Livre V
Munir fttr.
i (iécctiibrc.
Ibld., 15 (kccmlirc.
38 octobire.
vaes; ils écartèrent des officiers distingués, mais ils conservèrent toujours Lacombe et ses CBmarades sor le tribunal de sang. Laoombe et eonnrtt n'avaient jamais porté une épce ; mais ils étaient bons à tout et prêts à tout ; ils étaient les horribles pourvoyeurs de la guillotine ! c'était lont ce qu'il lallait à Tallien et à ses amis.
s Le gouvernement, dit Baudot, ne marchait qu'à coups » de sabre et de guillotine. »
Nos proconsuls étaient fiers de ces auxiliaires et se félicitaiinil de leur concours. « Nous nous attachons, dit Vsiihi-au. )» dans une lettre, à faiic tomber les telles des meneurs, à « Sîiigner fortonicnl la bourse des nclie.s ('goïstcs et à faire » jouir des bienlaits de l iudulgence nationale les saos-cu- » lolte?î'. »
Va (iu(>t({ues jouis plus lard, il ioformc ses amis de ses prouesses à Bortleaux.
« La CoiiiiTiission niililanc iiiaielie toujours révolutionuai- » renient: la t(Me <l(\s conspira tt^urs tombe sur l'échafaud. » guillotine et de fortes amendes vont opérer le scrutin épu- » ratoire du comnimre. 1^ raison fait ici de grand progrès;
» toutes les églises sont fermées Bordeaux versera plus
» de 100 millions dans la caisse de ta république. »
Citer CCS affreuses lettres, c'est faire connaître les tyrans de Bordeaux. Jamais peuple n'a été plus foule ; jamais, ni les tyrans de Rome, ni Denis de Syracuse, n'ont autant mcconno les droits de l'innocence, la voix de la jurtioe ou les devoirs de l'humanité, que ces misérables despotes qui fori^raiiMit dr<: chaînes au peuple en lui vantant les douceurs de la liberté. « Le désarmement, disent^ils dane une autre missive , s'exé- » cute avec un zèle incroyable , et donnera des armes su- » perbes et en grande quantité à nos chets sans-culottes. Il » y a des fbsils garnis en or : l'or ira à la monnaie, les Anls » aux volontaires et les fédéralistes à la guillotine. »
GUAPlTftË 111.
Tallien cl M"* dp Ffmtcnay. — Bruit de l'assassinai ilcTa!Ii(»n. — Lpltr<«s anonymes.
— Arrêté de Laconibe. — L'affaire des tbéitrcs. — L'arrestation des artistes. — Mmwiih 4k tieonlM. — BmU dct icprttc^^
— Antté coaiiB les killites. — Les vob eth canduite da iRain Itertniii, ée
Charîc»! et autres. — Suppression dti Camitè Ac sun eitlance. — La Commission de Trois. — Lettres «nonfues contre Tallien et Tbôrésia. — Tallien rappelé k Vuh. — Ses diamm k 1» Ganf «nllw. — Robespierre bit incarcérer TMrtsIa.
— Tallicm se dédire ao* «nncni et veut ae veafer. — Ywhera chmie le* admif ajetnt««rs d« dèpurtenieiit et d« dbtricl, etc.
A l'éjKMjuL' un nous .somiiius arrivés, Tallien avait fait con- Livre v. naissance avec M""* do Fnntctiay, fille de M. Cabarrus, négociant espagnol, et cmplriye iinv linances, m>u^ ('harles III, en Ëi?pagnc. Elle était jeune et spi rituelle, et ^Kirtait avec une fierté < astillaniic ses dix-neuf ans et une giaiidc réputation de li( ;iiit/' ; elle détestait le despotisnn' les rois, aimait passionnément la liberté des Français, avant qu'elle ne dégénérât en anarchie, et, avec sa vive et riante imagination, se berçait (b> rêves de l)onheur |X)ur l'avenir de riiunianilé. Cette jeune femme allait aux clubs, et se montrait sans crainte, mais avec réserve et une tenue décente, dans les réunions popaiairee. Douce d'un esprit gai, d'une grande flexibilité de caractère et pleine de sympathie pour les pauvres, elle se mettait à la }K)rtée de toutes les classes et s en faisait aimer et admirer. Généreaae et noble, elle détestait les tyrans de quelque nom, de quelques litres qu'ils s'affublassent, soit rois, soit peuple; elle condamnait les persécations comme essen— tieUenient liberticides, et ne déguisait pas sa profonde hor^ renr pour Teffusioin du sang; elle paraissait en public presque Ungours vêtue en amazone, ooUTée d'un bonnet phrygien ou