vîennenl de sortir de ra{>iiUàie Uaiis la(|iirllc ils riinnU Livre iv, » p!ong»s lonfirtemps, c'est de faire justico [Hoinplo et sévère ^''^ ^ » de» hommes perfides qui les ont tromprs; 1793

c Considérant qu'il est temps de faire tomlier sous le glaive » (le la loi les tôtes des scélérats qui voulaient taire de Bor- « deaux une nouvelle Lyon, et faire courher ses habitants « <^iis le joiii^, en livrant la ville, le port et les magasins na- » liooaux à 1 infâme Angleterre (1);

» Considérant que les représentants du peuple do!\ cnt au » peuple une réparation solennelle et promise par les décrets

> de la Convention natiooalet

» Aabétext :

> AmcLB PRBMiBi. — Le gouvernement de la ville deBor- 1 deaiix sera provisoirement militaire, et exercé sous la sur- » reillanoe des représentants du peuple.

» Ait. 2. — Tous les corps, tant infanterie que cavalerie,

> qoi ont accompagné les représentants lors de leor entrée à

• fionleaux, sont déclarés armée révolutionnaire.

> An. 3. — Il sera adjoint à ce corps un bataillon de sans-

> calottes bordelais, choisis et indiqués tant par les sections

> que par le club National (2).

> Ait. 4. — Il sera, sans dâai, créé, par les représentants » <lu peuple, un Comité révolutiommîre , coni[Kisé do vingt-

• quatre membres, chargé de rechercher tous les fils de la » conspiration, de faire arrêter tous ceux qui y ont pris part, » tous les honmu's susjKîcts, tous les étrangers, et tous ceux,

U)Lts repre^enUnU disaient p;irti>uil qui- la Cuuiiui»!;iuu populaire avait traité »tt Ici Anghis pour lenr limr la ville , «t prètcodaleat avoir k la poche le traitt ■^Dtc; mais fl se Foot jamais mmtrt. Tmtet a consigné cette absurde charge dans

Tvblfan dft érénemfnl* de la révolution, qa'tt lat CMUmp prwurcur de la com-

uoDf au fonsril iiinnif-ipat, If 17 juin 179*.

U> Ce dub, fermé par les autorité» de Bordeaux depuis un an, fut rciiislullc lors- 4vc«swtorités fnreiit atteinles parle décret du OaoAt 1783.

Livre jv. N enfin, qui leur seront désignés |iar les bons citoyeus coiumc

C]Kqi.s. ^ ennemis de lu république (1). 1710 » Art. 5. — Le Comité de surveillance établi piir les rc- » présentants du peuple, et actuellement en activité, conii- » nucra ses fonctions jusqu'au moment de llnstallation du » nouveau.

» AtT. 6. — Toutes les autorités constituées, tant civiles » que militaires, do la ville de Bordeaux, seront renouvelées » dans le plus court délai (2), et, à cet effet, les représenlanls » du [)euple invitent tous les bons citoyens à leur faire {lar- » venir la liste des hommes qu'ils croient dignes et capables » de remplir les fonctions publiques.

» Aht. 7. — Il sera formé, sans délai, \mr les représenUinls » (lu |jeuplo, une Commission militaire, ronifmst'c de jst'pt » membres, charfïiîe de reconnaître l'idenlilé des |>orsonnts » miso^ lini - (le la loi, ol de les faire exéenlor dans les \ 'ms\- \ » quatre iicurcs, ainsi que tous les émiiirés rentrés >iir K' » tcrritf>ire de la république, et les prêtres qui ne se boal M soumis ù la loi de la dé{>ortalion.

» Akt. 8. — Tous les gens suspects seront mis en arresta- M tion. Les prévenus de conspiration seront traduits devant » les tribunaux compétents, et les autres conduits dans desi » maisons nationales (3) situées hors des limites du départe- B ment de la Gironde. Aucun des détenus ne pourra être mis » en liberté sans un arrêté des représentants du peuple.

(Ij II y jvait duns chaque coniinunc un comiié M-iublablc, qui cHrrostpondaitawt « ehii (le Bordeaux. Ils avntonl des e»piwn.s, qui prenaient le titi.' irnK' nl- .ti'«sifveillance, rccliorciiaicnt les $u»i>ecU et uiettaienl les scellés sur Icun» efcU mobiliers.

(2) Le premier reoouveJleneiit eut lieu te 6 navenibre ; onts H y en eut fkùem aolKS dan* k suite.

(3) Les prisons ne suflisaiont pas; on fit quatre nouveUes maisons d'arrft : rVUii^nt le Fort «lu lia, le PcCit-Séminairc et ks ancicDS couvents des Orphelines cl à» Caroidites.

» Ait. 9. — Le î^énéral commandant l'armée révolution- l ivre ly. » naîre, sera tenu de se concerter avec les représentants du ^" » peuple pour tontes les mesures de sûreté générale qu'il |^

* cnnra devoir prendre.

• Ait. 10. — Tous les citoyens, sans exception, sont rc- » qnîs de déposer, dans le délai de vinglnpiatre heures, toutes

• les armes, de quelque nature qu'elles soient, dans les salles » du Château-Trompette; prévenant les bons citoyens, qull i sera incessamment procédé à la remise des armes de gens

* «spects, entre les mains des braves sans-culottes, seuls 1 dilues de défendre la liberté et le gouvernement républi- > cain.

» Art. 11. — Tous les clievaiix de luxe, tant de selle que ^ (Ir cnrrossi', dans la ville de Bordeaux, ainsi que les harnais, s-^tlU -. liMifos. manteaux et autres objets d'armement et » (1 é<|ui|K'iuent de ravalcrio, sont mis sons la main do la na- » lion; et il est défentlu à tous particuliers, marchands, ma- » quignons et autres, de les acheter ou de les recéler, sous

• peine d'tHre |K)ursuivîs comme dét^înteurs d'effets nationaux. » Art. 1 2. — Les mêmes dispositions auront lieu à l'égard

» des habits d'uniformes et autres objets d'équipement, d*ha- » hillement et d'armement.

» Art. 13. — H sera fait fréquemment, par quatre comf missaircs de section , accompagnes d*un détachement do » Tarmée révolutionnaire, des visites domiciliaires dans les « oiaisons publiques et particulières, magasins et navires, à » l'effet de découvrir les grains, farines, marchandises prohi' 1 bées étrangères, et gens suspects (lui leurraient s'y trou- » ver.

» Xrt. 14. — Les biens ineul)les et immeubles des émigrés, » et ceux conOsqut'»s, s<iit par les (h'crc'ts de la ('onvention 1' nalionale, s<)i( par les jugements des tribunaux résolution- » naires et ( i iiniiiels, seront mis en vente sans délai.

» Akt. 15. — Tous icâ certilicatâ de civisme accordée ou

Livre IV. » Nis<''s jimqti'à co jour par les municipalités v{ corps adniini*-

* » Iralifs, (latis luutc rélemîue du département de la Gironde.

1795 » sont annulés; et tous les fonctionnaires publics, qui nen » auraient point obtenu dans le délai de deux mois, serbiU » destitués de leurs fonctions.

» Art. 16. — Toutes les délibérations et arrêtés des muni- » cipalilés et corps administratifs du département de la Gi- » nmde, prononçant main-levée des biens séquestrés pour » cause d'émigration présumée, contenant décharge du paie- » ment de la solde de l'habillement de deux soldats cîtoyeu » et autres, oonoemant les émigrés ou leurs parents, sont » annulés, et ils seront tenus d'en obtenir de nouveaux dans » le délai de deux mois, à dater du jour de cet arrêté.

» Ait. n. — Conformément aux décrets, tous les frais de » Farmée révolutionnaire et toutes les autres dépenses ex- » traordinaires, seront supportés par les riches, et surtout » par ceux connus par leurs sentiments inciviques et fédéra- » listes (1).

» Art. 18. — En consi-qucnc^ , il sera fait un état de tous » les particuliers et néi^ocianls qui d r\i iit contribuer au » paiement de ces frais; il leur sera adrcss*' des rf'Hynisitions » nominatives des sommes déterminées qui devront éti c [Kiy^rs » dans les vingt-quatre heures, sous peine d'exécuUon mili- » taire et de confiscation de leurs biens (2).

» Art. 10. — Toutes les mesures de sûreté générale et » celles relatives aux subsistances et aux objets relatife i » l'existence et au bonheur du peuple, seront prises par les » représentants, concertées avec les autorités constituées, re-

(l) On nppolait féri^ralifilex los purtisiinsiles Girondins, auxquels los Slonla)UUFd» impntiieiil riatention debire de la France une rèpubliipie rédintive, dent ctaqie département serait un état séparé.

yi) I.es rt'pr»'Si'nt;inJs a<lri'ss:iii'iit (lueliiiK'fiMS des n'qiiisiiiiins dircc io ii des |arii« uliers. pour qu'ils livrassent sur-leH;liainpcetlaioes marcbandi&rs doni iIsliUKiii 11* iuix.

> nooveloes et consignées dansde nouveaux arrêtés, qui seront l'ivre iv.

. renrltis pti]>lics par Timpression. Ctap.5.

» Fait à Bordeaux , septembre , jour la troisième dé- 1793 t cade du premier mois de l'an H* de la république française, t une et indivisible.

» Signé: C.-Ale\. Vsabeau, M.-A. Baudot,

» CuAUDKOÎi-HoUSSBAU, TaLLIK> .

* Contresigné : PETRBir-D'HRnvAL, seerétadre de la % Commission, commissaire des guerres. »

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