‹ Histoire compléte de Jeanne d'ArcChapitre 23 sur 41 · ERREURS DE J. QUIGHERAT SUR CE SUJET · texte numérisé non relu

ERREURS DE J. QUIGHERAT SUR CE SUJET

La démonstration de la fausseté du texte d'abjuration inséré au Procès officiel par ordre de l'Évêque de Beauvais, démonstration exposée en notre quatrième chapitre, demeure donc tout entière.

Réfutation de l'auteur des Aperçus nouveaux.

Nous ne nous attarderons pas à réfuter, entre autres assertions étranges de J. Quicherat, celle dans laquelle il dit que « Gauchon ne se serait point hasardé à une fabrication, ni même à une substitution de pièces » telles que le formulaire officiel de l'abjuration. On a vu plus haut que le Prélat n'en était pas à son premier essai; il est surprenant que l'Éditeur des deux Procès ait oublié les nombreuses dépositions des Enquêtes de Rouen, qui chargent si lourdement la mémoire de l'Évêque en ce point, lui à qui le public est redevable de les connaître.

Nous n'insisterons pas non plus outre mesure sur les erreurs de fait que nous relevons en ces cinq pages des Aperçus nouveaux. N'ont-elles pas de quoi étonner, quand elles sont dues à l'Éditeur même des textes qui en ont été l'occasion? Qui mieux que lui devait les connaître et ne pas s'y méprendre?

A la page 134 de l'ouvrage cité, on lit que sur l'estrade où était Jeanne se trouvaient les greffiers de « la cause ». En fait de greffiers, il n'y avait sur l'estrade de la Pucelle que Guillaume Manchon et Guillaume Colles : le troisième, Nicolas Taquel, — c'est lui-même qui nous l'ap-

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prend, — n'avait pu y trouver place. {Procès, t. IIL p. 197.)

A la même page, on lit encore que Laurent Calot ne peut avoir fait signer à Jeanne la cédule qu'il tira de sa manche, car, au lieu d'être sur l'estrade de l'accusée, il « faisait tumulte dans la foule avec les Anglais ».

J. Quicherat invoque à l'appui de son dire la déposition du témoin Jean Marcel. [Procès, t. III, p. 90.) Or, dans la déposition de Marcel, à la page indiquée — nous l'avons déjà fait observer — on ne lit rien de semblable. Il y est question des reproches que Calot adressait à l'Évêque de Beauvais; mais V alibi essentiel constituant la preuve à laquelle s'attache J. Quicherat n'est nullement mentionné , et il n'y est pas dit encore une fois que Calot « faisait tumulte dans la foule avec les Anglais ».

L'auteur des Aperçus nouveaux a pris une hieur de son imagination pour une réalité.

C'est toujours à l'imagination que le même écrivain emprunte les preuves qui établissent à ses yeux le fait de la révocation par la Pucelle de ses apparitions et révélations. « La preuve existe, dit-il, que Jeanne fut instruite, sur la place Saint-Ouen, des points capitaux que contient la pièce (le formulaire) du Procès. Dans l'interrogatoire qui précéda son supplice, les juges lui rappelèrent tous ces points, celui notamment qui concernait la fausseté de ses révélations. » {Aperçus...., p. 135.)

Jeanne aurait donc été instruite, avant son abjuration, « des points capitaux » sur lesquels porte le formulaire du Procès, et il existe une pièce qui le prouve.

Illusion, erreur que tout cela, sommes-nous obligé de dire : Jeanne n'a été instruite de rien avant son abjura-

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