Livre V
Chap. i.
DDaveUe assocnfionpolitiq^, attenda, disail-il, gv'wie grande ville ne sauraU être bien admmùtrée que tout autmU qu'elle pouèderaitune berne Société populaire. Il voulait des hommes docQes: il en trouva selon ses désirs. Il prit donc un arrêté pour répuration des autorités Gonstitoées, le 9 juillet. La Terreur reprit son ^pire : la peur gagna de nouveau toutes les cboses; il traqua les aristocrates et les Girondins comme des hâtes fauves; et n'ayant plus de nobles à livrer à la guilloline, il tourna ses regards sanguinaires vers les négoctaûts, ces OfMes du comptoir ; il attaqua leur égoisme, inventa unnou* veau crime qu'il qualifiait du nom de négocimUsme , et sa cupidité, appuyée de la docile obséquiosité de Laconibc, s'en alimenta quelque temps en s'appropriant leurs ccus. La fortune commerçants et de» industriels, voilà pour JuUicn le (lime de néguciaiUisine!
C cst ce jeune Jacobin qui eut l'odieux honneur de guillolioer, le 20 juin, Salles, Barbaioux, Bouquoy, et tous les Guadet de Saint-Émilion (1); il avait voué une haine si profonde aux Gir .[lins, qu'il voulut raser les maisons oii les Conventininii 1> proserits avaient trouvé asile à Saint-Émilion et à Anib(>s ; il avait donne à ses seides la consigne : Gtirrre àmorl à F aristocratie mercantile , au negocianlisme; c'était la guerre aux écus par un pillard de la fortune publique et privée ! c'était le vol léf'alisc» ! L(!s dénonciations étaient à l'ordre du jour; « on reconunanda aux mères, dit M. A. Thierry, aux » femmes et aux filles , de dénoncer leur fils, leur époux , li leur père et leur frère, coupables de modérantisme ; on me- » naça en masse les vieillards, parce que la nature leur a rais, » (lisait-oa, le modérantisme dans les veines. Alors on vit » sortir du prooonsulat des proclamations où étaient tracés » ces mots : Le sang est le lait des enfants de la liberté! » Pendant toutes ces horreurs, les Bordelais ne vivaient pas:
(i)H4uniiN» dunè tes détails dans rarlIeleMogniiliiqiMMrGaMlct, cliapiln IX, rne 91 da Sopplèaient aa valuaM (S* partie).
l'ivrf V. leur cxiatence n'était qu*Qoe agonie probog^ée; la mort plachdp. 4. au-dessus de la ville, comme un oiseau de proie qai cher* iTM che son aliment quotidien. Inllien était pour eux l'ange exler* minateur. Tallien était croel; Ysabeau jiaraiasait l'ôtre et criait beauooap; ib mmçaient tonjoors ; mais tont en se montrant impitoyables, ils ménageaient lenr jeu. Jnllien les eflàça et les fit regretter; c'était la personnification de la Terreur, la cmanlé incarnée. On l'avait choûn préférableroent à d'antres , parce que son iiltra-rdpublieanisme était généralement connn : la liberl(;, pour lui, était une sorte de fanatisme; il disait qu'il fallait faire de la France une seconde Lacédénionc ; qu'on devait démolir tous les palais, tous les bâtiments de luxe, cl de ne construiiiî aucun édiûcc superbe, excepté les monuments publics.
La Convcnlion crni^niiit de larrrler *lniis ses excès; d'un autre lôlc', c'élail ilansicrtnix de l'abandonner tout à l'ail à^i fougue jMjlitique ; il avait besoin d'un monlor |)lii.s âgé tjUf lui, ayant, par cons/quont, plus d'expéi iciice cl rnpable d'arriver au môme but par des iiu)y(<iis luissi surs et moins «xlieux. On lui envoya Garnier, «le Saintes. H arriva, et |>iirul content du zèle de son jeune collègue ; tout allait bien . bien, que si IcO lliprniidor [il juillet) n'ét-ait pas arriv a le luljunal ilc Bonleaux eût surpassé celui de Fouquier ! Le iU prairial an II (17 juin 1794), un nommé Desvignes, ancien municipal, cl an nommé Vigneron, furent conduits au lieu <1u supplice. Dosvignes fîit guillotiné le premier; la guillotine se dérangea. Gomme il fallait du temps pour la réparer, il s'agissait de reconduire le malheureux Vigneron en prison. Vigneron s'y opposa , et soutint au bourreau qu'en arrangeant la corde d'une certaine façon qu'il indiqua, et au moyen d'un simple clou, le fatal couperet serait en état de trancher sa tête. On se rendit à flonavb; mais il fallait trois quarts d'heure pour tout terminer. Pendant oc temps, le condamné parlait au peuple et plaigoail les aveugles et les méchants qui applaudissaient à la mort des
uicilleun» ciloyens. « Vous rspLMv/. un iiiL'ilIciir sort, tU.sait-il, » mais en vain. Tout à l'iteiirc je n'exislorai plus; vous n'en » ^roT que |)lus malheureux, car vous n'aurez plus ni Vigne t m Vif/neron. » Ce calemlwurg sous la luiche , eu pmsonre lie la mort, It'moigna â\\n grand rouragc chrétien; c'était plus que (lu sloïcisnic. Cepeudaut il provoqua nn rire général chez ces spectateurs, barbares ; Vigneron sourit lui-m<^me, mais de (Htié ; et jetant un dernier i-cgard de compassion sur ce pauvre peuple, il se retouraa ei livra sa tète au bourreau!
Dans quel temps, dans quel pays, sest-on jamais ainsi joué de la vie des hommes? Les proconsuls désignaient les victimes: Laoombe signait leur arrêt de mort ; mais la guilloline n allait pas assez vite pour assouvir la soif de ces tigres altérés (Itisang. Un citoyen de Bordeaux inventa une autre guillotine, (Tim mécanisme très-simple , qui devait d'an seul coup (Sûre tomber quatre tètes à la fois. On la trouva cbes on charpenlier, à Bordeaux, après le 9 thermidor an H (27 juillet 1794).
Après le départ d'Yaabeau, JulUen ne trouva pas la muni-* d|Mlité à la hauteur de ses devoirs républicains, comme nous l'avons bit observer plus haut. Le 9 juillet, il en réoiganisa ane nouvelle, composée, cette lbi»-«i, de Jacobins pur tmg et bien décidée à seconder leur jeune et audacieux proconsul. Non content d'avoir fait ce premier pas, il alla pins loin, et réor- Sanisa le conseil de notables, et, par le même arrêté, ordomia qu'on reoomposftt, sur une base plus en rapport avec les idées «hi joor, te club National, qu'on regardait comme un corps ooQBtilué, une institution politique et gouvernementale, et qui éiaitdevenu la pépinière d'oh Ton tirait les fonctionnaires publics pour les diverses administrations du pays.
Le Conseil-général de la commune Ait convoqué pour le tendemaiD (10 juillet). JalUen y donna lecture de son arrêté, ctdédara ensuite : « que, chargé par le Comité de Salut pu- » Uicd'épurer les membres du (lonseil-général de la commune > de Bonleaux , il s e*t culoui é di's lumières des bons citoyens,
i* Part, c *
LivwV.